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La papauté
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Les papes de la Renaissance aux Lumières

Trop de luxe, trop de divisions


Au milieu du Moyen Âge, les papes avaient acquis une grande autorité morale et spirituelle sur la chrétienté occidentale et l'Église catholique. Ils pouvaient faire plier les rois et les empereurs, décréter des croisades, redresser les moeurs...

Mais leur autorité est mise à mal au XIVe siècle par la conjugaison des crises sociales, politiques et spirituelles. Le Grand Schisme d'Occident altère en particulier le respect dû à l'évêque de Rome (le pape).

Au siècle suivant, le souverain pontife apparaît comme un prince italien parmi d'autres. Il a autorité sur un immense domaine au centre de la péninsule, les États pontificaux. À cette puissance temporelle s'ajoute la richesse. La ferveur des fidèles lui permet en effet de collecter des fonds en abondance.

Mûs par l'appétit de puissance et la volonté d'en remontrer à leurs voisins, les papes de la Renaissance se conduisent en mécènes jouissifs, tout en respectant généralement dans la forme leurs devoirs religieux. Au regard des catholiques du monde entier, ils ne sont guère plus que l'évêque de Rome...

Melozzo degli Abrosi, dit Melozzo da Forlì, Sixte IV nomme son neveu Bartolomeo Platina préfet de la Bibliothèque Vaticane (Musées du Vatican, vers 1477, fresque, 370 x 315 cm)

Luxe, jouissance et volupté

Le premier des grands papes de la Renaissance est Francesco della Rovere, né le 21 juillet 1414. Général de l'ordre des franciscains, il succède à Paul II le 9 août 1471 et exerce le pontificat sous le nom de Sixte IV jusqu'à sa mort, le 12 août 1484.

Soucieux par-dessus tout des intérêts de sa famille, il place ses quinze neveux à des fonctions prestigieuses et rémunératrices. Parmi eux, le futur Jules II...

Il intrigue contre ses puissants voisins, les Médicis de Florence et n'hésite pas à apporter son soutien à la conjuration des Pazzi dans le but d'offrir en Romagne une principauté à l'un de ses neveux. Il lance l'interdit sur la ville et fait également la guerre à Naples et Venise.

Sixte IV, comme ses successeurs, est aussi un brillant mécène. On lui doit notamment la chapelle Sixtine, plus tard décorée par Michel-Ange, et le pont Sisto, à Rome. Son goût du faste coûtant cher, il développe le trafic des indulgences, qui sera fatal à l'unité de la catholicité. Lui-même, comme la plupart des autres papes de la Renaissance, est au demeurant irréprochable dans sa vie privée et sa conduite religieuse !

Son successeur, Innocent VIII, est un homme faible, incapable de maîtriser les penchants cupides et simoniaques des membres de la Curie, l'administration pontificale. Le pape lui-même a deux bâtards dont un fils qu'il marie à la fille de Laurent le Magnifique. À Innocent VIII succède Alexandre VI Borgia en 1492, année mémorable entre toutes.

En 1503, Pie III, lui-même neveu du pape Pie II (1458-1463), n'exerce le pontificat que 25 jours. Il est remplacé par Jules II, de son vrai nom Giuliano della Rovere, dont le nom demeure associé à Michel-Ange, son artiste préféré.

Léon X Médicis, second fils de Laurent le Magnifique et de Clarice Orsini, succède à Jules II en 1513. Grand pape de la Renaissance, il affronte la Réforme luthérienne sans plus de succès que son successeur, le Hollandais Adrian Florisze, précepteur de Charles Quint et pape de 1521 à 1524 sous le nom d'Adrien VI.

Après le bref pontificat d'Adrien VI, un deuxième Médicis coiffe la tiare pontificale. Il s'agit d'un cousin de Léon X, Jules de Médicis (46 ans), fils naturel de Julien de Médicis. Il prend le nom de Clément VII. Pape de 1524 à 1533, il se signale avant tout comme chef politique. Il forme une Sainte Ligue avec François 1er contre Charles Quint, ce qui amène le sac de Rome par les lansquenets allemands.

Tournant casaque, le pape s'allie avec l'empereur pour reprendre sa chère ville de Florence, entrée en dissidence contre les Médicis. La fin de son pontificat est assombrie par le divorce du roi d'Angleterre Henri VIII et le schisme anglican.

Paul III Farnèse, qui lui succède à 67 ans, s'est hissé au premier rang de l'Église grâce à sa soeur Julie, maîtresse d'Alexandre VI. Ce prince de la Renaissance, lettré et jouisseur, se range sur la fin de sa vie, ce qui lui vaut d'être élu à l'unanimité à la fonction suprême à l'âge de 67 ans. Veuf, il ne manque pas de placer ses enfants.

Mais il convoque aussi en 1536 le concile de Trente, qui va réformer en profondeur l'Église catholique, et, en 1540, approuve la Compagnie de Jésus, fer de lance de la Contre-Réforme catholique. Les papes, dès lors, ne pourront plus impunément sacrifier au lucre et aux plaisirs de ce monde.

La Contre-Réforme et le concile de Trente vont rendre la papauté à sa vocation spirituelle. Mais il va falloir attendre le concile Vatican I (1870) pour que le pape devienne, avec l'infaillibilité en matière de dogme, le chef absolu de l'Église catholique.


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Publié ou mis à jour le : 2017-04-25 12:43:53

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