La Hanse (1165-1669)

À la source de la prospérité allemande

Bruges, Cologne, Hambourg, Lübeck, Danzig, Riga, Novgorod... Difficile de trouver un dénominateur commun entre ces villes et pourtant, elles s’inscrivent toutes dans une passionnante histoire de marins et de marchands.

Elles firent en effet partie de la Hanse (dico), un ensemble de villes qui s'étaient d'abord fédérées pour assurer la sécurité du commerce maritime en Mer du Nord et en Mer Baltique et qui profitèrent ensuite de l’absence d’un pouvoir politique centralisé et fort au sein du Saint Empire Romain germanique (dico) pour asseoir richesse et puissance. L'Allemagne leur doit pour une bonne part sa prospérité et sa place dominante au coeur de l'Europe. 

Sophie Lorrain

Félix de Vigne, Une foire franche à Gand au Moyen-Âge, 1862, musée des Beaux-Arts de Gand (Belgique). Agrandissement : Jacques Carabain, Jour de marché à Goslar (Allemagne), XIXe siècle.

De l’étymologie à l’Histoire

À l’origine, le terme de « Hanse » désigne en haut-allemand un « groupe », puis des personnes rassemblées autour d’intérêts communs. Il qualifie ensuite progressivement un groupe de marchands qui se fédèrent librement pour exporter leurs marchandises et bénéficier de privilèges négociés dans des villes ou des comptoirs.
S’il fallait arrêter une date de fondation, ce pourrait être celle de l’année 1157 où il est fait mention de la « Hanse » allemande la plus ancienne, celle des marchands originaires de Cologne qui se rendent à Londres et à qui le roi Henri II accorde privilèges et réduction de taxes sur la vente de vin.

Constructions terrestres et navales

Très tôt, les marchands allemands ont une vision étendue du commerce. Celui-ci s'organise sur un axe Est-Ouest de Londres à Novgorod avec l’Allemagne pour barycentre. Une première route relie au XIIème siècle Novgorod à Lübeck en passant par Visby, sur l'île de Gotland, au milieu de la Baltique. La seconde suit au XIIIème siècle un itinéraire plus méridional qui part de Dantzig et remonte le cours de la Vistule pour mettre en réseau les villes de l’arrière-pays du Nord de l’Allemagne. Aux cités côtières s’ajoutent des villes continentales qui deviendront majoritaires. À titre d’exemple, la ville d’Empire de Goslar (Basse-Saxe), riche de ses mines, est membre de la Ligue hanséatique de 1267 à 1566.

Dans chaque ville, les « Hanses » s’établissent selon un schéma analogue. Elles construisent de nouveaux quartiers disposant de l’ensemble des infrastructures nécessaires au bon déroulement des affaires : maison des corporations, bourse, hôpital, prison, boulangerie.

Bâtiment de la Ligue hanséatique à Anvers construit par Cornelis Floris au XVIe siècle, Mairie de Brême. Afrandissement : Bryggen, ville hanséatique de Bergen (Norvège) aujourd'hui.À Bergen, en Norvège, le quartier réservé aux commis a traversé les siècles jusqu’à aujourd’hui et rappelle la dure vie de ces jeunes hommes célibataires qui passaient là dix ans de leur jeunesse à apprendre le métier.

Implantés dans des villes et des territoires étrangers, les Hanses pratiquent un droit qui leur est spécifique et on y parle une même langue, le bas-allemand.

L’architecture gothique en brique et les nombreuses églises dédiées à Marie transcriront sur le plan esthétique l’unité de ces « perles de la Hanse » de Tallin (appelée alors Reval) à Bruges.

À Lübeck, l’impressionnante église Sainte-Marie, terminée en 1351 et symboliquement située entre la mairie et le marché, va servir de modèle à plus de 70 églises essaimées sur les pourtours de la Baltique et consacrer le triomphe de la très riche bourgeoisie des marchands hanséatiques de la ville.

Vue de la vieille ville de Tallin. Agrandissement : Vue sur les églises de Lübeck.

Sur le plan logistique, le développement d’un nouveau mode de transport, la Cogue (Kogge), va offrir aux marchands un outil à la mesure de leurs ambitions. Surnommé à l’époque le « géant des mers » avec ses 30 mètres de long et 6 mètres de large, peu gourmand en bois et stable, ce bateau est en mesure de transporter jusqu’à 200 tonnes de marchandises.

La possibilité de l’équiper de canons va en faire une redoutable machine de guerre jusqu’au XVème siècle. Ainsi la Hanse devient-elle rapidement une puissance maritime. Au XIVème siècle, elle dispose de l’une des plus importantes flottes d’Europe, équivalente à celle des Français.

Une cogue de la Hanse daté de 1380, exposée au musée de Bremerhaven (Brême). Agrandissement : Jean Froissart, La bataille de l'Écluse, XVe siècle, Paris, BnF. Combat naval avec des cogues entre la couronne de France et celle d'Angleterre le 24 juin 1340 dans la rade de L'Écluse (en néerlandais Sluis) à proximité de l'estuaire du Zwin (Pays-Bas), bras de mer menant à Bruges.

Lübeck, « Reine de la Hanse »

Au regard de l’importance cardinale que va jouer Lübeck dans le développement de la Ligue, on pourrait également faire remonter l’origine de la Hanse à l’année 1165, date de la fondation de Lübeck, surnommée la « Reine de la Hanse » ou parfois « la mère de la Hanse ». Elle occupe, il est vrai, une position stratégique entre l'Elbe et les détroits danois qui relient la mer du Nord et la mer Baltique.

Le sceau de la ville de Lübeck comporte un dessin de cogue. Agrandissement : l'église Sainte-Marie de Lübeck.Le sceau de la ville représente deux marchands qui se promettent aide et secours pour protéger leurs marchandises.

Première ville fondée sur la Baltique, Lübeck s’enrichit très rapidement grâce au commerce du sel et du hareng – le hareng mariné est le plat de rigueur pour les nombreux jours fériés fixés par l’Église - et à la protection des souverains allemands.

Par le « Privilège d’Artlenburg » en 1161, le duc de Saxe Henri le Lion accorde aux marchands allemands de la ville une égalité de droits avec les marchands de l’île de Gotland qui dominaient alors le commerce de la Baltique depuis la très riche ville de Visby.

Le Peterhof à Novgorod, XIVe siècle.Le comptoir fondé en 1192 à Novgorod (Russie), le Peterhof, lui amène de nouveaux produits comme la fourrure, la cire et l’ambre et lui ouvre de nouveaux horizons en direction de l’empire ottoman et des routes de la soie.

Il s'ensuit qu'en 1226, l’empereur Frédéric II accorde à Lübeck le statut de « ville d’Empire », c’est-à-dire de « ville libre » directement placée sous son autorité. 

Idéalement placée entre Tallin et Londres, Lübeck s’emploie dès lors à éliminer ses concurrents par la négociation ou le cas échéant par la force. Élément également fondateur pour l’histoire de la Hanse, l’alliance conclue avec Hambourg en 1241 est élargie en 1259 à un pacte de défense terrestre et maritime avec les villes de Wismar, Rostock et Stralsund.

Lübeck formalise progressivement des relations plus étroites avec les villes de Saxe (droit de Goslar), de Westphalie (droit de Dortmund), de Prusse et de Poméranie (droit de Magdebourg).

Carte : la Hanse au Moyen ÂgeC'est ainsi que progressivement, le réseau des villes et des comptoirs hanséatiques s’élargit et se dote de structures stables.

Les institutions et les usages

Habiles à profiter de la faiblesse du pouvoir impérial et de la fragmentation des pouvoirs seigneuriaux locaux, les marchands siégeant dans les conseils municipaux transforment peu à peu l'ancienne ligue de défense contre les pirates en une institution traitant d’égal à égal avec les princes et les États.

C’est à Lübeck que se tient en 1356 le Hansetag, la première assemblée plénière de la Hanse. Derrière ce terme se dessine un mode de fonctionnement particulier à la Hanse qui compte à son apogée au XIVème et XVème siècles 70 villes permanentes auquel s’associent de manière ponctuelle 130 villes. 

D’après Marinus van Reymerswale, Deux collecteurs d'impôts dans leur bureau, XVIe siècle. Agrandissement : Registre ancien dans une vitrine de l'usine de lin Steinhude (Basse-Saxe) avec les noms manuscrits des clients de l'entreprise, XVe-XVIe siècle.Les marchands de la Hanse décident à l’unanimité des levées d’impôts selon les besoins du moment et, en cas de conflit militaire, de la flotte à mettre sur pied.

Toutefois, la Hanse n’a jamais disposé d’une monnaie ou d’une Constitution commune. Chaque ville reste autonome dans ses processus de décision tout en pratiquant la concertation avec les autres villes.

En cas de besoin, une ville peut convoquer un Hansetag réduit appelé Drittel (« Un tiers »). Mais c’est à l’assemblée plénière réunie tous les trois ans qu’il revient de décider de la politique stratégique d’ensemble, de la ratification des traités, de la cooptation de nouvelles villes, de l’exclusion de membres qui auraient failli au code de l’honneur. Celui-ci tient dans la devise « Honneur et fiabilité », garante de la bonne réputation de la Hanse au niveau mondial.

Valdemar Atterdag, roi de Danemark, rançonne Visby en 1361, Carl Gustaf Hellqvist, 1882, musée des Beaux-Arts de Stockholm. Visby, Gotland, Suède, panorama sur le centre-ville (photo : Alexandru Baboş)

Guerres économiques et victoires hanséatiques

Avec pour objectif principal de défendre ses intérêts économiques entre la mer du Nord et la mer Baltique, la Hanse se heurte rapidement aux revendications des États et territoires limitrophes.

Exécution de Johann Wittenborg, d'après la chronique de Heinrich Rehbein, 1620.En 1361, Visby passe sous domination danoise. Le maire de Lübeck, Yohann Wittenborg,  convainc alors quelques villes de déclarer la guerre au roi du Danemark Waldemar IV mais il essuie une défaite cinglante, portant un coup immense au prestige de la Ligue. Fait unique dans son Histoire, le conseil de la ville condamne à mort le maire de Lübeck sans autre forme de procès.

La Hanse revient malgré tout à la charge et la seconde guerre qu’elle livre au Danemark fait l’objet d’une préparation stratégique et financière méticuleuse. En 1367, 47 villes de la Hanse s’allient dans ce qui entre dans l’Histoire sous le nom de « Confédération de Cologne ». Ne négligeant rien, elle concluent aussi une alliance militaire avec la Suède et des nobles d’Allemagne du nord.

Le roi Waldemar IV du Danemark (à gauche) et sa reine Haelwig représentés sur une fresque du XIVe siècle dans l'église Saint-Pierre de Næstved (Danemark). La fresque a été créée peu de temps après la mort du roi et redécouverte à la fin du XIXe siècle.La paix de Stralsund signée en 1370 marque la victoire des marchands hanséatiques sur l'un des rois les plus puissants d’Europe. À l’apogée de sa puissance, la Hanse retrouve tous ses privilèges commerciaux et obtient en sus un droit de regard sur la nomination du roi du Danemark.

Pour conserver leur hégémonie commerciale, les marchands pratiquent un protectionnisme à outrance qui touche en particulier les Hollandais et les Anglais. Ces derniers sont privés du droit de diriger certains comptoirs, limités dans leur temps de séjour et frappés de l’interdiction d’apprendre la langue autochtone afin de ne pas pouvoir entrer directement en relation avec la population locale.

Hans Holbein le Jeune, Le marchand de Duisbourg Dirck Tybis, 1533, musée d'Histoire de l'art de Vienne. Agrandissement : Le marchand hanséatique Cyriakus Kale, 1533, Brunswick, musée Herzog Anton-Ulrich.La Hanse recourt aussi au blocus économique pour endiguer la montée de la concurrence.

Ainsi organise-t-elle en 1358 un blocus de deux ans contre Bruges pour la forcer à respecter ses privilèges. Elle fait plier la ville mais ne peut pour autant freiner la montée en puissance de la Flandre sur des produits qui ont fait sa fortune : le textile, la bière, les harengs et le vin.

Profitant de la rancœur et de la jalousie croissantes des marchands et des souverains face à la toute-puissance et aux pratiques agressives de la Hanse, les Flamands s’établissent au milieu du XIVème siècle à Novgorod. Cela leur vaut  un second blocus en 1451-1457 dont la Hanse sort à nouveau victorieuse.

Les relations se tendent également avec la Russie. Après un blocus de six ans durant lequel la Hanse s’allie avec la Suède et la Prusse, ses droits et ses privilèges sont réaffirmés en 1392 dans l’accord du « Baiser de croix de Niebur », du nom du bourgmestre de Lübeck. Il garantit pour un siècle la liberté de commerce entre les deux parties même en cas de guerre.

Franz Hogenberg, Panorama de Rostock depuis le nord (Gehlsdorfer Ufer), gravure sur cuivre colorée, 1597, Braun und Hogenberg, Civitates orbis terrarum. Agrandissement : Friedrich Jentzen, L'ancienne place du marché de Rostock, 1883.

Menaces et fragilités

À la fin du Moyen Âge, soit au milieu du XVème siècle, l’Europe change et la concurrence devient de plus en plus rude. Avec la fin de la guerre de Cent Ans, la bourgeoisie commerçante anglaise, soutenue par son roi, remet en cause la domination de la Ligue sur la Baltique.

Après des combats maritimes acharnés où la flotte de la Hanse vient avec peine à bout de sa rivale anglaise, la paix d’Utrecht, signée en 1474, redonne certes à la Hanse tous ses droits et privilèges en Angleterre. Mais l’étau se resserre...

Hans Holbein le Jeune, Un jeune marchand, 1541, musée d'Histoire de l'art de Vienne. Agrandissement : Le marchand George Gisze, issu d'une riche famille de marchands de Gdańsk, Berlin, Gemäldegalerie.D’autres menaces fragilisent la Hanse. Ainsi, en Allemagne même, les marchands de Nuremberg réussissent à contourner l’interdiction de s’implanter à Lübeck par des mariages ciblés ! Ils développent un nouvel axe commercial Est-Ouest concurrent de la Hanse, qui les relie à la France, à Leipzig et à Poznan.

En Prusse, l’Ordre Teutonique, dont l’expansion avait profité à la Hanse, voit son influence décliner après sa défaite à Tannenberg en 1410.

Plus généralement, à mesure que les princes et les États assoient leur souveraineté territoriale au bénéfice de leurs propres marchands, la Hanse perd de son influence. Un manque de solidarité entre les villes hanséatiques commence à se faire jour et certaines d’entre elles, comme Breslau en 1474, quittent la Ligue.

La Réforme protestante qui scinde l’Europe en deux puis, au siècle suivant, les ravages de la guerre de Trente Ans signent son arrêt de mort. Elles ne sont plus que neuf villes à participer en 1669 à la dernière assemblée plénière. Les derniers comptoirs sont vendus respectivement en 1775 (Bruges), 1852 (Londres) et 1863 (Anvers).

La maison blanche des Buddenbrook à Lübeck.

Un exemple à méditer

Si les villes de la Hanse ont su tirer le profit maximum de la faiblesse politique d’un Saint Empire qui, dans ses débuts, délaissait les territoires du Nord au profit de ceux du Sud, si elles ont pu développer une juridiction propre en parallèle à celle des rois et de l’empereur et afficher des objectifs exclusivement commerciaux et non territoriaux, elles ne purent cependant résister à la puissance croissante des royaumes et des États qui reprirent à leur compte la défense des intérêts économiques de leurs sujets, dans une optique mercantiliste. Néanmoins, par-delà les guerres et les conflits, la Hanse aura réussi pendant un demi-millénaire à assurer la liberté des mers, à créer une richesse considérable et à faire la preuve que les interactions ouvertes et dynamiques ne sont pas incompatibles avec la puissance et une certaine forme de souveraineté politique.

Naissance et vitalité d'un mythe

Armoiries des marchands hanséatiques qui faisaient du commerce au kontor de Londres, Gabriel Cibber, vers 1670, Musée de Londres.Synonyme de richesse, de savoir-faire, de qualité et de fiabilité, la Hanse a fait la prospérité et la gloire des villes marchandes du Nord de l’Allemagne par son fonctionnement souple et efficace dans un territoire divers et variable. En cela, elle alimente les réflexions sur la construction de l’Union européenne.

Brême, Lübeck et Hambourg gardent dans leurs institutions le souvenir de leur prestigieux passé. La marque la plus visible est le « H » renvoyant à la Hanse et placé devant l’initiale de la ville sur les plaques d’immatriculation des voitures : HB, HL, HH. On retrouve aussi cette référence dans certaines villes hanséatiques du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale comme Greifswald, Rostock, Stralsund et Wismar !

La Hanse nourrit aussi l’imagination des plus grands écrivains comme Thomas Mann qui, dans son roman Les Buddenbrook (1901), immortalise l’ascension et le déclin d’une riche famille commerçante de Lübeck.

En 1980 a été fondée une « Nouvelle Hanse », définie comme un lieu d’échanges et de coopération transfrontalière dans les domaines de la culture, du tourisme et du développement durable. Son ancrage dans l’héritage historique de la Hanse est clairement revendiqué puisque ne peuvent en être membres que les villes qui en firent partie ou les comptoirs qui furent en relations commerciales avec elle... ce qui explique l’absence du Danemark, son adversaire de toujours !

La plus ancienne maison de la ville hanséatique allemande de Wismar (côte de la mer Baltique) désormais appelé Maison Alter Schwede. Agrandissement : Fresque murale dans la mairie de Göttingen représentant les armoiries des villes hanséatiques.Plus de deux cents villes de 16 pays différents, soit une des plus grandes fédérations de ville au monde, dessinent ainsi un espace géopolitique dans lequel la France est seulement représentée par La Rochelle. Dans la tradition des Hansetage, les journées internationales de la Hanse sont organisées chaque année dans une ville différente.

Deux ans après la chute du Mur de Berlin, la Hanse a aussi inspiré la création de l’Union des villes de la Baltique et de l’Organisation des ports de la Baltique. Les capitales des « petits » États et les métropoles provinciales y voient une manière souple de se regrouper pour défendre des intérêts communs.


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Berlin
Publié ou mis à jour le : 2023-02-23 19:14:48

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