Citations et Mots d'Histoire

Apogée de l'Europe

Nicolas Ier Romanov     (1796 - 1855)

« La Turquie est l'homme malade de l'Europe »

Tout à son rêve de chasser les Turcs de Constantinople, le tsar Nicolas Ier propose à la Grande-Bretagne un partage qui mettrait sous l’égide de l’empire russe les principautés roumaines, la Serbie, la Bulgarie et les Détroits, l’Égypte étant placée dans la sphère de l’Angleterre. Mais il veut un arrangement entre toutes les puissances occidentales avant que ne s'effondre l'empire ottoman.

« Nous avons sur les bras un homme malade, très malade, déclare-t-il à l'ambassadeur britannique Hamilton Seymour en janvier 1853, à l'occasion d'une réception à Saint-Pétersbourg. Ce serait un grand malheur s'il devait nous échapper avant que les dispositions nécessaires soient prises ».

Les chroniqueurs vont condenser le propos en une formule : « La Turquie est l'homme malade de l'Europe ». L'année suivante, en mars 1854, va éclater la guerre de Crimée et c'est en définitive la Russie qui va en payer le prix.  


Émile Zola    (1840 - 1902)

« J'accuse »

Ce titre du journal L'Aurore du 13 janvier 1898 a relancé l'Affaire Dreyfus, provoquée par l'injuste condamnation en 1895 d'un officier de confession israélite, sous l'accusation d'espionnage. L'auteur de l'article, le romancier Émile Zola, passe en justice sous l'accusation de diffamation et s'exile en Angleterre pour échapper à la prison. Dans l'épreuve, sa popularité monte au zénith et il reçoit le soutien de nombreux dreyfusards, écrivains, artistes, hommes politiques (Georges Clemenceau,...). Leur combat marque l'entrée des «intellectuels» en politique. C'est le début d'une tradition d'engagement qui marquera le XXe siècle et ne sera pas exempte de faux-pas éthiques (approbation des procès staliniens dans les années 1930).


Karl Marx    (1818 - 1883)

« Quel est le fond profane du judaïsme ? Le besoin pratique, la cupidité (Eigennutz). Quel est le culte profane du Juif ? Le trafic. Quel est son dieu ? L'argent »

Adepte du scientisme athée, en vogue à son époque, Karl Marx a participé à la diffusion de l'antisémitisme moderne dans sa version de gauche (*), en dénonçant dans la bourgeoisie juive le fer de lance du «cosmopolitisme». Ce petit-fils de rabbin a ainsi publié en 1843 un opuscule assez méconnu (et pour cause), la Question juive, où l'on peut lire les lignes ci-dessus.


Victor Hugo    (1802 - 1885)

« Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne ! »

Victor Hugo Victor Hugo, génie universel aux multiples talents, reflète mieux que quiconque l'évolution de la bourgeoisie française au XIXe siècle. Jeune royaliste, il publie un essai, Le dernier jour d'un condamné (1829) en faveur de l'abolition de la peine de mort qu'un ministre, François Guizot, échoue de peu à faire voter. Sous le règne du roi-bourgeois Louis-Philippe 1er, le chef de l'école romantique se mue en notable et pair de France. Il devient républicain sous la IIe République (1848) et en appelle à la création des États-Unis d'Europe quand le continent entre en ébullition. C'est ainsi qu'il prononce les fières paroles ci-dessus dans son discours d'ouverture au Congrès de la paix, à Paris, le 21 août 1849. Il renouvelle ses exhortations dans un discours prononcée à Anvers le 1er août 1852 : «Amis, la persécution et la douleur c'est aujourd'hui ; les États-Unis d'Europe, les Peuples-Frères c'est demain»... Et il écrit dans une préface au Paris guide publié pour l'Exposition universelle de 1867 : «Au vingtième siècle, il y aura une nation extraordinaire... Elle sera illustre, riche, puissante, pacifique, cordiale au reste de l'humanité. Elle aura la gravité douce d'une amie... elle aura quelque peine à faire la différence entre un général d'armée et un boucher... Elle s'appellera l'Europe et aux siècles suivants, plus transfigurée encore, l'Humanité» (*). Visionnaire, Hugo ?...


Pierre Joseph Proudhon    (1809 - 1865)

« La propriété, c'est le vol ! »

Cet aphorisme est tiré d'un mémoire de Pierre Joseph Proudhon : Qu'est-ce que la propriété ? ou Recherches sur le principe du droit et du gouvernement (1840). En première page de cette publication, la première d'une longue série, le philosophe écrit : «Si j'avais à répondre à la question suivante : Qu'est-ce que l'esclavage ? et que d'un seul mot je répondisse : c'est l'assassinat, ma pensée serait d'abord comprise (...). Pourquoi donc à cette autre demande : Qu'est-ce que la propriété ? ne puis-je répondre de même : c'est le vol ! sans avoir la certitude de n'être pas entendu, bien que cette seconde proposition ne soit que la première transformée ?».


« Être gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni titre, ni la science, ni la vertu »

On peut lire dans Idée générale de la révolution au XIXe siècle (1848), un ouvrage du théoricien socialiste et révolutionnaire Pierre Joseph Proudhon : «Être gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni titre, ni la science, ni la vertu... Être gouverné, c'est être à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C'est sous prétexte d'utilité publique et au nom de l'intérêt général être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réclamation, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale !» Après l'avènement de la IIe République française en février 1848, la Proudhon est élu député. Mais la rue se soulève en juin contre le gouvernement et celui-ci riposte avec brutalité. A la tribune de l'Assemblée, Proudhon prend la défense des révoltés, ce qui lui vaut un blâme. En décembre 1848, le prince Louis-Napoléon Bonaparte étant élu président de la République, Proudhon s'élève contre lui. Il paie son opposition par la prison et de l'exil en Belgique.

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