Georges Clemenceau (1841 - 1929) - On l'appelait «le Tigre» - Herodote.net

Georges Clemenceau (1841 - 1929)

On l'appelait «le Tigre»

Fils d'un médecin vendéen, Georges Clemenceau (*) est la principale personnalité des débuts de la IIIe République.

Lui-même médecin, il « monte » à Paris où, après la défaite de Sedan, il est nommé maire de Montmartre par le gouvernement de la Défense nationale, en septembre 1870. Le 18 mars 1871, il assiste, impuissant, au massacre des généraux Lecomte et Clément Thomas, massacre d'où va sortir la Commune.

Clemenceau au format pdf

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Un leader radical

Georges Clemenceau, par Edouard Manet (1879, huile sur toile, 95x74cm, musée d'Orsay)Sous la IIIe République, en 1876, il est élu député de Paris et, grâce à ses talents d'orateur, prend la tête des députés de la gauche que l'on dit « intransigeante » ou « radicale »

Contestataire-né, il combat l'influence de l'Église catholique et dénonce les conquêtes coloniales, qui ont le tort à son sens de détourner les Français de la seule cause qui vaille : la revanche sur l'Allemagne.

Mais il s'en tient longtemps à un rôle d'opposant qui lui vaut le surnom de « tombeur de ministères ». Ainsi combat-il avec succès les gouvernements « opportunistes » de Jules Ferry.

Évincé de la politique par le scandale de Panama, il revient en grâce avec l'Affaire Dreyfus. Il apporte son soutien à Émile Zola et s'engage résolument dans le camp dreyfusard.

Le 13 mars 1906, à 65 ans, le « tombeur de ministères » accède pour la première fois à un poste ministériel, à l'Intérieur. Il est mis à l'épreuve en réprimant sans ménagement les grèves de mineurs consécutives à la catastrophe de Courrières du 10 mars 1906. Son action en matière policière lui vaut aussi le surnom de « Tigre ». 

Sept mois plus tard, Clemenceau forme enfin l'un des plus longs ministères de la IIIe République, du 18 octobre 1906 au 20 juillet 1909. Le président du Conseil confirme son sens particulier du dialogue social lors des manifestations de vignerons languedociens.

Il mène aussi à son terme la séparation des Églises et de l'État avec Aristique Briand, ministre de l'instruction publique et des Cultes. Son ministre des Finances, Joseph Caillaux, qui deviendra son ennemi inexpiable, propose l'impôt progressif sur le revenu. 

Jusqu'au-boutiste

De retour dans l'opposition, pendant les années dramatiques de la « Belle Époque » qui précèdent la Grande Guerre, Clemenceau s'affirme comme un revanchard et un va-t-en-guerre déterminé. Peu après la déclaration de guerre, son journal L'Homme libre devient L'Homme enchaîné, en guise de protestation contre la censure, et multiplie les attaques verbales contre le gouvernement et l'état-major.

Mais du fait de sa détermination à poursuivre la guerre jusqu'à la victoire totale, il est appelé à la tête du gouvernement par son vieil ennemi, le président Raymond Poincaré. Il rassemble alors toutes les énergies du pays en vue de la victoire et y gagne un nouveau surnom : « Père de la Victoire ». Avec affection, les poilus qui combattent dans les tranchées l'appellent plus simplement « Le Vieux ».

Il fait aussi traduire en justice les partisans d'une paix de compromis, tel Joseph Caillaux, et torpille une négociation secrète engagée par l'empereur d'Autriche.

Lors des négociations du traité de paix de Versailles, Clemenceau fait en sorte de punir l'Allemagne pour sa déclaration de guerre et les destructions causées sur le sol national. Pas plus que les autres chefs alliés, il ne peut empêcher l'éclatement de l'Autriche-Hongrie en une myriade de petits États vindicatifs et indéfendables qui se révèleront des proies idéales pour le IIIe Reich hitlérien.

 Passée la guerre, Georges Clemenceau est élu par acclamation à l'Académie française et reste à la tête du gouvernement jusqu'au 18 janvier 1920.

Publié ou mis à jour le : 2017-02-15 18:34:06

 
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