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L'Inde des Grands Moghols
Shah Jahan
• 21 avril 1526 : victoire de Babour à Panipat
• 27 janvier 1556 : couronnement de l'empereur Akbar
• 31 juillet 1658 : Aurengzeb s'empare du trône
3 mars 1707 : mort d'Aurengzeb et fin des Grands Moghols
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Indes

Splendeur des Grands Moghols


L'empereur Shah Jahan tenant un iris, vers 1655, Paris, BnfIls ne sont que six à pouvoir revendiquer le titre de Grand Moghol, six souverains qui ont marqué l'Histoire de l'Inde et l'imaginaire occidental.

Héritiers des Mongols auxquels ils doivent leur nom, après déformation, ils ont créé un empire qui a brillé sur les champs de bataille comme dans les arts, offrant au monde le joyau du Taj Mahal.

Ouvrons les chroniques pour découvrir ces dynasties assoiffées de pouvoir et de beauté !

L'Inde au temps des premiers empereurs moghols

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L'Inde des empereurs moghols (cartographie AFDEC) Cette carte montre la péninsule indienne (les Indes comme on disait autrefois) au temps des premiers empereurs moghols (du milieu du XVIe siècle à la fin du siècle suivant). Ce fut l'une des très rares périodes où la péninsule se trouva presque complètement unie.

Le Tigre attaque !

Déplaçons-nous au nord de l'Inde, en 1524, dans le sultanat de Delhi. Ce royaume musulman vieux de trois siècles est passé un siècle plus tôt sous la tutelle des Lodi, une dynastie d'origine afghane. Son dernier représentant, Ibrahim, a fort mauvais caractère. Pour preuve, il vient de faire assassiner son frère et de nombreux nobles.

Armure moghole, XVIIIe s., Paris, musée du LouvreMécontent et inquiet sur son propre compte, son oncle fait appel à un guerrier chiite (*) du Turkestan, Zahir ud-din Muhammad. Celui-ci peut revendiquer une belle ascendance puisqu'il compte Tamerlan et Gengis Khan dans son arbre généalogique. Il s'est vite lancé sur leurs traces en multipliant les conquêtes jusqu'à prendre Kaboul en 1520 avec l'inquiétant surnom de Bâbur, le «Tigre ».

Tout naturellement, il répond à l'appel et, fort de son artillerie dernier cri, écrase les armées du sultan (bataille de Panipat, 1526). Le voici donc installé à Delhi et Agra, d'où il mène les derniers raids contre les armées coalisées rajpoutes, hindoues, présentes dans la région depuis le Ve siècle.

À sa mort en 1530, le conquérant poète a posé les bases d'un autre empire qui couvrira jusqu'à 3,2 millions de kilomètres carrés et rassemblera à la fin du XVIe siècle 80 millions d'habitants, soit les deux tiers de tous les Indiens (et un sixième de l'humanité) !

La Perse en renfort

Les premiers temps furent pourtant difficiles pour la nouvelle dynastie : Humayun « Le Fortuné », fils de Bâbur Shah, doit faire face aux attaques des Afghans musulmans et des Rajpoutes hindous. Ils profitent de la faiblesse du souverain, obligé selon la tradition pastorale de ses ancêtres de partager le pouvoir avec ses demi-frères.

Humayun est poussé à exil, abandonnant tout derrière lui, à l'exception, dit-on, d'un diamant offert par son père.

Portail de la mosquée Jâmi Masjid, construite par Shah Jahan à Delhi, vers 1650 (Thomas Danniell, 1795) Le voici réfugié chez le roi de Perse (Iran) qui a su apprécier la pierre précieuse... C'est donc grâce à l'aide de son nouvel allié qu'il parvient à reprendre en 1555 le pouvoir en Inde du Nord où, pendant son absence, l'Afghan Sher Shah avait multiplié des réformes qui allaient permettre de solidifier l'empire.

Quelque peu rancunier, Humayun commence par faire crever les yeux de son frère renégat puis s'entoure d'une cour brillante, composée de nombreux Persans qui influenceront durablement le pays, notamment au niveau des arts.

Mais son goût pour le savoir lui fut finalement préjudiciable : six mois après son retour à Delhi, il se tue en tombant dans l'escalier un peu trop escarpé de sa bibliothèque.

Le plus grand des Moghols

Akbar, le nouveau Pādichah (Grand Roi en persan, équivalent du maharadjah hindou), a 13 ans quand il monte sur le trône le 27 janvier 1556. Mais c'est déjà un guerrier accompli qui peut compter sur l'aide de son tuteur Bairam Khan.

En 1561, enfin seul au pouvoir, il développe une « diplomatie matrimoniale » en choisissant quelques épouses parmi les princesses rajpoutes, autorisées à pratiquer leur religion hindoue derrière les murs du harem.

Il s'appuie sur une aristocratie fondée sur le mérite et non plus sur l'origine sociale et s'entoure d'une cour brillante, au rythme de rituels précis destinés à mettre la personne du souverain au centre de tout (comme au siècle suivant notre Roi-Soleil Louis XIV).

Esprit curieux assoiffé de spiritualité, l'empereur fonde à la fin de sa vie une nouvelle croyance (Den-i-illahi, « Religion divine »), forme de soufisme fondée sur le culte de la personnalité du roi, mais elle ne lui survivra pas.

Les rois du monde

À sa mort, en 1607, c'est au tour de son fils Jahangir (« Celui qui saisit le monde ») de prendre les rênes du royaume. Le nouvel empereur préfère la soie des coussins au confort relatif des champs de bataille. Sans compter un léger penchant pour l'alcool... et pour la violence. Son fils aurait d'ailleurs dû se méfier : pour avoir eu la velléité de prétendre au pouvoir, il eut les yeux crevés.

Abu'l Hasan, Shah Abbas et Jahangir, 1618, Freer gallery of Art, Smuthsonian InstitutionÀ la fin de son règne, éperdument amoureux de Nur Jahan, la « Lumière du palais », il laisse sa belle princesse conduire l'empire avec son fils, le futur Shah Jahan.

Homme à poigne, celui-ci n'hésite pas à détruire des lieux de culte et à instaurer une politique discriminatoire pour s'assurer le soutien des musulmans rigoristes : les hindous auront donc désormais leur tunique boutonnée à gauche, et les musulmans, à droite !

Le « Roi du monde » est surtout connu pour avoir agrandi l'empire jusqu'à Pondichéry (1687) et mené de grands travaux d'architecture. Il a érigé dans sa capitale Jahanabad (Delhi) le palais impérial, plus connu sous le nom de Fort Rouge, ainsi que la mosquée Jami Masjdid, la plus grande de l'Inde. Mais nous lui devons surtout le célébrissime Taj Mahal, près d'Agra.

Le Taj Mahal, près d'Agra (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2014)

À bout de souffle

Décidément, les souverains moghols auraient dû se méfier de leur propre famille.

L'empereur Shah Jahan à la chasse, album Peintures orientales, vers 1760, Paris, BnFShah Jahan voit ses fils s'entre-déchirer pour prendre le pouvoir.

C'est Aurangzeb qui remporte la mise : en 1658, après avoir enfermé son père, il se débarrasse vite de sa fratrie, en fuite dans la jungle ou décapitée.

Mais il a peu de temps pour savourer son pouvoir puisqu'il doit vite faire face à la grogne des Rajpoutes et des Marathes. À la même époque il revient vers l'islam sunnite et exclut toute trace d'hindouisme dans la vie de cour.

La mort d'Aurangzeb, le 3 mars 1707, signe la fin des Grands Moghols. Leurs pâles successeurs n'ont plus rien de leur aura. Avec un trésor désormais vide, les fastes sont supprimés les uns après les autres tandis que l'autorité impériale décline face à des princes rajpoutes assoiffés de revanche et des Sikhs qui multiplient les razzias.

Tout ce beau monde est observé par les puissances européennes (Portugais, Français, Anglais) qui s'empressent d'attiser les querelles. Le glas de l'empire sonne en 1857 lors de la révolte des cipayes : le dernier souverain moghol est accusé de trahison et condamné à l'exil, sa descendance est exécutée. En ce milieu du XIXe siècle, l'aventure moghole prend fin, laissant la voie libre à la constitution du British Raj.

Pendant ce temps, en Europe

À la fois proche et lointaine, l'Inde a toujours été un sujet d'observation et d'émerveillement pour les Occidentaux. Pensons à Alexandre le Grand qui voulut aller au bout de ses rêves et parvint aux portes de l'Inde (bataille de l'Hydaspe, Pakistan, 326 av. J.-C). Marco Polo continue au XIIIe siècle à alimenter la légende mais c'est surtout grâce aux Portugais, à partir du XVe siècle, que l'Inde commence à devenir réalité et partenaire commercial.

Vers 1570, les Moghols entrent dans le jeu en s'emparant des grands entrepôts littoraux du Gujarât (côte nord-est). Malgré la bienveillance d'Akbar, notamment vis-à-vis des Jésuites, les Européens restent essentiellement considérés comme des originaux, avec lesquels il est seulement bon de commercer...

Au XVIIIe siècle, les Européens profitent habilement des discordes entre princes indiens pour prendre pied dans le sous-continent : si Dupleix, rappelé en France, abandonne la partie en 1753, les Anglais ne cessent de gagner du terrain par le jeu des alliances jusqu'à balayer l'empire moghol.

Le Taj Mahal, détail du décor (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2014)

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Publié ou mis à jour le : 2014-06-13 08:27:14

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