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La guerre d'Algérie
La guerre d'Algérie
• 10 février 1943 : Ferhat Abbas veut l'autonomie
• 8 mai 1945 : massacres de Sétif
• 1er novembre 1954 : insurrection du FLN
• 20 août 1955 : émeutes à Philippeville
• 6 février 1956 : des tomates pour Guy Mollet
• 22 octobre 1956 : l'avion de Ben Bella arraisonné
• 7 janvier 1957 : bataille d'Alger et torture
• 13 mai 1958 : vrai-faux coup d'État
• 5 septembre 1960 : procès du réseau Jeanson
• 11 février 1961 : création de l'OAS
• 21 avril 1961 : putsch d'Alger
• 17 octobre 1961 : nuit tragique à Paris
• 8 février 1962 : manifestation au métro Charonne
• 19 mars 1962 : accords d'Évian et cessez-le-feu
• 26 mars 1962 : massacre de la rue d'Isly
• 5 juillet 1962 : indépendance de l'Algérie et massacre d'Oran
• 11 mars 1963 : exécution de Bastien-Thiry
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Algérie

La guerre d'indépendance


Occupée par la France en 1830, l'Algérie devient en 1954 le théâtre de la plus douloureuse guerre de décolonisation qu'ait connue la France et même l'ensemble des pays européens. C'est le résultat des maladresses gouvernementales, de l'égoïsme obtus des colons européens et des brutalités sans scrupules des indépendantistes musulmans.

Patrouille en Algérie en 1957, près d'Orléansville (DR)

Une « guerre sans nom »

Encouragés par la défaite française en Indochine, les indépendantistes algériens lancent une trentaine d'attentats plus ou moins désordonnés le 1er novembre 1954. C'est la « Toussaint rouge » : récoltes incendiées, gendarmerie bombardée... On compte sept victimes, toutes musulmanes sauf un instituteur venu de métropole.

Peu après est créé au Caire le Front de Libération Nationale (FLN), par Ahmed Ben Bella, un indépendantiste en rupture avec le MTLD de Messali Hadj, qu'il juge trop modéré. Le FLN et les messalistes, rassemblés au sein d'un nouveau parti, le MNA (Mouvement National Algérien), vont dès lors se disputer à couteaux tirés les faveurs des travailleurs algériens en métropole. Leur conflit fratricide va faire 4 000 morts parmi ceux-ci. En Algérie même, la rivalité débouche le 28 mai 1957 sur le massacre de 315 villageois favorables au MNA. 

Sur le moment, la « Toussaint rouge » passe inaperçue dans l'opinion française. Le 25 janvier 1955, le président du Conseil Pierre Mendès France nomme au gouvernement général de l'Algérie l'ethnologue Jacques Soustelle (44 ans), homme de gauche, pacifiste, résistant et gaulliste de la première heure. Il est accueilli fraîchement par les Européens mais très vite se rallie à la thèse radicale de l'intégration. Contre les riches colons et les indépendantistes musulmans, il prône l'octroi de la nationalité française pleine et entière à tous les habitants des trois départements.

Mais les « fellagha » (coupeurs de route) du FLN multiplient les meurtres de notables musulmans favorables à la présence française. N'arrivant pas à retourner la population musulmane en leur faveur, ils changent de tactique et s'en prennent aux Européens. Ce sont les massacres de Philippeville (20 août 1955), véritable tournant de la guerre.

La guerre et la haine, photo M. Desjardins / L'ennemi intime (Seuil)Dès le 23 août 1955,  le gouvernement décide le rappel du demi-contingent libéré en avril et le maintien sous les drapeaux du premier contingent de 1954.

L'année suivante, le socialiste Guy Mollet accède à la présidence du Conseil. Il annonce des réformes de structure et rappelle Jacques Soustelle. Mais quand lui-même se rend à Alger, le 6 février 1956, il est conspué par la population. C'est la « journée des tomates ». Guy Mollet revient à une politique de répression.

Les musulmans basculent dans le camp de la rébellion

En avril et mai, l'extension de la rébellion le conduit à rappeler partiellement les classes 1951 à 1954. Le service militaire est allongé de dix-huit à vingt-sept mois. Les effectifs engagés passent de 200 000 en début d'année à 400 000 en juillet dont une moitié de musulmans algériens (harkis, tirailleurs...). Mais la répression brutale fait basculer dans le camp de la rébellion de plus en plus de musulmans.

Les maquisards, qui étaient à peine un demi-millier à la « Toussaint rouge » sont désormais plus de quinze mille. Le FLN décide de s'en prendre aux villes mêmes, où vivent la plupart des pieds-noirs. Quelques dizaines d'Européens trouvent la mort dans les embuscades, ce qui ouvre le cycle des représailles aveugles.

Le 10 août 1956, un groupe de pieds-noirs, parmi lesquels un policier, déposent une bombe dans la Casbah d'Alger. On compte 70 morts de tous âges.

L'attentat du Milk Bar (Alger, 30 septembre 1956)

La réplique ne se fait pas attendre. Le 30 septembre 1956, deux bombes déposées par des jeunes femmes musulmanes explosent à Alger, l'une au Milk Bar de la place Bugeaud, l'autre à la Cafétéria, rue Michelet.

Désespérant d'en finir avec les attentats aveugles, le gouvernement confie le 7 janvier 1957 au général Jacques Massu les pleins pouvoirs de police sur le Grand Alger (800 000 habitants dont une moitié de musulmans).

Les parachutistes ne font pas dans la dentelle. Multipliant les arrestations, pratiquant les exécutions sommaires et les tortures, ils peuvent se flatter au bout de neuf mois d'avoir mis un terme à la vague d'attentats aveugles et gagné la « bataille d'Alger ». Mais ce faisant, ils n'ont en rien gagné la guerre d'Algérie.

Lassitude de l'opinion publique métropolitaine

Le 12 décembre 1958, le général Maurice Challe succède à Raoul Salan à la tête des forces stationnées en Algérie. Il arrive à annihiler presque complètement la capacité de nuisance des indépendantistes, à Alger comme dans le djebel (la montagne).

Mais les chefs du FLN réfugiés à l'étranger n'en poursuivent pas moins leurs actions, sur le plan politique plus que militaire. Dans le camp d'en face, l'opinion publique métropolitaine se lasse de la guerre. Comme celle-ci, le gouvernement est intimement convaincu de l'impossibilité de garder au sein de la République un territoire aussi atypique que l'Algérie. Il juge le moment venu de négocier avec les indépendantistes « modérés ».

Les « pieds-noirs » d'Alger (*) s'en inquiètent et leur révolte, le 13 mai 1958, amène au pouvoir le général de Gaulle. Celui-ci promet d'une manière évanescente de leur donner satisfaction.

Désespérant de trouver des interlocuteurs modérés au sein du FLN, le général de Gaulle propose la « paix des Braves » le 23 octobre 1958 avant de consentir à l'autodétermination le 16 septembre 1959 sans avoir obtenu entretemps une quelconque concession. Ce double jeu suscite d'ultimes sursauts de violence dans les deux camps, chez chez les indépendantistes comme chez les partisans de l'« Algérie française ».

Le 8 janvier 1961 se tient le référendum sur l'autodétermination. À cette occasion, 75% des Français approuvent la politique du général de Gaulle. Désireux de forcer son avantage, le FLN organise à Paris une manifestation nocturne qui tourne au drame le 17 octobre 1961.

Le cessez-le-feu, officialisé le 19 mars 1962, est suivi une semaine plus tard d'une manifestation désespérée et sanglante des Algérois. Le jour même de l'indépendance, le 5 juillet 1962, la population européenne d'Oran est sauvagement massacrée. Les musulmans loyalistes (« harkis ») qui ont été empêchés de s'enfuir par les autorités françaises sont eux-mêmes victimes de cruelles représailles.

On évalue à 1600 le nombre d'Européen(ne)s enlevés après les accords de cessez-le-feu et à plus de 50 000 le nombre de harkis massacrés. L'immense majorité du million d'Européens établis en Algérie choisit l'exil en métropole (« la valise ou le cercueil »), mettant fin à 130 ans d'Histoire.


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Le drame harki
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Publié ou mis à jour le : 2016-03-18 09:44:42

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Berdepas (07-11-201612:43:48)

L'Histoire de la Guerre d'Algérie continue à être racontée par des "Historiens"engagés qui ne peuvent s'empêcher de faire passer dans leurs préjugés sur les "colons"....

torres frederic (23-05-201419:59:31)

Je suis écoeuré à la lecture de votre article concernant la"guerre d'Algérie". Le commentaire est pro-FLN. tous les chiffres sont revus à la baisse: européens enlevés plus de 3500- harkis massacrés 150 000 et ce après les dits "accords d'èvian" en fait sur le J.O. de l'époque leur vèritable intitulé etait: "déclarations gouvernementales".
Il n'était plus question "d'accord" car le FLN avait envoyé ben kheda non représentatif de l'entité.
22ma... Lire la suite

Jean marie thiers (05-02-201312:26:58)

Excellente synthèse, mais qui évidemment, ne rend pas compte des comportements et des détails, comme toute synthèse.Cependant le renvoi à des items complète le sujet. Une réserve; je crois, d'après mon expérience personnelle, le nombre de harkis massacrés beaucoup plus important. De la même façon, la manifestation FLN de 1961 ne paraît pas devoir être qualifié& de drame, car, historiquement, elle n'a fait qu'un mort et qu'elle était en soi une tentative interne de déstabilisation grave des ... Lire la suite


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