L'Asie du Sud-Est

La nouvelle Asie

Marchande de fruits et d'épices, à Jogjakarta (Java), photo : Maximilien Bruggmann (DR)L'Asie du Sud-Est est bordée par l'océan Indien et le golfe du Bengale à l'ouest, l'océan Pacifique et la mer de Chine à l'est, entre la Chine, l'Inde et l'Océanie.

Ses péninsules et ses archipels, entre l'Équateur et le tropique du Cancer, ont en commun... la mousson et les épices, dont elles sont de loin le premier producteur mondial.

Elles forment un ensemble d'environ 4 millions de km2 et 600 millions d'habitants (2008), de taille comparable à l'Europe et divisé en plusieurs États souverains : la Birmanie ou Myanmar, la Thaïlande, la Malaisie, Singapour, le Laos, le Cambodge, le Vietnam, les Philippines, Brunéi, Timor-Est et l'Indonésie.

La comparaison avec l'Europe s'impose aussi concernant l'omniprésence de l'eau. La plupart des habitants vivent à proximité d'un grand fleuve ou du littoral océanique, d'où des échanges intenses, facteurs de commerce et de civilisation.

Béatrice Roman-Amat et André Larané
Peut mieux faire...

Les indicateurs ci-après, publiés par le Population Reference Bureau (Washington, 2016), montrent des pays encore pauvres (à l'exception de la cité-État de Singapour) mais pleins de promesses. Les premières années du XXIe siècle témoignent d'une stabilisation politique de l'Asie du Sud-Est et d'un développement économique rapide, qui s'appuie sur une population jeune, laborieuse et bien éduquée.

  superficie
(km2)
population
(millions)
Espérance de vie
(homme-femme)
Mortalité
infantile
(pour 1000)
Fécondité (enfants
par femme)
PIB/habitant
(dollars US)
Singapour 700 5,6 80-85 1,7 1,2 81240
Malaisie 330 000 30,8 72-77 6 2 26190
Thaïlande 513 000 65,3 72-79 10 1,6 15210
Indonésie 1 910 000 259,4 69-73 30 2,5 10685
Philippines 300 000 102,6 65-72 22 2,8 8900
Vietnam 331 000 92,7 71-76 15 2,1 5690
Birmanie 676 000 52,4 64-68 61 2,3 -
France                551 700 64,6 79-85 3,3 1,9 40 470

Le Merapi (2900 mètres), au nord de Jogjakarta (Java), est le volcan le plus actif et le plus dangereux d'Indonésie (DR)

Au commencement...

La découverte en 1890 de l'homme de Java (homo erectus), vieux d'environ 500 000 ans, atteste du peuplement très ancien de la région.

Son Histoire proprement dite débute aux premiers siècles de notre ère avec la constitution de plusieurs « empires » indianisés dans la péninsule indochinoise : Champa, Tchen-La et Fou-Nan.

Le royaume de Champa, formé autour de Huê, dans le Vietnam actuel, est hindouisé aux alentours du IIIe siècle de notre ère.

Les royaumes de Tchen-La et Fou-Nan pratiquent également l'hindouisme. Celui de Tchen-La, peuplé de Khmers, prend forme dans le bassin du Mékong. Fou-Nan, plus éphémère (Ier-VIe siècle), se trouve à l'emplacement du Cambodge actuel, où il joue un rôle d'intermédiaire dans le commerce entre la Chine et l'Inde.

L'Asie du Sud-Est (Ve au XIe siècles)

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Cette série de cartes montre le bref processus (à peine plus d'un millénaire) pendant lequel l'Asie du Sud-Est s'est successivement imprégnée des cultures et religions de ses grands voisins (hindouisme, islam, christianisme, culture chinoise etc).
Le commerce maritime est le trait d'union entre tous ces espaces de civilisation.

Grandeur de Srivijaya (VIIe-XIe siècles)

Au VIIe siècle de notre ère se constitue le royaume de Srivijaya ou Çrivijaya, autour du port de Palembang, au sud-est de l'île de Sumatra. Sa structure politique et sociale est profondément influencée par des idées et des croyances venues d'Inde, l'hindouisme et plus encore le bouddhisme. Il représente un important foyer du bouddhisme du Grand Véhicule.

Srivijaya devient une étape incontournable sur les routes commerciales qui relient l'Arabie, l'Inde et la Chine. Son hégémonie s'étend rapidement à toute l'île de Sumatra, puis au sud de la péninsule malaise, ce qui lui permet de contrôler le détroit de Malacca et le passage entre l'océan Indien et la mer de Chine. Il va ainsi dominer le commerce maritime en Asie du sud-est pendant un demi-millénaire. 

Voilier javanais sur un bas-relief du temple bouddhiste de Borobudur (photo : Maximilien Bruggmann), DRAvant l'An Mil, le royaume de Srivijaya s'élargit à Bornéo et au nord de Java.

Sous la dynastie javanaise des Sailendra ou Çailendra est érigé le fabuleux temple bouddhiste de Borobodur, au nord-ouest de Jogjakarta, au centre de Java.

C'est une pyramide à degrés de 113 mètres, avec quatre escaliers suivant les points cardinaux et, à son sommet, de nombreux stupas (édicules en forme de cloches).

La base est décorée de bas-reliefs sculptés qui nous renseignent sur cette lointaine civilisation (voir ci-contre).

Le temple de Borobudur, près de Jogjakarta (Java), DR

Les royaumes hindous de Majapahit et des Khmers (IXe-XIVe siècles)

Aux alentours de l'An Mil, Srivijaya entre au début d'un lent déclin, parallèlement à la montée de grands royaumes hindous, à Java et sur le continent.

En 1025, la thalassocratie est affaiblie par une attaque du roi Chola qui règne en Inde du sud. Dans le même temps, elle est progressivement chassée de Java par la montée en puissance d'une dynastie çivaïte (hindoue) locale, les Singharasi.

À la mort du dernier roi de cette dynastie, en 1292, son gendre s'empare du pouvoir avec le concours d'un corps expéditionnaire mongol envoyé par l'empereur Koubilaï Khan ! Il fonde selon les chroniques chinoises et javanaises l'empire de Majahapit.

Lui-même et ses successeurs étendent leur autorité sur l'ensemble de l'Indonésie actuelle et la péninsule malaise. Le Majahapit atteint son apogée sous le règne de Hayam Wuruk, au milieu du XIVe siècle.

C'est alors qu'est détruit en 1377 ce qui reste de l'ancien royaume de Srivijaya. L'un des derniers princes de ce royaume s'enfuit de Palembang et fonde sur la péninsule malaise une ville appelée à un grand essor, Malacca.

Au nord-est, dans le bassin du Mékong, un empire khmer s'est établi à la place du royaume indianisé du Fou-Nan. Il va prospérer entre le IXe et le XIVe siècle, autour de sa fameuse capitale, Angkor.

Des temples dont les bas-reliefs reproduisent des scènes du Mahabharata et du Ramayana, les deux grandes épopées fondatrices de la mythologie hindoue, y sont construits, ainsi que d'autres temples dédiés au bouddhisme. Les deux religions se côtoient en bonne intelligence.

L'empire khmer atteint son apogée sous Jayavarman VII, qui soumet le royaume rival du Champa. Mais après sa mort, il ne tarde pas à se désagréger, victime des révoltes de ses vassaux et des attaques de ses voisins... Il se voit même imposer un tribut par l'empereur sino-mongol Koubilaï Khan.

Le grand reflux des royaumes hindous (XVe-XVIe siècles)

danseuse thaïe (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2013)À partir de 1238 s'épanouit dans la haute vallée du Mékong, au nord de la Thaïlande actuelle, le royaume thaï de Sukhothaï (« aube de la félicité »). Vers 1350, il est relayé par un autre royaume thaï, dont la capitale est Ayuthaya, au nord de l'actuelle Bangkok.

Ayuthaya devient pour quatre siècles la capitale rayonnante du Siam. Sa religion officielle est le bouddhisme du Petit Véhicule, importé de Ceylan (sri Lanka). Ses rois progressent vers l'est, jusqu'à s'emparer provisoirement d'Angkor en 1431, obligeant les Khmers à transférer leur capitale à Phnom Penh, actuelle capitale du Cambodge.

Parallèlement, au nord de l'actuel Vietnam, les Viêts tonkinois parviennent à s'émanciper des Chinois à la fin du Xe siècle. Ils fondent un État indépendant tout en conservant cependant les traditions bouddhistes et confucéennes apportées par leurs encombrants voisins. Ils repoussent les attaques chinoises et mongoles au nord tout en commençant à empiéter sur le royaume de Champa, dans le delta du Mékong, au sud. Au XIVe siècle, il ne reste plus rien de ce royaume hindou écartelé entre les Khmers et les Viêts.

L'Asie du Sud-Est (Xe au XIe siècles)

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Au début du deuxième millénaire se mettent en place dans la péninsule indochinoise les grands royaumes à l'origine des principaux États actuels : le Siam, le Vietnam, le Cambodge, héritier des Khmers...
L'archipel indonésien, quant à lui, se divise entre de nombreuses principautés musulmanes. Le royaume du Toungoo, à l'origine de la Birmanie, apparaît un peu plus tard, au XVIe siècle.

Le commerce du poivre et des épices sur le Fleuve jaune, miniature du Livre des merveilles de Marco Polo, 1412, Paris, BnF
La « mondialisation » dans sa version islamique

Au XIIIe siècle, tandis que le monde arabo-persan pâtit des invasions turques et mongoles, le Sud-Est asiatique et le golfe du Bengale découvrent tout comme l'Occident chrétien les félicités du commerce et les promesses de la « mondialisation ».

De la péninsule arabe à la mer de Chine, tout au long des côtes de l'océan Indien, les boutres transportent les épices, pierres, tissus... convoités par les élites de tous pays.

C'est ainsi que le nord de Sumatra, fréquenté depuis des siècles déjà par les commerçants arabes, découvre l'islam. Certaines petites principautés voient dans cette religion un moyen d'endiguer la puissance des hindouistes de Majapahit. Plus au nord, les Philippines elles-mêmes ressentent l'influence musulmane au XIVe siècle.

Mais d'ores et déjà, le monde change d'échelle. En 1405, l'empereur chinois place son amiral Zheng He à la tête d'une grande expédition maritime comme le monde n'en a encore jamais connue. Ses objectifs sont à la fois scientifiques, diplomatiques, commerciaux et militaires. Zheng He va effectuer plusieurs voyages jusqu'en Afrique.

Il fait escale notamment à Java pour débrouiller une guerre civile dans le Majapahit. À Malacca, il reçoit un serment d'allégeance du souverain à l'égard de l'empereur ming... Mais les successeurs de celui-ci ne vont pas poursuivre les expéditions, au demeurant très coûteuses. Des intrus venus d'on ne sait où vont relever le défi.

Fort hollandais de Nieuw Victoria, à Amboine (province de Timor), photo : Maximilien Bruggmann

Le choc des mondialisations (XVIe-XVIIIe siècles)

En 1520, après la victoire d'une coalition de princes contre le royaume de Majapahit, l'islam s'impose dans l'archipel indonésien (à l'exception de Bali, qui demeure fidèle à l'hindouiste çivaïste).

Mais déjà le monde est en train de changer comme jamais. C'est qu'à l'autre bout de la planète, un petit roi très ordinaire a engagé ses marins dans des voyages d'exploration autour de l'Afrique.

Les modestes naves de ces Portugais - car c'est d'eux qu'il s'agit - n'ont rien à voir avec les colossales jonques de la « flotte des Trésors » de Zheng He. Mais ces diables de marins vont réussir à contourner l'Afrique en 1488 et atteindre les Indes en 1498.

Tout va dès lors aller très vite. Excités et rendus fous par les fabuleux profits générés par le commerce des épices, qui s'achètent pour moins que rien dans les Moluques et se revendent plus cher que l'or en Europe, ils vont mettre toute leur énergie à s'approprier ce négoce.

Le port de Ternate (Moluques) et son volcan, au début du XIXe siècleEn 1511, Albuquerque parvient ainsi à s'emparer de Malacca. Les Portugais fondent ensuite des comptoirs sur l'île d'Amboine (Moluques), en 1521, à Tumasik, près de l'actuelle Singapour, en 1526 etc. Ils ne se soucient pas de conquérir des territoires et préfèrent négocier des traités de commerce avec les sultanats locaux...

Mais les Portugais sont de mauvais négociateurs et ils vont très vite se faire doubler par les Hollandais, auxquels ils ont eu l'imprudence de confier la distribution des épices en Europe. Dès la fin du XVIe siècle, les Hollandais s'approprient toute la filière et en chassent les Portugais. Ils regroupent en 1602 leurs compagnies de commerce au sein d'une même entité, la VOC ou Compagnie des Indes Orientales.

Cette holding au sang froid va expulser les Portugais d'Amboine en 1605 et de Malacca en 1641. En 1619, elle fonde Batavia, à l'est de Java, à l'emplacement de Djakarta. Ce port va devenir le centre de la domination hollandaise sur les Indes orientales (Indonésie et péninsule malaise).

Assiette en porcelaine chinoise avec le signe de la VOC (XVIIIe siècle)En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la VOC va imposer des contrats léonins aux sultans locaux, avec des « livraisons forcées » à bas prix qui auront vite fait de les ruiner et de plonger leurs sujets dans la misère.

Ces princes ne comprenant pas les bénéfices de la mondialisation promue par les Hollandais, ceux-ci vont devoir les soumettre. Et c'est ainsi que la VOC se dote d'une armée et de vaisseaux de guerre afin de les combattre. Soucieuse de préserver son monopole sur les épices, la VOC repousse aussi de toutes les manières possibles ses concurrents européens, anglais, espagnols et autres français.

Les sultanats javanais de Mataram et Bantam font allégeance à la VOC et la compagnie administre de façon directe les Moluques, les Célèbes, l'ouest du Timor (les Portugais conservent l'est de l'île), les côtes de la presqu'île de Malacca, les rivages de Bornéo et de Sumatra.

Uniquement soucieux de profits, les Hollandais ont toutefois le bon goût de laisser les indigènes pratiquer leur religion.

Galion espagnol (Rafael Monleón, Musée naval, Madrid)Rien de tel avec les Espagnols, qui ont atteint le nord de l'Insulinde. Baptisé Philippines en l'honneur du roi Philippe II, l'archipel est administré par... le vice-roi espagnol de Nouvelle-Espagne (Mexique) !

Les Espagnols ne se soucient guère de l'exploiter. Ils se contentent de faire commerce de ses richesses contre l'argent d'Amérique. Mais ils s'appliquent aussi à le christianiser, ce qui fait aujourd'hui des Philippines le principal pays catholique et chrétien d'Asie.

Toute-puissante Europe (XIXe siècle)

La Compagnie hollandaise des Indes orientales, réduite à la faillite par la corruption de ses agents, disparaît en 1789. Profitant du chaos occasionné en Europe par la Révolution française, les Anglais s'emparent en 1795 de Malacca.

À la pointe de la Malaisie, sur le détroit de Malacca, le Britannique sir Thomas Stamford Raffles fonde en 1819 le port de Singapour. Avec une main-d'oeuvre importée de Chine, il va devenir le verrou de l'Asie, par où passent toutes les liaisons entre Europe et Extrême-Orient.

Après la chute de Napoléon, à l'exception de la péninsule malaise, devenue britannique, le royaume des Pays-Bas récupère les Indes orientales. En 1830, il reprend les pratiques brutales de la VOC et astreint les indigènes à deux mois de corvées par an sur les plantations (café, canne à sucre, indigo, thé, tabac, coton, poivre). Il s'ensuit des famines et l'opinion publique, en métropole, en vient à dénoncer ce « système de culture » inique. Il est aboli en 1877 et le gouvernement hollandais tentent dès lors de se racheter par une « politique morale » qui vise à élever le bien-être de la population...

Dans la péninsule indochinoise, les Viêts continuent à progresser vers le sud et atteignent le delta du Mékong. Toute la Cochinchine passe sous leur domination. En 1802, le Vietnam, du Tonkin à la Cochinchine, est unifié pour la première fois. Mais à la même époque, la présence de missionnaires français et l'évangélisation se renforcent dans la péninsule indochinoise. Au milieu du XIXe siècle, soucieux de prendre sa part dans le partage de la région, l'empereur Napoléon III vient au secours du roi du Cambodge, menacé par le Vietnam et le Siam. Après un protectorat sur le Cambodge et le Laos voisin, la France colonise le Vietnam lui-même.

L'Asie du Sud-Est (XVIIIe-XXIe siècles)

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L'irruption des navigateurs et des marchands européens va bouleverser les fragiles équilibres régionaux. Exclusivement soucieux de tirer profit des épices, les Hollandais mettent en coupe réglée les petits sultanats de l'Insulinde. Les Anglais, Français et Espagnols s'approprient les restes, beaucoup moins avantageux. Le Siam (Thaïlande) conserve vaille que vaille son indépendance.

Paysage lacustre près du site d'Angkor (Cambodge, photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2013)

Douloureuse renaissance

À la veille de la Première Guerre mondiale, l'Asie du Sud-Est est presque toute entière sous tutelle européenne. Seul le Siam, État tampon entre le Raj britannique à l'ouest et l'Indochine française à l'est, échappe à la colonisation (c'est aujourd'hui la Thaïlande). 

Les Britanniques sont présents en Malaisie, en Birmanie, aux Indes et à Hong-Kong, les Hollandais en Indonésie, les Portugais au Timor oriental et à Macao, les Français en Indochine. L'Indochine française, terme utilisé à partir de 1888, inclut la Cochinchine, l'Annam, le Tonkin, le Cambodge et le Laos, régions colonisées de 1862 à 1893.

Les Philippines se trouvent sous domination américaine. Le XIXe siècle y a été marqué par des nombreuses révoltes des Philippins contre la fiscalité imposée par les Espagnole et la toute-puissance de l'Eglise. La guerre hispano-américaine de 1898 aboutit à une défaite de l'Espagne, qui doit céder les Philippines aux États-Unis.

Le Pont de la Rivière KwaiTous ces États accèdent à l'indépendance après la Seconde Guerre mondiale.

D'abord les Philippines le 4 juillet 1946, une fois libérées de l'occupation japonaise. Ensuite l'Indonésie : également occupée par le Japon, celle-ci a proclamé une indépendance unilatérale le 17 août 1945 mais n'obtiendra sa reconnaissance par les Pays-Bas et le reste du monde qu'en décembre 1949, au terme d'une épreuve de force.

La Birmanie, anciennement rattachée aux Indes britanniques, devient indépendante quelques mois après celles-ci, le 4 janvier 1948. 

La France met fin à son protectorat sur le Cambodge le 9 novembre 1953. Le royaume du Laos s'est vu concéder un embryon d'indépendance dans le cadre de l'Union française mais devra attendre les accords de Genève du 21 juillet 1954 pour obtenir une indépendance pleine et entière. Quant au Vietnam, il proclame son indépendance unilatérale par la voix d'un inconnu, le communiste Hô Chi Minh, le 2 septembre 1945.

Les chars vietminh et nord-vietnamiens entrent dans Saigon le 25 avril 1975 (DR)En définitive, les accords de Genève entérineront l'indépendance de deux pays, le Nord-Vietnam communiste et le Sud-Vietnam pro-occidental.

Les deux États ne seront réunis qu'après la chute de Saigon, le 30 avril 1975, au terme de trois décennies de guerre.

Sans heurts, le 31 mai 1957, la Malaisie britannique forme une fédération indépendante. Le 16 septembre 1963, elle forme une Fédération de Grande Malaisie en incluant aussi le port britannique de Singapour ainsi que les colonies de Sarawak et Sabah, sur la partie occidentale de l'île de Bornéo.

Également sous protectorat britannique, le sultanat de Brunéi, riche de son pétrole, préfère devenir indépendant le 1er janvier 1984.

La partie orientale de Bornéo, Kalimantan, demeure indonésienne.

Lee Kuan Yew (16 septembre 1923 ; 23 mars 2015, Singapour)Mais deux ans plus tard, le 2 août 1965, Singapour fait sécession.

Ses 1,7 millions d'habitants, à 80% d'origine chinoise, ne supportent pas la prédominance politique de la majorité malaise et musulmane de la Fédération. Le gouvernement de Kuala-Lumpur ne fait pas obstacle à la sécession car elle réduit très sensiblement la part des Chinois dans la Fédération (40% des onze millions d'habitants).

Le Premier ministre de la cité-État, Lee Kuan Yew, va faire de celle-ci l'un des États les plus prospères de la planète.

Dernier avatar de la colonisation, le Timor oriental, colonie portugaise occupée par l'Indonésie en 1976, accède à l'indépendance en 2002 après une brève guerre d'indépendance.

Aujourd'hui, tous ces États (à l'exception de Timor-Est) sont réunis au sein d'une communauté économique régionale fondée en 1967 à l'époque de la guerre froide : l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN selon l'acronyme anglais)... Voilà encore un parallèle avec l'Europe !


Publié ou mis à jour le : 2019-04-30 00:07:29

 
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