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• 14 février 1945 : le pacte du Quincy
• 25 mars 2015 : intervention au Yémen
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Moyen-Orient

« Arabie heureuse », Arabie déchirée


La péninsule arabe dessine un quadrilatère de trois millions de kilomètres carrés, entre le golfe Persique, l'océan Indien et la mer Rouge, que les anciens cartographes appelaient golfe Arabique.

Paysage du Yémen (DR)Ses habitants ont en commun la langue arabe. Accoutumés à vivre sous la tente, ils étaient connus des Anciens sous le nom d'Arabes Saracènes (du grec skêné, tente) dont nous avons tiré le mot Sarrasins.

Bien qu'essentiellement désertique, la péninsule a nourri de sa sève humaine les grands foyers de civilisation du Croissant fertile pendant plusieurs millénaires. Par son rôle dans l'islam et dans l'économie du pétrole, elle est aujourd'hui revenue au cœur des enjeux planétaires.

De l'« Arabie heureuse » au Yémen actuel

C'est du mythique royaume de Saba qu'est venue la reine qui séduisit le roi Salomon par sa beauté et ses richesses. Sa capitale subsiste dans les montagnes de l'« Arabie heureuse », l'Arabia Felix des Romains, aujourd'hui appelée Yémen.

Le Yémen fut nominalement soumis à l'empire ottoman pendant les cinq derniers siècles, à l'exception du port d'Aden et de son arrière-pays, que l'Angleterre occupa de 1839 à 1967, en vue de sécuriser la route des Indes.

C'est aujourd'hui une république à laquelle est rattaché le gouvernorat de l'Hadramaout. Cette région désertique, sur l'antique route de l'encens entre l'Arabie et l'Inde, a un climat et des paysages qui rappellent davantage le nord-ouest de l'Inde que l'Arabie. Elle est célèbre pour son riche patrimoine préislamique et ses « Manhattan » des sables (hautes maisons en pisé).

Sif, ville de l'Hadramaout, Yémen (DR)

Le Yémen comme l'Afghanistan !

Le Yémen actuel est un pays presque aussi vaste que la France et très pauvre, peuplé d'environ 25 millions d'habitants, avec une fécondité encore très élevée (4,9 enfants par femme en 2013). Il constitue un agrégat instable de tribus jalouses de leur indépendance, assez semblable de ce point de vue à l'Afghanistan.

Unifié depuis 1990, il souffre de la rivalité entre Sanaa, la capitale historique, située au cœur des montagnes, à 2250 mètres d'altitude, et Aden, le port cosmopolite ouvert sur l'océan Indien.

Cette rivalité est non seulement sociale mais aussi religieuse, car les montagnards, qui représentent la moitié de la population yéménite, appartiennent au zaydisme, une branche de l'islam chiite, tandis que les habitants du littoral sont sunnites comme la grande majorité des autres Arabes.

L'Arabie séoudite, un royaume sorti du néant

Ces Séoudiens sont les héritiers d'un homme d'exception, Abdel Aziz Ibn Séoud, un Bédouin mû par une foi puissante, qui a fait sortir son royaume du néant il y a moins d'un siècle...

Carte de l'Arabie contemporaine (document : Alain Houot, Herodote.net)Le cœur historique de l'Arabie séoudite (ou Arabie saoudite d'après l'anglais Saudian Arabia) est le Nedjd, avec sa capitale Riyad.

Dans le Hasa, sur le golfe Persique, les antiques pêcheries de perles ont laissé place aujourd'hui à l'exploitation pétrolière... et aux bases de l'armée américaine.

Les montagnes du Hedjaz, sur le littoral de la mer Rouge, abritent les lieux saints de l'islam, dans les oasis de Médine, anciennement Yathrib, où sont inhumés le prophète de l'islam et ses proches, et surtout La Mecque.

Au nord et au sud du royaume séoudien s'étendent deux immenses déserts de dunes : le Nefoud et surtout le Roub-al-Khali, aussi vaste que la France.

- Wahhab, le deuxième prophète de l'islam arabe

Après que les cavaliers musulmans se sont lancés à la conquête du monde, aux VIIe et VIIIe siècles, la péninsule arabe est retournée au silence.

C'est un nouveau prophète qui réveille l'Arabie au XVIIIe siècle. Mohammed Ibn Abdel Wahhab naît vers 1696 dans le Nedjd, au centre de la péninsule.

Ayant étudié à La Mecque, Bassora et Bagdad, il adhère à la doctrine d'Ahmed ibn Hanbal, un théologien mort en 855 qui préconisait le retour à l'islam des origines, exclusivement fondé sur le Coran et les hadith, les traditions enseignées par les compagnons du Prophète et leurs successeurs immédiats (en arabe, salaf, « ancêtres »).

Le salafisme hérité de Hanbal proscrit donc toutes les innovations postérieures. Il condamne bien évidemment l'alcool, le luxe, la gaudriole... mais aussi le recours à l'intercession des saints et marabouts et tout ce qui s'apparente à une glorification de l'homme, y compris l'expression artistique et les monuments patrimoniaux. Il dénie aux chiites la qualité de musulman.

En 1749, Wahab se place sous la protection d'un chef de Bédouins nedjis, Mohammed Ibn Séoud, et lui offre sa fille afin de sceller leur alliance.

Très vite, le guerrier et son fils Abdel Aziz, qui lui succède en 1765, font l'unité du Nedjd autour d'eux et convainquent les tribus d'embrasser le wahhabisme. En 1803, le petit-fils d'Ibn Séoud et Wahhab prend la suite. Il se proclame émir du Nedjd et imam des Wahhabites et restera dans l'Histoire sous le nom de Séoud le Grand.

- Abdel Aziz Ibn Séoud, le fondateur de la puissance séoudienne

Le 10 janvier 1815, les Wahhabites sont vaincus par les Égyptiens et le fils et successeur de Séoud le Grand conduit à Constantinople pour y être exécuté. Ainsi prend fin la première tentative d'unification de l'Arabie.

Les survivants de la famille de Séoud s'établissent dans l'oasis de Riyad. Là naît en 1876 ou un peu plus tard Abdel Aziz, lointain descendant du premier Ibn Séoud et de son associé Wahhab.

Au terme d'une succession de guerres impitoyables et meurtrières, il va restaurer le royaume de son ancêtre et relever son nom, devenant pour la postérité Ibn Séoud, roi d'Arabie séoudite.

Vue de Riyad (Arabie séoudite)

Une prospérité fragile

La plus grande partie de la péninsule arabe est aujourd'hui sous la souveraineté de la dynastie séoudite, autrement dit des fils d'Ibn Séoud qui se succèdent sur le trône depuis la mort de leur père, le 9 novembre 1953. Le 22 janvier 2015, le prince Salman (79 ans) succède ainsi à son demi-frère Abdallah, mort à 91 ans.

Le royaume s'étend sur deux millions de km2 et compte 30 millions d'habitants (2014) mais son influence sur la scène mondiale est sans rapport avec sa taille modeste, parce qu'il inclut les villes saintes de l'islam et surtout possède dans le Hasa les plus importantes réserves mondiales de pétrole.


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Publié ou mis à jour le : 2015-11-23 17:55:15

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Voir les 7 commentaires sur cet article

Armenaubar (23-04-201506:10:45)

La famille régnante est si peu assurée de durer que tous ses membres ont mis leur fortune à l'étranger où ils sont prêts à déguerpir en cas de révolte chiite ou populaire. C'est une dynastie en sursis. Par contre, l'islamisme sous toutes ses nuances y prospérera longtemps. Avec une virulence d'autant plus forte que le pétrole abondera.
Et il ne m'apparaît pas impossible que le Royaume éclate en deux morceaux, avec une partie chiite qui proclamerait son indépendance en s'emparant des gise... Lire la suite

Aude (22-04-201521:07:35)

Passionnant article, merci énormément. Extrêmement instructif et bien fait.

Aude (22-04-201521:07:20)

Passionnant article, merci énormément. Extrêmement instructif et bien fait.

Gilles (20-04-201520:43:31)

Excellent et passionnant rappel historique qui explique l'impasse totale des pays arabes et qui n'augure rien de bon si une ONU digne de ce nom n'arrive à y mettre un terme.
Merci

Anonyme (11-04-201517:53:25)

excellent article à mettre en regard de l'actualité de l'IRAN
texte pédagogique au plus haut point
rien de bon , en effet pour les années à venir (cf Jacques )

hacene (09-04-201516:46:06)

Le Roi Salman a manque de sagesse de ses aieux.il a entame le debut de la fin du royaume Wahabite.S'attaquer aux Chiites qui represente 50% de sa population c'est faire preuve de bon sens.Les Chiites font partie du monde musulman,Quoiqu'on pense .


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