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>> 6 février 1919
La République de Weimar
Cafe, par George Grosz
• 6 février 1919 : naissance de la République de Weimar
• 28 juin 1919 : traité de Versailles
• 11 janvier 1923 : la France occupe la Ruhr
• 8 et 9 novembre 1923 : putsch de la Brasserie
• 12 février 1924 : massacre des séparatistes rhénans
• 16 octobre 1925 : pacte de Locarno
• 30 janvier 1933 : Hitler à la Chancellerie
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6 février 1919

Naissance de la République de Weimar


Le 6 février 1919, trois mois après l'armistice qui a mis fin à la Grande Guerre (1914-1918), une Assemblée constituante allemande se réunit dans le théâtre de Weimar, la ville de Goethe et Schiller, illustres représentants de l'âme allemande !

Elle régularise les institutions républicaines nées de la défaite allemande et de l'abdication de l'empereur Guillaume II.

André Larané

Une République mal née

Dès le 9 novembre 1918, dans une atmosphère de révolution et de défaite, le leader social-démocrate Philipp Scheidemann a officiellement aboli le IIe Reich allemand et proclamé la République.

Le même jour, un autre leader social-démocrate, Friedrich Ebert, a accédé à la chancellerie (la direction du gouvernement) en remplacement du prince Max de Bade. Il troque aussitôt son titre de chancelier contre celui de président du Conseil des commissaires du peuple, un titre ronflant destiné à rassurer les émeutiers révolutionnaires.

Ces révolutionnaires tentent de mettre à profit la défaite militaire pour instaurer dans les grandes villes allemandes des « Conseils ouvriers » (en fait des gouvernements dictatoriaux) inspirés de l'exemple russe. Leur agitation va accréditer plus tard la thèse véhiculée par les militaires, en premier lieu le général Ludendorff, selon laquelle la défaite de l'Allemagne aurait été due à un coup de poignard dans le dos (« Dolchstoss ») par des traîtres de l'intérieur (Juifs, marxistes...).

Dès la nuit qui suit son entrée en fonction, Friedrich Ebert conclut un accord secret avec l'armée pour mettre fin aux désordres. Sans attendre l'arrêt des combats, l'armée et les groupes révolutionnaires engagent un bras de fer dans les grandes villes du pays.

Les Spartakistes, un mouvement révolutionnaire proche des bolcheviques russes qui emprunte son nom à l'esclave romain Spartacus, déclenchent une grève générale à Berlin même. La grève est écrasée par l'armée au cours de la « Semaine sanglante » du 11 au 15 janvier 1919 cependant que les deux chefs spartakistes, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, sont assassinés dans leur prison.

À Berlin et dans les métropoles allemandes, d'anciens combattants et des chômeurs se constituent en corps francs, avec une organisation de type militaire, pour s'opposer dans la rue aux démonstrations communistes.

À Munich, où l'insurrection a été particulièrement virulente, un ancien combattant est désigné par l'armée comme « officier politique » pour surveiller les menées communistes. Il a nom... Adolf Hitler.

Des institutions démocratiques...

À Weimar, entre-temps, s'est réunie l'Assemblée nationale, majoritairement constituée de députés socialistes, démocrates ou catholiques (Zentrum).

Rassurés par l'échec des menées révolutionnaires, les députés mettent en place les institutions républicaines qui vont remplacer le IIe Reich allemand. Ils installent à la tête du pays un président de la République, officiellement appelé Reichspresident, le nouvel État républicain conservant le nom de Reich (Empire en français).

Ce président est élu pour sept ans, avec de larges pouvoirs dont celui de suspendre les droits fondamentaux des citoyens et d'autoriser le chancelier (autrement dit son Premier ministre) à gouverner par décrets-lois, sans passer par un vote du Parlement ou Reichstag.

Le premier président de la République est Friedrich Ebert. En raison des circonstances exceptionnelles, il est désigné par l'Assemblée et ne sera jamais légitimé par le suffrage universel comme le prévoit la Constitution de Weimar.

Désireux de créer le système le plus démocratique qui soit, les constituants introduisent le référendum d'initiative populaire mais aussi un mode de scrutin à la proportionnelle intégrale. Ce mode de scrutin va se révéler une source de faiblesse pour le nouveau régime car il favorise l'éclatement des partis et les gouvernements de coalition au détriment de l'efficacité.

... mais une image détestable

En acceptant l'humiliation du traité de Versailles du 28 juin 1919, le nouveau régime ternit son image auprès de l'opinion publique. Les énormes réparations imposées à l'Allemagne par les Alliés empêchent la démocratie de se consolider.

À la mort du président Ebert, en 1925, le vieux maréchal Paul von Hindenburg (78 ans) est élu à sa succession au suffrage universel. C'est lui qui devra appeler Hitler à la chancellerie le 30 janvier 1933. Ce sera la fin de la République de Weimar.

Continuité

Tout en mettant fin au IIe Reich (empire) né en 1871, la nouvelle République lui emprunte nombre de dénominations officielles. 

Ainsi le président de la République est-il dénommé Reichspräsident, le chancelier Reichskanzler, l'assemblée législative Reichstag, l'armée Reichswehr (elle est rebaptisée Wehrmacht par Hitler en 1935), les chemins de fer Reichsbahn et la monnaie créée en 1924 Reichsmark.

Les institutions de la République de Weimar vont perdurer dans la forme jusqu'à la chute du nazisme.

Rappelons que l'expression « IIIe Reich » par laquelle on désigne le régime hitlérien est née de l'usage mais n'a aucun caractère officiel. Elle est apparue après la mort du Reichspräsident Hindengurg et un référendum-plébiscite qui a permis à Hitler, le 19 août 1934, de réunir sous le titre de Führer les fonctions de chancelier et de président. 


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• 28 juin 1919 : traité de Versailles

Publié ou mis à jour le : 2017-02-01 11:01:03

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

TTO (26-08-201310:52:50)

Dommage de caricaturer le mouvement spartakiste, Rosa Luxemburg et Karl Liebknetch et les conseils ouvriers. Leur vision très critique du bolchevisme était prémonitoire et leur assassinat a brisé une autre voie révolutionnaire possible.


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