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De Charlemagne à Otton
Charles le Chauve
• 28 janvier 814 : mort de Charlemagne
• 25 juin 841 : bataille fratricide de Fontenoy-en-Puisaye
• 14 février 842 : les serments de Strasbourg
• 9 août 870 : partage de la Lotharingie
• 16 juin 877 : capitulaire de Quierzy et féodalité
• 29 février 888 : Eudes premier roi français
• 24 septembre 911 : Conrad élu roi d'Allemagne
23 décembre 918 : Henri 1er de Saxe roi de Germanie
• 7 avril 924 : extinction du titre impérial créé par Charlemagne
• 10 août 955 : les Hongrois battus au Lechfeld par Otton 1er
• 2 février 962 : Otton le Grand sacré à Rome
11 juin 963 : le pape Jean XII déposé
14 avril 972 : mariage du futur Otton II et de Theophano
7 mai 973 : mort d'Otton 1er
• 2 avril 999 : mort d'Otton III
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28 janvier 814

mort de l'empereur Charlemagne


Charlemagne meurt dans son palais d'Aix-la-Chapelle, en Rhénanie, le 28 janvier 814, à 71 ans. Il est inhumé dans la chapelle palatine le jour même.

Son empire laisse déjà entrevoir des signes de faiblesse en dépit de son prestige et de la reconnaissance par ses pairs, le calife de Bagdad Haroun al-Rachid et le basileus de Constantinople Michel 1er.

Écartelé entre les prétendants, les barons et les envahisseurs, il survivra un peu moins d'un demi-siècle à son fondateur mais son souvenir perdurera jusqu'au XIXe siècle et même au-delà à travers différents avatars, du Saint Empire romain germanique à l'Empire d'Allemagne (et au IIIe Reich).

André Larané
L'empire carolingien après Charlemagne

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L'empire carolingien après Charlemagne (cartographie AFDEC pour Herodote.net)Cette carte montre l'empire carolingien à la mort de Charlemagne. Il couvre un million de km2, avec une quinzaine de millions d'habitants, et s'étend de l'Èbre (Catalogne) à l'Elbe (Saxe) et au Tibre (Italie).

Les grands États modernes vont naître de son partage entre les trois petits-fils du grand empereur : France, Allemagne...

Le trône de Charlemagne dans la chapelle palatine (Aix-la-Chapelle), DR

Une construction grandiose et fragile

Le grand empereur a eu quatre épouses successives qui lui ont donné quatre fils légitimes et sept filles (non compris les enfants nés de ses nombreuses concubines). Passionnément attaché à ses filles, l'empereur les a gardées en son palais, ce qui ne les a pas empêchées de nouer des relations maritales avec des compagnons de leur père et d'avoir des enfants...

Il a par ailleurs placé ses fils à la tête de ses royaumes vassaux : Italie, Aquitaine... Peu après avoir été sacré empereur, à la Noël 800, inspiré par la tradition germanique du partage des héritages et oublieux du devoir de préserver l'unité politique de l'empire, il projette par testament de diviser ses possessions entre ses fils. 

À la veille de sa mort - fort heureusement, si l'on peut dire -, il ne lui reste qu'un fils survivant de ses quatre fils légitimes et il a pris soin de le sacrer lui-même dès septembre 813, au cours d'un plaid général. C'est donc à lui, futur Louis le Pieux, que va revenir la succession pleine et entière du royaume des Francs (curieusement, à la fin de sa vie, Charlemagne n'évoque plus le titre impérial, comme s'il lui paraissait anecdotique).

L'unité de l'empire est donc conservée encore pour un temps, jusqu'à la mort de Louis le Pieux et au partage entre ses fils.

L'éclatement de l'empire

Dès avant la mort de Charlemagne, des forces centrifuges ont préparé l'éclatement de l'État carolingien.

Avec la pacification des frontières et l'arrêt des conquêtes, il n'y a plus de butin pour assurer la fidélité des seigneurs. Qui plus est se font jour de nouvelles menaces avec les premières incursions de Vikings sur les côtes de la mer du Nord.

Les seigneurs qui ont reçu des terres en récompense des services rendus à l'empereur n'ont plus d'autre souci que de protéger celles-ci, qui sont leur unique source de revenus. Les successeurs de Charlemagne n'ayant pas sa poigne et son charisme, ils prennent très vite leurs distances vis-à-vis du souverain. Ainsi la société féodale conduit-elle à la multiplication des principautés et seigneuries héréditaires et largement autonomes.  

C'en est fini de l'embryon d'administration centrale mis en place par Charlemagne. La «renaissance carolingienne» ne va plus se maintenir que dans le secret des monastères. De ces monastères renaîtra l'élan civilisateur au siècle suivant. 

Naissance du mythe

Quelques années après la mort de l'empereur, en 830, l'un de ses anciens conseillers, le moine Éginhard, rédige la Vie de Charles. Il décrit son héros comme un athlète d'un mètre 90, adonné à la chasse, avec un gros appétit pour les nourritures terrestres mais aussi les nourritures spirituelles et intellectuelles.

Dans les troubles des siècles futurs, nostalgie aidant, Charlemagne va apparaître comme le modèle des souverains chrétiens.

Portrait imaginaire de Charlemagne, par Albert Dürer (XVIe siècle, musée de l'Histoire allemande, Berlin)Les chroniqueurs ultérieurs du Moyen Âge - et en particulier les auteurs de la Chanson de Roland -, vont enrichir son hagiographie, évoquant même en termes poétiques et quelque peu curieux «l'empereur à la barbe fleurie».  En prêtant à l'empereur une barbe alors qu'il n'avait vraisemblablement qu'une moustache, ils veulent souligner son autorité virile. Quand au qualificatif de fleurie, il s'agit d'une mauvaise traduction de «flori», qui signifie blanc en vieux français.

Sur son trône, dans la chapelle palatine d'Aix, ne manqueront pas de s'asseoir les titulaires du Saint Empire à leur avènement, à commencer par Otton le Grand, au siècle suivant. L'un d'eux, Frédéric Barberousse, fera même ouvrir le tombeau et, en 1165, hissera son illustre prédécesseur au rang des saints catholiques.

Il faudra attendre Louis XI pour que soit introduit en France, en 1475, le culte de ce saint singulier, pieux mais ô combien batailleur.

La Saint Charlemagne, le 28 janvier, va être longtemps fêtée dans les établissement scolaires. Les proviseurs prendront l'habitude de recevoir ce jour-là les meilleurs élèves de leur établissement autour d'un goûter, à l'image de l'empereur qui, selon une chronique plus ou moins légendaire, plaçait à sa droite les bons élèves (souvent aussi les plus pauvres) dans les écoles qu'il lui arrivait de visiter.


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• 25 juin 841 : bataille fratricide de Fontenoy-en-Puisaye

Publié ou mis à jour le : 2016-11-27 11:17:21

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

TELLOR (04-02-201420:58:51)

Bonjour,
Article passionnant.
Juste pour signaler que la carte de l'empire carolingien (CLIQUER POUR AGRANDIR)ne s'agrandit pas.
Merci.


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