La guerre du Mexique

1862-1867 : Le mirage américain de Napoléon III

Alain Gouttman (Perrin / Tempus, 540 pages, ,  2011)

La guerre du Mexique

Cette relation de la guerre du Mexique donne un intéressant aperçu de l’échec prévisible de «la plus grande pensée du règne» de Napoléon III.

Comme la deuxième guerre d’Irak de George Bush junior, la guerre du Mexique est lancée sans véritable motif par un gouvernement impérial français qui a oublié de réfléchir au «jour d'après», celui qui suit une victoire militaire rendue certaine par la disproportion des forces militaires en présence.

Comment imposer son autorité politique à un pays immense qui n’entend pas se laisser coloniser, et comment transférer rapidement les responsabilités à un gouvernement local pour se retirer à temps ?

Après les déboires militaires initiaux de 1862 devant la ville de Puebla, au cours desquels intervient l’épisode de Camerone resté légendaire dans la Légion étrangère, l’armée française arrive à Mexico où elle est d’abord bien accueillie, avant se heurter bientôt à l’hostilité de la population.

Le général Forey, chef du corps expéditionnaire français, doit être remplacé par un homme sorti du rang et adoré de la troupe, le général Achille Bazaine.

Malgré tout son savoir-faire, ce dernier ne peut rien face à la détermination des troupes locales disséminées loin de Mexico et restées fidèles au président Benito Juarez.

Ce dernier refuse le combat en ligne et harcèle l’armée française par des actions de guérilla, qui donnent l’occasion de s’illustrer à certains généraux comme Porfirio Diaz qui dirigera ultérieurement le Mexique pendant 35 ans. L’armée française est finalement obligée d’évacuer en bon ordre sa «conquête» en 1866, laissant l’archiduc Maximilien défendre seul un Empire du Mexique qui s’effondrera peu de temps après.

Bazaine revient en France auréolé de la dignité de maréchal et d’une popularité non entamée par l’échec final. Il est néanmoins conscient de ses propres limites et préfèrerait éviter que Napoléon III le nomme à la tête de l’armée française, poste pour lequel il ne se sent pas fait.

La suite lui donnera raison et se terminera en 1870 sur la défaite de Sedan et la capitulation de Metz.

Alain Gouttman, auteur de Laguerre du Mexique a déjà publié chez le même éditeur La guerre de Crimée, une entreprise de Napoléon III plus heureuse que celle-ci.

Michel Psellos

Voir : La «plus grande pensée du règne» de Napoléon III

Publié ou mis à jour le : 10/06/2016 07:42:47

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