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Citations et Mots d'Histoire

Renaissance et Réforme

Henri III    (1551 - 1589)

« Mon Dieu, qu'il est grand ! Il paraît même plus grand mort que vivant ! »

Réflexion prêtée au roi de France Henri III, devant le cadavre de son ennemi, le duc Henri de Guise, qu'il a fait assassiner.

Troisième fils du roi Henri II et de Catherine de Médicis, Henri III est le dernier roi de France de la dynastie des Valois, une branche cadette des Capétiens. Sous le règne de son frère Charles IX, il porte le titre de duc d'Anjou et se fait appeler Monsieur. Il s'illustre dans les premières guerres de religion puis se fait élire roi de Pologne en 1573 grâce aux intrigues de sa mère.

Mais, dès l'année suivante, la mort de son frère le ramène en France et il prend alors le titre de roi de France et de Pologne (bien que les Polonais aient choisi un autre roi).

Sans enfant mâle pour lui succéder, il accepte pour successeur éventuel son cousin Henri, roi de Navarre et protestant. Cela lui vaut la haine de la Ligue catholique et de son chef, le duc Henri de Guise, dit le Balafré. Obligé de fuir sa capitale, il feint de se réconcilier avec la Ligue et appelle le duc à ses côtés au château de Blois. C'est là, dans sa propre chambre, qu'il le fait assassiner le 23 décembre 1588.

Henri III sera lui-même poignardé l'année suivante, de même que le sera son successeur Henri IV et que le fut le père de sa victime, François de Guise. -


Henri IV    (1553 - 1610)

« Ralliez-vous à mon panache blanc, vous le trouverez toujours au chemin de l'honneur et de la victoire ! »

Ces mots quelque peu grandiloquents auraient été prononcés par le roi de France Henri IV au cours de la bataille d'Ivry. Ce jour-là, le 14 mars 1590, le roi affronte victorieusement une armée catholique guidée par le duc de Mayenne, de la famille des Guise, lesquels ne veulent à aucun prix pour la France d'un roi protestant.

Avant la bataille, le truculent Béarnais aurait ainsi harangué ses troupes : «Mes compagnons, Dieu est pour nous ! Voici ses ennemis et les nôtres ! Voici votre roi (...). Si vous perdez vos enseignes, cornettes ou guidons, ne perdez point de vue mon panache, vous le trouverez toujours au chemin de l'honneur et de la victoire...»

Ce casque à panache, orné de grandes plumes, ainsi que d'une améthyste et de perles, allait effectivement conduire le roi à la victoire et le faire entrer dans la légende... Mais la chronique ne dit pas qu'il fut blanc. Au XIXe siècle, les hagiographes feront le rapprochement entre ce panache et l'écharpe blanche dont s'étaient dotés Henri de Navarre et ses compagnons protestants à la bataille de Coutras.

La légende veut que ce soit la «Grande Corisande», Diane d'Andoins, maîtresse du roi de Navarre, qui ait suggéré à celui-ci ce signe de reconnaissance. Le blanc, sans doute choisi pour s'opposer au rouge, couleur des troupes espagnoles et catholiques, ou par référence à une forme de pureté évangélique, va ainsi devenir la couleur du clan protestant, puis, quand Henri montera sur le trône, l'une des couleurs de référence de la monarchie française !


« Paris vaut bien une messe »

Henri IVLe roi protestant Henri de Navarre devient, sous le nom d'Henri IV, l'héritier légitime du trône de France après l'assassinat de son cousin, le roi Henri III en 1589. Mais la majorité catholique du royaume s'oppose les armes à la main à son intronisation et il comprend qu'aussi nombreuses que soient ses victoires, elles ne lui permettront jamais de se rallier le peuple s'il continue de s'en distinguer par la religion.

Sur les conseils de son ami Sully, lui-même protestant, il décide de se convertir à la religion dominante. C'est ainsi que le 25 juillet 1593, Henri abjure le protestantisme et demande à devenir catholique devant la basilique de Saint-Denis.

L'Histoire résume son choix par la formule ci-dessus, un tantinet cynique. On la prête tantôt à Henri, tantôt à Sully, mais elle est plus vraisemblablement apocryphe (le maréchal Pétain, républicain agnostique, a tenu une réflexion similaire beaucoup plus tard).

L'année suivante, Henri peut enfin se faire sacrer roi à Chartres (la ville traditionnelle du sacre, Reims, étant aux mains des Ligueurs catholiques). Quelques semaines plus tard, il rentre triomphalement à Paris, sa capitale. -


« Je ferai qu’il n’y aura point de laboureur en mon Royaume qui n’ait moyen d’avoir une poule dans son pot. »

Le roi de France Henri IV, assassiné au terme d'un règne épique et rude, s'est acquis une immense popularité posthume. Ainsi lui prête-t-on le vœu que les paysans de son royaume puissent s'offrir régulièrement une poule au pot, en témoignage de la paix et de la prospérité retrouvées.

Cette belle légende remonte à L’Histoire d’Henri le Grand, une biographie rédigée en 1661 par Hardouin de Perefixe, archevêque de Paris, pour l'édification de son illustre élève, le jeune roi Louis XIV, petit-fils d'Henri IV !

La poule au pot est évoquée par le prélat lors d'une conversation au jeu de paume entre Henri IV et le duc de Savoie :
Le Duc lui dit qu’il ne pouvait assez admirer la beauté et l’opulence de la France, et demanda à sa Majesté ce qu’elle lui valait de revenu. Ce Prince généreux et prompt en ses réparties lui répondit, «Elle me vaut ce que je veux».
Le Duc trouvant cette réponse vague, le voulut presser de lui dire ce que la France lui valait. Le Roi répliqua, «Oui, ce que je veux, parce qu’ayant le cœur de mon peuple, j’en aurai ce que je voudrai, et si Dieu me donne encore de la vie, je ferai qu’il n’y aura point de laboureur en mon Royaume qui n’ait moyen d’avoir une poule dans son pot»...

Par cette anecdote, le précepteur de Louis XIV suggère à son élève de bien traiter son peuple et en particulier ses laboureurs, autrement dit les plus aisés des paysans, assez riches pour posséder un attelage ou un cheval.

Hardouin de Péréfixe est à l'origine de quelques autres «légendes dorées» autour du futur Henri IV, comme celle selon laquelle le grand-père Henri II de Navarre aurait frotté les lèvres du nouveau-né avec une gousse d'ail et les aurait humecté avec du vin de Jurançon, lors de sa naissance au château de Pau, le 13 décembre 1553.


Galilée    (1564 - 1642)

« Eppur si muove ! » (en italien)
« Et pourtant, elle tourne ! » (traduction)

Ces mots de dépit auraient été lâchés entre ses dents par l'astronome Galileo Galilei (69 ans) après qu'il eut rétracté ses thèses sur la rotation de la Terre devant la Sacrée Congrégation de l'Inquisition romaine et universelle, le 12 avril 1633, dans le couvent Santa Maria de Rome...


René Descartes    (1596 - 1650)

« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée... »

 René Descartes, par Frans Hals (1640)Le 8 juin 1637 paraît à La Haye (Provinces-Unies) un opuscule en français intitulé Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences. Cet ouvrage de René Descartes marque la naissance de la philosophie moderne. Le Discours commence par la citation de tête, devenue proverbiale, où le bon sens doit être compris comme la faculté de penser et raisonner clairement... sous réserve de procéder avec méthode. Voici la citation intégrale : «Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ; car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. En quoi il n'est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices, aussi bien que des plus grandes vertus ; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup davantage, s'ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent et qui s'en éloignent». -

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