Toute l'Histoire en un clic
Herodote Facebook Herodote Twitter Herodote Youtube
Ami d'Herodote.net
>> 8 septembre 1978

Vous avez accès à
un dossier complet
autour de ce sujet :

Toute l'Histoire en un clic
Publicité

8 septembre 1978

«Vendredi noir» à Téhéran


Le 8 septembre 1978, des manifestants, parmi lesquels beaucoup d'étudiants, se rassemblent sur la place Jaleh, à Téhéran, pour un défilé. L'armée ouvre le feu sur la foule, faisant de nombreuses victimes. Après ce «vendredi noir», le chah (empereur d'Iran) ne contrôle plus la situation dans son pays. C'est le début de la Révolution islamique et la fin de la dynastie des Pahlavi, au pouvoir en Iran depuis 1921.

Le modèle occidental mis en échec

Après que les Anglais eurent contraint le fondateur de la dynastie, Réza chah Pahlévi, d'abdiquer le 16 septembre 1941, son fils et successeur Mohammed Réza Pahlévi a poursuivi sa politique de modernisation à marches forcées, s'appuyant sur l'armée, un fort appareil bureaucratique et une redoutable police politique, la Savak.

Réforme agraire, modernisation des infrastructures et droit de vote pour les femmes constituent les principaux traits de sa «Révolution blanche». Depuis l'éviction de Mossadegh, la coopération militaire du régime avec les États-Unis est par ailleurs très soutenue.

La «cour» qui entoure le chah et les cadres de l'armée sont les premiers bénéficiaires de cette politique volontariste, tandis qu'une grande partie de la société reste réfractaire aux réformes, imposées d'en haut. Ce mécontentement s'inscrit dans le contexte d'un renouveau théologique du chiisme, qui prône un plus grand engagement militant du clergé, et de l'émergence de la figure de l'ayatollah Ruhollah Khomeiny, qui critique violemment la Révolution blanche. Condamné à mort mais gracié par le chah, il doit partir en exil en Turquie, puis en Irak.

Vers la révolution islamique

L'irritation à l'égard de la corruption du régime, des inégalités sociales et de la pression exercée par la Savak sur les opposants s'accroît après le choc pétrolier de 1973. En 1977, l'intelligentsia iranienne lance une campagne pour demander le respect des libertés fondamentales.

En janvier 1978 ont lieu les premières manifestations de religieux contre la Savak, qui avait critiqué l'ayatollah Khomeiny dans un article de journal. Elles sont réprimées mais prennent rapidement de l'ampleur, s'étendant des classes moyennes aux classes populaires.

Le 7 septembre 1978, à Téhéran, la foule réclame pour la première fois le départ du chah. Le soir même, la loi martiale est décrétée dans 11 villes du pays. C'est alors que survient le drame du «vendredi noir». Une grève générale paralyse l'économie. Les manifestations se poursuivent sans discontinuer. Affaibli par le désengagement des États-Unis, le chah réagit de façon désordonnée, amnistiant des prisonniers politiques, parmi lesquels des leaders religieux, et promettant des élections libres mais étendant également la loi martiale. Le 16 janvier 1979, il part en exil en Égypte.

Le 1er février, l'ayatollah Khomeiny rentre en Iran et est acclamé par la foule. Après deux jours d'affrontement entre les forces militaires restées fidèles au chah et les mouvements d'opposition, la victoire de l'opposition est totale. Khomeiny nomme un gouvernement provisoire modéré. De nombreux responsables civils et militaires du régime des Pahlavi sont exécutés.

En marge du gouvernement civil, les comités de la révolution, créés dans les mosquées, le Conseil de la révolution et l'ayatollah Khomeyni concentrent la majorité des pouvoirs. Khomeyni donne aux religieux éclairés mission de guider le pays dans l'attente de l'«imam caché». Cette mission est confiée à un Conseil des experts de 80 religieux et un «Guide Suprême» : l'ayatollah lui-même et, depuis sa disparition, le 3 juin 1989, l'ayatollah Ali Khamenei. C'est une rupture décisive avec la tradition chiite qui prône la séparation de la sphère politique et de la sphère religieuse. 

Le 1er avril 1979 la création d'une République islamique est approuvée à 98% par référendum. 

Version intégrale pour les amis d

Publié ou mis à jour le : 2016-01-20 09:19:02

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

piesti (19-05-201715:20:40)

"Pas une année de plus !" dix ans en prison pour n'avoir rien fait, ça suffit !…

https://www.youtube.com/watch?v=CvsrzbvG62c

Seyam (24-10-201314:45:06)

Khatami n'est pas conservateur mais reformateur. A corriger

Jean-Claude PETERS (14-06-201317:56:45)

Corriger: gendarme du Golfe....

Amicalement.


Les Amis d'Herodote.net peuvent envoyer un commentaire sur cet article.

Suivez Herodote.net sur twitter
Offrez-vous quelques minutes d'évasion
avec Les Chroniques d'Herodote.net

Adhérez aux Amis d'Herodote.net

À quand remonte l'expression « France » ?

Réponse
Publicité