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Citations et Mots d'Histoire

Le temps des Révolutions

Marie Leszczynska    (1703 - 1768)

« Eh quoi, toujours coucher, toujours grosse, toujours accoucher ! »

Fille de Stanislas Leszczynski, roi déchu de Pologne et duc de Lorraine, la princesse Marie a été élevée avec soin. Outre le polonais, elle maîtrise le français, l'allemand et le latin. Le rejet inopiné de l'alliance espagnole lui  vaut d'être fiancée à Louis XV malgré son absence de fortune... Le mariage est célébré le 4 septembre 1725. Louis XV, bel adolescent de 15 ans, épris de chasse et timide, se montre sincèrement amoureux de sa jolie épouse, de sept ans plus âgée, et dès le 14 août 1727, Marie accouche de deux jumelles. Louis XV reste pleinement fidèle à sa femme pendant sept ans... ce qui constitue une prouesse, considérant le milieu délétère de la Cour à cette époque. Il lui conserve de l'amour jusqu'à la naissance de leur dixième et dernier enfant, dans la dixième année de leur mariage... Mais la reine, dont la santé a été mise à mal par son dernier accouchement, doit temporairement se refuser à son époux sans oser lui avouer ses raisons. Louis XV s'offusque de ce refus et dès lors s'éloigne d'elle. La reine, épuisée par dix grossesses et lassée par les assiduités de son époux, s'accommode sans mal de cette séparation de fait... même si elle ne s'est jamais permise l'exclamation apocryphe ci-dessus ! Sept de ses enfants survécurent à leur naissance. Sur sept filles, quatre restèrent célibataires. Pour leur aménager des appartements, le roi a dû faire abattre dans son palais de Versailles un fameux escalier dit «des ambassadeurs». Dès 1732, le cardinal de Fleury a réussi à attacher le souverain à une première maîtresse, Louise-Julie de Nesles, comtesse de Mailly. Plus tard se succèderont maintes favorites, en particulier la marquise de Pompadour, qui soutint le parti des «philosophes» et le ministère Choiseul, et la Du Barry, qui fit tomber le même Choiseul.


Flora McDonald    (1750)

« The conflict is past and our name is no more,
There is nothing but sorrow for Scotland and me ! »
(en anglais)
« La guerre est perdue et c'en est fini de nous,
Il reste le chagrin pour l'Écosse et pour moi ! »
(traduction)
Source : ballade de Flora McDonald

Lorsque Jacques II Stuart (1633-1701) eut gâché ses chances de régner sur l'Angleterre par son intransigeance religieuse, il fut déposé par son gendre Guillaume d'Orange en 1688 et se réfugia à la cour de Louis XIV.

Son fils Jacques François Édouard, dit le « Vieux Prétendant », ou le « Chevalier de Saint-Georges » (1688-1766) fit plusieurs tentatives pour s'appuyer sur le parti jacobite d'Écosse et reconquérir le trône d'Angleterre. Quant à son petit-fils Charles Édouard, dit le « Jeune Prétendant », ou « Bonnie Prince Charlie » (1720-1788), il se montra prince galant et courageux.

Il débarqua en Écosse en 1745 pour réclamer son trône. Mais après une percée inespérée vers Londres, il fut écrasé à la bataille de Culloden Moor le 16 avril 1746. Réfugié sur une île des Hébrides intérieures, il  implora l'aide de la famille McDonald, installée sur l'île. C'est ainsi que la jeune Flora McDonald (24 ans) l'aida à s'exfiltrer d'Écosse afin d'échapper aux troupes anglaises. La jeune femme émigra plus tard en Caroline du nord avec son époux.

Comme Marie Stuart, Bonnie a inspiré toute une littérature et des complaintes qui chantent l'Écosse et sa détresse.


Marquise de Pompadour    (1721 - 1764)

« Après nous le déluge ! »

Voyant le roi déconfit après la défaite de ses armées contre les Prussiens, à Rossbach (5 novembre 1757), la marquise de Pompadour, qui était en train de se faire portraiturer par La Tour, le réconforta en ces termes : «Il ne faut point s'affliger : vous tomberiez malade. Après nous, le déluge !»


Thomas Paine    (1737 - 1809)

« Of more worth is one honest man to society and in the sight of God, than all the crowned ruffians that every lived » (en anglais)
« Un seul honnête homme est plus précieux à la société et au regard de Dieu que tous les bandits couronnés qui ont jamais existé » (traduction)
Source : Common Sense

Thomas PaineLe 10 janvier 1776, l'écrivain Thomas Paine publie un pamphlet, Common Sense, où il appelle ses concitoyens des Treize Colonies anglaises d'Amérique du nord à s'unir dans une grande nation libérée des servitudes et de la monarchie. L'ouvrage se vend à 100.000 exemplaires. Un succès fabuleux, prémonitoire de la Déclaration d'indépendance du 4 juillet suivant. Fervent républicain, comme l'atteste la citation ci-dessus, Thomas Paine rentre en Angleterre après l'indépendance des États-Unis puis gagne la France où il s'enthousiasme pour la Révolution. Élu à la Convention, il vote en faveur d'un asile en Angleterre pour Louis XVI. Cette mansuétude lui vaudra d'être emprisonné pendant la Terreur. Revenu de ses illusions, il regagne l'Amérique en 1802.


Paul de Tarse    ( - 67)

« s'il me manque l'amour,
je ne suis rien. »

Source : 1ère Épître aux Corinthiens, 13, 2 (Traduction Oeucuménique de la Bible)

Cette épître de Saint Paul est l'un des plus beaux textes du christianisme. La voici dans son intégralité :

L'amour fraternel
Quand je parlerais en langues, celle des hommes et celle des anges,
s'il me manque l'amour,
je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante.

Quand j'aurais le don de prophétie, la connaissance de tous les
mystères et de toute la science,
quand j'aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes,
s'il me manque l'amour,
je ne suis rien.

Quand je distribuerais tous me biens aux affamés,
quand je livrerais mon corps aux flammes,
s'il me manque l'amour,
je n'y gagne rien.

L'amour prend patience, l'amour rend service,
il ne jalouse pas, il ne se plastronne pas, il ne s'enfle pas d'orgueil,
il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt,
il ne s'irrite pas, il n'entretient pas de rancune,
il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité.

Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.

L'amour ne disparaît jamais.

Les prophéties? Elles seront abolies.
Les langues? Elles prendront fin.
La connaissance? Elle sera abolie.
Car notre connaissance est limitée et limitée notre prophétie.
Mais quand viendra la perfection, ce qui est limité sera aboli.

Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant,
je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant.
Devenu homme, j'ai mis fin à ce qui était propre à l'enfant.
À présent, nous voyons dans un miroir et de façon confuse,
mais alors, ce sera face à face.
À présent, ma connaissance est limitée,
alors, je connaîtrai comme je suis connu.

Maintenant donc ces trois-là demeurent,
la foi, l'espérance et l'amour,
mais l'amour est le plus grand.


Marie-Adélaïde de Savoie    (1685 - 1712)

« Princesse aujourd'hui, rien demain, et dans deux jours oubliée... »

Murmure de Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de Bourgogne, épouse de l'héritier du trône de France, petit-fils de Louis XIV, le Roi-Soleil. La dauphine répondait sur son lit de mort aux exhortations du cardinal de Noaïlles qui l'assurait que toute la France priait pour elle. Mariée à 12 ans au fils aîné du prince Louis dit le Grand Dauphin et de Marie de Bavière, la jeune Savoyarde s'en est venue vivre à Versailles. Destiné à apaiser les relations tumultueuses des Maisons de France et de Savoie depuis deux siècles, le mariage se révéla bientôt une rencontre heureuse de caractères faits pour s'accorder. De fait, la jeune duchesse séduit des personnages aussi désabusés que Saint-Simon. Elle joue la comédie avec le Petit Dauphin dans le théâtre de Madame de Maintenon, qu'elle appelle affectueusement ma tante, et illumine la cour peuplée de personnages vieillis, sous la surveillance sévère de la favorite piquée de dévotion. Mais voilà qu'arrive le temps des malheurs. Le Grand Dauphin meurt le 14 avril 1711, faisant du duc de Bourgogne le dauphin en titre. L'hiver suivant, une épidémie de rougeole frappe la cour et emporte la duchesse Marie-Adélaïde de Bourgogne, bientôt suivie de son époux.

Les médecins s'activent désormais au chevet des princes héritiers, tous deux prénommés Louis, ducs de Bretagne et d'Anjou, prodiguant force saignées... Mais le dauphin Louis meurt à son tour. Son frère, le duc d'Anjou, devient à tout juste deux ans l'héritier en titre de son arrière-grand-père, le vieux Roi-Soleil ! Grâce aux bons soins de sa gouvernante, qui l'arrache aux soins de la faculté et l'amène à Vincennes, loin des miasmes de la cour, il pourra régner sous le nom de Louis XV.

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