George Washington (1732 - 1799)
« It is better to offer no excuse than a bad one » (en anglais)
« Mieux vaut ne pas donner d'excuse que d'en offrir une mauvaise » (traduction)
Cette sentence morale est extraite d'une lettre de George Washington à sa nièce Harriet Washington (30 octobre 1791).
Le premier président des États-Unis est né dans une bonne famille de planteurs de Virginie le 22 février 1732. Il passe sa jeunesse sur les rives du Potomac, aux environs de la ville aujourd'hui éponyme. La mort précoce de son demi-frère le porte à la tête du domaine aujourd'hui fameux de Mount Vernon.
George Washington s'illustre dans les rangs de l'armée anglaise en combattant les Français pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763)... puis à la tête des troupes de colons insurgées contre les Anglais et alliées aux Français (1775-1783) !
Immensément populaire auprès de ses concitoyens, il est porté à la présidence de la Convention de Philadelphie, en charge de donner une Constitution à la jeune fédération.
En 1789, il est élu président de ladite fédération contre son rival John Adams.
En 1797, après deux mandats de quatre ans, George Washington se retire de la vie politique.
Dans son discours d'adieu, il met en garde ses concitoyens contre la tentation d'une alliance privilégiée avec quiconque. C'est déjà une ébauche de la future «doctrine de Monroe». En 1798, l'imminence d'hostilités avec la France du Directoire l'amène à assumer à nouveau le commandement suprême des armées. Le danger écarté, il revient sur ses terres...
Pierre Dupont de Nemours (1739 - 1817)
« Périssent les colonies, plutôt qu'un principe »
Brillant économiste, Pierre Samuel Dupont de Nemours compose avec François Quesnay le traité La Physiocratie (1768), d'où le nom de physiocrates donné aux économistes du siècle des « Lumières ». L'un d'eux, Turgot, devient ministre du roi Louis XVI et Dupont entre à son service.
Il est ensuite élu député de Nemours aux états généraux, combat la création des assignats et surtout, fidèle à ses idées, se mobilise (en vain) en faveur de l'abolition de l'esclavage. Le 15 mai 1791, le débat fait rage à ce propos à l'Assemblée nationale. Les représentants des colonies menacent de faire sécession si l'on abroge l'esclavage.
« On nous menace du ressentiment de ces nobles d'outre-mer... Ils se consoleront comme se sont consolés les nobles français qui avaient un peu de sens. Si toutefois cette sécession devait avoir lieu, il vaudrait mieux sacrifier la colonie plutôt qu'un principe », répond Dupont de Nemours.
Finalement, l'Assemblée se contente d'accorder le droit de vote à certains hommes de couleur libres. Resté fidèle au roi, Dupont de Nemours se cache pendant la Terreur. En 1815, il s'établit aux États-Unis, dans le Delaware. C'est là que son fils Éleuthère Irénée fonde une poudrerie. Elle est devenue aujourd'hui, sous le nom de Du Pont, la première entreprise chimique du monde !
Henri Grégoire (1750 - 1831)
« Les rois sont dans l'ordre moral ce que sont les monstres dans l'ordre physique [...]. L'histoire des rois est le martyrologe des peuples »
L'abbé Grégoire adressa cette grandiloquente formule à l'Assemblée de la Convention, le 21 septembre 1792, jour de son ouverture et de la fondation officielle de la première République française.
Henri Grégoire est le fils d'un paysan lorrain. Ayant montré des dispositions pour les études, il est éduqué au collège jésuite de Nancy, ordonné prêtre en 1776 et nommé curé à Embermesnil, en Lorraine. Très ouvert aux idées généreuses des «Lumières», il publie en 1788 un Essai sur la régénération physique, morale et politique des juifs qui est distingué par l'Académie de Metz.
Député du clergé aux états généraux en 1789, l'abbé demande et obtient la réunion des trois ordres. Il vote la Constitution civile du clergé (1790) puis l'égalité des droits civils pour les juifs (1791).
Devenu évêque assermenté de Blois, il siège à la Convention, dans les rangs de la Montagne (la gauche révolutionnaire).
Son action réformatrice ne faiblit pas. C'est ainsi qu'il fait voter l'abolition de l'esclavage (1794) et se penche sur les patois et dialectes en vue d'établir la suprématie définitive du français, défini comme langue de la liberté et de la démocratie. Grégoire contribue également à la fondation de l'Institut et du Conservatoire des Arts et Métiers.
On lui doit l'invention du mot vandalisme, en référence à des Barbares qui saccagèrent Rome en 455. Il emploie ce mot dans un rapport adressé à la Convention le 11 janvier 1794 où il dénonce les destructions intempestives de monuments et d'oeuvres d'art par les armées républicaines. Avec lui émerge donc le concept de protection du patrimoine.
Absent lors du procès de Louis XVI en 1793, Grégoire se prononce pour sa condamnation tout en réclamant l'abolition de la peine capitale.
Après la chute de Robespierre, il devient membre du Conseil des Cinq-Cents (1795-1798) puis du Corps législatif (1800), enfin sénateur (1802). Il se range dans l'opposition libérale sous l'Empire et sous la Restauration. À sa mort, il est interdit de sépulture chrétienne en raison de ses engagements passés !
Maximilien de Robespierre (1758 - 1794)
« Personne n'aime les missionnaires armés. »
Maximilien de Robespierre, ancien député de la Constituante et président du Club révolutionnaire des Jacobins, déclare à la tribune de celui-ci, le 2 janvier 1792 : « La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d'un politique est de croire qu'il suffise à un peuple d'entrer à main armée chez un peuple étranger pour lui faire adopter ses lois et sa Constitution. Personne n'aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c'est de les repousser comme des ennemis. Avant que les effets de notre Révolution se fassent sentir chez les nations étrangères, il faut qu'elle soit consolidée ».
Au même moment, à l'Assemblée législative, de plus en plus de députés songent à une guerre qui consoliderait la monarchie constitutionnelle et diffuserait au-delà des frontières les idées généreuses de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.
Il faudra plus de vingt ans de guerres et environ deux millions de morts avant que les révolutionnaires ne mesurent leur erreur et que ne se vérifient les avertissements prophétiques de Robespierre.
Johann Wolfgang Goethe (1749 - 1832)
« Von hier und heute geht eine neue Epoche der Weltgeschichte aus und Ihr könnt sagen, Ihr seid dabei gewesen ! » (en allemand)
« De ce lieu, de ce jour commence une ère nouvelle de l'histoire du monde, et vous pourrez dire : j'étais là ! » (traduction)
Source : Campagne in Frankreich 1792, publié en 1822
Comme il suivait l'armée du duc de Brunswick aux côtés de son protecteur, le grand-duc de Saxe-Weimar, Goethe a pu assister en direct à la canonnade de Valmy. Si l'on en croit son récit, publié 30 ans après (!), l'illustre poète en aurait de suite perçu la portée politique... Il est permis de douter de sa prescience, si génial soit-il.
Georges Danton (1759 - 1794)
« De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace »
Fils d'un procureur d'Arcis-sur-Aube, en Champagne, Georges Danton devient avocat en 1787 avant de se rallier avec passion au mouvement révolutionnaire. Sa laideur et sa vigueur, sa vénalité aussi, le font surnommer le «Mirabeau de la canaille». C'est à l'été 1792 qu'il se révèle. L'Assemblée législative est réduite à l'impuissance par les menées séditieuses de la Commune insurrectionnelle de Paris... Le pays est menacé d'invasion par les Prussiens et les Autrichiens. Le 21 juillet, un décret proclame «la Patrie en danger». Mais le 10 août 1792, la monarchie est renversée et l'Assemblée législative décide de se saborder et de laisser la place à une assemblée constituante. Entre temps, elle fait entrer Danton au Conseil exécutif (le gouvernement), au poste de ministre de la Justice. Longwy capitule devant les Prussiens le 23 août. La Révolution semble perdue. Le 2 septembre, à Paris, mûs par le désespoir et la haine, des émeutiers commencent à massacrer des malheureux en attente de jugement dans les prisons... Mais le même jour, à la tribune de l'Assemblée, Danton galvanise les énergies et lance : «Tout s'émeut, tout s'ébranle, tout brûle de combattre. Une partie du peuple va se porter aux frontières, une autre va creuser des retranchements et la troisième, avec des piques, défendra l'intérieur des villes (...). Nous demandons que quiconque refusera de servir de sa personne ou de remettre ses armes soit puni de mort (...). Le tocsin qu'on va sonner n'est point un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée». Ce discours (et plus encore peut-être les arrangements secrets de Danton avec le duc de Brunswick, commandant en chef de l'armée ennemie) vont être à l'origine du sursaut de Valmy. Par cette victoire inespérée, la Révolution sera sauvée.








