Jours heureux

Quand les Français rêvaient ensemble

« L’Histoire est tragique », proclamait Raymond Aron. Pas toujours, lui répond en substance l’historien Jean Garrigues, auteur d’un livre « Les jours heureux » (Payot, 253 p, 21€) dans lequel il récapitule les épisodes de notre histoire au cours desquels  « les Français rêvaient ensemble ».

Jean Garrigues, Les jours heureux, 2023, Payot.Le titre de l'ouvrage rappelle le « retour des jours heureux » promis par Emmanuel Macron, en référence au programme du CNR (Conseil national de la Résistance).

Les « Jours heureux » évoqués par Jean Garrigues ne sont pas nombreux tant notre passé a été mouvementé, secoué d’événements sanglants, de crises politiques plongeant le pays dans le pessimisme, voire l’abattement, sans oublier la propension des Français à se flageller eux-mêmes.

L’auteur a sélectionné entre 1790 et 1998 seize journées ou périodes qui ont entraîné le pays dans l’euphorie, même si tous les Français n’ont pas vibré forcément aux mêmes événements. Elles ne sont pas toutes d’égale importance ou intensité et couvrent la période allant de la Révolution jusqu’aux années 2000. Ces parenthèses enchantées sont d’ordres patriotique, politique, sociale ou sportive.

« La mère de toutes les fêtes »

Elles commencent par la fête de la Fédération le 14 juillet 1790, « la première grande célébration de la Révolution française » visant à célébrer l’anniversaire de la chute de la Bastille. Mais plus que cela « ce sera la mère de toutes les fêtes, célébrant l’unité d’une nation nouvelle qui se révèle aux yeux du monde », écrit l’auteur. Elle repose sur les fédérations des gardes nationales, ces milices de volontaires créées en 1789 pour maintenir l’ordre dans la capitale mais qui se sont étendues à tout le territoire.

Le serment de La Fayette à la fête de la Fédération, 1791, Paris, musée Carnavalet.Leur arrivée sur le Champ-de-Mars est acclamée par 200 000 spectateurs, dont certains sont arrivés dans la nuit malgré la pluie. « On crie Vive le Roi ! Vive la Nation ! Vive la loi ! Vive nos frères ! » Le monarque est assis dans une tribune ; le maire de Paris, Bailly est assis à ses côtés, signe d’un équilibre nouveau des pouvoirs. La Fayette, à la tête des gardes nationales, et Louis XVI prêtent serment. Mais toute la province est aussi en fête : parades, banquets, processions religieuses, bals.

Au total, on estime que 2,5 millions de gardes nationaux ont participé aux libations dans tout le royaume et beaucoup plus encore de spectateurs… Mais Jean Garrigues tempère : « C’est bien sûr une unité provisoire et largement factice (…) la fuite de Varennes fera voler en éclats l’illusion fragile d’une France rassemblée autour de son Assemblée et de son roi », avant de conclure : « Néanmoins , chacun s’accorde à reconnaître que la fête de la Fédération a été un moment de grâce dans la tourmente révolutionnaire, une étape symbolique majeure dans la construction d’un sentiment national tourné vers une société d’égalité, de liberté et de fraternité. »

ête de la Fédération, le 14 juillet 1790 au Champ-de-Mars, Vizille, musée de la Révolution française. Agrandissement : Fête de la Fédération, Isidore Stanislas Helman d'après Charles Monnet, 1790, Paris, BnF.

La Saint-Napoléon !

Tout aussi symbolique : la bataille de Valmy contre les monarchies coalisées, le 20 septembre 1792. Une page se tourne car « c’est la première victoire de la République (…) la première du peuple en armes, ces volontaires enthousiastes qui ont courageusement prêté main-forte à l’armée régulière afin de repousser l’envahisseur (…) très vite, la nouvelle de la victoire se propageant dans tout le pays, elle est associée à l’avènement de la liberté et de l’égalité. Des fêtes s’organisent pour la célébrer, où La Marseillaise composée en avril par Rouget de Lisle, et le Ça ira remplacent le Te Deum des fêtes religieuses de l’Ancien Régime », explique l’auteur.

Vitrail de saint Napoléon par Antoine Lusson (XIXe siècle), en l?église Saint-Louis de Vichy (Allier).Cette victoire donne même lieu à un couronnement officiel, avec la représentation, le 27 janvier 1793, au théâtre national de l’Opéra, du Triomphe de la République ou le Camp de Grand-Pré, divertissement lyrique, écrit par Joseph Chénier. Jean Garrigues ajoute : « Six jours après l’exécution de Louis XVI, on célèbre ainsi la victoire de Valmy comme une entrée en République, donc en liberté. Ce sont en revanche des jours de tristesse pour les partisans de la monarchie, des jours qui annoncent la Grande Terreur. Mais pour la majorité des Français, et pour beaucoup d’Européens, enthousiasmés par le message d’émancipation porté par la Révolution Française, ce sont des jours de liesse et de promesse, ce sont des jours heureux. »

Avec son culte de la personnalité et son sens de la propagande, Napoléon Bonaparte a réussi à susciter une profonde ferveur dans le pays à l’occasion de ses victoires militaires et de l’avènement de l’Empire. En outre, en toute modestie, par un décret du 19 février 1806, il a créé de toutes pièces un saint portant son prénom, choisissant pour le célébrer la date anniversaire de sa naissance, le 15 août 1769, mais aussi de la signature du Concordat de 1801 qui avait rétabli la religion catholique en France.

« Coïncidant avec la fête religieuse de l’Assomption, la Saint-Napoléon est donc conçue comme un geste de rapprochement avec l’Église, que Bonaparte avait maltraitée et surtout dominée depuis son arrivée au pouvoir », explique Jean Garrigues. La Saint-Napoléon revêt donc une dimension politique, relevant d’un « subtil compromis entre État et Église ». Elle consiste en un office liturgique et en une fête publique destinée à associer l’ensemble des citoyens.

Dans « l’ivresse et la joie »...

Les festivités commencent par une soirée spectacle au château de Saint-Cloud où logent Napoléon et Joséphine. Le lendemain, les dignitaires du régime viennent féliciter l’Empereur, avant que soit célébrée une messe par le cardinal Fesch qui donne la bénédiction papale à l’Empereur, puis le Te Deum. Dans Paris, des jeux sont organisés ainsi que des joutes sur la Seine. L’Empereur et Joséphine sont acclamés par la foule.

Cette effervescence gagne l’ensemble du pays. « Des 130 départements de la France impériale remontent les récits de la fête (…) Si l’on en croit les témoignages de la presse et les rapports de police, la fête de l’Empereur restera la cérémonie la plus populaire du règne jusqu’à ses derniers moments », note l’auteur.

Les révolutions, en dépit des victimes qu’elles font, sont souvent porteuses d’espoir, d’idéaux généreux et de progrès. C’est pourquoi, elles procurent des jours heureux dans une grande partie de la population. Tout au moins, dans un premier temps.

François-Édouard Picot, La Vérité, accompagnée de la Justice et de la Sagesse, protégeant la France contre l'Hypocrisie, le Fanatisme et la Discorde : allégorie des résultats de la Révolution de 1830 (1835), château de Versailles.

C’est le cas de celle de 1830, qui après les « Trois glorieuses », ces journées de Juillet qui voient Louis-Philippe succéder à Charles X. Selon la presse, « la liesse populaire gagne toute la France » comme à Nantes où « toute la ville est dans l’ivresse de la joie ». « La cérémonie de proclamation officielle de la monarchie de Juillet se déroule le 9 août 1830 au palais Bourbon entouré, dès 7 heures du matin, d’une foule immense venue acclamer le premier « roi des Français » ». Le drapeau tricolore du nouveau régime flotte partout.

« Toute la France semble satisfaite et rassurée par le retour de l’ordre imputé à Louis-Philippe Ier », écrit Jean Garrigues. Mais très rapidement, une opposition républicaine se constitue et des révoltes ouvrières et populaires sont réprimées dans le sang. « Quatre ans après l’avènement de Louis-Philippe, les jours heureux sont déjà loin », conclut Garrigues.

La révolution de février 1848 qui proclame la Deuxième République a symbolisé l’épanouissement de la valeur de la fraternité « dans un climat de fête républicaine, d’enthousiasme collectif et d’illusions lyriques (…) C’est en son nom que vont se dérouler les jours heureux de la Seconde République ».

Le Peuple aux Tuileries, 24 février 1848, Paris, BnF, Gallica.

La fin de « l’illusion lyrique »

Charles Baudelaire, enthousiasmé par le soulèvement décrit « ce moment unique dans l’histoire où les sentiments de tant d’individus ne font qu’une immense espérance ». Dès le 4 mars, le gouvernement provisoire autour de Lamartine, organise une fête nationale en souvenirs des 138 morts tombés sur les barricades. Il demande aux préfets et aux maires « que la nation tout entière » soit associée à ces funérailles. À Paris, une foule innombrable se presse tout au long du parcours.

Bénédiction d'un arbre de la Liberté par un prêtre catholique, pendant la République de 1848, Paris, BnF, Gallica. Agrandissement : Erection d'un arbre de la liberté, Etienne Béricourt, Paris, musée Carnavalet.En province, on plante des arbres de la Liberté en grand nombre, ce qui donne l’occasion d’organiser des fêtes. On assiste aussi à l’émergence d’une multitude de clubs politiques et de journaux, suscitant une effervescence publique inhabituelle que renforce l’établissement du suffrage universel masculin direct.

Cette fièvre atteint son acmé lors de la grande fête de la Fraternité, le 20 avril à Paris. Elle se veut dans la lignée de la fête de la Fédération de 1790 unitaire et patriotique, mais se déroule dans un contexte politique et social tendu qu’illustre au sein de gouvernement la fracture entre modérés et socialistes. Elle dure toute la journée et s’étend à tout le pays à travers des banquets, des défilés, des prestations de serment etc…

Mais cette réconciliation entre le peuple, son armée, les gardes nationaux et le gouvernement fera long feu. L’annonce de la fermeture des Ateliers nationaux révoltera le peuple et provoquera les journées de juin qui se solderont par les massacres, l’emprisonnement ou la déportation de milliers d’insurgés. « L’illusion lyrique » a fondu en quelques mois, et avec elle une espérance collective enchanteresse.

Fête et cérémonie du Te Deum chanté en l'Église de Notre-Dame de Paris, le 1er Janvier 1852, en l'honneur de la réélection du Prince Louis Napoléon Bonaparte, Hubert Clerget, Paris, BnF, Gallica.Avec le Second Empire, c’est le retour à l’ordre qu’impose le prince Louis-Napoléon au terme de son mandat de président de la République débuté en décembre 1848 et qui s’achève dans le coup d’État du 2 décembre 1851. Dans la foulée, il organise un plébiscite ratifiant son projet de Constitution les 20 et 21 décembre. Le résultat relève du véritable triomphe : 75% des inscrits, soit 7 400 000 votants approuvent le texte. De quoi renforcer la légitimité du chef de l’État qui concentre désormais tous les pouvoirs.

Cette victoire est marquée par une fête nationale le 1er janvier 1852, à Paris et dans les chefs-lieux de départements où l’on chante un Te Deum dans toutes les églises de France, à commencer par Notre-Dame dont le parvis est envahi par une foule venue acclamer Louis-Napoléon.

Des poèmes et des chansons sont rédigées à sa gloire. Et lorsqu’à l’automne 1852, il se lance dans une grande tournée dans les régions du Centre et du Midi pendant un mois, il est accueilli partout avec ferveur.

Dix ans pour avoir une fête nationale

Certes, ces déplacements ont été préparés minutieusement par le ministre de l’Intérieur Victor de Persigny qui a couvert d’argent et de cadeaux les élus locaux. « Mais la ferveur populaire est réelle, comme à Toulouse, le 5 octobre, où plus de 200 000 personnes se bousculent pour assister à la revue des troupes au cri de « Vive l’Empereur ! » », constate Jean Garrigues.

Les étapes suivantes sont parsemées d’arcs de triomphe à son honneur portant les inscriptions « Louis-Napoléon sauveur ! Louis-Napoléon empereur ! » Et qu’importe si les libertés fondamentales sont supprimées, le peuple manifeste sa joie de l’ordre retrouvé.

La chute de l’Empire en 1870 consacre le retour de la République au pouvoir qui connaît des débuts incertains et chaotiques. « Il a fallu dix ans de combats et de polémiques pour que la Troisième République se donne enfin une fête nationale », écrit Garrigues. Elle est fixée par une loi au 14 juillet « comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité » en référence à la fête de la Fédération de 1790. Elle est grandiose dans toutes les bourgades de France.

Paix et Travail. François-Paul-Jules Grévy Léon Gambetta, estampe, vers 1879, Paris, musée Carnavalet.À Paris, le conseil municipal reçoit 1800 délégués des Conseils municipaux de toute la France avec Victor Hugo comme invité d’honneur. Le président de la République, Jules Grévy donne un dîner de 100 couverts à l’Élysée pour les personnalités du régime, une grande revue militaire a lieu à l’hippodrome de Longchamp à laquelle assistent des centaines de milliers de spectateurs.

On arbore des emblèmes tricolores, on chante La Marseillaise. C’est la fête partout en France : banquets républicains, défilés, inauguration de monuments, danse et chants dans la rue, jeux. « C’est ainsi que la fête nationale et patriotique (…) s’est muée en fête populaire à la gloire de la République », explique l’auteur.

Neuf ans plus tard, ce ne sont plus des festivités franco-françaises qui apportent du bonheur au pays, mais l’Exposition universelle de 1889 et la nouvelle star parisienne, la Tour Eiffel, qui a été achevée quelques semaines plus tôt. Cette fois, la France a rendez-vous avec le monde puisque des délégués des 32 pays participants sont invités à l’inauguration le 6 mai par le président Sadi Carnot. La journée est fastueuse. « Tout Paris s’est transporté vers l’Exposition ».

Plus de 110 000 visiteurs sont dénombrés au cours de cette première journée ponctuée par des retraites au flambeau, une fête nautique, des feux d’artifice… Au total plus de deux millions de personnes parcourront les sites de cette Exposition universelle qui durera six mois. Plus qu’un moment de bonheur, c’est surtout un sentiment de fierté qui animera les Français même ceux qui, en province, ne pourront en profiter.

Dans un contexte plus tragique, le 11 novembre 1918, jour de la signature de l’armistice, le bonheur est ressenti comme une délivrance. A 11 heures, les cloches de toutes les églises carillonnent, « une véritable marée humaine déferle dans les rues, de la Bastille à la Concorde ». Des centaines de milliers de personnes se pressent, rient, chantent, brandissant des drapeaux tricolores, entonnant La Marseillaise. La fête se poursuit le lendemain avec une même euphorie en province. Elle est aussi pleine d’émotion en Alsace-Lorraine, ces territoires « libérés » où Poincaré et Clemenceau reçoivent un accueil triomphal.

Les jours heureux peuvent comporter aussi une connotation sociale. Au lendemain de la victoire électorale du Front populaire le 3 mai 1936, « éclate une joie spontanée qui se traduit un peu partout par des manifestations et des cortèges (…) Mais cette joie qui gagne le monde du travail va aussi très vite se traduire par une vague de grèves sans précédent et d’une nature complètement nouvelle, moins combatives que festives, au point qu’elles seront qualifiées de « grèves joyeuses » », observe Jean Garrigues.

On comptera plus de 12 000 mouvements de grèves, près de 9 000 avec occupation, représentant au total plus de 1,8 million de grévistes. « La célèbre chanson de Charles Trenet « Y a d’la joie » a été écrite plusieurs mois après les événements de l’été 1936, mais elle reflète bien le climat de ces grèves joyeuses, à la fois libératrices, révolutionnaires et festives », remarque l’auteur.

Article sur les congés payés dans le magazine Regards du 13 août 1936, Paris, BnF, Gallica.

Puis se succèdent les « premiers congés payés » dont les photos de l’époque montrent la joie des bénéficiaires qui découvrent de nouvelles contrées. Mais l’approche de la guerre, les fissures au sein du gouvernement du Front populaire mettent fin brutalement à cet optimisme qu’ont engendré les nouvelles mesures de progrès social.

La libération de Paris, le 25 août 1944, ouvre une nouvelle période de liesse, galvanisée par le discours du général de Gaulle à l’Hôtel de Ville. Le lendemain, une foule sans cesse plus dense, s’approche des chars de la division Leclerc. « Elle est dix fois plus nombreuse qu’aux plus grands jours de notre histoire », estime le journal Franc-Tireur. Des grappes humaines sont accrochées à des échelles, des mâts, des réverbères pour assister à la descente des Champs-Elysées par le général de Gaulle.

Bien que les combats ne soient pas terminés autour de la capitale, « cette journée du 26 août aura fait date dans le retour des jours heureux » selon Jean Garrigues. D’ailleurs le titre initial du programme du Conseil national de la Résistance, adopté le 15 mars 1944, n’était-il pas Les jours heureux par le CNR ? Et lorsque le Général commence une tournée en province à partir du 14 septembre, il est acclamé partout où il passe.

La France « en ébullition »

La Quatrième République, celle de la reconstruction, avec ses temps difficiles, offrira une vie laborieuse aux Français, tout au moins dans ses premières années, avant que l’instabilité ministérielle et la guerre d’Algérie ne plongent le pays dans l’inquiétude. Si bien que le retour au pouvoir en 1958 du « plus illustre des Français » est perçu surtout comme un soulagement ainsi qu’en témoigne le raz-de-marée gaulliste qui s’exprime lors du référendum du 28 septembre 1958 sur la Constitution : 79% de oui.

La ferveur gaulliste se manifestera tout au long des 19 déplacements en province que le chef de l’Etat effectuera entre 1959 et 1962. Mais une fois la question algérienne réglée, l’aura du général commence à décliner. Le pouvoir sera sérieusement ébranlé lors de mai 68.

Pour les étudiants qui sont à l’origine de ce soulèvement, la liberté est le maître-mot. « Mais cette révolte libertaire est aussi une révolte sociale comparable à celle du Front populaire et qui s’étend comme une traînée de poudre au monde ouvrier, impatient de s’émanciper de la tutelle pesante des patrons (…) C’est une révolte joyeuse, pleine d’espérance et d’amour, au nom des jours heureux », analyse Garrigues.

Mais cette « gigantesque récréation de Mai 68 », prend fin lorsque le 30 mai déferlent sur les Champs-Élysées près d’un million de personnes en soutien au Général. Aux élections législatives des 23 et 30 juin, la victoire écrasante de la droite entérine la fin de la révolte de mai 68 qui entendait changer le monde. Changer la vie, c’était aussi le slogan de François Mitterrand qui est élu à la présidence de la République le 10 mai 1981.

Affiche éditée lors des élections législatives du 1er juin 1968, Paris, BnF, Gallica.

L’alternance après 23 ans de la droite au pouvoir ! « Comme en 1936, c’est la promesse des jours heureux (…) Toute la France est en ébullition », rappelle l’auteur. Partout c’est un concert de klaxons, des explosions de joie spontanée dans les rues envahies, un rassemblement monstre à la Bastille. Jusqu’à l’investiture de François Mitterrand, le pays vit en était d’apesanteur. Les attentes du « peuple de gauche » sont immenses.

Après une période d’avancées sociales, le « tournant de la rigueur » entamé dès l’année 1982 douche les espoirs, et l’épreuve du pouvoir sera terrible pour la gauche… qui ne s’en est toujours pas remise…

À partir de cette époque, Jean Garrigues - signe du désenchantement des temps - ne recense plus qu’un épisode euphorique : la victoire de l’équipe de France de football à la Coupe du monde en 1998, au cours de laquelle est célébrée naïvement la France « black-blanc-beur ». Mais cette « unité nationale » de façade ne dure réellement que l’espace de 48 heures et ne peut être comparée sérieusement aux événements précédemment cités.

Publié avant les Jeux olympiques et paralympiques de cet été, l’ouvrage de Jean Garrigues ne prend pas en compte cet événement qui, à la différence de 1998, a provoqué une ferveur des Français profonde et une réelle communion autour de nos champions quelles que soient leurs origines dès lors qu’ils portaient le maillot tricolore. Cela en dépit d'une crise politique grave depuis la dissolution de l’Assemblée nationale… Les JO n’en ont apporté une bouffée d’oxygène que plus précieuse.

Jean-Pierre Bédéï
Publié ou mis à jour le : 2024-09-13 13:46:27

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