Jésus-Christ (6 avant JC - 33)
« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Source : Évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc (20, 24-26)
Ce dialogue extrait de l'Évangile selon Saint Luc (20, 24-26) est essentiel à la compréhension des relations entre l'Église et la société civile. Il définit en effet en une phrase le principe de séparation du spirituel et du séculier, ou laïcité).
On peut aussi retenir cet autre passage de Saint Luc (12, 13-21) :
Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus : «Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage.» Jésus lui répondit : «Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ?» Jésus réitère la distinction entre la sphère spirituelle et la sphère terrestre lorsqu'il déclare au gouverneur romain Pilate : «Ma royauté n'est pas de ce monde. Si ma royauté était de ce monde, mes gardes auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais ma royauté, maintenant, n'est pas d'ici.» (Évangile selon Saint Jean, 18, 36).
La laïcité s'est mise en place peu à peu en Europe occidentale à mesure que se sont formés les États modernes. En France, le processus a débuté avec les premiers Capétiens et a abouti avec la loi de séparation des Églises et de l'État.
Augustin (354 - 430)
« Tolle, lege, tolle, lege ! » (en latin)
« Prends et lis ! Prends et lis ! » (traduction)
Saint Augustin raconte dans ses Confessions qu'à l'âge de 32 ans, jeune homme doué pour la science et également pour la débauche, il était accablé de doutes dans le jardin de sa maison de Milan.
Il entendit alors les paroles ci-dessus, chantées par un enfant du jardin voisin. Jetant les yeux sur un livre que tenait ouvert son ami Alype, il lut une lettre de Saint Paul aux Romains : «Vivons honnêtement, comme en plein jour, sans goinfreries ni beuveries,... Comme on s'habille d'un nouvel habit, revêtons-nous du Christ et ne nous soucions pas ainsi de notre corps».
Cela décida de sa conversion. Il fut baptisé, quelques mois plus tard, par l'évêque de Milan, Ambroise. -
« À Rome, fais comme les Romains »
Augustin aurait un jour demandé à Ambroise si le repos hebdomadaire devait se célébrer le samedi comme à Milan ou le dimanche comme à Rome. Il s'attira cette réponse devenue proverbiale. Retenons enfin d'Augustin cette belle sentence extraite de son oeuvre : «La mesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure».....
Théodora (500 - 548)
« La pourpre est un beau linceul pour mourir »
Le 18 janvier 532, à Constantinople, des émeutiers se dirigent de l'Hippodrome vers le palais où réside l'empereur romain d'Orient, Justinien. Aux cris de «Nika !» (Sois vainqueur !), ils brûlent au passage la basilique Sainte-Sophie.
Justinien se dispose à fuir lorsque son épouse Théodora prend les choses en main. Fille du gardien des ours du cirque, c'est une ancienne comédienne, probablement prostituée.
Son énergie et sa force morale lui ont valu d'être épousée par Justinien une dizaine d'années plus tôt. Ayant revêtu ainsi que son mari la pourpre impériale le 4 avril 527, elle a à coeur de lutter contre... la prostitution et de secourir les prostituées !
Théodora se révèle par ailleurs excellente conseillère comme l'atteste son comportement lors de la sédition Nika. La chronique rapporte ces paroles de l'impératrice, raccourcies dans la formule ci-dessusnbsp;:
«Quand il ne resterait de salut que dans la fuite, je ne voudrais point m'enfuir. Il n'est pas concevable que ceux qui ont porté la couronne puissent survivre à sa perte. Même si je tiens à la vie, la pourpre peut offrir un beau linceul !» (la pourpre était à Constantinople une couleur réservée à l'empereur).
L'empereur se ressaisit et sa garde, sous le commandement du général Bélisaire, noie la révolte dans le sang. Plus de 30.000 personnes sont massacrées dans l'Hippodrome.
Paul de Tarse ( - 67)
« Il n'y a ni hommes ni femmes, ni Juifs ni Grecs, ni hommes libres ni esclaves, vous êtes tous un en Jésus-Christ. »
Saint Paul, deuxième fondateur du christianisme après le Christ, est à l'origine d'un message autant révolutionnaire que religieux en proclamant l'égalité de tous les êtres humains, indépendamment de leur sexe, de leur race, ou de leur statut social (le passage ci-dessus est extrait de sa lettre ou Épître aux Galates, un peuple celte d'Asie mineure). Deux mille ans après, ce message garde sa force subversive dans la majeure partie de la planète, y compris en beaucoup de régions officiellement chrétiennes.
« s'il me manque l'amour,
je ne suis rien. »
Source : 1ère Épître aux Corinthiens, 13, 2 (Traduction Oeucuménique de la Bible)
Cette épître de Saint Paul est l'un des plus beaux textes du christianisme. La voici dans son intégralité :
L'amour fraternel
Quand je parlerais en langues, celle des hommes et celle des anges,
s'il me manque l'amour,
je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante.
Quand j'aurais le don de prophétie, la connaissance de tous les
mystères et de toute la science,
quand j'aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes,
s'il me manque l'amour,
je ne suis rien.
Quand je distribuerais tous me biens aux affamés,
quand je livrerais mon corps aux flammes,
s'il me manque l'amour,
je n'y gagne rien.
L'amour prend patience, l'amour rend service,
il ne jalouse pas, il ne se plastronne pas, il ne s'enfle pas d'orgueil,
il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt,
il ne s'irrite pas, il n'entretient pas de rancune,
il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité.
Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.
L'amour ne disparaît jamais.
Les prophéties? Elles seront abolies.
Les langues? Elles prendront fin.
La connaissance? Elle sera abolie.
Car notre connaissance est limitée et limitée notre prophétie.
Mais quand viendra la perfection, ce qui est limité sera aboli.
Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant,
je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant.
Devenu homme, j'ai mis fin à ce qui était propre à l'enfant.
À présent, nous voyons dans un miroir et de façon confuse,
mais alors, ce sera face à face.
À présent, ma connaissance est limitée,
alors, je connaîtrai comme je suis connu.
Maintenant donc ces trois-là demeurent,
la foi, l'espérance et l'amour,
mais l'amour est le plus grand.








