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31 mars 1905 - 1er juillet 1911

Du «coup de Tanger» au «coup d'Agadir»


Le 31 mars 1905 survient le «coup de Tanger». Cette initiative intempestive de l'empereur d'Allemagne Guillaume II va précipiter la mainmise de la France sur le sultanat du Maroc.

Quelques années plus tard, à l'été 1911, Français et Allemands vont relancer leur différend autour du Maroc jusqu'à placer l'Europe au bord d'une conflagration générale. Il faudra tout le doigté du président du Conseil Joseph Caillaux pour écarter la catastrophe.

Un sultanat convoité

Depuis qu'elle a entrepris de coloniser l'Algérie, la France se préoccupe de la sécurité des confins algéro-marocains et lorgne sur le sultanat voisin, l'un des derniers pays indépendants d'Afrique, qui a préservé son indépendance contre vents et marées pendant douze siècles.

En concluant en 1904 l'Entente cordiale, la Grande-Bretagne accepte le principe d'un protectorat français sur le Maroc.  Mais l'empereur allemand Guillaume II ne l'entend pas de cette oreille. Il débarque théâtralement à Tanger, au nord du sultanat, traverse la ville à cheval, à la tête d'un imposant cortège, et va à la rencontre du sultan Abd-ul-Aziz pour l'assurer de son appui face aux menaces françaises !

Guillaume II à Tanger

Recherche du compromis à Algésiras

Ce «coup de Tanger» entraîne une poussée de germanophobie en France et la démission du ministre français des Affaires étrangères, Théophile Delcassé. Il débouche aussi sur la réunion l'année suivante, du 16 janvier au 7 avril 1906, d'une conférence internationale à Algésiras, au sud de l'Espagne.

La conférence confirme l'indépendance du Maroc (indépendance qui ressemble plutôt à une mise sous tutelle internationale) et rappelle le droit d'accès de toutes les entreprises occidentales à son marché...

Mais au grand dam de Guillaume II, elle établit aussi implicitement des «droits» particuliers de la France sur l'empire chérifien : c'est ainsi que la France et l'Espagne se voient confier la police des ports marocains et un Français est chargé de présider la Banque d'État du Maroc...

Pénétration française

Hubert Lyautey (1854-1934)En 1907, le général Hubert Lyautey occupe Oujda, une grande ville proche de la frontière avec l'Algérie.

Là-dessus, le massacre d'ouvriers européens dans le grand port de Casablanca détermine l'envoi d'un corps de troupes qui occupe le port et la région voisine de la Chaouia sous le commandement du général Drude.

Le Maroc revient au coeur de la rivalité franco-allemande en septembre 1908, quand la police française arrête à Casablanca des soldats de la Légion étrangère que les agents consulaires allemands ont aidé à déserter.

Berlin et Paris comprennent malgré tout qu'il est de leur intérêt commun de calmer le jeu.

Les deux puissances concluent le 9 février 1909 un accord économique qui prévoit une association dans toutes les entreprises marocaines qui leur tomberaient entre les mains.

Là-dessus, le faible sultan Abd-ul-Aziz est renversé par son frère Moulay Hafiz. Mais les tribus berbères du Moyen Atlas viennent à son secours et assiègent l'usurpateur dans Fès... Moulay Hafiz appelle à son aide les Français, qui ne se font pas prier. C'est ainsi qu'en avril 1911, une armée occupe les villes impériales de Rabat, sur la côte atlantique, Fès et Meknès dans le Moyen Atlas.

L'«incident d'Agadir»

L'Allemagne voit à juste titre dans cette intervention une violation des accords signés à Algésiras cinq ans plus tôt. Le 1er juillet 1911, elle dirige la canonnière Panther vers Agadir pour signifier à la France qu'elle n'a pas tous les droits au Maroc.

À Paris, l'opinion se déchaîne aussitôt contre l'Allemagne. Les diplomates et l'état-major se montrent prêts à l'affrontement. À Londres, une bonne partie du gouvernement prend fait et cause pour Paris.

La Grande Guerre, que d'aucuns espèrent, va-t-elle éclater sur ce futile différend ?

Heureusement, le président du Conseil français Joseph Caillaux est à juste titre convaincu qu'une guerre entraînerait la ruine de l'Europe. Il résiste à toutes les pressions et négocie en secret avec les Allemands.

Il s'ensuit un traité franco-allemand le 4 novembre 1911, avec une cession de territoires, en Afrique équatoriale, du Congo, colonie française, au Cameroun, colonie allemande. L'Allemagne concède en contrepartie à la France une entière liberté d'action au Maroc.

Ce traité d'apaisement est ressenti de part et d'autre comme une lâche concession à l'ennemi et Joseph Caillaux doit céder le pouvoir le 11 janvier suivant à Raymond Poincaré.

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Publié ou mis à jour le : 2013-09-02 15:19:28

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

PENELOPE (27-03-201210:06:24)

On a dressé à Paris un très beau monument à George CLEMENCEAU ...Mais je me demande parfois si ce dernier était si bien que ça ..


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