395 à 641 - L'agonie de l'Empire romain d'Occident - Herodote.net

395 à 641

L'agonie de l'Empire romain d'Occident

À la fin du IVe siècle, après la mort de Théodose, en 395, et la séparation définitive de l'empire romain entre une entité orientale et une entité occidentale, la « pax romana » n'est plus qu'un souvenir.

Quelque part dans les steppes d'Asie centrale, des conditions climatiques difficiles ont poussé les rudes nomades de ces régions, qui vers l'Extrême-Orient et la Chine, qui vers l'Occident et l'Europe. Menacés par ces nomades (Huns et Turcs), les Germains accentuent leur pression sur les frontières de l'empire romain.

Les empereurs concèdent à certaines tribus le droit de s'établir avec armes et bagages dans telle ou telle région dépeuplée. Les villes de l'empire se font peu sûres. Leurs habitants se réfugient dans les campagnes et se mettent sous la protection de riches et puissants propriétaires. Les échanges commerciaux et l'usage de l'écrit se raréfient. C'en est fini de l'Antiquité tardive, deux siècles durant lesquels Rome a brillé de ses derniers feux.

Invasions ou migrations ?

Du IIIe siècle au Ve siècles, soit en un peu plus de deux siècles, se sont installés dans l'empire romain d'Occident des Germains isolés, en quête de terres ou d'un emploi dans les légions. Ils se portaient volontaires pour les travaux « dont les nationaux ne voulaient plus » selon une formule actuelle... Puis ont fait irruption de façon moins pacifique des tribus entières. Au total toutefois, ces migrants ont représenté des effectifs assez peu nombreux : environ 5% de la population de l'empire romain.

Leurs déplacements ont été qualifié par l'historiographie traditionnelle de « Grandes Invasions ». À l'image de leurs collègues allemands, les historiens français préfèrent aujourd'hui les qualifier de Völkerwanderung ou « Migration des peuples ». Le terme d'invasion est plus approprié aux raids brutaux des Vikings, Hongrois et Sarrasins, aux IXe et Xe siècles.

Le christianisme s'érige en institution

La religion chrétienne devient pour beaucoup d'habitants de l'empire, surtout dans les villes d'Orient, une source de réconfort et d'espérance, en dépit de la concurrence d'autres religions d'origine orientale comme le culte de Mithra. Les empereurs la pratiquent presque sans interruption depuis Constantin 1er le Grand.

Sa popularité lui vaut d'être élevée au rang de religion d'État sous le règne de Théodose 1er le Grand. En 381, deux ans après son arrivée au pouvoir, l'empereur fait interdire les opérations divinatoires. En 391 ou 392, enfin, il interdit l'accès aux temples païens et même les cultes domestiques.

De persécutée, la nouvelle religion se fait à son tour persécutrice. À Alexandrie, en Égypte, où les chrétiens tiennent le haut du pavé, le décret de Théodose 1er interdisant les cultes païens donne lieu à de violentes manifestations. Le Serapeum, ou temple de Sérapis, est pillé et la statue du dieu brûlée. Les chrétiens tués dans l'assaut sont proclamés martyrs par l'empereur.

À l'heure de mourir, en 395, Théodose 1er partage l'empire entre ses deux fils. À l'un l'Orient ; à l'autre l'Occident. Les contemporains ne se doutent pas que cette séparation sera définitive. Elle se retrouve aujourd'hui encore dans la frontière qui sépare la Croatie de la Serbie !

L'Occident débordé

Envahi par les Germains en armes pendant l'hiver 406-407, l'empire romain d'Occident est fractionné en royaumes barbares. Sur les bords du Rhin dominent les Francs (qui donneront leur nom à la France), dans la plaine d'Alsace, les Alamans (d'où le nom d'Allemagne), sur le Rhône les Burgondes (d'où le nom de Bourgogne), autour de Toulouse les Wisigoths, en Italie les Ostrogoths de Théodoric le Grand, en Espagne les Vandales (d'où le nom d'Andalousie).

Rome est mise à sac par une bande de Barbares (410). Saint Augustin, évêque d'Hippone (aujourd'hui en Algérie), s'émeut de ce drame sans précédent qui affecte la Ville éternelle où les apôtres Pierre et Paul, premiers chefs de l'Église chrétienne, ont été martyrisés. Plus tard, sous le règne de l'impératrice Galla Placidia, les Huns, sous la conduite d'Attila, font une incursion en Gaule et menacent Lutèce, défendue par Sainte Geneviève. À Rome, cité ravagée par les invasions et l'insécurité, le dernier empereur d'Occident est déposé par un chef barbare le 4 septembre 476 et ses insignes renvoyés à l'empereur de Constantinople.

L'empire d'Occident ne sera plus jamais relevé... sinon sous une forme très différente, trois siècles plus tard, par Charlemagne !


Publié ou mis à jour le : 2019-10-29 13:19:48

 
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