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Hitler et le nazisme
Hitler et le nazisme


Hitler (1889-1945)
• 20 avril 1889 : naissance de Hitler
• 8 et 9 novembre 1923 : putsch de la Brasserie
• 30 janvier 1933 : Hitler devient chancelier
• 27 février 1933 : incendie du Reichstag
8 juillet 1933 : Concordat
• 14 juillet 1933 : loi sur la stérilisation des handicapés
• 30 juin 1934 : la «Nuit des longs couteaux»
• 16 mars 1935 : rétablissement du service militaire obligatoire
• 15 septembre 1935 : premières lois antisémites
• 1er août 1936 : Hitler ouvre les Jeux de Berlin
• 27 janvier et 3 février 1938 : démission des chefs militaires
• 12 mars 1938 : Anschluss de l'Autriche
• 30 septembre 1938 : les accords de Munich
• 9 novembre 1938 : la «Nuit de Cristal»
• 1er septembre 1939 : invasion de la Pologne
• 10 mai 1940 : invasion de la Belgique
• 24 octobre 1940 : rencontre de Montoire
• 20 janvier 1942 : la «Solution finale»
• 20 juillet 1944 : attentat contre Hitler
• 30 avril 1945 : suicide de Hitler
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Hitler

La montée du nazisme


La fin de la Grande Guerre laisse l'Allemagne au bord du chaos. En 1918, tandis qu'abdique l'empereur Guillaume II, un gouvernement social-démocrate s'installe à Berlin. Dans la petite ville de Weimar, des représentants élus de tout le pays jettent les bases d'une république démocratique. Ses principes sont sains mais ses jours paraissent comptés dans la situation prérévolutionnaire qui prévaut dans tout le pays.

Émergence de l'antisémitisme allemand

Les soldats de retour du front, écrasés par le sentiment que la défaite est due à une trahison (un «coup de poignard dans le dos»), attribuent celle-ci aux juifs ; c'est le début d'une vague sans précédent d'antisémitisme, facilitée par le fait que les juifs sont très peu nombreux en Allemagne ; à peine 500.000 soit moins de 1% des 80 millions d'Allemands. À défaut de connaître des juifs en chair et en os, la plupart des Allemands s'en font une idée stéréotypée.

C'est dans ce contexte qu'un caporal de 30 ans, Adolf Hitler, infiltre un petit parti fondé par un serrurier, le Parti ouvrier allemand, en devient le leader et le transforme en Parti national-socialiste ouvrier allemand (NSDAP, dit parti «Nazi» pour faire court).

Habilement, Hitler ratisse large, dans les classes populaires portées par le nationalisme comme par le socialisme. Il emprunte à d'autres groupes extrémistes le symbole de la croix gammée, la svastika, et surtout l'antisémitisme. 

Il n'empêche que son parti peine à émerger du lot, comme d'ailleurs la plupart des partis extrémistes antiparlementaires de son espèce, qu'ils se classent à droite ou à gauche. Aux élections législatives de mai 1928, les nazis ne recueillent ainsi que 2,6% des suffrages. La république née à Weimar près de dix ans plus tôt semble enfin consolidée...

Les nazis, un parti extrémiste parmi d'autres

L'une des premières recrues du parti nazi est un capitaine de la Reischwehr, Ernst Röhm, qui met au service de Hitler sa brutalité et son fanatisme. Il devient le chef de la milice du parti, les Sections d'assaut (Sturmabteilungen, SA) ou «Chemises brunes», créées en 1921.

Hitler bénéficie en Bavière de la mansuétude des juges et des tribunaux après le putsch raté du 9 novembre 1923, qui ne lui vaut que neuf mois d'incarcération dans la prison de Landsberg, près de Munich, dans des conditions confortables qui lui permettent de recevoir ses partisans et de dicter Mein Kampf à Rudolf Hess.

Dès le 25 février 1925, il peut refonder son parti et le reprendre en main. Fort de son charisme et de son art oratoire, fait de gesticulations, de regards perçants et de formules simples, Hitler ne laisse pas indifférent. Il ne tarde pas à être rejoint par un jeune romancier raté, Josef Goebbels, qui va prendre en main la propagande du parti.

Le krach, bénédiction des extrémistes

Tout bascule avec le krach de Wall Street, en octobre 1929. L'Allemagne est rapidement frappée par le chômage. 5 millions de chômeurs dès 1930.

En l'absence de coalition parlementaire cohérente, le Maréchal-Président Hindenburg appelle Heinrich Brüning à la chancellerie (la direction du gouvernement) le 28 mars 1930. Membre du Zentrum catholique, patriote et célibataire austère, syndicaliste et bon gestionnaire, le nouveau chancelier constitue un gouvernement de circonstance avec des gens compétents et tente d'assainir le budget par une politique déflationniste classique. Le Reichstag s'y oppose, ce qui lui vaut d'être dissous.

Aux élections de septembre 1930, le désenchantement favorise les partis extrémistes. Le parti nazi, qui n'avait recueilli que 2,6% des voix en 1928 avec 12 députés seulement, recueille cette fois 18,3% des voix, avec 102 députés. Le parti communiste, quant à lui, ne progresse que de 10,6% à 13,1%. L'un et l'autre sont désormais en mesure de paralyser le travail parlementaire.

Brüning contourne l'obstacle en gouvernant par décrets-lois signés par le Maréchal-Président Hindenburg, avec le soutien résigné des sociaux-démocrates. Ainsi affaiblit-il la démocratie sans pour autant redresser l'économie : augmentation des impôts, réduction des rémunérations des fonctionnaires et des aides sociales. À l'encontre de ses espoirs, la déflation a pour conséquence de réduire la consommation, l'investissement et l'activité.

Pendant ce temps, dans la rue, les paramilitaires communistes et hitlériens s'affrontent à qui mieux mieux. La République de Weimar apparaît dès lors aux yeux des déshérités comme responsable de tous les maux du pays : le «Diktat» de Versailles, les réparations de guerre, le chômage etc.

Comme le mandat du président arrive à son terme, Hitler, qui vient d'obtenir la nationalité allemande, se porte candidat. Les démocrates convainquent le vieux Paul von Hindenburg (84 ans) de se représenter car lui seul paraît en mesure de faire échouer Hitler. Monarchiste et conservateur, «soldat échoué en politique» selon ses propres termes, il n'est réélu que grâce au soutien des socialistes. Il obtient 18,7 millions de voix contre 11,3 millions de voix (30% du total) pour Hitler.

Les nazis tentés par le coup de force

Le 1er juin 1932, Hindenburg se voit contraint de congédier Brüning. Il est vrai que celui-ci, non content de mener le peuple au désespoir avec sa politique de rigueur, se dispose à ponctionner les grands propriétaires fonciers de l'Allemagne orientale, les Junker qui ont l'oreille du président Hindenburg.

Le très influent major Kurt von Schleicher suggère à Hindenburg de nommer à la chancellerie un député quasi-inconnu du Zentrum catholique, Franz von Papen, aristocrate proche des milieux d'affaires et des nationalistes. Mais le nouveau gouvernement ne tient que grâce à la neutralité du parti nazi, obtenue contre la promesse d'élections législatives anticipées. 

Aux élections qui suivent, le 31 juillet 1932, le parti nazi rafle la mise et obtient 37,4% des suffrages avec 230 sièges de députés, ce qui fait de lui le parti le plus puissant du parlement. Hitler  réclame à Hindenburg la chancellerie mais le vieux Maréchal-Président refuse avec mépris et un reste de lucidité.

Aux élections suivantes, en novembre 1932, le parti amorce son reflux électoral : il régresse à 33% des suffrages cependant que progressent les communistes. Simultanément, Hitler doit faire face à des difficultés financières et à un grave conflit à l'intérieur du parti. Le major von Schleicher devient chancelier le 2 décembre 1932 à la place de von Papen.

Trahison des démocrates

Dans le même temps survient l'impensable. L'ancien président de la Reichsbank Hjalmar Schacht et quelques autres sommités du monde économique demandent par lettre à Hindenburg de nommer à la chancellerie le «chef du groupe national le plus nombreux», autrement dit Hitler. Ils y voient le moyen de détourner les masses populaires des communistes et de les rallier à la République de Weimar !

La situation paraît des plus instables à von Papen. Celui-ci rencontre Hitler chez un banquier de Cologne, Kurt von Schröder, le 4 janvier 1933. Il soutient sa nomination comme chancelier sous réserve que lui-même soit vice-chancelier et qu'il n'y ait que deux autres nazis au gouvernement. Ce seront Wilhelm Frick, ministre de l'Intérieur duReich, et Hermann Göring, ministre sans portefeuille, par ailleurs ministre de l'Intérieur du Land de Prusse.

L'accession de Hitler à la chancellerie ne fait pas grand scandale, y compris parmi les juifs. Selon les témoignages recueillis par l'historien Laurence Rees, on croit qu'un certain nombre de SA ayant des petites amies juives, leurs diatribes antisémites n'iront pas très loin !

Par ailleurs, on attend du nouveau régime qu'il remette sur pied la société et l'économie allemandes. Les camps de concentration ouverts après l'incendie du Reichstag en février 1933 font figure de mal nécessaire. 

Plus gênants sont les troubles entretenus par les masses de SA. Hitler y voit une menace pour sa propre autorité et un obstacle au ralliement de l'armée. Le chef des SA, Röhm, ne réclame-t-il pas «une seconde révolution» ?

Son rival Himmler, chef des SS, convainc Hitler de s'en défaire. Il en est lui-même chargé dans la nuit du 30 juin 1934. Le Führer en profite pour se débarrasser de tous les gêneurs... C'est la «Nuit des longs couteaux». Le général von Blomberg, ministre de la Défense, en est ravi et adresse ses félicitations à Hitler.

Quelques semaines plus tard, après la mort de Hindenburg (2 août 1934), il obtient de chaque officier et soldat qu'il prête un serment de loyauté au Führer à titre personnel ! Hitler cumule désormais les fonctions de chancelier et chef de l'État. La Reichswehr devient la Wehrmacht. L'économie, confiée à Schacht, «Docteur Miracle», se redresse de manière spectaculaire pour la plus grande satisfaction des Allemands. 

L'État nazi est en place, pour le pire...


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Publié ou mis à jour le : 2016-07-22 21:17:01

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