27 mars 1854 - Début de la guerre de Crimée - Herodote.net

27 mars 1854

Début de la guerre de Crimée

Le 12 mars 1854, la France et le Royaume-Uni concluent un traité d'alliance avec la Turquie, déjà en guerre avec la Russie. Le 27 mars suivant, elles déclarent à leur tour la guerre à la Russie sur un prétexte quelque peu ridicule. C'est le début de la guerre de Crimée, ainsi dénommée d'après le lieu où vont se dérouler les hostilités : la presqu'île de Crimée et sa capitale Sébastopol, au nord de la mer Noire. 

Cette guerre clôt une longue période de paix et de prospérité, inaugurée par le Congrès de Vienne (1815) et comme rarement l'Europe en a connue.

Une querelle surréaliste

À l'origine se situe une querelle surréaliste à... Bethléem, en Palestine, région ottomane. Les moines latins qui partagent la garde de la basilique de la Nativité avec les moines grecs orthodoxes soupçonnent ceux-ci d'avoir fait disparaître une étoile décorative dotée d'une inscription en latin.

Nicolas Ier de Russie (6 juillet 1796 - 2 mars 1855), 1856, musée de l'Ermitage, Saint-PétersbourgPar routine, les diplomates français, qui sont censés protéger les chrétiens latins d'Orient, relaient leur protestation auprès de la Sublime Porte, le gouvernement du sultan. Là-dessus, à Paris, le roiLouis-Philippe 1er est renversé. À sa place s'installe une Seconde République avec un gouvernement de plus en plus conservateur au fil des mois.

Dans le souci de séduire les électeurs catholiques, le gouvernement républicain relance les protestations auprès du sultan en 1850.

Par un excès de zèle, le général Ducos Lahitte, ministre des Affaires étrangères, demande aux Turcs de rétablir les religieux latins dans leurs droits en remontant jusqu'en 1740. Devant cette surenchère, le tsar Nicolas 1er, qui défend les orthodoxes, s'insurge et exige du sultan le retour au statu quo ante.

En 1852, la «crise des Lieux Saints» semble étouffée quand soudain, le consul de Russie à Jérusalem reçoit l'ordre de quitter la ville avec éclat. C'est que le tsar juge la situation propice pour régler une bonne fois pour toutes la «Question d'Orient». Il  tente de s'assurer des alliances en Europe.

Le tsar joue à quitte ou double

Début janvier 1852, Nicolas 1er suggère au gouvernement britannique de régler la succession de l'empire ottoman («l'homme malade de l'Europe»). À lui les Balkans et le contrôle des détroits (les Dardanelles et le Bosphore) ; à Londres l'Égypte et la Crète. Mais l'Angleterre repousse son offre par crainte que la Russie n'acquière trop d'influence en Méditerranée et en Orient.

Nicolas 1e décide alors de jouer en solo. Le 1er juillet 1853, son armée pénètre en Moldavie et Valachie (la Roumanie actuelle), provinces sous suzeraineté ottomane, et atteint le Danube. Le sultan Abdul-Medjid 1er ne peut faire moins que de lui déclarer la guerre. Mais sa flotte est défaite le 30 novembre à Sinope, en mer Noire.

L'empereur des Français se rapproche du Premier ministre britannique et les deux hommes d'État font alors cause commune avec le sultan et, à leur tour, déclarent la guerre au tsar...

Publié ou mis à jour le : 2014-03-12 13:08:14

 
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