Hindouisme - La troisième religion du monde - Herodote.net

Hindouisme

La troisième religion du monde

L'hindouisme, né dans la vallée du Gange il y a plus de 2000 ans, est aujourd'hui la religion de 80% des habitants de l'Union indienne. Il est présent dans les diasporas indiennes ainsi que dans quelques terres qui furent autrefois sous l'influence culturelle de l'Inde comme par exemple l'île de Bali, en Indonésie, dont le million d'habitants est très majoritairement hindouiste.

Avec plus d'un milliard de fidèles, c'est la troisième religion de la planète après le christianisme et l'islam mais elle est étroitement identifiée à l'Inde, celle-ci étant d'ailleurs souvent qualifiée d'Hindoustan (pays de l'hindouisme).

Béatrice Roman-Amat
Du védisme à l'hindouisme

Les envahisseurs Indo-Européens, qui ont envahi le nord de la péninsule indienne au IIe millénaire avant JC, ont amené avec eux le védisme. Cette ancienne religion, à l'origine de l'hindouisme actuel, est fondée sur les quatre Véda, livres sacrés dont le nom qui signifie «savoir» en sanskrit ou sanscrit (la langue sacrée de l'hindouisme) :
1) les Mantra (prières et invocations), 2) les Brahmana (réflexions sur les Mantras), 3) les Aranyakas (textes laissés par les ascètes), 4) les Upanishads (entretiens et paraboles philosophiques).

Postérieurement aux textes védiques, on trouve les Puranas, qui racontent les exploits des divinités, et deux grandes épopées en vers : le Ramayana et le Mahabharata (NB : Bharat est l'autre nom de l'Inde).

Le Ramayana et le Mahabharata, rédigés approximativement entre le III siècle avant JC et le IIIe siècle après JC, mettent en scène les dieux Krishna et Rama. Ils sont considérés comme les premiers textes proprement hindouistes.

Les dieux hindous doivent beaucoup aux dieux védiques, notamment le redoutable Indra, dieu de l'orage, qui lance les éclairs et monte un immense éléphant blanc. La plupart des attributs des dieux védiques ont été reportés ultérieurement sur Shiva, Vishnou et Brahmâ.

On considère généralement qu'au védisme a d'abord succédé le brahmanisme - phase au cours de laquelle fut fixé le système des castes -. Plus «philosophique» que le védisme, cette religion estessentiellement fondé sur des rituels.

Au VIe siècle avant notre ère, la suprématie du brahmanisme en Inde est remise en cause par l'émergence de deux nouvelles religions : le jaïnisme et le bouddhisme. Le bouddhisme partage avec le brahmanisme les notions de samsara (cycle des existences terrestres) et de nirvana, mais conteste le système des castes et l'idée même de divinité. En Inde, il a connu son apogée sous le règne de l'empereur Ashoka, qui s'est converti à la nouvelle religion au IIIe siècle avant JC.

Ensuite, entre 200 et 800 après JC, le bouddhisme a décliné jusqu'à pratiquement disparaître du sous-continent, cependant que le brahmanisme connaissait une renaissance sous la forme de l'hindouisme.

Contrairement au brahmanisme, l'hindouisme professe que l'être humain peut trouver la libération dans la dévotion absolue à une divinité (bhakti) et pas seulement dans le renoncement au monde et l'ascétisme. Il cultive l'idée d'un ordre cosmique et social, le dharma, qui définit les devoirs auxquels sont astreints les hommes. Ceux-ci sont soumis selon leurs bonnes et mauvaises actions à de perpétuelles renaissances, le karma, jusqu'à ce qu'ils parviennent à se fondre dans la substance même de l'univers, le Brahman, c'est-à-dire Dieu, dont le panthéon hindou n'est que la manifestation.

Un individu qui n'agit pas conformément au dharma peut se retrouver réincarné en animal. Une femme ne peut accéder directement à la moksha (délivrance) : elle doit auparavant se réincarner en homme.

Les castes

La division sociale en quatre castes ou «varna» (d'un mot qui signifie couleur) dérive de cette foi : au sommet de l'échelle sociale se tiennent les brâhmanes, spécialistes des rites, prêtres et enseignants, puis les kshatriya ou kshatria (guerriers), les vaiçya ou vaisa (travailleurs) et les çudras ou sudra (serviteurs).

Les brâhmanes seraient sortis de la bouche du dieu Brahmâ, les kshatriya de ses bras, les vaisa de ses cuisses et les sudra de ses pieds. Chacune de ces castes est divisée en une multitude de sous-castes, parfois proches de corporations de métiers, qui diffèrent selon les régions. On naîit dans une caste et seules la mort et la réincarnation permettent de lui échapper.

Restent les hors-caste ou «intouchables», communément méprisés (environ 15% de la population indienne) : ils sont connus en Occident sous le nom de paria (d'après le mot tamoul qui les désigne). Gandhi, par compassion, les appelait «Harijan» (enfants de Dieu). Eux-mêmes revendiquent l'appellation de «Dalit» (opprimé en hindi). Situés hors de l'échelle des castes, ils sont traditionnellement cantonnés aux tâches considérées comme les plus impures : le nettoyage des latrines, le ramassage des déchets... Un hindou orthodoxe considérait encore il y a quelques années que le simple contact de l'ombre d'un intouchable suffisait à souiller un brâhmane, qui devait alors se purifier.

Le Panthéon hindou

Le Panthéon hindou se construit autour d'une trinité de dieux, la Trimurti, composée de Brahmâ le créateur, Shiva le destructeur et Vishnou le conservateur des mondes. Tous les dieux émanent de Brahman, principe divin fondamental, éternel et incréé.

Brahmâ :

Dieu créateur de l'univers, Brahmâ devrait avoir existé avant les autres dieux, mais il est souvent représenté sortant du nombril de Vishnou, comme pour symboliser l'interaction entre les différentes divinités. Son épouse Saraswati est la déesse de la connaissance. Dieu plus lointain que Shiva et Vishnou, Brahmâ ne dispose que d'un nombre infime de temples dédiés à son culte (celui de Pushkar, au Rajasthan, est le plus connu d'entre eux).

Shiva :

Honoré sous la forme du lingam (symbole phallique), Shiva incarne la destruction mais aussi la renaissance rendue possible par cette destruction. Représenté de multiples façons, il est parfois Nataraja, le seigneur de la danse cosmique, parfois un ascète pratiquant le yoga, les cheveux emmêlés, vêtu d'une peau de tigre et couvert de cendres. Souvent effrayant, il brandit un trident et porte des serpents en colliers.

Vishnou :

Préservateur de l'équilibre entre création et destruction, Vishnou est un dieu plus doux que Shiva. Bon et miséricordieux, il est assis sur un lotus, près de son épouse Lakshmi, la déesse de la prospérité, particulièrement vénérée des commerçants. Quand il doit sauver le monde, il descend sur terre sous la forme d'un de ses avatars. Parmi ses nombreuses incarnations se trouvent Krishna, Rama et Bouddha (intégré dans le Panthéon hindouiste pour éviter que la naissance du bouddhisme, hérésie du brahmanisme, n'en sape les fondements).

Krishna, allègre joueur de flûte à la peau bleue, est un dieu très populaire. Ses aventures avec les bergères ont des similitudes avec les cultes dionysiaques de la Grèce antique.

Ganesh :

Ganesh, dieu à tête d'éléphant, fils de Shiva et de Parvati, jouit d'une popularité extrême, et pour cause : c'est le dieu qui permet de surmonter les obstacles de la vie quotidienne ! On le prie avant de passer un examen, de faire construire une maison ou d'entreprendre un voyage. Il est particulièrement vénéré à Bombay.


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Publié ou mis à jour le : 2019-04-30 00:03:53

 
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