1er mars 2026. En ce XXIe siècle, les antifas ou « antifascistes » sont de retour en France mais aussi dans leur berceau allemand et même aux États-Unis. Interrogeons-nous sur la filiation entre l'antifascisme des années 1930 (Italie, Allemagne, France et Espagne) et les mouvements et les partis qui agitent aujourd'hui la menace du fascisme...
À Madrid, le 19 juillet 1936, deux jours après le soulèvement de la garnison de Mellila et le coup d'État du général Franco, la députée communiste Dolorès Ibarruri enjoint ses camarades à la résistance. Dans le discours qu'elle prononce, elle répète à plusieurs reprises : « ¡Los fascistas no pasarán! ¡No pasarán! » (« Les fascistes ne passeront pas ! Ils ne passeront pas ! »).
Ce cri de la « Pasionaria » marque l’apogée de l’antifascisme militant dans le monde, près de quatorze ans après la « Marche sur Rome » de Mussolini en Italie. Il est repris par les volontaires des Brigades internationales venus apporter leur aide à l’armée républicaine et aux combattants espagnols, communistes, socialistes et anarchistes.

Aux origines du fascisme
Ancien leader du parti socialiste italien, Benito Mussolini rompt avec celui-ci à la veille de la Grande Guerre et plaide pour l’entrée de son pays dans la guerre aux côtés des Alliés. Après le conflit, il partage avec beaucoup d’Italiens le sentiment que leur sacrifice n’a pas été récompensé comme il se doit par les traités de paix.
Mussolini fonde donc un parti sur le modèle de celui de Lénine, avec des milices - les Chemises noires - et l’objectif de s’emparer du pouvoir par la force. Mais à l’opposé de Lénine et des bolchéviques, il ne rêve pas de révolution planétaire et affiche un nationalisme sans nuance. Il rejette également la lutte des classes et lui préfère le « corporatisme » : patrons et salariés réunis dans des corporations sous la tutelle de l’État. Les fasci (en français faisceaux) sont le symbole de son parti, fondé en 1919 à Milan. Ils rappellent les faisceaux de baguettes ou de flèches des licteurs, officiers de la Rome antique (dico).
Mussolini est en définitive appelé à la tête du gouvernement par le roi et les milieux conservateurs qui attendent de lui le rétablissement de l’ordre. Il crée dès 1924 un État totalitaire sous l’égide d’un chef tout-puissant, lui-même : « Il Duce ha sempre ragione » (« Le Chef a toujours raison » !). Des opposants de gauche réfugiés en France commencent alors à parler d’action antifasciste (azione antifascista).
En Italie même, Mussolini affiche de réels succès, jusqu’à lui valoir l’admiration de grands démocrates comme Churchill. Dans une Europe continentale ravagée par la guerre et déstabilisée par le redécoupage des frontières, le Duce ne tarde pas aussi à faire des émules : Horthy (Hongrie), Primo de Rivera (Espagne), Moustafa Kémal (Turquie), Pilsudski (Pologne), Salazar (Portugal). Tous ces gens sont mus par un conservatisme et un nationalisme aigus mais sont exempts de racisme et d’antisémitisme, sauf peut-être en Pologne et en Turquie.
En Allemagne, la démocratie issue de la République de Weimar peine à s'imposer dans le chaos consécutif à la Grande Guerre. D'anciens combattants constituent des corps francs (Freikorps) et rêvent de prendre le pouvoir et laver l'honneur de la nation allemande, à l'image de l'Italien Mussolini. Ce réveil du nationalisme allemand inquiète au plus haut chef les bolchéviques qui ont pris le pouvoir au Kremlin et tentent de fédérer les communistes du monde entier dans une Internationale communiste, le Komintern. Ce dernier lance donc en 1923 en Allemagne une Antifaschistische Aktion (« Action antifasciste ») mais son existence est éphémère et quasi-confidentielle.
De fait, dans la myriade nationaliste émerge un groupuscule, le NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, Parti national-socialiste des travailleurs allemands), sous l'égide d'Adolf Hitler. Cet agitateur pétri d’admiration pour Mussolini, se couvre de ridicule en tentant de refaire la Marche sur Rome : c’est le Putsch de la Brasserie en 1923. Après un court passage par la case Prison, il en vient à comprendre, comme Mussolini lui-même, qu’il vaut mieux compter sur la bienveillance des milieux conservateurs pour prendre le pouvoir plutôt que sur la force.
Hitler se distingue de Mussolini et de ses émules sur un point essentiel : il nourrit des convictions racistes et antisémites portées à l’extrême. Loin des propos de salon contre les juifs ou du sentiment de supériorité dans lequel baignent les élites européennes, il prétend débarrasser l’Allemagne des Juifs d’une façon ou d’une autre ainsi qu’imposer la domination de la race aryenne sur le reste de l’humanité.
Tout bascule dans la décennie suivante, quand le krach du «Jeudi noir à Wall Street entraîne le monde occidental dans une profonde crise économique et sociale.

Antifaschistische Aktion et Antifas
En Allemagne, la République de Weimar, belle réussite démocratique, culturelle et politique, commence à fléchir sous les coups portés par les partis révolutionnaires : à gauche le KPD (Kommunistische Partei Deutschlands, parti communiste allemand), dirigé par Ernst Thälmann, et à droite le NSDAP d’Adolf Hitler.
L’un et l’autre disposent de milices paramilitaires fortes de plus de cent mille membres chacune : le Roter Frontkämpferbund communiste et la SA nazie (Sturmabteilung ou Section d’Assaut). Elles s’affrontent dans les rues et sèment la terreur. Ainsi compte-t-on une centaine de morts de leur fait, rien qu’en 1932 (la SA étant de loin la plus violente).
Le 17 avril 1932, dans un geste d'autorité, le chancelier Brüning dissout les milices nazies SA et SS. Le parti communiste allemand en profite pour réactiver une Antifaschistische Aktion (« Action antifasciste »). La nouvelle organisation ne tarde pas à être désignée sous l’abréviation Antifa !
Ce qualificatif d'antifasciste atteste que le nazisme est encore perçu comme une simple variante du fascisme italien alors qu'il s'en distingue par son caractère foncièrement raciste et antisémite : Hitler accuse les Juifs d'être les principaux responsables du traité de Versailles et il ne songe pas seulement à effacer cette humilitation ; il veut aussi imposer la domination de la race ayenne (allemande) sur les autres.
L’opinion publique ne prend pas au sérieux le racisme et l’antisémitisme qui sont pourtant au cœur du nazisme. Ainsi que le raconte l’historien Laurence Rees (Ils ont vécu sous le nazisme, Perrin, 2005), beaucoup de SA ont des petites amies juives et, en conséquence, on se dit qu’ils n’iront jamais jusqu’au bout de leurs slogans !
Avec Antifa, le KPD prétend constituer un front des travailleurs face à la violence nazie.
Mais ce « front républicain » avant l’heure est illusoire par le fait que le KPD communiste ne cesse d’attaquer le Parti social-démocrate (Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD), qualifié de « social-fasciste » !
Le 1er mai 1929, les communistes manifestent à Berlin en dépit d’une interdiction édictée par le gouvernement SPD du Land de Prusse. La police tire et l’on compte plus de trente morts ! Là-dessus, après ce « Mai sanglant » (Blutmai), les communistes joignent leurs voix à celles des nazis et des nationalistes lors d’un référendum organisé en Prusse le 9 août 1931 pour renverser le gouvernement social-démocrate ! Par la suite, Ernst Thälmann accuse régulièrement le SPD d’être « l’aile modérée du fascisme ».
C’est du pain bénit pour Hitler. Le 30 janvier 1933, il est appelé à la tête du gouvernement par les élites conservatrices… comme Mussolini dix ans plus tôt.
« À bas le fascisme ! »
L’antifascisme traverse dès lors le Rhin et bientôt les Pyrénées.
En France, l’opinion publique est échaudée par le scandale du Crédit municipal de Bayonne, une affaire de corruption dans laquelle sont impliqués un escroc, Alexandre Stavisky, et plusieurs personnalités politiques.
Le jour de l’investiture du nouveau Président du Conseil, Édouard Daladier, le 6 février 1934, les ligues de droit appellent à manifester à Paris, en face de la Chambre des députés (le Palais-Bourbon), au cri de « À bas les voleurs ». Trente mille personnes s’y retrouvent : militants de l’Action française (royaliste, germanophobe), de Solidarité française, etc. Mais la manifestation dérape, la police perd ses moyens et tire. Près de vingt personnes sont tuées.
La gauche croit voir immédiatement dans cette manifestation une tentative de coup d’État fasciste ! Quant à Staline, qui règne sur les communistes du monde entier, il commence à s’inquiéter de l’arrivée de Hitler à la tête de l’Allemagne. Il comprend la nécessité de le neutraliser et, pour cela, renonce à stigmatiser les sociaux-démocrates et les radicaux comme il l’a fait en Allemagne.
Bientôt, en France comme en Espagne, les communistes et les socialistes vont pouvoir constituer des Fronts populaires et accéder au pouvoir. Ainsi en Espagne le 16 février 1936 et en France le 3 mai 1936.
Si en France, les élections ont pu se dérouler dans la sérénité, il n’en va pas de même en Espagne où elles ont été précédées par des violences assez également réparties dans les deux camps, à gauche comme à droite.
Mais après le coup d’État nationaliste et l’intervention à l’été 1936 de l’aviation allemande ainsi que de troupes nazis, la lutte contre le fascisme va prendre tout son sens avec les internationalistes d’un côté, les nationalistes de l’autre.
Jean Birnbaum (La Force d’être juste, Flammarion, 2026) décrit le tournant de la guerre d’Espagne : des milliers d’hommes et de femmes constituent des Brigades internationales afin de défendre la République espagnole contre les troupes de Franco et de ses alliés Hitler et Mussolini.
Parmi ces volontaires, on compte nombre d’intellectuels et d’écrivains. Leur combat exalté rappelle l’engagement des poètes romantiques aux côtés des Grecs en lutte contre les Turcs.
Mais leur désillusion est douloureuse car ils ne tardent pas à découvrir à côté de la guerre officielle une autre guerre au sein de la coalition républicaine : elle est livrée par les agents de Staline aux combattants trotskistes ou anarchistes, qualifiés de « fascistes » et liquidés par les armes. George Orwell est le témoin direct de ces combats fratricides, en mai 1937 à Barcelone. Il est lui-même menacé comme « agent fasciste ».
En Espagne - comme dans la République de Weimar -, la lutte « antifasciste » est ainsi dévoyée par le parti communiste qui n’hésite pas à qualifier tous ses contradicteurs de « fasciste » et donc d’ennemi à abattre !
Le résultat, c’est trois ans plus tard l’entrée de Franco à Madrid et la victoire du camp nationaliste. Chez tous les démocrates, l’heure n’est plus à la lutte contre un « fascisme » indéterminé mais bien à la guerre contre le nazisme hitlérien.
Disparition de l’antifascisme originel
Passent quatre longues années. Vient enfin la victoire sur le nazisme. Ses méfaits surpassent tous les autres. Dans l’Allemagne ruinée et écartelée entre les vainqueurs, l’Antifaschistische Aktion renaît brièvement de ses cendres pour traquer les notables nazis et les évincer de l’administration mais dès 1946, elle quitte la scène et l’on ne parle plus des Antifas pendant près de quarante ans.
En France, après la Libération, le Parti communiste, auréolé par la contribution héroïque des Soviétiques à la victoire, occupe tout l’espace de l’extrême-gauche et recueille un cinquième de l’électorat. Il participe activement aux joutes politiques de la IVe République.
L’extrême-droite devient politiquement infréquentable mais elle ne disparaît pas totalement. Elle survit dans certains milieux intellectuels et notamment dans les cercles maurassiens nostalgiques d’un passé fantasmé.
Elle réapparaît sous un jour inattendu le 22 juillet 1953 avec la fondation de l’Union de défense des commerçants et artisans par un cafetier de Saint-Céré (Lot), Pierre Poujade. Sa « grève de l’impôt » s’apparente davantage à une jacquerie qu’à un nouveau fascisme. Mais elle le conduit à faire élire une cinquantaine de partisans à la Chambre des députés, parmi lesquels un jeune étudiant en droit dénommé… Jean-Marie Le Pen.
La surprise vient de l’Italie. Le 25 juillet 1943, Mussolini avait été démis de ses fonctions et assigné à résidence dans la forteresse du Gran Sasso (Abruzzes). Un commando SS sous les ordres du colonel Skorzeny l’en avait sorti et il avait été placé à la tête d’une dérisoire « République sociale italienne » implantée à Salò, sur le lac de Garde, sous la protection de la Wehrmacht.
Après la mort du Duce et la complète libération de l’Italie, l’Italie revient à la démocratie. Le cri Siamo tutti antifascisti s’acquiert une vogue planétaire… à l’égal du tiramisu et du spritz, cependant que le chant des partisans Bella Ciao devient quasiment un hymne national.
Il n’empêche que naît le 26 décembre 1946 un parti ouvertement néo-fasciste : le Movimento Sociale Italiano (MSI, Mouvement Social Italien). Le plus étonnant est que ses parrains, à l’image de Giorgio Almirante, sont des anciens cadres de la république de Salò, autrement dit du fascisme dans sa version nazifiée et antisémite !
Pendant près de cinquante ans, le nouveau parti joue le jeu électoral et remporte aux élections législatives environ 5% des voix. Il est finalement dissous et Gianfranco Fini le remplace en 1995 par le parti Alleanza nazionale qui rejette la référence au fascisme et rejoint le camp conservateur. De ce dernier parti est issu le parti Fratelli d'Italia de l'actuelle Première ministre Giorgia Meloni.
En Allemagne fédérale, dans le même sens mais en pire, un parti ouvertement nationaliste, le Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD, Parti national-démocrate d’Allemagne) a été créé le 28 novembre 1964.
Il participe au jeu électoral avec des personnalités comme son fondateur Friedrich Thielen, député de Brême, cela malgré ses liens avec des groupuscules néonazis, sa condamnation de l’homosexualité, son hostilité à Israël et son soutien au Hamas, son antisémitisme et son racisme, qui s’exprime dans les attaques contre des joueurs de foot à peau noire ! En juin 2023, le NPD a changé son nom pour celui de Die Heimat (La Patrie), mais ses orientations n’ont pas changé.
L'antifascisme aux oubliettes
Le retour de la prospérité et la guerre froide entre Washington et Moscou renvoient aux oubliettes les vieux combats d’avant-guerre. Un basculement survient aux alentours de 1968 avec la décolonisation et l’entrée en scène du tiers-monde, l’enlisement étasunien au Vietnam et la dénonciation de l’impérialisme américain, la « révolution culturelle » en Chine, etc.
Dans les universités françaises foisonnent des mouvements trotskistes ou maoïstes en quête d’une révolution prolétarienne internationale.
En réaction, on voit émerger des groupuscules d’extrême-droite dans les milieux universitaires et en particulier dans la faculté de droit de la rue d’Assas, devenue leur fief parisien. Ils jouent à la guerre avec leurs adversaires d’extrême-gauche, lesquels ont investi la faculté de Nanterre et gangrènent la plupart des autres campus.
Ces groupes militent pour une contre-révolution nationale, avec le retour à un État fort et aux valeurs traditionnelles. Le principal de ces groupuscules est Ordre Nouveau. Il est dissous en 1973 et renaît sous l’étiquette Front National (FN). On compte aussi le Groupe Union Défense (GUD), la Fédération d'action nationale et européenne (FANE) et également des réseaux issus de l’Algérie française et de l’OAS. Jean-Marie Le Pen, qui prend la tête du FN, est lui-même un ancien de la guerre d’Algérie.
Plus grave est la situation de l’Allemagne et l’Italie. L’une et l’autre sont affectées dans les années 1970 par la violence terroriste de l’extrême-gauche comme de l’extrême-droite, sans compter le terrorisme venu du Proche-Orient, aux JO de Munich 1972.
En Allemagne, sévit la Fraction Armée rouge ou Bande à Baader. Elle attaque des bases américaines en 1972 en tuant plusieurs personnes. Elle enlève et assassine aussi des personnalités comme le dirigeant patronal Hanns-Martin Schleyer en 1977. L'extrême-droite n'est pas en reste avec un attentat aveugle pendant l'Oktoberfest de Munich, le 26 septembre 1980 (13 morts et 215 blessés).
L’Italie est victime des Brigades rouges qui enlèvent et assassinent de nombreuses personnalités dont le leader politique Aldo Moro en 1978. Ces « années de plomb » se terminent avec l'attentat de la gare de Bologne le 2 août 1980 par un autre groupe d'extrême-droite (85 morts).
Nul ne songe alors à ranger ces combats douteux sous les étiquettes fascistes et antifascistes.
Renouveau et mutation de l’antifascisme
En Allemagne fédérale, dans les années 1990, l’afflux de réfugiés d’Europe de l’Est suscite des manifestations violentes de groupuscules d’extrême-droite. Il s’ensuit à gauche la renaissance des Antifas sous le nom de Antifaschistische Aktion/Bundesweite Organisation (AA/BO, Action antifasciste/Organisation nationale).
En France, la question migratoire fait irruption sur la scène politique avec l’élection locale de Dreux les 4-11 septembre 1983 et un mois plus tard, la « Marche des Beurs ». Jean-Marie Le Pen perçoit la sensibilité de l’opinion sur ce sujet et en fait le nouveau cheval de bataille du Front National.
C'est un tournant par rapport aux années 1970, quand la maîtrise de l’immigration faisait consensus à droite comme à gauche :
• Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste, stigmatisait l’immigration de travail voulue par le patronat.
• Le Parti Socialiste Unifié (PSU) de Michel Rocard, principal représentant de la « deuxième gauche », entre PC et SFIO, plaidait pour un « développement autocentré », chaque pays ne devant compter que sur ses ressources humaines sans aller piller celles des autres.
Après 1983, Jean-Marie Le Pen a « gangrené le débat public » en « salissant de ses obsessions » ce sujet et quelques autres, selon le mot de la journaliste Natacha Polony.
À la fin du XXe siècle, avec l’intégration de la France dans l’Union européenne et l’acception quasi-générale de la « mondialisation heureuse » (Alain Minc), l’extrême-gauche a délaissé les vieux discours sur la défense des travailleurs et la lutte des classes. Elle les a remplacés par un plaidoyer pour l’ouverture à la différence sans trop s'interroger sur l'incompatibilité entre la sauvegarde de l'État-Providence et la prétention d'« héberger toute la misère du monde » (citation).
À partir de 2002, Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur puis président de la République, ne craignit pas de marcher sur les plate-bandes de l'extrême-droite avec un discours de fermeté sur l'immigration. Mais sa politique en contradiction avec ce discours et sa défaite en 2012 permirent au FN et à l’extrême-droite de se réapproprier le thème.
Le retour aux valeurs traditionnelles, leitmotiv de l’extrême-droite, s’est alors converti en une défense de l’identité nationale menacée par l’immigration de peuplement, de sorte que, dans le premier quart du XXIe siècle, l’immigration et ses à-côtés (sécurité, identité, frontières…) sont pratiquement devenus le seul et unique clivage qui oppose l'extrême-droite à l’extrême-gauche.
La « lutte antifasciste » se ramène désormais à la dénonciation de toute remise en cause de la politique migratoire. Sur tous les autres sujets, les divergences entre extrême-gauche et extrême-droite sont indéfinissables : rôle de l’État, prérogatives de l’Union européenne, hégémonie étasunienne, mondialisation des échanges, etc.
Dans l’arène parlementaire, La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon s’est érigée en championne de l’antifascisme... et ne se prive pas de traiter ses contradicteurs en « agents du fascisme »... comme les communistes du temps de Staline, de la République de Weimar et de la guerre d’Espagne.
Les menaces sur la démocratie, en France comme dans les autres pays européens, n'ont jamais été aussi vives depuis la chute du nazisme.














Vos réactions à cet article
Recommander cet article
SYLVIE (04-03-2026 19:36:43)
Bonsoir, je suis vos articles avec beaucoup d'intérêt parce que j'y retrouve une bonne partie de ma vision de l'histoire et de notre société.
Merci beaucoup. Sincères salutations.
Jean-Claude SIMON (04-03-2026 16:52:02)
A Béatrice. Ah bon, première nouvelle, je n'ai jamais entendu cela dans les médias, à part quelques cas et en particulier de ceux causés par des militants venus d'Angleterre. Après interrogation... Lire la suite
Béatrice (02-03-2026 09:44:47)
La lutte antifasciste actuelle consiste essentiellement à lutter contre les exactions des groupes fascistes qui ne se privent pas d'agresser les étrangers... et la liste est longue. Ne passons pas c... Lire la suite