Le douloureux réveil de la Chine

La longue marche vers la puissance (1931-1976)

La guerre civile en Chine de 1945 à 1949 ; cliquer pour agrandir la carte (Amis d'Herodote.net) ; conception : Alain HouotPeu de nations ont connu une transformation aussi radicale que la Chine durant le siècle écoulé. Après l'épreuve des traités inégaux et l'effondrement de la dynastie mandchoue, le pays va traverser en effet une guerre civile tout en devenant un théâtre d’opérations de la Seconde Guerre mondiale… Il est littéralement exsangue lorsque survient la victoire des communistes, en 1949.

Alors aussi pauvre que l’Afrique subsaharienne, la Chine va devoir attendre la mort de Mao pour sortir du sous-développement. En trois décennies à peine, elle va retrouver son statut d'antan et devenir même une menace pour l'Occident, au point que l’Union européenne l’a qualifiée de « rival systémique »...

Pierre Tapie

La Chine d’une guerre à l’autre (1931-1937)

- L’enracinement du PCC

C’est dans un contexte tyrannique que le régime du Guomindang dirigé par Chiang Kaï-Shek combat les communistes, qui sont contraints de s’ancrer loin des lieux de pouvoir, c’est-à-dire dans les campagnes. Le monde rural chinois est alors extrêmement pauvre. L’instabilité politique, la surpopulation, les lacunes techniques ont aggravé une situation déjà misérable durant l’Empire.

Cette détresse sociale est le terreau du PCC comme l’a compris son jeune chef, Mao Zedong. Ce dernier fonde plusieurs bases dans le centre-sud du pays qui représentent les débuts de l’Armée rouge.

Photographie anonyme de la concession française sur le Bund de Shanghai, 1934.

Mao prend conscience que sa révolution ne passera pas par les villes, pourtant des foyers ouvriers, car elles sont tenues par le gouvernement comme l’a montré le massacre de Shanghai (1927). D'autre part, la Chine n’a jamais fait de révolution industrielle à grande échelle et la classe ouvrière, censée incarner le ferment de la révolution communiste, y reste peu nombreuse. 

Issu de la paysannerie aisée et spécialiste de l'agriculture au sein du PCC, Mao lui-même connaît et partage le désarroi des campagnes chinoises. Il va donc prendre le contrepied de la stratégie léniniste et concevoir une avant-garde révolutionnaire adaptée aux réalités chinoises. « La révolution chinoise est, au fond, une révolution paysanne, » écrit-il (La Démocratie Nouvelle, 1940)

Affiche de propagande japonaise sur le Mandchoukuo, 1932. Elle montre l?union des cinq peuples : Japonais, Mongols, Mandchous, Coréens, Hans (de droite à gauche).

- Les premiers feux de la Guerre civile

Cette politique porte ses fruits. En 1931, la République soviétique du Jiangxi est proclamée. Le succès du mouvement vient d’un ralliement massif de la paysannerie, y compris des riches cultivateurs que Mao refuse de persécuter, contrairement aux rentiers et au grands propriétaires dont les terres sont redistribuées.

C’est aussi à cette époque que la guerre commence contre les forces du Guomindang qui s’enlisent face à des tactiques de guérilla. Toutefois, Chiang Kaï-shek, secondé par des officiers allemands, arrive à prendre le dessus par ancrage progressif avec la construction de blockhaus.

La Longue Marche des communistes chinois en 1934-1935 (carte: Alain Houot ; cliquez pour voir la carte agrandie)Face à la victoire des nationalistes, les troupes du PCC entreprennent de chercher une autre base vers le Nord, c’est l’épisode de la Longue Marche. Les nationalistes les poursuivent et profitent de l’occasion pour annexer les régions reculées encore sous le contrôle des seigneurs de la guerre. Après un an d’exode, les communistes parviennent dans une région isolée, le Shanxi, cependant que les armées nationalistes sont retenues par la menace japonaise, ce qui sauve in extremis les communistes.

Sur la marche, Tang Muli, 1977, peint en hommage à la mort de Mao.

Malgré de lourdes pertes,  la Longue Marche est un succès pour Mao. Elle fait de lui le chef incontesté du mouvement communiste et ses fidèles, comme Zhou Enlai, deviennent l’élite du PCC. Par la suite, cet événement deviendra l'une des pierres angulaires de la propagande communiste et de la mythologie maoïste.

« L'Armée rouge ne s'effraie pas de la Longue Marche.
Dix mille rivières, mille monts ne sont rien pour elle.
Les Cinq Pics sinueux sont de petites vagues,
Le vaste Wu Mong est une motte de terre qu'on foule aux pieds.
Tièdes étaient les rochers où se brisait la rivière aux Sables d'or,
Glacées étaient les chaînes de fer du pont de la Tatu.
Passé le mont Mien aux mille pieds de neige,
La joie de toute l'armée fut immense. »

Mao Zedong

- Le front uni face aux Japonais

La Chine face à l'occupation japonaise (carte: Alain Houot ; cliquez pour voir la carte agrandie)Les vues nipponnes sur la Chine sont l’aboutissement d’un impérialisme plus ancien. En effet, l’empire du Soleil levant a participé au partage de la Chine et acquis bon nombre de possessions comme Taïwan dès la guerre de 1895 suivie du traité de Shimonoseki.

C'est que le Japon a réussi ce que la Chine des Qing a échoué : moderniser son système traditionnel grâce aux méthodes occidentales. Fort de ses succès, il va se lancer dans une vaste entreprise impérialiste : la Corée est annexée en 1910 et la Mandchourie en 1932 avec la création d’un État fantoche rebaptisé Mandchoukouo et dirigé par l’ancien empereur Puyi.

Photographie publiée par les Archives provinciales du Jilin le 7 janvier 2014. Selon Xinhua Press, la photo montre des personnels du Mandchoukouo participant à une action de prévention de la peste, qui est en fait un test bactériologique dirigé par l'« Unité 731 » japonaise en novembre 1940 dans le comté de Nong'an, province du Jilin au nord-est de la Chine.

De nombreux résistants à l’occupation, voire d’innocents, sont envoyés dans la sinistre Unité 731, centre de recherche en armes bactériologiques, qui accuse la mort de centaines de milliers de cobayes.

En 1937, avec l'« Incident du triple 7 »,  les Japonais entreprennent d’envahir la Chine elle-même. Les forces du Guomindang chinois et les communistes décident de s’unir au sein d’un Front uni. Cette guerre de résistance est une chance pour Mao qui en profite pour s’enraciner dans les campagnes, poursuivre l’élaboration d’un communisme à la chinoise et accroître sa popularité, le tout en échappant aux nationalistes.

L?armée japonaise marche sous le Zhengyangmen, porte de la place Tian an?men, 1937.

Une Chine sinistrée par la deuxième Guerre Mondiale (1937-1945)

- L’invasion meurtrière du Japon

Malgré quelques victoires chinoises ainsi que le soutien soviétique et allemand aux Chinois, l’armée nippone progresse rapidement et prend Shanghai en novembre 1937 après des combats urbains difficiles pendant plus de trois mois. En dépit de ce contretemps et des pertes subies, les Japonais décident de marcher sur Nankin, l’ancienne capitale. Chiang Kaï-shek prend conscience que la situation est désespérée pour la ville.

Il bat en retraite dans les terres, à Wuhan, où il mise sur un enlisement de l’armée japonaise piégée dans l’immensité du pays. Néanmoins, le dirigeant nationaliste ordonne de défendre Nankin coûte que coûte, espérant sûrement faire de la bataille un symbole et une occasion de ralentir l’ennemi.

Les forces impériales prennent la ville avec beaucoup moins de difficulté que Shanghai, marquant le début d’un des épisodes les plus tristement célèbre de l'Histoire : le « viol de Nankin ». Influencés par une vision raciale et pris dans une folie collective, les soldats japonais assassinent et violent les civils pendant plus d’un mois. Au total, ce sont 300 000 Chinois qui périssent à Nankin.

« Ce n’est qu’en ressortant dans les rues que nous prenons conscience de l’ampleur du massacre. On croise des cadavres tous les 100 à 200 mètres. Les corps des civils que j’ai examinés portaient des impacts de balles dans le dos. Ces personnes étaient vraisemblablement en fuite et ont été abattues par derrière, » observe John Rabe (homme d’affaire allemand en Chine et sauveur de milliers de Nankinois, The Good Man of Nankin : the Diaries of John Rabe, 1998).

Photographie d?une commémoration au mémorial du massacre de Nankin, le 14 décembre 2023.

- Une internationalisation salutaire du conflit

Les positions japonaises semblent alors solides. Au début de 1938, les Japonais contrôlent toute la Chine utile, c’est-à-dire le littoral et ses manufactures ainsi que la majorité des Chinois qui y habitent.

Comme avec le Mandchoukouo, l’occupant s’appuie sur des États fantoches dirigés par d’anciens apparatchiks du Guomindang évincés par Chiang Kaï-shek dans le passé. En outre, suite à son alliance avec l’Empire du Soleil Levant, l’Allemagne retire son soutien à la Chine en 1938. Même chose pour les Soviétiques qui signent un pacte de non-agression avec Tokyo en 1941.

Par ailleurs, les communistes et les nationalistes chinois n’agissent pas de concert et s’affrontent parfois. Malgré tout cela, l’armée impériale ne parvient pas à mettre un terme une résistance chinoise trop reculée dans les terres. La guerre se mue en guérilla du côté chinois et en politique de terre brûlée du côté japonais. Sur le littoral, les Japonais profitent de l'invasion de la France par la Wehrmacht pour soumettre l'Indochine en septembre 1940, ce qui isole encore un peu plus les Chinois.

Enfin, en 1941, suite à Pearl Harbor, les Américains entrent dans le conflit et dès lors apportent une aide massive aux Chinois. Se sentant acculés, les Japonais passent à la Politique des Trois Tout : « tue tout, brûle tout, pille tout ». Ils ne réussissent pas pour autant à venir à bout des forces chinoises et dans le Pacifique, perdent la guerre avec les États-Unis.

Les affrontements entre communistes et nationalistes chinois (carte: Alain Houot ; cliquez pour voir la carte agrandie) Début août 1945, les nationalistes chinois passent à l’offensive en reprenant le littoral. Au nord, les Soviétique s’emparent de la Mandchourie puis de la Corée. Suite aux deux bombardements nucléaires américains, le Japon capitule le 2 septembre 1945.

La République de Chine est du côté des gagnants : elle devient un acteur des procès internationaux d’après-guerre et acquiert un siège au conseil de sécurité de l’ONU. Le pays reprend surtout le contrôle de tous les territoires perdus y compris des anciennes concessions occidentales, à l’exception de Macao et de Hong Kong qui sont légalement des colonies.

En dépit de cette victoire, le bilan humain est catastrophique : plus de 20 millions de morts ! La Chine est le deuxième pays le plus meurtri par la guerre après la Russie. En outre, la fin du conflit mondial annonce la remontée des tensions entre communistes et nationalistes. Pour les Chinois la guerre n’est pas terminée.

Proclamation de la RPC par Mao sur la place Tian an?men, le 1er octobre 1949.

Vers le triomphe des communistes chinois (1945-1949)

- La victoire finale de Mao

En septembre 1945, les forces du Guomindang sont supérieures en nombre, appuyées par les Américains et tiennent les grandes villes. Stratégiquement, elles ont donc largement l’avantage sur le camp communiste encore restreint au nord de la Chine. Cependant, les autorités nationalistes accumulent de nombreuses erreurs.

Elles réintègrent ainsi de nombreux cadres qui avaient collaboré avec les Japonais. Elles se montrent de plus en plus corrompues. Elles restent coupées du peuple. Il en résulte une perte considérable de la popularité du Guomindang. De plus, les nationalistes se cantonnent dans les grandes villes et laissent le champ libre à leurs ennemis dans la plupart des régions.  Cette erreur stratégique est aussi la conséquence d’un manque de moyens après des années de guerre qui ont dévasté le pays. L’économie est exsangue et de nombreuses infrastructures sont détruites, affaiblissant la capacité de projection des nationalistes.

De son côté, l’Armée rouge chinoise ne fait qu’accroître le soutien populaire qu’elle souhaite à tout prix rallier, ce qui permet à Mao d'afficher la certitude d'aller « de défaite en défaite jusqu’à la victoire finale ». Dès 1946, il relance la redistribution des terres dans les campagnes qu’il contrôle.

Ainsi, dans un premier temps, la guerre civile s’apparente à une reprise de la guerre sino-japonaise : les nationalistes tiennent les villes et ne peuvent que difficilement lancer des offensives, les communistes tiennent les campagnes et suivent des tactiques de guérilla.

Ce n’est qu’au début 1947 que Chiang Kaï-shek décide d’attaquer les positions du PCC. Cette offensive prend les maoïstes par surprise. Yan’an, leur capitale, tombe aux mains des nationalistes. Toutefois, à partir du printemps, l’Armée populaire lance une contre-offensive dévastatrice, reprend la ville et, en 1948, contrôle toute la Chine du Nord, notamment la riche région du Shandong.

Fin janvier 1949, les communistes s'emparent de Pékin et avancent vers le sud où subsistent les derniers bastions du Guomindang. Ces derniers sont écrasés en septembre 1949 et les soutiens de Chiang Kaï-shek sont contraints de se replier sur les îles de la mer de Chine. Le 1er Octobre 1949, la République Populaire de Chine est proclamée par Mao sur la place Tian’anmen.

Discours de Tchang Kai-shek lors du 10e congrès du Guomindang à Taipei, mars 1969. Au-dessus de lui est affiché le portrait de Sun Yat Sen.

- La République de Chine exilée à Taïwan

C’est à Taïwan que Chiang Kaï-shek décide de s’établir avec deux millions de fidèles, sous la protection de la flotte américaine. L’île a été développée par les Japonais qui l’ont occupée pendant cinquante ans, même si la guerre puis les exactions du régime nationaliste ont mis à mal le territoire. Chiang Kaï-shek proclame effectivement la loi martiale et reste le dictateur de la République de Chine, malgré son autorité limitée seulement à Taïwan.

Malgré la prise de l’île d’Hainan par l’Armée populaire, le nouveau pouvoir refuse d’attaquer Taïwan. En effet, dans le contexte de la guerre froide, l’URSS et son allié, la jeune RPC, ne veulent pas risquer un conflit international en attaquant les protégés des Américains.

Ces derniers prennent une part active dans le développement de Taïwan afin d’établir un avant-poste solide dans leur lutte anti-communiste en Asie. D’ailleurs, Taïwan reste officiellement la Chine aux yeux du bloc de l’Ouest, et conserve son siège au conseil de sécurité de l’ONU jusqu’en 1979.

À partir des années 1950, de nombreux Taïwanais vont étudier aux États-Unis avant de retourner travailler chez eux. Des firmes américaines investissent dans l’industrie insulaire, bientôt suivies des entreprises japonaises en plein essor. L’île devient un important pays industriel, financier et commercial.

Scène de Taipei Story de Edward Yang, film emblématique du cinéma taiwanais qui montre l?essor économique de l?île et son occidentalisation. Sur ce plan, on peut lire sur le porche : Vive la République de la Chine - Commémoration de l'anniversaire du Père de la nation et célébration de la fête de la renaissance de la culture chinoise , une référence à Sun Yat Sen et à la Révolution du double dix.Ce miracle économique fait d’elle l’un des Quatre dragons d’Asie avec Singapour, Hong-Kong et la Corée du Sud, c’est-à-dire un des premiers pays asiatiques accédant au statut de pays développé à l’image des nations occidentales.

« Au nom du peuple américain, je vous présente mes félicitations à l'occasion de la fête nationale chinoise qui marque aujourd’hui le 50e anniversaire de la Révolution. À cette occasion, nous nous rappelons vivement de la longue et difficile lutte que la Chine libre a menée sous votre commandement héroïque contre l'agression étrangère, la tyrannie communiste et pour la réalisation des nobles aspirations du Dr. Sun Yat-Sen, » lance le président Kennedy à son homologue Chiang Kaï-shek en octobre 1961.

Politiquement, le pays reste une junte jusque dans les années 1970 durant lesquelles, justement, le pays connaît un développement extraordinaire et un relâchement du danger continental. Avant sa mort en 1975, Chiang Kaï-shek prend l’initiative de cette libéralisation que poursuit son fils, Chiang Ching-kuo.

Avec la fin de la guerre froide et la nécessité de libéraliser les institutions taïwanaises, il lève la loi martiale en 1987, instaure la liberté d’expression, ouvre les frontières et officialise le pluralisme démocratique. Taïwan reste actuellement une démocratie libérale et un pays riche réalisant peut-être, à une échelle réduite, les idéaux de Sun Yat-sen dont le parti reste un des principaux de l’île.

Cependant, si prospère que soit cette Chine en miniature, grâce à sa situation insulaire et au jeu géopolitique, elle ne représente plus la Chine aux yeux du monde.

- La fondation de la République Populaire de Chine

L’avènement du régime communiste est dans un premier temps apprécié de la population : répression de l’industrie de la drogue et du jeu, reconstructions des bâtiments et des infrastructures, réduction de l’inflation, contrôle des influences étrangères, lutte contre la corruption, salaires versés en produits de premières nécessités, émancipation de la femme.

La République populaire réalise petit à petit son projet communiste sur le modèle russe. Elle nationalise le système bancaire et de larges parties de l’économie. Le régime met en place des plans quinquennaux avec le soutien de l’URSS. La Chine tente sa révolution industrielle, ce qui provoque un fort exode rural.

Mao, surnommé le « Grand Timonier », s’inspire aussi de Staline et du modèle soviétique, avec un comité central du Politburo omnipotent et le culte de la personnalité.

Affiche chinoise sur l?amitié sino-soviétique, 1950.

L’intervention décisive de la Chine en 1950 dans la guerre de Corée assoit son existence à l’international et, surtout, renforce l’autorité de l’armée dans le corps social. Les comités régionaux du parti centralisent les décisions locales et deviennent les relais d’une répression de plus en plus forte. Cette dernière débute à l’occasion de la Campagne des trois antis (corruption, détournement, fraude fiscale), élargie aux cinq antis, ciblant les fonctionnaires, les contre-révolutionnaires, les membres du Parti et les capitalistes.

Confronté à ses échecs, le régime se durcit de plus en plus avec l’échec effroyable de la collectivisation agricole appelée « Grand Bond en avant » (plusieurs millions de morts). La violence atteint  un paroxysme lors de la Révolution culturelle par laquelle, de 1966 à 1976, Mao essaye de préserver son pouvoir. Malgré cela, le maoïsme devient un puissant courant contestataire dans les pays occidentaux, conférant pour la première fois, depuis la chute de l’Empire, un soft power à la Chine.

Manifestation dans la cour de la Sorbonne en mai 1968.

Après la mort de Mao en 1976, Deng Xiaoping en finit avec ce climat de terreur et la faillite économique du communisme. Il ouvre le pays à l’économie de marché et attire les investissements étrangers. Il engage pour de bon le pays dans le développement économique avec une croissance du PIB supérieure à 10% par an pendant trois décennies, tout en combinant une économie ultra-libérale et un régime dictatorial et très centralisé. 

Le fonctionnement politique reste effectivement celui de Mao, une figure toujours populaire des Chinois, et l’État n’hésite pas à réprimer les contestations comme l’a montré le massacre de la place Tien’anmen en 1989.

La Chine renoue des relations diplomatiques avec les États-Unis du président Carter en 1979 et entre au conseil de sécurité de l’ONU. Pour la première fois de sa longue Histoire, elle est devenue un acteur incontournable du jeu diplomatique et de la mondialisation.

« Quand la Chine s'éveillera… le monde tremblera » Alain Peyrefitte (1973)

En ce début de XXIe siècle, à l’heure où la Chine est devenue l'une des deux premières puissances mondiales avec les États-Unis, il est pertinent de rappeler qu’il y a un peu plus d’un siècle son état était presque comparable à celui du continent africain.

Malgré ce vrai « Bond en avant », l’Histoire chinoise reste méconnue des Européens si ce n’est par des références issues de l’Empire du Milieu. Nos enfants regardent Mulan, nos jeunes voient Tigre et Dragon, nos adultes connaissent Les Trois Royaumes, nos lecteurs consultent Confucius et Sun Tzu (tout en ayant heureusement oublié le Petit Livre rouge du Président Mao).

Les touristes occidentaux visitent volontiers la Cité interdite et la Grande Muraille. Dans les salles de spectacle occidentales, des dizaines de milliers de spectateurs ont assisté aux danses de la compagnie Shen Yun dont le slogan est « la Chine avant le communisme ». Mao excepté, les noms de Cixi, Sun Yat Sen et Chiang Kaï-shek ne résonnent pas pour le commun des personnes.

L’Histoire continue d’éclairer le présent et le futur de la Chine. Si celle-ci s’est réveillée, il faut alors se pencher sur ses cauchemars pour entrevoir ses rêves.

Bibliographie

John King Fairbanks et Merle Goldman, Histoire de la Chine, des origines à nos jours, Tallandier, 2013


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Histoire de la Chine
Publié ou mis à jour le : 2025-04-22 22:20:53
Grar (12-02-2025 14:59:43)

Intéressant panorama proposé à ceux qui recherchent les manifestations des pans d'humanités civilisatrices.

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