1er octobre 1949 - Proclamation de la Chine populaire - Herodote.net

1er octobre 1949

Proclamation de la Chine populaire

Le 1er octobre 1949, à Pékin, Mao Zedong proclame l'avènement de la République populaire de Chine. Il lance sa proclamation du balcon de la Porte de la Paix céleste, qui donne sur la grande place Tien An Men, non loin de la Cité interdite des anciens empereurs.

L'anniversaire de ce jour est depuis lors devenu fête nationale en Chine populaire.

La prise de pouvoir des communistes et de leur chef Mao Zedong met fin à une longue guerre civile, ponctuée par la Longue Marche et la terrible invasion japonaise.

André Larané

La Chine dans ses frontières actuelles

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Cette carte montre la Chine dans ses frontières actuelles, avec les provinces héritées d'une Histoire bimillénaire (noter que l'île de Taiwan conserve un gouvernement rival de celui de Pékin). Les noms de lieux sont conformes à la graphie moderne adoptée par le gouvernement chinois (à l'exception de quelques noms depuis longtemps francisés comme Pékin).

Une interminable guerre civile

Pendant plus de vingt ans se sont opposés les frères ennemis de la République, Mao Zedong, leader du Parti communiste chinois, et Tchang Kaï-chek, chef du parti nationaliste Kuomintang. Ce parti, créé par le fondateur de la République, Sun Yat-sen, a été victime de l'usure du pouvoir et s'est corrompu. Battu, Tchang Kaï-chek se réfugie à Taïwan (l'île de Formose) sous la protection de la flotte américaine.

C'est ainsi que Mao Zedong (55 ans) accède le 1er octobre 1949 à la présidence d'une Chine presque totalement réunifiée. Son fidèle Zhou Enlai devient le chef du gouvernement.

La stabilité retrouvée fait penser à un changement de dynastie comme il s'en produit en Chine tous les trois siècles après une longue période d'anarchie. Mais cette stabilité n'est que de façade. Les exécutions des opposants politiques et les tensions nées de la confiscation des terres font des victimes par millions.

Empereur communiste

Quand les communistes s'emparent du pouvoir, en 1949, la Chine est alors parmi les pays les plus pauvres du monde (avec la Corée...). Elle compte 95% de ruraux et le revenu par habitant est la moitié de celui des Africains selon l'économiste Michel Aglietta. Le défi à relever est donc immense. D'emblée, inspirés par la doxa marxiste-léniniste, Mao met l'accent sur l'industrialisation et les « biens premiers »(santé, éducation), indispensables à la cohésion sociale, mais sans guère de succès.

En 1956, pour tenter d'apaiser les revendications, il encourage chacun à critiquer les défauts du régime. Il lance la « campagne des Cent-Fleurs ».

L'ampleur des critiques et la révolte concomitante des Hongrois contre l'oppression soviétique ne manquent pas d'inquiéter les dirigeants chinois. Ils changent de visage et lancent une féroce campagne « antidroitière » avant d'inaugurer en 1958 le « Grand Bond en avant ». Cette entreprise folle se donne pour but de rattrapper le niveau de la Grande-Bretagne par la mise en oeuvre de toutes les ressources productives du pays ! L'effet est des plus dramatiques avec d'épouvantables famines qui font plusieurs dizaines de millions de victimes.

En marge de cette campagne, le gouvernement introduit le hukou, un passeport intérieur qui assigne chacun à son lieu de résidence et surtout établit une distinction entre les détenteurs d'un hukou urbain, qui peuvent accéder à une grande variété d'emplois, et les détenteurs d'un hukou rural, astreints à des emplois mineurs. L'urbanisation et l'industrialisation, au siècle suivant, vont conduire des dizaines de millions de ruraux à bafouer la loi et s'établir en ville dans le statut inconfortable d'immigrés clandestins (nongmingong ou « paysans ouvriers »)...

En 1960, les communistes chinois se brouillent avec le « Grand Frère » soviétique. La rupture et le retrait brutal des experts soviétiques occasionnent une nouvelle récession et entraînent les deux pays au bord de la guerre. Dans une ultime tentative pour sauver son pouvoir, le président Mao, surnommé le « Grand Timonier », lance en 1966 les jeunes à l'assaut des institutions politiques. C'est la « Révolution culturelle », une nouvelle source de drames.

La mort de Mao en 1976 et l'avènement de dirigeants plus pragmatiques, sous la conduite de Deng Xiaoping, le « petit timonier », va introduire dans le pays l'espoir d'un mieux-être matériel. De fait, en deux ou trois décennies, de 1979 à 2012, pas moins de cinq cent millions de personnes vont être arrachées à la pauvreté absolue et le pays va se hisser à l'avant-scène de l'économie planétaire. Le Parti communiste n'en continuera pas moins de tenir solidement les rênes du pouvoir. La libéralisation politique n'est pas d'actualité.

Publié ou mis à jour le : 2019-11-19 11:35:38

 
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