Toute l'Histoire en un clic
Herodote Facebook Herodote Twitter Herodote Youtube
Ami d'Herodote.net
>> XIXe siècle

Vous avez accès à
trois dossiers complets
autour de ce sujet :

Toute l'Histoire en un clic
Publicité

XIXe siècle

La colonisation de l'Afrique et ses détracteurs


Jusqu'au milieu du XIXe siècle, les Européens s'en tiennent en Afrique à des établissements côtiers où ils troquent leurs marchandises contre de l'ivoire et... des esclaves avec les chefs de l'intérieur. C'est seulement dans les années 1870 que les conquêtes coloniales deviennent un enjeu politique.

Partisans de la colonisation

Tout change en 1872 quand le Premier ministre britannique Benjamin Disraeli annonce au Crystal Palace (Londres) sa volonté de promouvoir l'empire anglais.

La mission Congo-Nil du capitaine MarchandLa même année, un Français, le républicain de gauche Léon Gambetta lance à Angers : «Pour reprendre véritablement le rang qui lui appartient dans le monde, la France se doit de ne pas accepter le repliement sur elle-même. C'est par l'expansion, par le rayonnement dans la vie du dehors, par la place qu'on prend dans la vie générale de l'humanité que les nations persistent et qu'elles durent ; si cette vie s'arrêtait, c'en serait fait de la France».

De ce moment-là, les États européens vont s'engager dans la «course au drapeau» en Afrique et en Asie... mais sans que les citoyens s'y intéressent le moins du monde. L'Afrique noire, considérée comme une terre sans maître, fait l'objet d'un partage au cordeau à la Conférence de Berlin en 1885.

La même année, en France, le porte-parole de la gauche républicaine, Jules Ferry, lance devant les députés : «Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures» (28 juillet 1885).

De l'anticolonialisme à la décolonisation

L'opposition aux conquêtes coloniales est portée en Angleterre par le chef du parti libéral (whig), William Gladstone, un Écossais animé par des convictions religieuses très rigides, grand rival de Benjamin Disraeli...

En France, les principaux opposants se recrutent chez les royalistes, qui ne voient pas l'intérêt de disperser tous azimuts les forces vives de la nation, et dans la droite nationaliste qui veut privilégier la revanche sur l'Allemagne, vainqueur de la France en 1870-1871. Le sénateur monarchiste de Broglie lance à la tribune du Sénat : «Les colonies affaiblissent la patrie qui les fonde. Bien loin de la fortifier, elles lui soutirent son sang et ses forces» (11 décembre 1884). 

À la fin du XIXe siècle, une fraction de la droite se rallie toutefois à l'idée coloniale au nom de principes humanitaires et religieux, sous l'influence du cardinal Charles Lavigerie, archevêque d'Alger, et de l'avant-garde missionnaire représentée par les Pères blancs

Jusqu'au milieu du XXe siècle, la gauche française se montre quant à elle partisane de la colonisation, pour les raisons affichées par Jules Ferry. L'exception de taille est Georges Clemenceau. Le chef des radicaux, mû par le même patriotisme, fait figure d'électron libre en dénonçant les équipées coloniales tout comme ses adversaires de droite.

La colonisation (*) allie le meilleur et le pire : des missionnaires et des fonctionnaires pétris de bons sentiments tentent d'aménager les infrastructures et de développer une économie moderne ainsi que d'alphabétiser les populations et d'améliorer les conditions sanitaires ; mais des militaires, des fonctionnaires et des commerçants abusent aussi de leur position pour exploiter les populations, voire massacrer des groupes entiers.

Quand se profile la décolonisation, au bout d'à peine un demi-siècle d'active présence européenne, celle-ci peut se targuer d'avoir lancé en Afrique l'urbanisation mais ses réalisations demeurent superficielles et fragiles.

Version intégrale pour les amis d

Publié ou mis à jour le : 2015-07-26 12:28:08

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

hourryya (14-09-200622:58:59)

Sujet brûlant mais extrêmement bien traité dans cet article. En effet l'histoire devient un instrument politique et sert a nourrir les idéologies comme l'anti-racisme, le tiers mondisme etc... qui cherche à monter les "races" les unes contre les autres tel que le faisait autrefois le communisme avec la "lutte des classes".
Serge Bilé fait parti des idéologues de la haine au même titre que Madame Taubira ou Monsieur Lepen !


Les Amis d'Herodote.net peuvent envoyer un commentaire sur cet article.

Suivez Herodote.net sur twitter
Offrez-vous quelques minutes d'évasion
avec Les Chroniques d'Herodote.net

Adhérez aux Amis d'Herodote.net

Quels rois de France ont été assassinés ?

Réponse
Publicité