Citations et Mots d'Histoire

Le temps des Révolutions

Marie-Antoinette    (1755 - 1793)

« Mon Dieu, si nous avons commis des fautes, nous les avons certainement expiées aussi ! »

portrait de Marie-Antoinette (collection: Michèle Lorin, association Marie-Antoinette)Propos qu'aurait tenus Marie Antoinette d'Autriche, ex-reine de France, au cours de ses derniers moments... On raconte aussi qu'en s'approchant de la guillotine, elle aurait marché sur le pied du bourreau et lui aurait dit, n'ayant jamais perdu sa bonne éducation : «Monsieur, je vous demande excuse, je ne l'ai pas fait exprès». Fille de l'impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg, l'archiduchesse a été mariée en 1770 à l'héritier du trône de France. L'union a vocation à consolider le rapprochement de la France et de l'Autriche. Mais ce «renversement des alliances» au profit de l'ancienne ennemie est très mal perçu par l'opinion française. Il suscite une hostilité immédiate à l'égard de la Dauphine Marie-Antoinette, bientôt surnommée avec mépris l'hostilité l'«Autrichienne». L'«Affaire du collier», en 1785, met en évidence les fragilités du règne. On prête à la souveraine un penchant pour le comte Axel de Fersen, un beau Suédois qui s'emploie à organiser la fuite de la famille royale en juin 1791 (l'escapade est interrompue à Varennes).


Jeanne Du Barry    (1743 - 1793)

« Encore un moment, monsieur le bourreau, un petit moment »

On prête ce mot à la comtesse Jeanne du Barry, à l'instant de mettre sa tête sous le tranchant de la guillotine, le 8 décembre 1793. Née à Vaucouleurs (Lorraine) des amours d'une couturière, Anne Bécu, et d'un jeune moine déluré, Jeanne reçoit une éducation soignée chez les soeurs, à Paris, avant de devenir modiste... puis d'être présentée à la cour de Versailles. Dernière maîtresse officielle du roi Louis XV, elle est après sa mort reléguée dans sa propriété de Louveciennes. Ayant dédaigné d'émigrer au commencement de la Révolution, la comtesse du Barry se rend toutefois à Londres à plusieurs reprises au motif d'y récupérer ses bijoux qui auraient été volés. Elle est arrêtée pendant la Terreur, le 22 septembre 1793, sous l'inculpation d'intelligence avec l'ennemi, et guillotinée le 8 décembre suivant, sur l'actuelle place de la Concorde, à Paris, après avoir dénoncé plusieurs personnes dans le vain espoir de sauver sa (jolie) tête.


Mme Roland    (1754 - 1793)

« Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! »

Apostrophe de Mme Roland, le 18 brumaire an III (8 novembre 1793), au moment de monter sur l'échafaud, lequel était situé en face d'une statue de la Liberté, sur la place de la Révolution (ci-devant place Louis XV, future place de la Concorde), à Paris.

Ce cri fait écho aux Montagnards, ou députés de la « Montagne », qui proclament à qui veut les entendre : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! ».

Dès 1791, les Montagnards s'opposent aux Girondins - ou Brissotins -. Il s'agit de plusieurs députés originaires du département de la Gironde. Parmi eux, Brissot, Guadet, Buzot, Condorcet, Pétion, Pache, Louvet, Barbaroux ainsi que Roland de la Platière et son épouse, Manon Philipon, femme de grande culture et de caractère, lectrice passionnée de Plutarque, qui tenait un salon à la mode sous l'Ancien Régime, rue Guénégaud.

Manon Philipon a épousé l'inspecteur des poudres Roland de la Platière en 1780. Sous la Révolution, elle devient l'égérie de son groupe et acquiert une influence notable dans le gouvernement girondin où elle obtient pour son mari les fonctions de ministre de l'Intérieur. Ce gouvernement est à l'origine de la déclaration de guerre à l'Autriche en 1792.

Le 10 juin 1792, comme le roi refuse de sanctionner les décrets portant sur le bannissement des prêtres réfractaires et la formation près de Paris d'un camp de 200 000 fédérés, Mme Roland adresse au roi, sous la signature de son mari, une lettre comminatoire « à peine polie ». Le roi réplique en renvoyant Roland et ses deux collègues, les ministres Servan et Clavière. C'est la fin du gouvernement girondin et le retour des feuillants (monarchistes modérés) au pouvoir.

Après la chute de la monarchie (10 août 1792), les Girondins doivent faire face à l'hostilité des Montagnards de la Convention et de la Commune de Paris. Ils sont arrêtés le 2 juin 1793 et guillotinés six mois plus tard, à l'exception de Jean-Marie Roland qui réussit à s'échapper... mais se donne la mort en apprenant l'exécution de sa femme.

Celle-ci, qui s'était laissée arrêter le 2 juin 1793, avait été libérée le 24 juin puis à nouveau incarcérée le jour même. Dans l'attente de son jugement, elle rédige à la Conciergerie des Mémoires qui demeurent un témoignage de première main sur la Gironde.


Henri de la Rochejaquelein    (1772 - 1794)

« Allons chercher l'ennemi : si je recule, tuez-moi ; si j'avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi »

Ainsi répondit le jeune comte Henri de la Rochejaquelein (20 ans) aux paysans vendéens qui vinrent le supplier de se mettre à leur tête pour combattre l'hydre révolutionnaire. Ce sous-lieutenant de cavalerie issu d'une famille de haute noblesse s'était retiré en sa terre de Clisson après la chute de la royauté (10 août 1792). L'insurrection vendéenne allait l'entraîner dans des aventures aussi héroïques que brèves.


Jean Nicolas Stofflet    (1751 - 1796)

« Dans une guerre civile, il n'y a pas d'honneur et pas de victoire »

Ce commentaire désabusé et lucide de Jean Nicolas Stofflet fait écho à celui d'un écrivain romain qui constata, au vu des guerres civiles entre César et Pompée, qu'une guerre civile ne laissait que des vaincus et jamais de vainqueur. Stofflet est garde-chasse des Colbert à Maulévrier quand éclate la Révolution française. Viennent les réquisitions forcées et les persécutions contre les prêtres catholiques. La Vendée se soulève et lui-même devient major général dans l'armée royaliste formée par les insurgés. Il donne sa pleine mesure après la mort de La Rochejaquelein, devenant le seul général des insurgés en Anjou. Il doit lutter contre les «colonnes infernales» de Turreau et reprend les armes en janvier 1796 après la paix imposée par Hoche. Il est capturé et fusillé à Angers le 26 février 1796.


Marie-Antoinette    (1755 - 1793)

« J'en appelle à toutes les mères... ! »

Après la sanglante prise des Tuileries, le 10 août 1792, les souverains français sont déchus et jetés en prison. Louis XVI est exécuté le 21 janvier. Vient le tour de la «veuve Capet». Lors de son procès, la reine doit affronter d'infâmes accusations d'inceste sur la personne de son fils, présentées par le substitut du procureur général, le polémiste et jacobin Jacques Hébert. Extrait de l'audience du 15 octobre 1793 : Après la déposition d'Hébert, le président Hermann interpelle l'accusée : «Qu'avez-vous à répondre à la déposition du témoin ?» D'une voix tremblante, elle répond : «Je n'ai aucune connaissance des faits dont parle Hébert». Hébert reprend la parole et accuse la reine et Madame Elisabeth d'avoir traité l'enfant en roi en lui donnant en toutes occasions la préséance. Marie-Antoinette se tourne vers Hébert et demande : «L'avez-vous vu ?» Hébert : «Je ne l'ai point vu, mais la Municipalité le certifiera», puis il coupe court à l'aparté et, changeant de sujet, il se lance sur une autre affaire. Un juré dont on n'a pas le nom se lève et demande : «Citoyen-Président, je vous invite à vouloir bien faire observer à l'accusée qu'elle n'a pas répondu sur le fait dont a parlé le citoyen Hébert à l'égard de ce qui s'est passé entre elle et son fils». Le président répète la question et la reine se lève - «vivement émue» affirme le procès verbal - : «Si je n'ai pas répondu, c'est que la nature se refuse à une pareille inculpation faite à une mère». Elle se tourne vers la foule : «J'en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici». Deux témoins, les frères Humbert, rapportent qu'un courant passe dans la foule, même les tricoteuses se sentent remuées. L'audience est suspendue quelques minutes et la reine, se penchant vers son avocat Chauveau-Lagarde, lui demande à voix basse : «N'ai-je pas mis trop de dignité dans ma réponse ?»Madame, soyez vous-même et vous serez toujours bien ; mais pourquoi cette question ?C'est que j'ai entendu une femme du peuple dire à sa voisine : vois-tu comme elle est fière !...

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