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La ville arabe

Le siège de la puissance politique


De Marrakech à Bagdad, les voyageurs ont toujours été sensibles aux singularités des villes dites « arabes » ou « islamiques », quoique ces deux qualificatifs prêtent à discussion.

Pourtant, nous verrons que ces villes sont à bien des égards proches des villes européennes, plus proches en tout cas que celles-ci ne le sont des villes américaines.

En ce début du XXIe siècle, elles sont devenues l'enjeu primordial des combats entre démocrates et djihadistes pour la domination du monde arabe.

Rencontre avec l'urbaniste Mohamed Métalsi (IMA, Paris)

À l'occasion des premiers Rendez-Vous de l'Histoire du monde arabe, à l'Institut du Monde arabe (Paris), du 5 au 7 juin 2015, sur le thème de la ville, l'urbaniste Mohamed Métalsi, directeur des actions culturelles de l'IMA, dessine pour nous le portrait des villes arabes.

Réseaux de villes contre États-Nations

Quand l'islam a soumis à sa loi l'Orient méditerranéen, il a rencontré une civilisation essentiellement urbaine, héritière des provinces les plus prospères des empires romain et byzantin.

Porte de maison à Oualata (Mauritanie) ; photo : Gérard Grégor (2006)Lui-même né dans une ville du désert, Médine, la « Ville du Prophète », il a pris racine dans des villes prestigieuses comme Alexandrie, Damas, Antioche ou encore Carthage, qui tiraient leur richesse du grand commerce. Moins chanceuses cependant, les cités de Smyrne ou encore Baalbek n'ont pas survécu à la ruine de la romanité.

Rien à voir avec l'Europe des VIIe et VIIIe siècles, contemporaine des premiers musulmans et pleinement chrétienne. Dans ces régions plus ou moins dominées par les rois mérovingiens, les Romains n'avaient guère laissé de grandes cités, à l'exception de Lyon, Trèves ou encore Cologne. Parmi les villes du littoral méditerranéen, Rome et Ravenne n'étaient plus que l'ombre d'elles-mêmes.

Les entraves sarrasines au commerce méditerranéen avaient achevé de ruiner ces villes, si l'on en croit l'historien belge Henri Pirenne, de sorte que le pouvoir s'était concentré entre le Rhin et la Meuse.

C'est là, à Aix-la-Chapelle, que Charlemagne avait établi son palais. Faute d'organisation étatique et d'administration fiscale, il en était réduit à vivre sur les réserves de ses propriétés rurales, tout comme ses comtes et ses guerriers. La société féodale chrétienne en vint de la sorte à se caractériser par un tissu très serré de seigneuries qui encadraient la paysannerie et structuraient le territoire.

À partir de l'An Mil, grâce à une paix mieux assurée, le commerce et l'industrie commencèrent à se développer et générer les villes industrieuses caractéristiques de l'Europe des Temps modernes. Ainsi le maillage du territoire rural par la féodalité a-t-il donné naissance aux royaumes territoriaux et aux États-Nations que nous connaissons.

Il en est allé tout autrement en Orient et en Afrique du Nord, où les conquérants arabes, peu nombreux et sans attaches avec le monde rural, se sont emparés des grandes villes.

Fûstat ou Fostat, un quartier du vieux Caire (Égypte), DRÀ défaut, ils en ont construit de nouvelles pour leurs garnisons, comme Kairouan, au cœur de la Tunisie, dès 670, Fostat, sur les bords du Nil, devenue aujourd'hui Le Caire, ou encore Bassora et Kufa en basse Mésopotamie.

Plus tard ont été aussi créées Biskra en Algérie, Cordoue, Fès, Meknès, enfin Marrakech en 1070.

Qu'elles soient d'origine hellénistique ou de création récente, ces villes s'approvisionnent au quotidien auprès des campagnes environnantes mais tirent leur prospérité du commerce international, principalement par voie terrestre.

Ainsi que le note l'historien Gabriel Martinez-Gros, auteur d'une Brève Histoire des empires, il est en effet bien plus facile de taxer les marchands, minorité riche et mal-aimée, que les paysans, pauvres et nombreux...

Les villes les plus chanceuses croissent très vite jusqu'à atteindre plus de cent mille habitants. C'est le cas de Fès aux alentours de l'An Mil. Au temps de leur splendeur, Cordoue et Le Caire dépassent largement ce chiffre et Bagdad dépasse sans doute le demi-million d'habitants.

Pendant les six à neuf siècles qui s'écoulent de la mort de Mahomet à la domination turque, le monde arabe se présente donc comme un réseau de routes commerciales le long desquelles s'égrènent les villes-capitales, les villes-garnisons, les villes-marchés et les caravansérails (...).

Version intégrale pour les amis d

Publié ou mis à jour le : 2016-01-28 08:02:16

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Elisabeth Drye (08-06-201510:52:04)

L'article est passionnant, mais j'aimerais bien avoir les légendes de l'iconographie...

Epicure (05-06-201517:11:46)

Alain Delos, vous oubliez: JUIVE.....!? La plus chatoyante et célèbre ville juive du Moyen Age........! avec Maïmonides soi-même...!


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