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Saint-Denis

Le berceau de l'art gothique


La basilique Saint-Denis, à dix kilomètres environ au nord de Paris est à juste titre considérée comme le berceau de l'« art français », plus tard appelé art gothique.

Son chœur a été consacré par l'abbé Suger le 11 juin 1144 en présence du roi Louis VII, de sa femme Aliénor d'Aquitaine et de toutes les sommités du royaume, y compris vingt-quatre évêques et archevêques. De retour dans leur diocèse, ceux-ci n'ont eu d'autre ambition que de reconstruire leur cathédrale dans le même style.

Après la tourmente révolutionnaire, l'église abbatiale a été redécouverte par les romantiques. Aujourd'hui cathédrale du diocèse de Seine-Saint-Denis, elle fait la fierté de la ville de Saint-Denis malgré une façade mutilée par le démontage de sa tour nord, au XIXe siècle. Depuis plusieurs décennies, les municipalités successives bataillent pour restituer à la façade son harmonie d'antan.

Un défi à la mesure de Suger

Jacques Moulin, architecte en chef des Monuments historiques, nous fait visiter la basilique, y compris ses parties les plus anciennes et les plus secrètes. Il évoque le projet de restituer la tour nord et sa flèche, démontées au milieu du XIXe siècle.

Saint-Denis, coeur battant du royaume

Saint-Denis tire son prestige de ce qu'est mort à cet endroit, selon la chronique, saint Denis, premier évêque de Paris. Le roi Dagobert, lointain descendant de Clovis, fonde l'abbaye vers 625. Elle va devenir un lieu de pèlerinage prospère et aussi le centre administratif du royaume des Francs (Regnum Francorum).

Le déambulatoire de la basilique de Saint-Denis, autour du choeur (DR)Aves les rois capétiens, l'abbaye de Saint-Denis acquiert un rôle prépondérant. Ses abbés comptent parmi les principaux seigneurs du royaume. Plusieurs d'entre eux, à commencer par Suger, vont exercer du fait de leur instruction et de leur charisme la fonction de conseiller auprès des souverains.

Au début du XVIIIe siècle, les bâtiments monastiques d'origine médiévale sont reconstruits dans une facture classique par les architectes Robert de Cotte et Jacques Gabriel.

Après la Révolution, les bâtiments monastiques sont transformée par Napoléon 1er en maison d'éducation des jeune filles de la Légion d'Honneur.

L'empereur ordonne la restauration de la basilique dont il souhaite faire le lieu d'inhumation de sa famille.

La façade de la basilique de Saint-Denis en 1844, avant le démontage de la tour nordLa restauration débute en 1813 sous la direction de l'architecte François Debret, frère du peintre et coloriste Jean-Baptiste Debret. En 1846, il doit céder la place à Eugène Viollet-le-Duc. La même année, la tour nord, qui culminait à 86 mètres, est déstabilisée et fissurée par une tempête. L'architecte la démonte précautionneusement. Il projette dans un premier temps de la restituer avant d'y renoncer. 

La basilique a accédé au statut de cathédrale lorsqu'a été créé le département de la Seine-Saint-Denis en 1968. Tandis que le préfet s'est installé à Bobigny, ville administrative érigée en chef-lieu, l'évêque a choisi Saint-Denis, ville au passé religieux autrement plus prestigieux.

Après la restauration de sa façade en 2012-2014, la basilique est dans l'attente d'importants travaux de restauration (vitraux, chapelles...). La municipalité veut croire que la restitution de sa tour nord pourrait lui valoir un supplément de fréquentation et de recettes, avec un chantier ouvert au public et autofinancé, comme ceux de Guédelon et L'Hermione.

Suger et le triomphe de l'art gothique

Fils de paysans non libres, Suger s'est hissé par ses seuls talents jusqu'au sommet de l'Église et de l'État. Conseiller des rois Louis VI le Gros et Louis VII le Jeune, il devient aussi vers 40 ans, en 1122, abbé de Saint-Denis.

Entrepreneur hors pair, il décide en 1130 de reconstruire son église abbatiale avec magnificence. Il a le sentiment d'oeuvrer ainsi pour la gloire de l'Église et du royaume.

Dans un premier temps, pour la façade et la crypte de l'église, l'abbé adopte le style roman, non sans introduire sur la façade une superbe rosace, la première du genre.

Vers 1130, à Sens, un nouveau style apparaît subrepticement, plus léger, plus élancé, plus lumineux, avec premières voûtes en ogives, supports en filigrane et larges fenêtres. L'abbé Suger, séduit, décide de s'en inspirer pour l'achèvement de sa chère basilique.

De cette architecture, Saint-Denis a conservé le déambulatoire et ses chapelles rayonnantes, avec voûtes en ogives, colonnades minces et parois percées de larges vitraux.

Du roi Dagobert à Louis XVIII, la nécropole des rois de France

Le fameux Dagobert, fondateur de l'abbaye, y a fait transporter les reliques de saint Denis et s'y est fait lui-même inhumer comme plusieurs autres souverains mérovingiens.

Le statut de nécropole royale est officialisé beaucoup plus tard par saint Louis qui fait installer dans la croisée de l'abbatiale seize tombeaux destinés à accueillir les corps des premiers souverains, qu'ils soient mérovingiens, carolingiens ou capétiens. La crypte en viendra à accueillir plus tard la dépouille de presque tous les Capétiens. Au total, 46 rois de France, 32 reines, 63 princes et princesses et 10 Grands du royaume y ont reposé jusqu'à la Révolution et même au-delà. 

Pendant la Révolution, en 1793, les tombeaux sont profanés en deux temps.

Le 10 août 1793, un décret de Barère, porte-parole du Comité de Salut public à la Convention, ordonne de détruire les symboles de la royauté sur les sarcophages comme ailleurs. Dans un deuxième temps, pour les besoins de la guerre, on entreprend de récupérer le plomb des sarcophages (tout comme celui des vitraux de la basilique). On ouvre à cet effet cinquante-et-un cercueils et l'on jette les ossements dans deux fosses communes au nord du monument. Les cercueils d'intérêt artistique sont néanmoins conservés en bon état.

À la fin du 1er Empire, avec la Restauration de la monarchie et le retour de Louis XVIII, les ossements sont pieusement réinhumés dans un ossuaire, dans la crypte...

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Publié ou mis jour le : 2017-01-29 11:21:47

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

BRES DANIELLE (30-01-201716:45:34)

Le terme "restitution" me parait ambigu ; je pensais qu'il s'agissait de rendre au pays d'origine les oeuvres d'art "butin de guerre" comme les bas reliefs grecs qui se trouvent au National British Musum ou la Victoire de Samothrace au Louvre


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