René Descartes (1596 - 1650)
« Cogito ergo sum » (en latin)
« Je pense, donc je suis. » (traduction)
Avec Descartes et le Discours de la Méthode, l'argument d'autorité cède la place au doute et à la méthode. Mais celle-ci est rendue possible par la certitude que chacun possède la capacité de penser le vrai. En d'autres termes, on ne peut avoir la capacité de douter de toutes choses de façon constructive que si l'on ne doute pas de sa propre capacité à douter ! Ce que Descartes exprime dans la quatrième partie du Discours de la Méthode en une formule célébrissime : «Je pense, donc je suis» (souvent transcrite en latin : Cogito ergo sum). -
Sully (1560 - 1641)
« Les labourage et pastourage sont les deux mamelles dont la France est alimentée et les vraies mines et trésors du Pérou »
Compagnon d'enfance du futur Henri IV, Maximilien de Béthune met ses talents à son service sans jamais renoncer à sa foi protestante. Gestionnaire rigoureux, il redresse avec brio les finances du royaume, ruiné par les guerres de religion, au point que le budget retrouve l'équilibre dès 1604. En 1606, il devient duc de Sully et pair de France après le rachat du château de Sully-sur-Loire et des terres environnantes. C'est désormais sous ce nom qu'il restera dans la postérité.
Attaché aux traditions agricoles et dédaigneux de l'industrie, Sully encourage les recherches menées par Olivier de Serres. Ce dernier est connu pour avoir publié en 1600 le premier ouvrage d'agronomie scientifique : Théâtre d'agriculture et mesnage des champs.
Les convictions de Sully sont condensées dans la phrase ci-dessus, qui a été abondamment exploitée à la fin du XIXe siècle pour justifier le retard industriel du pays. On pourrait multiplier les citations de penseurs et dirigeants français qui, à l'image de Sully, ont exalté le côté rural de leur pays : «L'industrie ne fait qu'affaiblir la moralité nationale. Il faut que la France soit agricole» (Talleyrand), «La terre, elle, ne ment pas» (Pétain). Notons que le Maréchal Pétain prit prétexte en 1941 du tricentenaire de la mort du ministre pour légitimer sa propre politique de retour à la terre. -
Henri de Turenne (1611 - 1675)
« Tu trembles, carcasse ? Tu tremblerais bien davantage si tu savais où je te mènerai tout à l'heure. »
Cette formule pleine de panache est attribuée à Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, l'un des plus grands chefs de guerre qu'ait eu la France. Sa bravoure, son aptitude au commandement et son sens de la stratégie lui valurent de recevoir en 1643, à 32 ans, la dignité de Maréchal de France puis en 1660, celle, très rare, de maréchal général.
Il est tué d'un boulet de canon lors d'un nouvel engagement à Sasbach (ou Salzbach) le 27 juillet 1675. Le comte Montecuccoli, qui commande les troupes autrichiennes, se serait alors écrié : «Il est mort aujourd'hui un homme qui faisait honneur à l'homme!».
Axel Oxenstierna (1583 - 1654)
« An nescis, mi fili, quantilla sapientia mundus regatur ? » (en latin)
« Ne sais-tu pas, mon fils, avec combien peu de sagesse on mène le monde ? » (traduction)
Formule attribuée au chancelier-comte Axel Oxenstierna, dont le fils allait représenter la Suède aux pourparlers de Westphalie qui conclurent la Guerre de Trente ans (1648).
Charles Ier Stuart (1600 - 1649)
« Remember ! » (en anglais)
« Souvenez-vous ! » (traduction)
Charles Ier Stuart monte sur les trônes d'Angleterre et d'Écosse en 1625 dans un grand élan populaire. Fort épris de la reine, Henriette de France, fille d'Henri IV, et désireux de gouverner sans partage, il s'appuie sur quelques Grands et prétend se passer du Parlement.
Après l'assassinat de son favori, le duc de Buckingham (1628), il gouverne avec l'appui de Lord Stafford jusqu'en 1640. L'irrédentisme écossais oblige finalement le roi à convoquer le Parlement où Cromwell, chef des Puritains, exerce une grande influence.
Lord Stafford est condamné pour haute trahison et exécuté au désespoir du roi. Chassé de Londres, celui-ci lève alors une armée de fidèles et tente d'imposer son pouvoir par la force. Cromwell, à la tête de son armée de « Têtes rondes », s'assure de sa personne et le fait condamner, puis décapiter devant le palais de Whitehall le 9 février 1649 (30 janvier selon le calendrier grégorien).
À un témoin qui tâte le tranchant, le roi aurait dit : « Ne gâtez pas la hache, elle pourrait me faire plus mal ! », puis à l'évêque Juxon, en lui tendant son médaillon de Saint Georges : « Remember ! ». Cette parole d'interprétation hasardeuse s'est transmise comme une relique.
Olivier Cromwell (1599 - 1658)
« No one rises so high as he who knows not whither he is going. » (en anglais)
« Nul n'atteint si haut que celui qui ignore jusqu'où il va. » (traduction)
Source : Mémoires du cardinal de Retz
Lord-Protecteur du Commonwealth d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande après la défaite du roi Charles 1er, Cromwell gouverna sans partage le pays, faisant preuve de pragmatisme dans ses choix politiques. Il réprima avec une extrême violence les séditions irlandaise et écossaise.








