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8 février 1807

Du sang dans la neige à Eylau


Le 8 février 1807, à Eylau, Napoléon 1er affrontait les Russes dans la bataille la plus sanglante et la plus indécise de son épopée.

Boucherie au cimetière

Après la mise hors jeu des Autrichiens à Austerlitz (1805) et des Prussiens à Iéna (1806), il ne restait que les Russes pour s’opposer à l’Empereur sur le Continent.

La Grande Armée, après une entrée triomphale à Berlin puis à Varsovie, se met à leur poursuite dans les plaines gelées de la Prusse orientale. Le harcèlement de l’ennemi s’ajoute à la morsure du froid et aux difficultés de ravitaillement.

Enfin, au pied du village d’Eylau, les 60 000 Russes du général Bennigsen se présentent en ordre de bataille. Napoléon 1er engage le combat dès le matin avec 40 000 soldats. Ney et ses hommes doivent le rejoindre incessamment.

Les troupes de Davout et Augereau se jettent sur l’ennemi et tout se passe pour le mieux jusqu’au moment où survient une violente tempête de neige. Les Français sont désorientés.

Quand arrive l’éclaircie, les Russes découvrent une brèche dans le dispositif français. Ils se ruent jusqu’à la butte d’Eylau. Là, près du cimetière et de l’église, se tient l’Empereur.

Napoléon n’est sauvé que par la folle charge des cavaliers de Murat. On s’étripe jusque dans le cimetière. L’arrivée de Ney, à la fin de la journée, évite une déconfiture à la Grande Armée.

Les Russes s’attribuent la victoire même si les Français restent maîtres du terrain. Bilan : 40 000 morts et blessés. L’Empereur, sincèrement ému, mesure pour la première fois le coût de la guerre.

Le 14 février, encore sous le choc, Napoléon 1er écrit à l'impératrice Joséphine : «Je suis toujours à Eylau. Ce pays est couvert de morts et de blessés. Ce n'est pas la plus belle partie de la guerre. L'on souffre et l'âme est oppressée de voir tant de victimes».

Comme ses troupes sont épuisées, et lui-même tout autant, l'Empereur prend ses quartiers d'hiver sur place, en Prusse orientale, et attend le printemps pour repartir en campagne.

Il remportera alors sur les Russes, à Friedland, la victoire incontestable dont il avait besoin pour briser la quatrième coalition (il y en aura sept au total !).

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Publié ou mis à jour le : 2016-05-17 09:52:18

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