Citations et Mots d'Histoire

Apogée de l'Europe

Karl Marx    (1818 - 1883)

« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Cette formule figure en exergue du Manifeste du parti communiste, un opuscule publié en 1848 par le philosophe Karl Marx et son riche ami Friedrich Engels. Karl MarxKarl Marx a consacré le reste de sa vie à développer la thèse présentée dans ledit Manifeste. Selon cette thèse, l'Histoire serait jusqu'à ce jour fondée sur la lutte des classes : esclaves contre maîtres, serfs contre seigneurs, ouvriers contre patrons; heureusement, les ouvriers doivent mettre un terme à cette fatalité grâce à leur révolte sous l'égide des communistes. Marx a publié peu avant sa mort son œuvre majeure en trois épais volumes, Das Kapital. Cette œuvre touffue a été autant commentée que peu lue. C'est ainsi que Louis Althusser, auteur de Lire le Capital, affirme dans son autobiographie posthume (L'Avenir dure longtemps, 1992) n'en avoir lu que le Livre I... mais sans doute s'agit-il d'une provocation !


Victor Hugo    (1802 - 1885)

« Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là »
Source : Les Châtiments

Après l'échec de la IIe République et le coup d'État du prince Louis-Napoléon Bonaparte, en 1851, Victor Hugo s'exile volontairement à Bruxelles puis dans les îles anglo-normandes. Il s'affiche alors en opposant irréductible et publie un recueil poétique au titre virulent : Les Châtiments. Le dernier vers du poème Ultima verba est on ne peut plus explicite : «Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là». Pour rabaisser l'empereur, le poète ne craint pas de sublimer dans La Légende des Siècles (1859) le souvenir de son oncle, Napoléon 1er, fossoyeur de la Révolution et conquérant insatiable. Il se montre néanmoins en harmonie avec l'esprit social du Second Empire en publiant Les Misérables (1862), l'une des plus belles fresques romanesques qui soient. Quand la défaite de Sedan ouvre la voie à la IIIe République (1870), le vieux poète devient le chantre de celle-ci.


Napoléon III    (1808 - 1873)

« L'empire, c'est la paix »

Fils de Louis Bonaparte, frère de Napoléon 1er, et de Hortense de Bauharnais, Louis-Napoléon Bonaparte a grandi en Thurgovie (Suisse orientale) et tenté un pronunciamento à Strasbourg le 30 octobre 1836 en vue de restaurer l'Empire de son oncle. Arrêté, il est interné au fort de Ham, en Picardie, d'où il réussit à s'évader. Il est élu le 10 décembre 1848 premier président de la République française. Empêché par la Constitution de la IIe République de se représenter, il commet le 2 décembre 1851 un coup d'État qui lui donne tous les pouvoirs pour dix ans. Il ne lui reste plus qu'à préparer l'opinion à une restauration de l'Empire. C'est ce qu'il fait au cours de plusieurs tournées en province... Mais les chancelleries, qui ont accueilli avec faveur le coup d'État, craignent que le Prince-Président, en prenant le titre d'empereur, n'ait la tentation de renouer avec la politique de conquêtes de son oncle. En vue de rassurer chacun, Louis-Napoléon déclare lors d'un voyage à Bordeaux, à la chambre de commerce, le 9 octobre 1852 : «Certaines personnes disent : L'empire, c'est la guerre. Moi, je dis : L'empire, c'est la paix. Des conquêtes, oui : les conquêtes de la conciliation, de la religion et de la morale». Après bien des hésitations, Louis-Napoléon instaure officiellement l'Empire le 2 décembre 1852 et prend pour nom de règne Napoléon III. Il sera détrôné pour une guerre de trop...


Maréchal de Mac-Mahon    (1808 - 1893)

« J'y suis, j'y reste ! »

Le général Maurice de Mac-Mahon s'était acquis la gloire pendant la guerre de Crimée, en emportant après un combat acharné la tour Malakoff, qui défendait la citadelle de Sébastopol. Le général Pélissier, commmandant du corps expéditionnaire français, ayant appris que la position était minée, lui avait enjoint à cinq reprises de renoncer mais le général n'avait pas craint de lui désobéir et avait remporté la mise. Plus tard, ayant gagné son bâton de maréchal, Mac-Mahon fut fait prisonnier avec son armée et son empereur à Sedan. Après la chute du Second Empire, il fut désigné le 24 mars 1873 par l'Assemblée nationale pour succéder à Adolphe Thiers comme président de la République. En novembre 1873, lors d'un débat à l'Assemblée en vue de prolonger son mandat, un député rappela l'épisode de Malakoff en ces termes : Faites aujourd'hui pour la France ce que Mac-Mahon, il y a seize ans, fit pourl'armée. C'était à Malakoff ; le premier, il entre dans la citadelle, elle est minée, elle va l'ensevelir sous ses ruines, n'importe ! Il se jette sur le télégraphe et il écrit à son chef cette parole sublime dans sa simplicité : «J'y suis, j'y reste !» Ainsi naît une (belle) légende. Légitimiste, royaliste et conservateur, le président Mac-Mahon était aussi d'une insondable naiveté. On cite volontiers son exclamation devant une inondation dans la vallée de la Garonne : «Que d'eau ! Que d'eau !» Incapable d'imposer à l'Assemblée un gouvernement de son choix et sommé de «se soumettre ou se démettre», il choisit la première solution, réduisant la fonction présidentielle à l'impuissance.


Ernest Renan    (1823 - 1892)

« Je suis le premier à reconnaître que la race sémitique, comparée à la race indo-européenne, représente réellement une combinaison inférieure de la nature humaine »

Ernest Renan, issu d'une famille traditionnelle de Bretagne, perd la foi en suivant les cours du séminaire de Saint-Sulpice, à Paris. Poursuivant des études de philosophie et de lettres, il élabore un système de pensée positiviste qu'il expose dans L'avenir de la science (1848) et dans son Histoire générale et système comparé des langues sémitiques (1855). C'est de ce dernier ouvrage qu'est extraite la citation ci-dessus. Elle témoigne de la personnalité complexe et ambigüe du philosophe, ainsi que le souligne l'historien Pierre Birnbaum (*). Renan fait scandale en 1862 avec sa leçon inaugurale au Collège de France, au cours de laquelle il présente Jésus comme simplement un «homme incomparable».Il publie ensuite plusieurs ouvrages d'histoire religieuse qui lui valent une renommée sulfureuse, notamment une Vie de Jésus (1863).


Abraham Lincoln    (1809 - 1865)

« You mean the Whites are intellectually superior of the Blacks, and therefore have the right to enslave them ? Take care - by this rule you are to be the slave of the first man you meet, with an intellect superior to your own ! » (en anglais)
« Voulez-vous dire que les Blancs sont intellectuellement supérieurs aux Noirs et ont donc le droit de les réduire à l'esclavage ? Prenez garde, cette règle fait de vous l'esclave du premier homme dont l'intellect est supérieur au vôtre ! » (traduction)

Fils de modestes pionniers du Kentucky, Abraham Lincoln exerce de nombreux métiers avant de se tourner vers le barreau, réussissant à se former sur le tas. Son éloquence sans artifice et son ardeur de puritain le jettent en politique et il est élu président des Etats-Unis en 1860, après une campagne qui ne laisse aucun doute sur son intention de mettre fin à l'esclavage dans le sud du pays. Il s'ensuivra la plus meurtrière des guerres qu'aient eu à soutenir les Etats-Unis au cours de leur Histoire. -

Actualités de l'Histoire
Revue de presse et anniversaires

Histoire & multimédia
vidéos, podcasts, animations

Galerie d'images
un régal pour les yeux

Rétrospectives
2005, 2008, 2011, 2015...

L'Antiquité classique
en 36 cartes animées

Frise des personnages
Une exclusivité Herodote.net