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8 décembre 1949

Tchang Kai-chek se réfugie à Formose


Le 8 décembre 1949, le généralissime chinois Tchang Kaï-chek se réfugie sur l'île de Formose, en mer de Chine, à 200 kilomètres des côtes chinoises. Cette île est connue aujourd'hui sous le nom de Taïwan.

La fuite de Tchang Kaï-chek (ou Jiang Jieshi) consacre la victoire de son rival, le leader communiste Mao Zedong (ou Mao Tsé-toung). Elle met fin aux troubles qui ont suivi la fondation de la République chinoise en 1911.

Échec des nationalistes chinois

Le premier président de la République chinoise, Sun Yat-sen, meurt en 1925. Tchang Kaï-chek prend alors la tête de son parti, le Guomindang (on écrit aussi Kuomintang ou KMT). Il tente de réformer le pays et veut le libérer des tutelles étrangères ainsi que des «Seigneurs de la guerre». Mais à peine a-t-il instauré la paix civile qu'il doit faire face à une terrible invasion japonaise.

Après la libération du pays, en 1944, le Guomindang, usé et gangréné par la corruption, affronte une nouvelle guerre civile, cette fois face au parti communiste de Mao Zedong.

Battu, Tchang Kaï-chek n'a d'autre recours que de se réfugier à Formose sous la protection de la flotte américaine. Initialement peuplée d'Aborigènes, l'île a été brièvement occupée par les Hollandais puis colonisée par les Chinois après sa conquête par le pirate Koxinga, au XVIIe siècle.

Tchang Kaï-chek amène avec lui son armée, deux millions de fidèles... ainsi que tous les trésors artistiques de la Chine ancienne. Ils font aujourd'hui la fierté du musée national de Taïpeh, la capitale de l'île.

À Formose, tout juste libéré de cinquante ans de colonisation japonaise, le Guomindang instaure la fiction d'un État qui représenterait toute la Chine (son nom officiel est République de Chine, ROC selon les initiales anglaises). Il impose sa férule aux habitants de l'île ; Formosans de souche et descendants d'anciens colons chinois, au total environ 6 millions d'âmes.

Succès exemplaire de l'économie taïwanaise

Le gouvernement nationaliste est de suite confronté au défi du surpeuplement et du développement économique sur une île montagneuse de 36 000 km2 (à peine plus étendue que la Bretagne).  La population (23 millions en 2010) est essentiellement groupée sur la plaine littorale de la côte occidentale.

Il mène en premier lieu une réforme agraire. Il exproprie contre indemnité les grands propriétaires fonciers puis les encourage à réinvestir dans l'industrie leurs indemnités.

La modernisation économique s'appuie sur les infrastructures laissées par les Japonais, le bon niveau d'éducation de la population et l'existence d'une élite parlant japonais. Elle profite aussi à partir des années 1960 du soutien actif des Américains et des investissements tant japonais qu'américains.

L'île connaît dès lors un impressionnant essor économique, fondé sur l'exportation de produits bas de gamme et bon marché. On ne tarde pas à la ranger parmi les nouveaux « Dragons asiatiques », aux côtés de la Corée du Sud, de Singapour et de Hongkong. Dans les années 1990, elle entre dans le club des nations les plus développées de la planète et délaisse les fabrications bas de gamme pour les technologies de pointe et l'informatique. Ses industriels profitent de la libéralisation de l'économie chinoise pour y délocaliser à leur tour leurs ateliers de main-d'oeuvre.

Le régime se démocratise lentement. Aux élections présidentielles de 2000, le vieux Guomindang perd le pouvoir au profit des indépendantistes taïwanais pour le retrouver huit ans plus tard.

Ayant repris la maîtrise de leur destin, les Taïwanais se détournent du culte de Tchang Kaï-Shek. La statue géante du généralissime (600 tonnes) trône toujours dans le Mémorial, au milieu d'une immense esplanade qui occupe le centre de Taïpeh. Mais celle-ci a été rebaptisée place de la Liberté et l'on préfère y évoquer les victimes de la répression policière que les faits et gestes du héros.

Alban Dignat

Publié ou mis à jour le : 2017-01-17 15:38:28

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