Toute l'Histoire en un clic
Herodote Facebook Herodote Twitter Herodote Youtube
Ami d'Herodote.net
>> 4 avril 1949

Vous avez accès à
un dossier complet
autour de ce sujet :

Toute l'Histoire en un clic
Publicité

4 avril 1949

Fondation de l'OTAN


Avec le traité de l'Atlantique Nord, signé à Washington le 4 avril 1949, la guerre froide entre dans sa phase institutionnelle. L'article 5 du traité précise que tous les signataires s'engagent à se porter secours en cas d'attaque contre l'un ou l'autre d'entre eux.

Joseph Savès
La « guerre froide » prend forme

Alarmés par le « coup de Prague » du 25 février 1948, les États-Unis, le Canada et dix pays d'Europe de l'Ouest veulent de cette façon contenir une éventuelle agression du bloc communiste aux ordres de Staline. Pour la mise en oeuvre de leurs résolutions, ils fondent l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN, en anglais NATO).

Les membres européens sont la Belgique, le Danemark, la France, l'Italie, l'Islande, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal et le Royaume-Uni. La Grèce et la Turquie adhèrent à l'organisation peu après sa création ainsi que la République fédérale allemande.

Cet organisme international issu du traité de Washington est chargé de coordonner les actions militaires de ses membres. C'est une alliance défensive qui ne dit pas son nom. Elle est placée sous l'autorité du Conseil atlantique. Son siège est dans un premier temps établi à Paris, dans un bel immeuble de la Porte Dauphine (aujourd'hui transformé en Université).

Le quartier général en Europe est fixé à Rocquencourt, près de Versailles. C'est le SHAPE (en anglais Supreme Headquarters Allied Powers Europe). Le premier commandant suprême est le général américain Dwight Eisenhower, héros du débarquement de Normandie.

Le 14 mai 1955, les Soviétiques répliquent à la création de l'OTAN en signant le Pacte de Varsovie avec sept pays satellites d'Europe centrale: Albanie, Bulgarie, Hongrie, Pologne, République démocratique allemande (RDA), Roumanie et Tchécoslovaquie.

Les forces de ces pays sont placées sous un commandement unifié (soviétique). Elles interviendront dans les pays du Pacte eux-mêmes, en Hongrie puis en Tchécoslovaquie.

Une victoire sans coup de feu

Mais en 1966, le général de Gaulle, président de la République française, décide de retirer son pays des organes opérationnels de l'OTAN sans cesser d'appartenir à l'alliance. Il veut que la France conserve la pleine maîtrise de sa force de dissuasion nucléaire sans avoir de compte à rendre à quiconque.

Le SHAPE et le Conseil de l'Atlantique se transportent alors dans la banlieue de Bruxelles. Ils y resteront même après le retour de la France au sein de l'Organisation, au début des années 90.

Au début des années 1980, l'OTAN réagit avec succès à la menace que représentent les missiles SS20 déployés par l'URSS en Europe centrale : elle menace de déployer le long du rideau de fer des missiles de croisière Pershing-2 (surnommés les « Euromissiles ») et les Soviétiques préfèrent retirer leurs propres fusées.

Sous l'impulsion du président des États-Unis Ronald Reagan, l'OTAN entraîne alors l'organisation rivale du Pacte de Varsovie dans une course aux armements très coûteuse.

L'Union soviétique ne peut pas suivre. Elle souffre d'un délabrement croissant de son économie et sa population voit ses conditions de vie empirer d'année en année. Elle finit par imploser sous le poids de ses contradictions internes en 1991. C'est ainsi qu'au bout de quarante ans de guerre froide, l'Alliance remporte une victoire totale sur l'URSS sans avoir eu besoin de tirer un seul coup de fusil...

Et c'est seulement en 1994 qu'elle a livré sa première guerre. C'était au Kossovo, contre la Serbie qui tentait de conserver en son sein cette province historique.

Quel avenir pour l'OTAN ?

Suite à l'effondrement de l'URSS, la Pologne, la Hongrie et la République tchèque ont rejoint l'OTAN en mars 1999. Sept nouveaux États d'Europe centrale (dont trois de l'ancienne URSS !) les ont suivis en mai 2004, portant à 26 le nombre de ses membres : Estonie, Lettonie, Lituanie, Slovaquie, Slovénie, Roumanie et Bulgarie, malgré la promesse faite en 1989 à Mikhaïl Gorbatchev de ne pas étendre l'alliance jusqu'aux portes de la Russie.

Mais cet élargissement ne doit pas faire illusion. L'OTAN a de fait perdu sa raison d'être avec l'implosion de l'URSS et la fin de la guerre froide.

Devant le risque d'une dissolution de l'alliance et de la perte de leur rôle de « gendarme du monde », les États-Unis tentent depuis 1991 de réorienter l'OTAN vers des missions élargies, au grand dam des alliés européens. L'attaque terroriste du 11 septembre 2001 a semblé justifier cet élargissement du champ de l'OTAN, qui est intervenue en Afghanistan comme le bras armé de l'ONU.

Désemparée et impuissante devant le chaos moyen-oriental et le terrorisme islamiste, l'OTAN a tenté ensuite de raviver la guerre froide en Europe en prenant prétexte de la réannexion de la Crimée par la Russie. Elle bénéficie en cela du soutien appuyé des anciens satellites soviétiques (Pologne, Lithuanie, République tchèque) qui rêvent d'en découdre avec leur ancienne puissance de tutelle.

C'est oublier que la Russie de Vladimir Poutine, avec une population déclinante, n'a pas l'ambition conquérante de l'URSS de Staline. Elle aspire simplement à être respectée et s'indigne que la promesse faite à Gorbatchev en 1989 n'ait pas été respectée tout comme l'assurance faite à Poutine lui-même en 2008 que le Kossovo ne deviendrait pas indépendant sans garantie pour sa minorité serbe. 

Que ce soit sur le « front russe » ou sur le front moyen-oriental, l'OTAN apparaît inopérante. Toujours sous la tutelle de Washington, elle devient plus gravement une entrave à la constitution par les Européens d'une diplomatie et d'une défense autonomes. La pacification des relations internationales dans la première décennie du XXIe siècle devrait très vite reposer la question de sa survivance... à moins qu'elle n'arrive à créer les conditions qui lui rendraient à nouveau son « utilité », ce qu'à Dieu ne plaise.

Publié ou mis à jour le : 2016-07-06 16:07:57

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Lucien Alexandre Marion (03-04-201220:57:04)

Un fait à signaler concernant l'apport du Canada. Monsieur Lester B Pearson fut le Canadien qui rédigea la Lettre de demande d'adhésion du Canada à l'OTAN. Dans l'Histoire il deviendra Premier Ministre du Canada en 1963 et le seul Canadien, Lauréat du Prix Nobel de la Paix en 1957 pour son apport au règlement de la Crise de Suez. Merci! Lucien Alexandre Marion (Canada).


Les Amis d'Herodote.net peuvent envoyer un commentaire sur cet article.

Suivez Herodote.net sur twitter
Offrez-vous quelques minutes d'évasion
avec Les Chroniques d'Herodote.net

Adhérez aux Amis d'Herodote.net

Quel peuple colonisé s'est le premier soulevé contre la métropole? C'était en 1729...

Réponse
Publicité