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Le Canada

Une Nation qui résiste


Découvert et colonisé il y a près de cinq siècles par des navigateurs français, le Canada conserve le souvenir de cette lointaine histoire dans le parler québécois teinté de délicieux archaïsmes.

Tôt abandonnée par la France, la colonie s'est ensuite montrée d'une grande loyauté envers la Couronne britannique, laquelle a toujours agi avec pragmatisme à son égard.

Constitué en fédération autonome en 1867, le Canada cultive aujourd'hui l'image d'une grande nation prospère et paisible, réceptive à la modernité et ouverte sur le monde, avec l'avantage de n'avoir à craindre que l'attraction de son puissant voisin...

André Larané
Un défi toujours actuel : résister à l'attraction des États-Unis !

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Le Canada en 2017 (source : Atlas Historica, DR)
Le Canada affiche près de dix millions de km2 et seulement 36 millions d'habitants (2017), dix fois moins que son puissant voisin.

C'est le pays le plus curieux qui soit, avec, au sud, une frontière quasi-rectiligne sur le 49e parallèle et, dans le grand nord, des limites imprécises qui se perdent au-delà du cercle polaire. Selon sa devise latine (« A mari usque ad mare »), il s'étend d'un océan à l'autre sur plus de cinq mille kilomètres.

Une colonisation mal engagée

Jacques Cartier, en 1534, nomme le pays Canada, d'après le mot indien qui désigne un village.

Toutefois, pour désigner sa future colonie nord-américaine, l'administration française préfère retenir le nom de Nouvelle-France donné au territoire en 1524 par l'explorateur florentin Jean Verrazane. Sa colonisation ne démarre que très lentement, au siècle suivant, sous l'impulsion de Samuel de Champlain, le « Père de la Nouvelle-France ».

La rivalité franco-anglaise se transporte dans le Nouveau Monde où elle implique très largement les Indiens (les Iroquois le plus souvent du côté anglais, les Hurons du côté français).

Le congrès d'Utrecht, en 1713, ouvre trois décennies de paix mais c'est au prix d'un renoncement lourd de conséquences pour les Canadiens : la France, en effet, cède à l'Angleterre l'île de Terre-Neuve, l'Acadie et la baie de l'Hudson. Les paysans de la vallée du Saint-Laurent se voient désormais cernés par les possessions anglaises, avec une sortie étroite sur l'océan Atlantique et un débouché incertain vers les Grands Lacs et la vallée du Mississippi.

La forteresse de Louisbourg (île de Cap-Breton, province de la Nouvelle-Écosse), DR

Une colonie abandonnée

L'abandon du Canada par la France est inscrit en filigrane dans le traité d'Utrecht, cinquante ans avant de devenir effectif. L'opinion publique se désintéresse de la colonie. Sous la Régence, on n'a plus d'yeux que pour la Louisiane et ses trésors illusoires.

Les Canadiens ne doivent plus compter que sur eux-mêmes et sur leur forte fécondité pour résister à la pression anglaise. Ils sont vingt mille environ au début du XVIIIe siècle tandis que les Anglais de Nouvelle-Angleterre et de Virginie sont déjà quinze fois plus nombreux. Au milieu du siècle, ils sont cinquante-cinq mille tandis que les Anglais des Treize Colonies sont un million et demi !

L'annexion du Canada par les Anglais est officialisée par le traité de Paris.

Plutôt Westminster que Washington

Par la Proclamation royale du 7 octobre 1763, le Canada devient officiellement « The Province of Quebec ». Le gouvernement anglais montre d'abord une grande sévérité à l'égard des Canadiens. Mais il se ravise quand éclatent les troubles indépendantistes dans les Treize Colonies et tente alors de se concilier les élites québécoises.

Il va très bien y parvenir par l'Acte de Québec du 22 juin 1774 (Quebec Act). Les Québécois conservent le droit de pratiquer leur langue et leur religion, retrouvent leurs lois civiles, leur système seigneurial et obtiennent un siège au Conseil du Canada.

Une difficulté inattendue survient lorsqu'arrivent des États-Unis 40 000 loyalistes anglophones désireux de rester sous les lois britanniques... Comme ces nouveaux arrivants ne veulent pas des lois françaises, il faut encore une fois changer les lois. C'est ainsi qu'est promulgué l'Acte constitutionnel du Canada, qui officialise le partage territorial entre francophones (province du Bas-Canada ou Canada-Est, à l'est de la rivière Outaouais) et anglophones  (province du Haut-Canada ou Canada-Ouest, à l'ouest de la même rivière).

Louis-Joseph Papineau (Alfred Boisseau, 1878, Bibliothèque et Archives du Canada)Dans les années 1830, grâce à l'immigration anglaise et écossaise ainsi qu'à la fécondité des Québécoise, le Canada dépasse le million d'habitants, dont 600 000 au Bas-Canada. Les provinces maritimes qui ont remplacé l'Acadie comptent pour leur part 200 000 habitants et Terre-Neuve 50 000.

En 1834, Joseph-Louis Papineau, chef du Parti patriote, exige une représentativité réelle des francophones par les institutions.

Trois ans plus tard, les Patriotes en viennent à prendre les armes. La répression est brutale.

Désireux d'en finir avec l'agitation, le Parlement de Westminster vote en 1840 la fusion des deux provinces au sein d'un Canada-Uni dans lequel les francophones seront minoritaires.

Peu à peu, ces derniers reprennent malgré tout la main dans les institutions gouvernementales.

Mais tandis que les États-Unis se déchirent dans la guerre de Sécession, les Canadiens ressentent l'urgente nécessité d'une union plus solidaire sous la forme d'une « confédération ».

Gestation du Canada moderne

John A. MacDonald (1815-1891), lithographie, vers 1880, Bibliothèque et Archives du CanadaEn 1864, une coalition gouvernementale conduite par les libéraux-conservateurs modérés John A. MacDonald et Georges-Étienne Cartier s'engage dans une grande réforme constitutionnelle à laquelle sont associées les colonies maritimes (île du Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse). À l'issue de trois conférences, à Charlottetown (île-du-Prince-Édouard), Québec et Londres, les « Pères de la Fédération » soumettent au Parlement de Westminster un projet constitutionnel qui est voté le 8 mars 1867.

Le 1er juillet 1867 enfin, la reine Victoria promulgue l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (AANB). Ce texte donne naissance au Canada moderne avec un Parlement fédéral et un gouvernement central à Ottawa. Pour qualifier le pays, on adopte le néologisme de Dominion (*) de préférence à Royaume.

Paradoxalement, la fédéralisation a pour effet de réduire le poids des francophones dans les institutions, en raison de l'entrée des provinces maritimes à majorité anglo-saxonne mais surtout du fait qu'en-dehors du Québec, toutes les autres provinces privilégient la dominante anglo-saxonne. Elles rejettent le bilinguisme et ne font aucune concession aux minorités !

Il s'ensuivra un siècle plus tard une poussée des revendications indépendantistes au Québec. Mais en attendant, chacun s'accommode des nouvelles institutions, flexibles et adaptées à un pays en pleine expansion. 

Naissance d'une Nation

La Constitution de 1867 offre au Canada une appréciable stabilité politique.

En premier lieu, le gouvernemental fédéral s'attache à renforcer l'unité du pays en lançant la construction d'une voie ferrée transcontinentale, du port d'Halifax à l'océan Pacifique : le Canadian Pacific Railway est inauguré vingt ans plus tard, en 1887.

La Colombie britannique et l'Île-du-Prince-Édouard rejoignent la fédération en 1873. Nées de la colonisation de la Prairie, le Saskatchewan et l'Alberta sont enfin fondées en 1905. 

Les dernières décennies du XIXe siècle s'avèrent compliquées. Le réseau ferré décuple et atteint 30 000 kilomètres. Assorti de protections douanières, il entraîne le développement de l'industrie nationale et un triplement du commerce. Mais l'économie, dans son ensemble, patine.

L'arrivée en 1896 du gouvernement libéral de Wilfrid Laurier, un Canadien francophone, coïncide avec un retournement de conjoncture et inaugure trois décennies de grande prospérité. Le pays retient enfin ses immigrants dont beaucoup viennent d'Europe de l'Est et notamment d'Ukraine. Au final, la population canadienne double et atteint dix millions d'habitants en 1931 (contre 120 millions pour les États-Unis).

Quand éclate la Grande Guerre en 1914, beaucoup de Canadiens d'origine britanniques s'enrôlent volontairement pour soutenir l'Union Jack. Les engagés canadiens, dont le nombre atteint 600 000, forment un corps d'armée qui va s'illustrer tout particulièrement à Vimy, entre Arras et Lens, en avril 1917. Cet exploit et quelques autres vaudront au Canada le privilège de cosigner le traité de Versailles en son nom propre et non comme Dominion britannique.

Une décennie plus tard, avec la ratification du Statut de Westminster le 11 décembre 1931, le pays acquiert sans heurt une pleine indépendance tout en adhérant au Commonwealth. Le souverain anglais demeure le chef d'État officiel, la fonction étant exercée par un gouverneur général de nationalité canadienne (aujourd'hui David Johnston). (...)

Version intégrale pour les amis d

Publié ou mis à jour le : 2017-07-03 01:35:45

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

acmacm (16-07-201707:13:33)

150 ans de Canada, ça a lené aussi à ça:
http://action.petafrance.com/ea-action/action?ea.client.id=45&ea.campaign.id=6024&utm_source=Facebook&utm_medium=mojosa&utm_campaign=Phoques+15

Doris (03-07-201718:14:18)

"Pendant la guerre de la Succession d'Autriche (1740-1748), les Anglais s'emparent de Louisbourg mais restituent la forteresse à la signature de la paix. La guerre suivante, la guerre de Sept Ans (French and Indian War en anglais) débute dès mai 1754 avec l'incident Jumonville dans la vallée de l'Ohio. Elle se solde par l'annexion du Canada par les Anglais,..."

Désolée de vous contredire, mais le Canada n'a pas été annexé par les Anglais en 1754. Si cela était, les livres d'histo... Lire la suite


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