Citations et Mots d'Histoire

Apogée de l'Europe

Henry Morton Stanley    (1841 - 1904)

« Dr. Livingstone, I presume ? » (en )
« Vous êtes sans doute le Dr Livingstone ? » (traduction)

Apostrophe laconique de Henry Morton Stanley à l'adresse de David Livinstone, le 10 novembre 1871, à Ujiji, un petit village de la rive orientale du lac Tanganyika. Le missionnaire David Livingstone (1813-1873), qui explorait l'Afrique orientale, n'avait pas rencontré d'Européen depuis plus de cinq ans et passait pour disparu... quand il fut retrouvé par Stanley, de son vrai nom John Rowlands.


Thomas Alva Edison    (1847 - 1931)

« What good is a newborn baby ? » (en anglais)
« À quoi sert un bébé ? » (traduction)

C'est la réponse qu'aurait faite le célèbre inventeur (ou peut-être Benjamin Franklin, un autre inventeur aussi célèbre) à quelqu'un qui lui demandait à quoi pouvaient servir ses travaux. Belle formule pleine d'humilité. Elle exprime la similitude entre le don de la vie et la création intellectuelle ou artistique. Dans tous les cas, le fruit de la création échappe à ses géniteurs et suit sa propre voie, généralement imprévisible.


Léon Gambetta    (1838 - 1882)

« Il n'y a pas de question sociale »

Ce mot de Léon Gambetta, républicain de gauche au verbe tonitruant, a été prononcé en 1871, peu après l'écrasement sanglant de la Commune par les républicains portés au pouvoir par la défaite de Sedan. Il est vrai que la IIIe République ne s'est guère préoccupée des questions sociales et de la condition ouvrière de sa naissance, en 1871, à l'avènement du Front Populaire, en 1936.


Jules Ferry    (1832 - 1893)

« Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures »

Au début des années 1880, comme président du Conseil, Jules Ferry se fait le promoteur de l'expansion coloniale de la France... Le 28 juillet 1885, redevenu simple député, il défend dans les termes ci-dessus à la Chambre une demande de crédit du gouvernement pour une expédition à Madagascar.

Son discours, qui nous paraît aujourd'hui surprenant, est représentatif de la pensée progressiste de l'époque. Il n'y a guère pour le contredire que les droites libérale, royaliste et nationaliste ainsi que quelques électrons libres comme le chef du parti radical (extrême-gauche) Georges Clemenceau, qui réplique avec brio le 31 juillet 1885 au discours ci-dessus (note).


Ernest Renan    (1823 - 1892)

« L'oubli, et je dirai même l'erreur historique sont un facteur essentiel de la création d'une nation, et c'est ainsi que le progrès des études historiques est souvent pour la nationalité un danger... »
Source : conférence prononcée le 11 mars 1882 à la Sorbonne, à Paris

Affecté par la défaite de 1870, Ernest Renan se rallie en 1877 à la IIIe République dont il devient avec Victor Hugo l'une des gloires tutélaires. Il se fait le chantre d'une France idéale et quelque peu irréelle, débarrassée de ses doutes et de ses conflits. Il dénonce la vision qui a cours en Allemagne d'une nation fondée sur les liens du sang et de la langue. Lui-même présente la nation comme un «plébiscite de tous les jours» fondé sur le «culte des ancêtres», «la possession en commun d'un riche legs de souvenirs» et «la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis». Les Français de son époque pouvaient se reconnaître dans cette définition. Ernest Renan (1823-1892)Encensé par la gauche républicaine et laïque, Renan participe par son oeuvre intellectuelle à la poussée nationaliste qui a conduit l'Europe à la tragédie de la Grande Guerre de 1914-1918. Ernest Renan publie sur la fin de sa vie des réflexions sur sa jeunesse (Souvenirs d'enfance et de jeunesse, 1883). Sa personnalité originale combine une sensibilité de poète avec une rigueur de positiviste et un humour de philosophe.


Joseph Chamberlain    (1836 - 1914)

« Je crois que la race britannique est la plus grande des races impériales que le monde ait connues »

Joseph Chamberlain, ministre des colonies du Royaume-Uni, déclare devant les Communes, en 1895 : «En premier lieu je crois en l'Empire britannique, et en second lieu je crois en la race britannique. Je crois que la race britannique est la plus grande des races impériales que le monde ait connues. Je dis cela non comme une vaine vantardise, mais comme une chose prouvée à l'évidence par les succès que nous avons remporté en administrant les vastes possessions reliées à ces petites îles, et je crois donc qu'il n'existe pas de limite à son avenir». A cette époque-là, il est vrai, tout sourie à la reine Victoria et aux responsables de l'Empire britannique. Celui-ci pèse dans le monde autant que les États-Unis aujourd'hui, d'un point de vue économique, politique et également démographique (environ 1 homme sur 20 est alors britannique, de même qu'aujourd'hui, 1 homme sur 20 est américain). Pourtant, déjà à l'horizon pointent les orages du XXe siècle : soulèvement des Boers d'Afrique du sud, concurrence militaire et économique de l'Allemagne... Le déclin est proche.

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