La Russie des Romanov

De Paul Ier à Nicolas Ier, l'Occident inaccessible

Lorsqu’elle aborde le XIXe siècle, la Russie est déjà le plus vaste État du monde. C'est un empire eurasiatique à cheval sur deux continents ; un véritable « Empire du Milieu » qui rassemble des peuples très divers autour d'une majorité russophone, slave et orthodoxe. Les empereurs de la dynastie des Romanov ne s'en montrent pas moins désireux de se rapprocher de l'Europe. Mais l’incapacité du régime à se réformer entraînera son effondrement dans la Grande Guerre...

Julien Colliat

Vue de la place Loubianka (Moscou), vers 1800, Fiodor Alexeïev, Moscou, musée d’État de l’AS Pouchkine. Agrandissement : Perspective Nevski de Saint-Pétersbourg, XIXe siècle, Benjamin Patersen.

1796-1801 : Paul Ier

Fils unique de Catherine II, Paul Ier monte sur le trône de Russie à 42 ans. C’est un homme de petite taille, méfiant et ombrageux, qui pour mieux marquer la rupture avec le règne de sa mère s’empresse de renvoyer ses collaborateurs et de gracier ceux qu’elle avait condamnés.

Paul Ier en tenue de couronnement, Vladimir Borovikovski, 1800, musée de Novgorod. Agrandissement : Portrait d'Alexandre Souvorov, anonyme, XIXe siècle.Le tsar a une aversion profonde pour la Révolution française et accorde l’asile à de nombreux émigrés royalistes dont le comte de Provence, futur Louis XVIII, qui s'installe à Mitau (Lettonie).

Son hostilité à la France le pousse à rejoindre en 1798 la deuxième coalition avec l’Angleterre et l’Autriche. Une armée austro-russe, commandée par le feld-maréchal Souvorov, envahit l'Italie et occupe Milan.

La mésentente entre Russes et Autrichiens et le retour de Bonaparte d’Égypte conduira à la défaite des Coalisés. Couvert de gloire durant la campagne d’Italie (au point de rendre jaloux le tsar lui-même !), Souvorov mourra, à son retour, avec le rarissime privilège de n’avoir jamais connu la défaite.

Pyotr Alexeevich Palen, anonyme, XIXe siècle, Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage. Agrandissement : Mort de Paul Ier.Le règne de Paul Ier va sombrer dans la tyrannie. Pour soustraire son empire de toute influence étrangère, le tsar fait censurer les livres et ferme les frontières. Il étend aussi le servage dans les territoires ukrainiens fraichement annexés et réprime avec brutalité les révoltes paysannes. Il se met enfin à dos la noblesse en réduisant ses privilèges.

Un complot se forme, menée par le comte Pahlen, gouverneur militaire de Saint-Pétersbourg, pour déposer le tsar. Dans la nuit du 23 au 24 mars 1801, les conjurés envahissent la chambre à coucher de Paul Ier, au château Saint-Michel, pour le contraindre à signer son abdication. Durant la bagarre, le tsar est étranglé.

Son fils et successeur Alexandre Ier est soupçonné de complicité dans le meurtre ! On attribue à Mme de Staël le mot : « La Russie est une tyrannie tempérée par l’assassinat ».

De ce court règne ne restera qu’une réforme notable : la nouvelle règle de succession au trône qui instaure la primogéniture masculine au lieu de laisser au souverain la liberté de désigner son héritier. Elle fait du fils ainé de Paul Ier, Alexandre, le nouveau tsar de Russie.

Illuminations place Sobornaya (Moscou) à l'occasion du couronnement d'Alexandre Ier, Fiodor Alekseïev, 1802.

1801-1825 : Alexandre Ier, le vainqueur de Napoléon

Âgé de 23 ans, Alexandre Ier est un homme grand, de belle allure, et profondément mystique. Sa grand-mère, Catherine II, désirait faire de lui son héritier et lui avait prodigué une instruction imprégné de l’esprit des Lumières. Ses idées libérales se limiteront toutefois à peu de chose : la création d’un Comité des ministres et celle d’un Conseil de l’Empire, sans autonomie réelle.

Alexandre Ier en 1812, Franz Krüger, 1837, Galerie militaire, Palais d'Hiver, Saint-Pétersbourg. Agrandissement : Alexandre Ier en 1817, George Dawe, Royal Collection, Buckingham Palace.C’est sur la politique extérieure que se concentre Alexandre Ier. Inquiet de la menace pesée par la France sur l'équilibre européen, le tsar se rapproche des adversaires de Napoléon et rejoint la Troisième Coalition aux côtés de l’Angleterre et l’Autriche. Cela se soldera par une succession de défaites pour les armées russes : Austerlitz, Eylau, Friedland…

Après ce dernier échec, Alexandre fait volte-face et opte pour un rapprochement avec son ennemi d’hier. Le 7 juillet 1807, à Tilsit, les deux empereurs font la paix sur un radeau au milieu du Niémen et concluent une alliance contre l’Angleterre. Conseillé secrètement par Talleyrand, Alexandre va néanmoins s’avérer un partenaire peu fiable pour la France. Le non-respect par la Russie du blocus continental pousse Napoléon à l’envahir, le 24 juin 1812.

Les adieux de Napoléon et d'Alexandre Ier après la paix de Tilsit (9 juillet 1807), Gioacchino Serangeli, 1810, Château de Versailles.

La guerre patriotique

L’invasion française conduit à un véritable sursaut national transcendant toutes les couches de la population. Le pays entier fait bloc derrière le tsar et ses troupes. Face à la Grande Armée, les Russes cherchent à éviter le combat frontal pour attirer leurs adversaires au cœur de l’empire. Lors des batailles, leur tactique est toujours la même : engager une brève défense avant de se retirer. Les Français s’épuisent ainsi à les poursuivre.

Napoléon prend facilement Smolensk et continue sa route vers l’est. C’est à une centaine de kilomètres de Moscou que la rencontre décisive a lieu, le 7 septembre 1812, près du village de Borodino. Chacun des camps a aligné 125 000 hommes. Si la bataille de la Moskova tourne à l’avantage des Français qui se voient ouvrir les portes de Moscou, elle n’offre pas à Napoléon la victoire décisive qu’il espérait : l’armée de Koutouzov n’est pas détruite et s’est retirée en bon ordre.

Koutouzov, commandant en chef de l'armée russe (assis à gauche) avec ses généraux décidant de livrer Moscou à Napoléon, Aleksey Kivshenko, 1880, Moscou, Galerie Tretyakov.

Le 14 septembre, les Français entrent dans Moscou, abandonné par l’armée russe. Le soir même, d’immenses incendies, possiblement ordonnés par le comte Rostopchine, ravagent presque entièrement la ville. Privée de quartiers d’hiver, la Grande Armée est contrainte de quitter Moscou, le 18 octobre, après avoir attendu en vain la capitulation du tsar. Elle entame une retraite catastrophique, victime d’un hiver précoce et exceptionnellement rigoureux.

Lorsque le 31 mars 1814, Alexandre Ier fait son entrée à Paris, il apparaît comme le triomphateur de Napoléon et le libérateur du continent européen. Il offre à son pays, pourtant dévasté et ruiné par la guerre, un prestige inégalé. La Russie fait désormais partie du club des grandes puissances sur lesquelles repose la sécurité européenne.

L'entrée des troupes russes à Paris en 1814, gravure anonyme. Agrandissement : l'impératrice Joséphine reçoit à la Malmaison la visite du Tsar Alexandre Ier, Hector Viger, vers 1864, Château de Malmaison.

En contrepartie de la restauration des Bourbons à Paris, Alexandre gagne la Pologne. Le comte de Molé, figure majeure de la Restauration, écrit dans ses Mémoires : « En 1815, la Russie défendait, contre tous, je ne dirai pas les intérêts, mais l’existence même de notre infortunée patrie. Si la France est encore la France, elle le doit à trois hommes dont il ne faut jamais qu’elle oublie les noms : Alexandre et ses deux ministres, Capo d’Istria et Pozzo di Borgo. L’Angleterre, la Prusse et l’Autriche ne songeaient qu’à nous affaiblir. La Russie, au contraire, avait tout intérêt à ce que nous restions une puissance de premier ordre ».

En juin 1815, contre l’avis du pape, le tsar propose une Sainte-Alliance. L’année suivante, il suggère aux grandes puissances européennes une réduction simultanée des forces armées et même la création d’une armée européenne de maintien de la paix ! Mais dès 1821, la Sainte-Alliance et le tsar en reviennent à une conception plus classique des relations internationales sous l’influence de Metternich. Alexandre Ier renonce par ailleurs à introduire une Constitution. Les jeunes officiers, qui ont découvert l’Occident à la faveur des guerres napoléoniennes, vont reprendre à leur compte les velléités démocratiques et sociales du tsar, dans différentes sociétés secrètes.

Sous le règne d’Alexandre Ier, la Russie accroît encore son territoire. À l’issue d’une guerre victorieuse contre la Suède, elle annexe la Finlande, qui devient un grand-duché autonome au sein de l'Empire russe. Elle obtient également la tutelle du duché de Varsovie, créé par Napoléon à partir de la Pologne prussienne. ​Alexandre Ier accorde une large autonomie au grand-duché de Finlande et une charte constitutionnelle au duché de Varsovie. Le tsar en fait un test en vue d’une extension de la démocratie à l’ensemble de l’empire. De la même façon, il abolit le servage en Livonie, Estonie et Courlande. 

Mort d'Alexandre Ier à Taganrogg, gravure anonyme, XIXe siècle.Une énième guerre contre l’empire ottoman permet à la Russie de mettre la main sur la Bessarabie (actuelle Moldavie) et contrôler l'embouchure du Dniestr. En 1813, une victoire sur la Perse intègre à l’Empire russe la Géorgie, le Daghestan et l’Azerbaïdjan.

Enfin, la Russie poursuit la colonisation de la côte du nord-ouest de l'Amérique et atteint même la Californie du Nord ! Le traité signé en 1825 avec l’Angleterre fixe les frontières de l’Alaska.

La même année, Alexandre Ier meurt brutalement lors d’un voyage en Crimée. Les circonstances mystérieuses de sa mort donneront lieu à quantité de spéculations.

1825-1855 : Nicolas Ier, « gendarme de l'Europe »

La mort prématurée d’Alexandre Ier plonge l’empire dans un imbroglio. Le défunt n’a pas d’enfants mais deux frères. Le plus âgé, Constantin, a renoncé, deux ans plus tôt à la succession, au profit de Nicolas, lequel refuse le trône qu’il estime revenir à son frère !

À Saint-Pétersbourg, un groupe de 200 à 300 officiers entend tirer parti de cet interrègne un peu chaotique pour imposer le régime constitutionnel promis par Alexandre.  Le 26 décembre 1825, ils rassemblent 3 régiments sur la place du Sénat et tentent de soulever la population. Mais leur mouvement est très mal préparé et les revendications peu comprises de la troupe. Abandonnés par leurs chefs, les soldats conjurés restent sur place sans agir. Ils seront finalement dispersés par les canons.

L’opération tourne au fiasco. Les « Décembristes » passent devant une Haute Cour. Sur 137 prévenus, cinq sont condamnés à mort et les autres déportés en Sibérie. Une nouvelle fois, comme après chaque crise politique, l’Empire se replie sur lui-même.

Attaque du carré des décembristes par le régiment des gardes à cheval le 14 décembre 1825, Vasily Timm, vers 1853, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg.

La tentative de coup d’État finit de convaincre Nicolas d’accepter le trône. Le nouveau tsar est un homme rigide et inflexible qui aime l’ordre et la discipline. Contrairement à son prédécesseur, il est un partisan de l’autocratie.

Portrait de Nicolas Ier par Franz Krüger, Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage. Agrandissement : Portrait de Nicolas Ier par Egor Botman, 1856.Il est résolu à intervenir partout contre les séditions et, jusqu'à la fin de son règne, se fait assister en cela par son ministre des Affaires étrangères Charles de Nesselrode. Nicolas Ier y gagne le surnom de « gendarme de l'Europe ». En 1829, Nicolas Ier se rend à Varsovie pour être couronné roi de Pologne. L'année suivante, il renonce toutefois à envoyer son armée en France et en Belgique lors des révolutions de 1830.

Comme la Pologne s’agite, il assiste en mai et juin 1830 aux sessions de la Diète. En novembre 1830, un régiment d’infanterie polonaise se révolte contre l’autoritarisme russe. Le 3 décembre se constitue un gouvernement provisoire. Le 25 janvier 1831, la Diète polonaise proclame un gouvernement national présidé par le prince Adam Czartoryski. Le 8 septembre, Varsovie capitule devant les menaces du maréchal Paskievitch. Celui-ci, promu vice-roi de Pologne, exile 7 000 à 8 000 Polonais, dissout l’armée nationale, ferment les établissements d’enseignement supérieur, etc.  Suite à cela, la charte du royaume sera supprimée.

La Russie, désormais isolée en Europe, devient le mouton noir de l’opinion libérale. Le marquis de Custine, légitimiste, rentre bouleversé de son voyage en Russie. Il publie La Russie en 1839 : « [Avant de partir pour la Russie] je ne savais pas encore ce que c’est que la rencontre d’un gouvernement absolu et d’une nation d’esclaves ».

Nesselrode, qui pilote la diplomatie jusqu’en 1855, apporte en avril 1849 un coup de main à François-Joseph, aux prises avec une sédition hongroise. Lors du Printemps des peuples, les troupes russes interviennent en Roumanie et en Hongrie pour mater les insurrections, conformément au traité de la Sainte-Alliance. Face aux contestations qui touchent l’Europe entière, la Russie se referme et se fige. Les voyages à l’étranger sont interdits et le nombre d’étudiants admis dans les universités réduit.

Nicolas Ier, Franz Krüger, collection privée. Agrandissement : Nicolas Ier avec l'héritier du trône Alexandre II dans l'atelier de Bogdan Willewalde à Saint-Pétersbourg en 1854, Moscou, musée d'État russe.La censure et la surveillance se renforcent. Créée juste après le coup d’État raté des Décembristes, la Troisième section de la Chancellerie impériale se mue en police politique, embryon de la future et sinistre Okhrana.

Cette période autoritaire est pourtant aussi celle où la littérature russe connaît un premier apogée avec Pouchkine et Gogol, et la parution des premières œuvres de Dostoïevski et Tolstoï.

La Russie repousse ses frontières aux dépens de ses rivaux. Victorieuse d’une nouvelle guerre contre la Perse, elle annexe en 1828 l’Arménie et dispose du droit exclusif de naviguer dans la mer Caspienne. L’année suivante, elle arrache le delta du Danube à l’Empire ottoman, surnommé par Nicolas Ier : « l’Homme malade de l’Europe ».

Nicolas Ier déteste par ailleurs les Grecs, malgré les affinités religieuses. Par un protocole bilatéral avec Londres, le 4 avril 1826, il fait en sorte que la Grèce, qui s’est soulevée contre la Sublime Porte, obtienne un minimum d’autonomie mais demeure sous l’autorité ottomane. En septembre 1829, une courte offensive contre les Turcs lui permet d’obtenir par le traité d’Andrinople que les Détroits soient ouverts à la marine russe. Par la même occasion, il obtient du sultan qu’il reconnaisse l’autonomie de la Serbie et des provinces danubiennes.

L’influence de la Russie sur l’empire ottoman ne cesse de croître. En 1832, le pacha d’Égypte Méhémet Ali se révolte et le sultan appelle le tsar à l’aide ! Grâce à quoi, par le traité d’Unkiar-Skelessi, la mer Noire devient un « lac russe » selon le mot de Guizot.

En février 1828, la Russie entre en conflit avec la Perse, un empire mitoyen. Par le traité de Turkmantchaï, elle s’installe au cœur du Caucase. Mais celui-ci est difficile à soumettre. Dans les régions montagneuses du Daghestan et de Tchétchénie, les Russes ont affaire à la résistance des peuples musulmans des montagnes menés par l’imam Chamil. Il faudra presque 30 ans aux armées du tsar pour venir à bout de la révolte.

Bataille de Sinope, le 18 novembre 1853, lors de la guerre de Crimée, Ivan Aïvazovski, Saint-Pétersbourg, musée central de la Marine de Guerre. Agrandissement : Charge de la Brigade légère, bataille de Balaklava, le 25 octobre 1854, entre l'armée russe et une coalition franco-britanno-turque, 25 octobre 1854, Richard Caton Woodville, 1897.

La guerre de Crimée

L’expansionnisme russe, tous azimuts, ne manque pas d’inquiéter les autres Européens. Ils imposent en 1841 une nouvelle convention internationale des Détroits, moins avantageuse pour Moscou. Enfin, en 1856, survient la guerre de Crimée…

En 1852, l’Empire ottoman se range du côté de la France dans le conflit qui l’oppose à la Russie à propos des chrétiens d’Orient. En représailles, les Russes occupent les principautés de Moldavie et de Valachie, vassales du sultan. Les Turcs considèrent qu’il s’agit d’un casus belli et déclarent la guerre à la Russie en octobre 1853. Après l’écrasement de la flotte ottomane à la bataille de Sinope, la France et le Royaume-Uni entrent en guerre contre Nicolas Ier pour sauver Constantinople.

Les Alliés concentrent leur attaque sur le port de Sébastopol, base de la flotte russe en mer Noire. En septembre 1854, 60 000 soldats anglais, français, turcs, et italiens, débarquent à Eupatoria et entament le siège de la ville.  Les bombardements continus font de Sébastopol un véritable champ de ruines. C’est au cours du siège que meurt Nicolas Ier, le 2 mars 1855, sans doute d’un suicide. Il laisse le trône à son fils, Alexandre II.

Tandis que le nouveau tsar cherche une issue au conflit, les Alliés donnent l’assaut final en septembre 1855 avec la prise de la butte de Malakoff par Mac Mahon. Contraints d’évacuer Sébastopol, les Russes signent l’année suivante le traité de Paris qui met fin à la guerre de Crimée. La Russie n’a plus le droit d'entretenir une flotte en mer Noire et perd la Bessarabie méridionale et les bouches du Danube. Cette amputation territoriale, la première depuis les Romanov, est vécue comme une humiliation.

Après le traité de Paris, qui clôt la guerre de Crimée, Nesselrode cède la place au prince Alexandre Gortchakov à la tête de la diplomatie russe...

Publié ou mis à jour le : 2023-03-07 11:02:51

Aucune réaction disponible

Respectez l'orthographe et la bienséance. Les commentaires sont affichés après validation mais n'engagent que leurs auteurs.

Actualités de l'Histoire
Revue de presse et anniversaires

Histoire & multimédia
vidéos, podcasts, animations

Galerie d'images
un régal pour les yeux

Rétrospectives
2005, 2008, 2011, 2015...

L'Antiquité classique
en 36 cartes animées

Frise des personnages
Une exclusivité Herodote.net