Migrations d'hier et d'aujourd'hui - L'humanité en marche - Herodote.net

Migrations d'hier et d'aujourd'hui

L'humanité en marche

Nous sommes tous des immigrés ! Cette formule s'applique à tous les êtres humains si l'on entend par là que nul ne peut se prévaloir d'être un pur autochtone (d'après un mot grec qui signifie : « né du sol »).

De fait, aussi loin qu'ils remontent dans le temps, jusqu'à l'Homo erectus d'il y a un million d'années, les paléontologues discernent des mouvements de population par expansion démographique et plus rarement par invasions, migrations volontaires ou migrations forcées.

Ces déplacements concernent toutefois des effectifs très limités. C'est aujourd'hui 3% de la population mondiale... En dépit des apparences, la sédentarité demeure le propre de la nature humaine (note). 

André Larané
Les migrations capillaires, une réalité de tous temps et tous pays

Dans toutes les sociétés, il se trouve des individus qui font souche loin de chez eux, pour les besoins du commerce, par goût de l'aventure, par rejet de l'oppression, par le hasard des rencontres et de l'amour... Ainsi des commerçants vénitiens s'établissaient-ils au Moyen Âge à la cour du Grand Khan, à Pékin, tandis qu'un aventureux Toulousain ramenait dans sa patrie une jeune épouse rencontrée sur les bords du Niger ! Au XVIIe siècle, des huguenots ont fui la France et se sont installés à Berlin ou même au Cap, en Afrique australe. À l'inverse, des Irlandais catholiques ont fait souche en France et même au sud des Pyrénées. Citons encore Marie Curie et Savorgnan de Brazza qui ont au XIXe siècle quitté leur pays pour servir et honorer la France.

• Ces migrations à double sens sont essentielles à la circulation des idées et des techniques  et donc au progrès humain. Elles concernent néanmoins des flux réduits de personnes qui n'ont pas de mal à se fondre dans la population d'accueil de sorte qu'elles ne changent pas la nature des sociétés concernées. En cela, on peut les appeler « migrations capillaires » (ténues comme un cheveu) pour les distinguer des suivantes.

• Les « migrations de peuplement » sont caractérisées par des flux importants de population à partir de territoires en expansion démographique vers des territoires faiblement peuplés ou en décroissance démographique.

• Les invasions nomades et les déplacements de population liés aux guerres se distinguent des migrations précédentes. Elles imprègnent fortement la mémoire des peuples mais ne changent guère la substance des sociétés humaines.

Premières rencontres

La première migration notable remonte à l'aube des temps. Elle concerne un très lointain aïeul, Homo erectus, qui aurait migré il y a 2 millions d'années d'Afrique vers l'Eurasie. Ce fut la première « sortie d'Afrique ».

En Afrique même, l'Homo erectus évolua il y a 300 000 ans vers notre propre espèce, l'Homo sapiens. En Eurasie, il eut des descendants tels que Néandertal et l'homme de Denisova, il y a environ 500 000 ans. Il engendra aussi une espèce originale sur l'île de Florès (Indonésie), il y a seulement 80 000 ans.

Une deuxième « sortie d'Afrique » se produisit il y a environ 80 000 ans, quand quelques Homo sapiens s'établirent au Moyen-Orient où ils s'unirent aux représentants locaux de Néandertal et Denisova. De ces unions seraient issus les Eurasiens actuels si l'on en croit les dernières découvertes de la génétique.

Homo sapiens atteignit là-dessus des régions encore vierges de présence humaine : il y a environ 70 000 ans, il franchit les bras de mer qui séparent la Papouasie et l’Australie de l'Eurasie. Puis, il y a 35 000 ans, il traversa à pied sec le détroit de Béring qui séparait l’Asie de l’Amérique en profitant du faible niveau des océans pendant la dernière glaciation.

À la même époque, l'Homo sapiens moyen-oriental mâtiné de Néandertal gagna l'Europe où erraient de purs Néandertaliens. Ceux-ci, déjà en déclin démographique, ne tardèrent pas à disparaître, laissant le terrain libre à notre ancêtre, rebaptisé pour l'occasion Cro-Magnon (note).

Qu'on ne s'y méprenne pas, ces mouvements de populations n'ont rien à voir avec la conquête du Far-West ! Au nombre de quelques milliers ou dizaines de milliers, les premiers humains n'avaient nul besoin de migrer pour trouver de quoi se nourrir. Lorsque les groupes familiaux s'agrandissaient, les cadets s'établissaient un peu plus loin que leurs aînés et, de proche en proche, ces groupes pouvaient ainsi occuper des continents entiers en quelques siècles, à raison de quelques kilomètres par génération !

De la même façon, ces groupes humains réduits à quelques familles ont pu se diversifier à partir de légères mutations génétiques il y a environ 35 000 ans, à l'apparition de Cro-Magnon et des différents groupes humains qui peuplent la planète (Africains, Asiatiques, Européens etc.).

« Tu deviendras le père d'une multitude de nations ! »

La promesse faite par Dieu à Abraham n'a rien d'extravagant. Il ne faut pas grand-chose en effet pour qu'un groupe humain croisse à l'infini, sous réserve bien entendu de n'être affecté ni par les épidémies, ni par les famines, ni par les guerres.

Un petit raisonnement mathématique en apporte la preuve : supposons que cinq femmes engendrent avec leur conjoint onze enfants et les mènent à l'âge adulte ; cela correspond à un indice de fécondité (dico) de 2,2 ; c'est à peine plus que le minimum nécessaire au simple remplacement des générations. Si les mêmes performances se reproduisent d'une génération à la suivante, il s'ensuit un doublement de l'effectif tous les deux siècles et les dix personnes initiales peuvent se targuer d'avoir au bout de 3 000 ans un million de descendants, soit la population totale de la Terre il y a 35 000 ans !

Les Norvégiens débarquent en Islande vers 872, Oscar Arnold Wergeland, 1877, Oslo, Galerie nationale de Norvège.

Migrations de peuplement

Depuis le commencement du monde, les migrations de peuplement s'orientent des territoires en excédent démographique vers les territoires faiblement peuplés ou en voie de dépeuplement.

C'est de cette façon, lente, progressive et pacifique, que les chasseurs-cueilleurs ont occupé toute la planète. 

Avec l'apparition de l'agriculture et de l'élevage, il y a dix mille ans, les femmes ont bénéficié de ressources mieux assurées et d'une existence plus stable de sorte qu'elles ont pu conduire à l'âge adulte un plus grand nombre d'enfants. Il s'en est suivi un décuplement de la population en quelques millénaires, jusqu'à atteindre plusieurs dizaines de millions d'âmes. 

Partout dans le monde, par leur simple expansion démographique, les populations paysannes ont repoussé et supplanté les chasseurs-cueilleurs avec lesquels elles entraient en contact.  Les violences, jusque-là limitées au rapt des femmes, se sont aussi intensifiées, alimentées par les crises climatiques qui détruisaient les récoltes et les troupeaux.

- Migrations africaines :

Aborigènes Hadzas du Kenya (DR)C'est ainsi l'agriculture qui a permis aux Africains actuels d'occuper toute l'Afrique intertropicale. Ces populations noires issues de l'Homo sapiens originel ont acquis la maîtrise de l'agriculture il y a environ dix mille ans, en même temps que les habitants du Moyen-Orient.

Bénéficiant de ce fait d'une croissance démographique relativement forte, elles sont sorties de leur foyer natif, entre le delta du Niger et le mont Cameroun, et ont occupé progressivement l'Afrique subsaharienne en absorbant ou en repoussant devant elles les populations aborigènes à peau cuivrée ou noire qui y étaient établies (Khoisans, Pygmées, Hottentots, Hadzas).

Vers 500 av. J.-C., la diffusion de la métallurgie du fer en direction des Grands Lacs, en augmentant la productivité agricole et la puissance à la guerre, a donné une nouvelle impulsion à leurs migrations jusqu'à atteindre au XVIIe siècle le Limpopo, un fleuve d'Afrique australe.

Mais dans le même temps, des colons hollandais débarquaient à la pointe du continent et fondaient la colonie du Cap. Cette circonstance a évité aux Khoisans de complètement disparaître (ces populations aborigènes d'Afrique australe ont ravi le monde entier à la faveur d'une comédie de Jamie Uys, Les Dieux sont tombés sur la tête, 1980).

- Migrations indo-européennes :

De même que l'Afrique a été colonisée par les Bantouphones, l'Europe et le sous-continent indien ont été colonisés il y a six mille ans environ par des populations d'éleveurs établies dans les régions du Don et de la Volga.

Celles-ci ont vu leurs effectifs grandir irrésistiblement, ce qui les a amenées de proche en proche et par vagues successives à occuper les immenses espaces situés entre l'océan Atlantique et l'océan Indien. Selon des travaux récents, leur croissance démographique aurait résulté d'une mutation génétique grâce à laquelle ils auraient mieux digéré le lait de vache et ainsi survécu plus facilement aux disettes et aux famines ! 

Ces populations parlaient des langues apparentées que les linguistes modernes ont qualifiées d'indo-européennes, parce qu'elles sont à la racine de la plupart des langues européennes ainsi que de l'iranien et des langues de l'Inde du nord. Leur progression vers l'Europe et l'Inde a été plutôt violente si l'on en croit une étude publiée par Science (mars 2019) et citée par les Cahiers de Science & Vie (juillet 2019) : l'examen d'une nécropole en Espagne montre le remplacement de 40% du génome du peuple ancestral par celui des nouveaux-venus, lesquels auraient toutefois épargné les femmes pour se les approprier.

- Migrations chinoises et japonaises :

Les Chinois du Fleuve Jaune ont dès l'époque du Premier Empereur, il y a 2200 ans, entrepris de coloniser leurs marges. Ce mouvement d'expansion se poursuit aujourd'hui avec la colonisation du Tibet et du Xinjiang, au détriment des populations locales et de leur culture.

Mais le Premier Empereur a aussi eu le souci de réunir ses sujets dans un ensemble indissociable et pour cela, il a procédé à des échanges de populations entre le nord et le sud de son empire. Il s'agit sans doute des premières migrations forcées de l'Histoire, si l'on met à part l'exil des juifs à Babylone, il y a 2600 ans. 

On observe au Japon des migrations semblables, quoique à une échelle réduite, avec la colonisation par les Japonais de leur archipel au détriment des premiers habitants, des Aborigènes blancs, les Aïnous, lesquels ne sont plus que quelques milliers.

Aïnous du Japon en 1904

- Migrations européennes :

L'Europe contribua elle-même à peupler les autres continents. Du XVIe siècle au XXe siècle, nombre de ses habitants traversèrent les mers en quête de liberté et de mieux-être. On les évalue à cinquante millions sur quatre siècles.

Au XVIe siècle, les Européens partis vers l'Amérique tropicale et l'Asie des épices étaient essentiellement en quête de fortune et d'aventures. Au XVIIe siècle, des émigrants chassés par les persécutions religieuses ou la misère ont commencé de mettre en culture l'Amérique du nord. Mais l'émigration européenne a véritablement pris corps aux siècles suivants, avec un pic dans la deuxième moitié du XIXe siècle, au moment où l'Europe connaissait sa plus forte croissance démographique.

Cette émigration européenne s'est dirigée quasi-exclusivement vers les marges de l'Occident, autrement dit vers des territoires à peu près vierges et seulement parcourus par des nomades. Il s'agit des deux extrémités du continent américain : l'Amérique du Nord, le rio de la Plata et le Brésil. Ajoutons-y l'Australasie (Australie et Nouvelle-Zélande), la Sibérie et également la pointe méridionale du continent africain.

Sur ces territoires, par leur arrivée en flux continu, les immigrants ont sans grande difficulté dominé les populations autochtones (Amérindiens, Sibériens, Aborigènes etc.) ; ils les ont rapidement remplacées, les exterminant ou les refoulant dans des réserves.

Les Européens ont par contre occupé en nombre beaucoup plus limité les régions andines (Pérou, Bolivie...) et l'isthme d'Amérique centrale, car ils ont été confrontés dans ces régions à des sociétés pré-colombiennes fortement structurées, denses, sédentaires et maîtrisant l'agriculture. Ils ont évité partout ailleurs les terres de vieilles civilisations non-occidentales, que ce soit en Asie, dans le monde islamique ou en Afrique intertropicale.

Au temps de son hégémonie planétaire, à la fin du XIXe siècle, l'Europe a pu soumettre ces territoires et les coloniser (dico) mais en réduisant sa présence à quelques poignées de cadres militaires ou civils destinés à encadrer les populations.

Indigènes de Roanoke, Virginie (Thomas Hariot, 1588). Sur l'agrandissement, on voit 4 colons de Jamestown (Virginie) dont l'un a été tué par des Amérindiens (photo du 28 juillet 2015, Smithsonian Institution)

Démographie migratoire : l’exemple virginien

La Virginie illustre les conséquences d’une immigration exogène, même ténue (les chiffres ci-après relèvent de l'imagination de l'auteur mais sont néanmoins plausibles ; ils n'ont qu'une valeur indicative).

Au début du XVIIe siècle, la future colonie anglaise était peuplée d'environ cent mille Indiens avec une démographie stable (2500 décès par an et autant de naissances). Arrive un premier bateau avec cent couples de colons anglais et autant chacune des années suivantes. Chaque couple anglais engendre en moyenne quatre enfants. Au final, le solde migratoire annuel est d'à peine 2 pour mille. Le solde naturel annuel est quant à lui de 4 pour mille grâce à 400 naissances supplémentaires qui s'ajoutent aux naissances indiennes.

Au bout de 30 ans, la Virginie compte encore 100 000 Indiens (oublions ceux qui ont été tués par les colons ou ont choisi l'exil) et déjà plus de quinze mille Anglais (environ 15% de la population totale). Ces derniers sont devenus assez nombreux pour n'avoir plus besoin des Indiens. Ils vivent entre eux, si l'on met à part quelques coureurs des bois mariés à des Indiennes. Un siècle après, ils seront devenus très largement majoritaires et pourront envisager de forger une nouvelle nation...

Invasions nomades et migrations forcées

Les migrations de peuplement, par expansion démographique, se sont rarement déroulées de façon entièrement pacifique. Mais cette violence est peu de chose en comparaison de celle qui a accompagné les incursions de nomades dans les empires sédentaires.

- Invasions nomades :

Attila, roi des Huns, Paris, BnF Gallica.C'est ainsi qu'à partir du Ve siècle av. J.-C., les empires apparus autour de la Méditerranée et en Chine ont excité la convoitise des peuples des steppes (Turcs, Ouïghours, Mongols etc.). Redoutables guerriers mais peu nombreux, ces peuples ont à intervalles rapprochés imposé leur domination sur les cultivateurs et les sédentaires (Chinois, Persans, Russes etc.) jusqu'à ce que l'avènement de l'artillerie les renvoie définitivement dans leurs steppes.

Les « Grandes invasions » qui ont affecté l'empire romain aux IVe et Ve siècles de notre ère apparaissent comme des sous-produits des invasions nomades. C'est en bonne partie parce qu'ils étaient poussés par les Huns que les Germains d'Europe orientale ont forcé le limes romain.

Les conquêtes d'empires par les nomades ont pu provoquer de grandes mortalités  à l'instar des Mongols de Gengis Khan qui auraient causé la perte d'un quart de l'humanité (Steven Pinker, La Part d'ange en nous, 2017). Elles ont pu entraîner des bouleversements politiques, linguistiques et même religieux à l'instar des conquêtes arabes ou turques. Mais elles ont eu peu d'effet sur la composition ethnique des territoires.

Ainsi les habitants du Maghreb ont-ils conservé très peu de gènes des envahisseurs arabes tout en ayant adopté la langue et la religion de ceux-ci. A contrario, les habitants de la Grèce actuelle tirent une grande partie de leurs gènes des Slaves qui ont occupé pacifiquement le pays au VIIe siècle après que celui-ci eut été dépeuplé par insuffisance de naissances.

Camp de réfugiés grecs au Théséion (Grèce, 1923)

- Déplacements de populations et trafics d'esclaves :

Dans ses frontières actuelles, la Grèce a aussi accueilli en 1922-1923 les populations hellénophones et chrétiennes chassées d'Asie mineure par les Turcs...

Les migrations forcées concernent les déplacements de population pour cause de guerre et surtout les trafics d'esclaves à grande échelle. Ceux-ci ont débuté au VIIe siècle au Moyen-Orient. Dans les premiers temps de l'islam, les notables de Bagdad s'approvisionnèrent en esclaves blancs auprès des tribus guerrières du Caucase mais aussi auprès des marchands vénitiens qui leur vendaient des prisonniers en provenance des pays slaves, encore païens.

Si la traite des esclaves blancs a rapidement buté sur la résistance des Européens, il n'en a pas été de même du trafic d'esclaves noirs en provenance du continent africain. La traite arabo-musulmane a commencé en 652, lorsqu'un général arabe a imposé aux chrétiens de Nubie (les habitants de la vallée supérieure du Nil) la livraison de 360 esclaves par an.

Le trafic n'a cessé dès lors de s'amplifier. On évalue entre douze à dix-huit millions d'individus le nombre d'Africains victimes de la traite arabe au cours du dernier millénaire, du VIIe au XXe siècle. C'est à peu près autant que la traite européenne à travers l'océan Atlantique, du XVIe siècle au XIXe siècle, autre cas majeur de migration forcée. Mais tandis que les seconds ont contribué au peuplement des Amériques, il n'en a rien été de ceux destinés aux empires islamiques car les trafiquants avaient soin de castrer les mâles avant le grand voyage. La majorité succombait des suites de l'opération.

Ces tragédies-là relèvent heureusement du passé mais les déplacements de population pour cause de guerre restent quant à eux d'actualité comme on l'a vu encore récemment dans la guerre de Syrie...

The Migration Series (3-40), Jacob Lawrence (1917-2000), Washington, Museum of Modern Art et la Phillips Collection. Série épique décrit la migration d’Afro-Américains après la Première Guerre mondiale du Sud rural au Nord industriel..

La fin du métissage

Par un paradoxe visible seulement des personnes familières avec l'histoire des populations, le monde est aujourd'hui plus éloigné que jamais d'un « métissage généralisé ». En effet, les migrations de peuplement concernent exclusivement l'Europe (y compris la Russie) et le Nouveau Monde anglo-saxon, soit huit cents millions d'habitants, à peine un dixième de l'humanité. Pour le reste, l'humanité paraît en ce début du XXIe siècle plus cloisonnée et moins « métissée » qu'il y a un siècle, à la veille de la Première Guerre mondiale et à la fin de la première mondialisation.

À cette époque-là, pas si lointaine, les Européens constituaient avec les Nord-Américains un tiers de la population mondiale. Présents dans tous les pays du monde, en Afrique, dans les pays musulmans, en Extrême-Orient et même dans le sous-continent indien, ils brassaient les populations à qui mieux mieux, transportant des Tamouls à Ceylan, à Maurice et aux Caraïbes, des coolies chinois en Malaisie comme en Californie, des Bengalis en Birmanie etc. Sans oublier bien sûr la traite des esclaves dans la période antérieure... 

Nous n'en sommes plus là. Avec la fin du « monde européen », nous nous orientons à grands pas vers un monde constitué de nations en quête d'homogénéité et dans lesquelles les minorités ethniques et/ou religieuses sont persécutées. Les Ougandais ont expulsé leur minorité indienne, les communistes vietnamiens ont « purifié » leur pays en chassant métis, Chinois et Hmongs, les Algériens ont poussé au départ les pieds-noirs, les Birmans expulsent les Rohingyas, les Chinois parquent les Ouïghours etc. etc. Notons aussi que la diversité religieuse du Moyen-Orient et de la Turquie en particulier n'est plus qu'un souvenir avec la quasi-disparition des chrétiens d'Orient.

Font exception les terres d'immigration : Europe occidentale, Nouveau Monde anglo-saxon, et dans une moindre mesure Russie et Amérique latine.


Publié ou mis à jour le : 2019-11-19 15:43:16

 
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