Citations et Mots d'Histoire

Le temps des Révolutions

Charles de Talleyrand    (1754 - 1838)

« Sire, la Russie a un peuple barbare et un prince civilisé. La France a un peuple civilisé et un prince barbare »

Napoléon 1er a convié au congrès d'Erfurt, du 27 septembre au 14 octobre 1808, les princes allemands et le tsar Alexandre 1er (32 ans).

Talleyrand (54 ans), arrivé à Erfurt un jour avant l'Empereur des Français, accueille le tsar par ces mots : «Sire, que venez-vous faire ici ? C'est à vous de sauver l'Europe, et vous n'y parviendrez qu'en tenant tête à Napoléon. Le peuple français est civilisé, son souverain ne l'est pas ; le souverain de Russie est civilisé, son peuple ne l'est pas ; c'est donc au souverain de la Russie d'être l'allié du peuple français» (d'après des confidences de Talleyrand à Metternich, rapportées par celui-ci dans ses Mémoires). Napoléon 1er (39 ans) a réuni le congrès en vue de resserrer son alliance avec la Russie. Il veut éviter que se forme une cinquième coalition contre la France et prendre le temps de remettre à la raison les Espagnols qui se sont insurgés. Par une convention secrète en date du 12 octobre, il fait d'importantes concessions au tsar et lui demande en contrepartie de s'engager à ses côtés contre l'Autriche si celle-ci reprend la guerre. Talleyrand, qui a le titre de vice-grand Électeur mais n'est plus ministre des Relations Extérieures, acquiert la conviction que Napoléon 1er se perd et perd la France en brisant l'équilibre européen. Sa décision est dès lors prise de trahir son maître... et d'empocher au passage de consistants pots-de-vin. C'est l'explication de son adresse ci-dessus au tsar. En secret, il lui montre combien est précaire la situation de Napoléon et le convainc de lui tenir tête et de ménager l'Autriche.


« Ils n'ont rien appris, ni rien oublié ! »

On prête cette formule à Talleyrand. Elle concerne les émigrés royalistes qui rentrèrent en France après la chute de Napolélon 1er, en 1814. Aigris, ils n'avaient d'autre objectif que de rétablir l'ordre ancien, comme si rien ne s'était passé de 1789 à 1814. Dans les faits, il semblerait que la formule précitée provienne d'une lettre adressée par un émigré de Londres, en 1796, à l'écrivain Mallet du Pan : «Vous nous parlez souvent de la folie de Vérone [le lieu de refuge de l'héritier du trône, futur Louis XVIII]. Hélas ! mon cher ami, cette folie est générale et incurable. Combien vous vous trompez en croyant qu'il y a un peu de raison dans la cour du frère [le futur Charles X, réfugié à Londres] ! Nous voyons tout cela de près et nous gémissons : personne n'a su ni rien oublier, ni rien apprendre».

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