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L'Ukraine
Autoportrait du poète national ukrainien Taras Chevtchenko
Le drapeau de l'Ukraine
• 7 août 1932 : «Grande famine» et génocide ukrainien
• 29 septembre 1941 : massacre de Babi Yar
• 26 avril 1986 : explosion de Tchernobyl
• 24 août 1991 : seconde indépendance de l'Ukraine
• 21 novembre 2013 : rupture des négociations avec l'Union européenne
• 22 février 2014 : destitution du président Ianoukovitch
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Ukraine

Une «petite Russie» en quête d'identité


L'Ukraine a été ainsi baptisée en 1187 d'après un mot slave qui veut dire «frontière» ou «marche».

Ce grand État en mal de visibilité s'étire de fait aux marges du monde russe, dont il a été le berceau, et à la jonction entre le monde orthodoxe et le monde catholique. Indépendant depuis 1991 seulement, il peine à trouver sa place entre un Occident attirant mais lointain et une Russie proche mais crainte.

Famille de paysans, peinture de Taras Chevtchenko, 1845
Le berceau de la Russie

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L'Europe orientale et l'Ukraine
L'Ukraine s'étend de part et d'autre du Dniepr et au nord de la mer Noire. Elle est un peu plus vaste que la France (600.000 km2) mais moins peuplée. Ses 45 millions d'habitants) ont été aussi longtemps désignés sous l'appellation de «Petits-Russiens» du fait de leur parenté étroite avec la Russie.

Mieux, c'est même autour de Kiev, capitale actuelle de l'Ukraine, que la nation russe est née, aux alentours de l'An Mil, avant qu'elle ne soit divisée en trois groupes principaux : Russes proprement dits, Ukrainiens et Biélorusses, avec des langues nationales qui ont lentement et légèrement dérivé par rapport à l'ancienne langue commune.

Les divisions

Après le baptême du grand-prince de Kiev Vladimir, en 988, une fédération prospère de principautés marchandes s'épanouit autour de Kiev.

En 1386, l'État polono-lituanien s'empare de l'Ukraine occidentale. Les nouveaux souverains, catholiques bon teint, supportent mal leurs sujets orthodoxes de rite byzantin.

Les seigneurs polonais s'attribuent d'immenses domaines dans le pays et réduisent peu à peu leurs paysans au servage, alors même que ce statut, qui fixe les paysans et leur descendance au domaine, est en voie de disparition dans toute la chrétienté occidentale.

À partir du XVIe siècle, beaucoup de paysans ukrainiens s'enfuient vers le Sud, au-delà des cataractes du Dniepr, et se constituent en communautés indépendantes, les Cosaques Zaporogues (d'une expression mongole ou tatar qui signifie : «hommes libres d'au-delà des rapides»).

En 1654, las d'être harcelés par les Polonais, ils se placent sous la protection du tsar qui règne à Moscou.

La Pologne proteste et il s'ensuit une longue guerre qui se termine par le traité de paix d'Androussovo du 31 janvier 1667. À cette occasion, la Russie des Romanov, en pleine ascension, récupère la rive orientale du Dniepr. Vingt ans plus tard, Kiev et Smolensk passent à leur tour à la Russie. Seule la Galicie demeure polonaise.

Domination russe

Dans l'esprit du tsar, l'Ukraine est terre russe et n'a droit à aucun statut particulier. Ainsi le métropolite de Kiev, chef religieux de l'Église orthodoxe ukrainienne, est placé sous l'autorité du patriarcat de Moscou. C'est dès lors du joug russe que commencent à pâtir les Cosaques et autres Ukrainiens.

Quand le tsar Pierre le Grand entre en guerre avec le roi de Suède Charles XII, le nouveau chef des Cosaques, le hetman Ivan Mazeppa, offre son alliance à ce dernier. Et Charles XII, désireux de soutenir son providentiel allié, décide de le rejoindre avec son armée au lieu de marcher sur Moscou.

Il met le siège devant Poltava mais en est délogé le 8 juillet 1709 par des renforts russes. Charles XII et Mazeppa n'ont plus d'autre choix que de demander asile à la Turquie. C'en est fini pour deux siècles des espoirs d'indépendance ukrainienne.

Catherine II la Grande destitue le dernier hetman cosaque et abolit les dernières libertés cosaques.

La reconquête de l'Ukraine par Moscou est complétée à la faveur des deux premiers partages de la Pologne, en 1772 et en 1793. Ils font passer l'ensemble du territoire ukrainien mais aussi la Biélorussie sous l'autorité du tsar.

Taras Chevtchenko, autoportrait (9 mars 1814 - 10 mars 1861)Au XIXe siècle, la montée des nationalismes conduit le gouvernement tsariste à réprimer les forces centrifuges.

Alexandre II, bien que réputé «libéral», interdit la langue ukrainienne dans l'imprimerie et à l'université et c'est de l'autre côté de la frontière, en Autriche-Hongrie, dans l'université de Lvov ou Lemberg (Ruthénie), que les lettrés et intellectuels ukrainiens trouvent refuge.

Le peintre et poète romantique Taras Chevtchenko (1814-1861), fils de serfs et serf lui-même, est le symbole de cette renaissance douloureuse de la culture ukrainienne à travers sa courte vie, tissée de servitude, de prison et d'exil.

Avec la première Révolution russe, en 1905, une éclaircie se fait jour. Le Manifeste publié par Nicolas II le 30 octobre 1905 promet de respecter les nationalités. Aussitôt fleurissent en Ukraine des dizaines de journaux dans la langue nationale.

Scène du film Le cuirassé Potemkine (Serguei Eisenstein, 1925), sur l'escalier Richelieu d'Odessa, qui mène du port à la ville

La première indépendance

Les Révolutions russes de 1917 offrent aux nationalistes ukrainiens une opportunité inattendue de recouvrer leur indépendance et le droit de pratiquer leur langue, si peu différente qu'elle soit du russe.

À Kiev, une assemblée (Rada) réunie le 15 mars 1917 constitue une République autonome ukrainienne avec Vinnichenko à la présidence du Conseil des ministres. Mais Lénine et les bolchéviques, après qu'ils aient pris le pouvoir le 6 novembre 1917, lui opposent une République soviétique d'Ukraine, proclamée à Kharkov en décembre 1917. La Rada réplique en annonçant le 22 janvier 1918 un «État du peuple ukrainien, souverain, libre et indépendant».

Attaquée par les bolchéviques, la Rada de Kiev signe avec l'occupant austro-allemand une paix séparée.

Après l'armistice de Brest-Litovsk du 3 mars 1918, par lequel les Russes se retirent de la Grande Guerre, les Allemands occupent Kiev et leurs alliés autrichiens Odessa, avec la complicité des Cosaques.

Chars français à Odessa, en 1919, en soutien à l'armée blanche de DenikineÀ la défaite austro-allemande succède la guerre civile. Les nationalistes ukrainiens, l'armée bolchévique et l'armée tsariste de Denikine se font face.

À la mêlée se joignent les Cosaques et les anarchistes de Nestor Makhno, mais aussi des troupes occidentales et notamment françaises qui apportent leur soutien à Denikine, contre Lénine et les bolchéviques.

Denikine ayant refusé de faire alliance avec les nationalistes, ce sont finalement les bolchéviques qui l'emportent... mais à moitié seulement car le traité de Riga de 1921 avec la Pologne laisse la Galicie et la Volhynie à cette dernière.

La création de l'URSS, le 30 décembre 1922, fait de l'Ukraine la deuxième République du pays après la Russie. La langue ukrainienne en devient la langue officielle.

Mais ces concessions politiques cachent mal l'emprise très forte du Kremlin sur le Parti communiste ukrainien et la hiérarchie administrative.

Dans les années 1930, sous le prétexte de lutter contre le «nationalisme bourgeois», Staline décapite les élites ukrainiennes. Et sous prétexte de lutter contre les «koulaks», paysans riches, il provoque une famine gigantesque par voie administrative ! C'est l'holodomor (deux à six millions de morts).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en dépit des horreurs de l'occupation allemande, illustrées par les massacres de Babi Yar (Kiev), les nationalistes locaux ont la tentation d'en profiter pour acquérir enfin l'indépendance. Mal leur en prend.

Dans le demi-siècle qui suit, jusqu'à l'éclatement de l'URSS, la République socialiste soviétique d'Ukraine va subir sans mot dire la tutelle de Moscou et du Parti communiste. Avec une maigre consolation : un siège à l'ONU (de même que la Biélorussie, la troisième composante du peuple russe).

Le 24 août 1991, dans la confusion qui suit l'éviction de Mikhaïl Gorbatchev, dirigeant de l'Union soviétique, le Parlement ukrainien proclame l'indépendance de la République dans les frontières dessinées par les dirigeants bolchéviques.

Après quelques disputes, Moscou et Kiev finissent par s'accorder sur le cas particulier de la péninsule de Crimée, traditionnellement russe mais rattachée à l'Ukraine par Nikita Khrouchtchev en 1950.

Pauvre, dépendante de la Russie pour ses approvisionnements en gaz, saturée qui plus est en équipements nucléaires, dont l'ex-centrale de Tchernobyl, la nouvelle Ukraine est handicapée par l'absence d'État de droit et la prévalence d'une ploutocratie affairiste issue des anciens cadres du parti communiste.

Elle doit au surplus composer avec sa minorité russe ou russophone, importante en Crimée et à l'Est, en particulier autour du gisement charbonnier du Donbass, sur les bords du Donets, un affluent du Don.


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Publié ou mis à jour le : 2014-08-19 10:42:51

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Les commentaires sur cet article :

LUC OLIOP (03-06-201412:21:50)

Pour ce qui est de Kruchtchev, il n'est pas né en Ukraine, mais près de la frontière russo-ukrainienne...
On l'a appelé le bourreau de l'Ukraine...
Le fait que la Crimée fut rattachée à l'Ukraine était purement administrative... Çà ne changeait pas grand'chose à l'époque...
Mais le fait qu'elle soit de nouveau occupée par la Russie change la donne du point de vue stratégique et énergétique,,, Çà sent le gaz à plein nez. Les réserves de cette région rivaliserait celle de la m... Lire la suite

khaled (21-03-201412:03:35)

Rappel d'histoire sans doute très intéressant et à plus d'un titre.
Rappel qui démontre combien l'Ukraine ( que dire de la Crimée ? ) est plus Russe qu'Européenne.
Prétendre que l'Ukraine est Européenne c'est dire que la....Russie est Européenne.
Les politiques, les diplomates aussi bien que les Media occidentaux font encore une fois preuve d'irresponsabilité en agressant la Russie, Russie qu'ils prétendent agresseur et expansionniste.
Que Vladimir Poutine nourrisse ... Lire la suite


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