Le dictionnaire de l'Histoire

course au clocher, course au drapeau

La « course au clocher » désigne usuellement la rivalité entre Européens dans la conquête et la colonisation de l'Afrique subsaharienne à la fin du XIXe siècle. On emploie parfois aussi l'expression « course au drapeau »

« Course au clocher » est depuis 1834 la traduction en français de steeple chase, un sport anglais dont Alfred de Musset donne en 1832 la définition dans À quoi rêvent les jeunes filles :
« Avez-vous jamais vu les courses d'Angleterre ?
On prend quatre coureurs - quatre chevaux sellés ;
On leur montre un clocher, puis on leur dit : Allez !
Il s'agit d'arriver, n'importe la manière.
L'un choisit un ravin - L'autre un chemin battu.
Celui-ci gagnera s'il ne rencontre un fleuve ;
Celui-là fera mieux s'il n'a le cou rompu. »

Cinquante ans plus, en 1884, dans La Revue genevoise, Charles Faure recourt à l'expression pour désigner les tractations à la Conférence de Berlin sur le devenir de l'Afrique noire : « Dans ces derniers temps, l'entraînement prenait le caractère d'une vraie course au clocher. C'était, semble-t-il, à qui arriverait le premier à hisser son pavillon sur tel ou tel point de la côte d'Afrique non encore possédé par une des nations de l'Europe ». En 1890, dans son livre Le Tonkin et la mère patrie, Jules Ferry reprend l'expression à son compte : « Un mouvement irrésistible emporte les grandes nations européennes à la conquête des terres nouvelles. C'est comme un immense steeple-chase sur la route de l'inconnu... Cette course au clocher date de cinq ans à peine, et, d'année en année, se précipite, comme poussée par la vitesse acquise. » (d'après Henri Brunschwig, Journal of African History, vol XII, 1, 1971).

Voir : La parenthèse coloniale (1880-1960)

Actualités de l'Histoire
Revue de presse et anniversaires

Histoire & multimédia
vidéos, podcasts, animations

Galerie d'images
un régal pour les yeux

Rétrospectives
2005, 2008, 2011, 2015...

L'Antiquité classique
en 36 cartes animées

Frise des personnages
Une exclusivité Herodote.net