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1870-1871

La guerre franco-prussienne


La guerre qui oppose la France au royaume de Prusse et à ses alliés allemands, bien que brève, aura des conséquences dramatiques pour les deux nations et l'ensemble de l'Europe.

De l'humiliation ressentie par les Français et de l'arrogance nouvelle de l'Allemagne vont surgir les deux grands conflits mondiaux du XXe siècle. La France et l'Allemagne, qui éprouvaient jusque-là de la sympathie et même de l'attirance l'une pour l'autre, vont désormais se percevoir de façon très exagérée comme des « ennemis héréditaires ».

Joseph Savès
Les dernières cartouches, défense de l'Auberge Bourgerie à Bazeilles par le Division bleue, le 1er septembre 1870 (1873, Alphonse-Marie-Adolphe de Neuville, musée de la dernière cartouche, Bazeilles)

Manipulation diplomatique et politicienne

Après avoir constitué une Confédération de l'Allemagne du Nord, avec 21 états sous la mainmise écrasante de la Prusse, le chancelier Bismarck aspire à achever l'unité allemande et projette pour ce faire de rassembler le nord et le sud dans une guerre contre la France de Napoléon III.

Il obtient celle-ci par le caviardage de la dépêche d'Ems, qui déchaîne les passions. Le chef du gouvernement Émile Ollivier prononce des paroles malheureuses : « De ce jour commence pour les ministres mes collègues et pour moi une grande responsabilité. Nous l'acceptons d'un coeur léger... d'un coeur confiant ».

L'empereur, poussé par l'opinion publique et son entourage, déclare la guerre le 19 juillet 1870.

La France mobilise 265 000 hommes, sur un front de 250 kilomètres. De leur côté, la Prusse et ses alliés d'Allemagne du Sud en alignent immédiatement 600 000 grâce à une organisation bien rodée et à un réseau ferroviaire très dense.

Six semaines de guerre

Dès le 6 août, une armée française est battue à Forbach et perd la Lorraine. Le même jour, le maréchal de Mac-Mahon est battu à Froeschwiller-Woerth et perd l'Alsace en dépit de la charge héroïque des cuirassiers à Reichshoffen. Le maréchal Bazaine, nouveau commandant en chef, se laisse enfermer dans Metz.

L'empereur, affaibli par la maladie, rejoint le maréchal de Mac-Mahon au camp retranché de Châlons et tente de secourir Bazaine. Mais l'armée et Napoléon III lui-même doivent finalement rendre les armes à Sedan le 2 septembre 1870.

Deux jours plus tard, à Paris, à l'annonce de la nouvelle, les opposants proclament la IIIe République. Les nouveaux gouvernants tentent de reprendre l'offensive et de desserrer le siège de Paris.

Léon Gambetta organise à Tours une armée en vue de mener une « guerre à outrance ». Mais ses efforts sont annihilés par la capitulation de Bazaine, plus soucieux de « défendre l'ordre social contre les mauvaises passions » que la patrie en danger.

De leur côté, affamés par un siège impitoyable, les Parisiens tentent dans un effort désespéré une « sortie torrentielle » à Buzenval, le 20 janvier 1871. C'est la fin d'une guerre qui aura pour l'essentiel duré six semaines, de la dépêche d'Ems à la capitulation de Sedan. Relativement meurtrière pour l'époque, elle aura causé environ cent mille morts dans chaque camp.

D'humiliation en humiliation

Le 18 janvier 1871, les envahisseurs proclament l'Empire d'Allemagne dans la Galerie des Glaces de Versailles. Dix jours plus tard, l'armistice est signé par Jules Favre pour quatre semaines, le temps d'élire une nouvelle assemblée.

Dans un ultime acte d'héroïsme, le colonel Denfert-Rochereau, gouverneur de Belfort, rend les armes après 103 jours de siège sur un ordre exprès d'Adolphe Thiers.

Saturés d'humiliation, abandonnés par le nouveau gouvernement, des Parisiens proclament une Commune insurrectionnelle. La répression, sous les yeux des assiégeants allemands, cause 20 000 morts. Jules Favre et Adolphe Thiers concluent enfin avec Bismarck le traité de paix de Francfort.

Publié ou mis à jour le : 2016-09-20 10:19:58

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Jérôme Chiffaudel (03-07-201301:36:40)

Il semble y avoir un parallèle entre la Commune de Paris, qui a suivi la défaite française de 1870 et la Révolution Spartakiste, qui a suivi la défaite allemande de 1918.
Y a-t-il d'autres révoltes similaires ?

Pour 1917, je vois une différence majeure : la révolution a eu lieu avant la défaite russe.

allen (19-09-200600:51:34)

Une fois de plus, je suis consterné du raccourci fait par la plupart des historiens dans leur relation des évènements de la guerre franco-allemande de 1870. Ils se contentent de rappeler les premières batailles aux frontières avant de parler du désastre de Sedan et de Bazaine enfermant la principale armée française dans Metz. Rien sur les batailles de Borny, Mars-la-Tour, Vionville, Rezonville, Gravelotte et Saint-Privat des 14/16 et 18 août qui virent 250.000 Allemands s'opposer à 180.000 Franç... Lire la suite

Rombourg (21-05-200618:30:09)

Je dois rectifier une légère erreur : le château de Bellevue n'est pas situé à Sedan même, mais à quelques kilomètres de la ville, sur une colline, d'où la vue s'étend sur une dizaine de kilomètres. Bismarck, le général von Moltke et l'empereur Guillaume 1er y avaient établi leur quartier général. La légende veut que Bismarck ayant suivi à la jumelle la charge des chasseurs d'Afrique du général Margueritte se soit écrié : "Ah les braves gens !"


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