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>> Louis-Philippe 1er (1773 - 1850)
Louis-Philippe 1er
Louis-Philippe 1er
• 26-29 juillet 1830 : les « Trois Glorieuses »
• 22 novembre 1831 : révolte des canuts de Lyon
• 5 juin 1832 : funérailles du général Lamarque
• 28 juin 1833 : Guizot fonde l'enseignement primaire public
• 9-15 avril 1834 : « Sanglante semaine » à Lyon
• 28 juillet 1835 : attentat de Fieschi
• 10 juin 1837 : inauguration du musée de l'Histoire de France à Versailles
• 15 décembre 1840 : le « Retour des Cendres »
• 22 mars 1841 : loi sur le travail des enfants
• 14 août 1844 : soumission de l'Algérie
• 22 février 1848 : insurrection républicaine
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Louis-Philippe 1er (1773 - 1850)

Le « roi-bourgeois »


Portrait de Louis-Philippe 1er, par Winterhalter (Musée de Versailles)Le duc Philippe d'Orléans (56 ans), cousin des derniers rois Bourbons, est le fils du régicide Philippe d'Orléans, alias Philippe-Égalité. Lui-même a participé à la bataille de Valmy et il aime à se faire appeler M. de Valmy !

C'est donc un libéral bon teint. Il accepte le 7 août 1830, à la suite de la Révolution des « Trois Glorieuses », de se voir décerner par les deux Chambres le titre de « roi des Français » sous le nom de Louis-Philippe 1er.

Les monarchistes « légitimistes » y voient une nouvelle trahison de la famille honnie des Orléans, branche cousine des Bourbons et contribuent avec les républicains, les socialistes et les bonapartistes à miner la « monarchie de Juillet » (ainsi qualifiée parce qu'issue de la Révolution de juillet 1830).

Du fait de ces ressentiments multiples, le régime est confronté à des émeutes et des manifestations parfois violentes dont la dernière lui sera fatale. 

Les 5 et 6 juin 1832, les manifestations qui entourent les funérailles du général Lamarque, l'un des chefs républicains, se soldent par 600 morts ou blessés. Le 13 avril 1834, en réplique à la douloureuse répression de la révolte des canuts

Quant aux ouvriers, c'est en vain qu'ils se révoltent contre l'écrasement des salaires. Le Président du Conseil Casimir Périer arrive à réprimer la première révolte des canuts de Lyon en 1831 sans effusion de sang. Le ministre de l'Intérieur Adolphe Thiers, futur massacreur de la Commune et président de la République, n'a pas les mêmes scrupules avec la deuxième, en 1834 : 600 morts. 

Ce drame retentit dans la capitale : des barricades s'élèvent dans le quartier de Beaubourg le 13 avril 1834. Le général Bugeaud, avec 40 000 hommes, rétablit l'ordre sans trop de mal. Mais au 12 rue Transnonnain (actuelle rue Beaubourg), d'où ont été tirés des coups de feu, les soldats répliquent et tuent tous les habitants.  

Le roi est aussi visé par un total de sept attentats dont celui de Fieschi, le plus meurtrier, en 1835, qui débouche sur une restriction de la liberté d'expression.

La France tranquille

Nonobstant ces crises, Louis-Philippe 1er apparaît comme le « roi-bourgeois » par excellence, mari aimant et bon père. Sa vie paisible aux Tuileries, auprès de la reine Marie-Amélie et de leurs cinq fils, reflète les aspirations de la bourgeoisie de son époque.

Son règne est une longue période de paix et de relative prospérité durant laquelle, fait exceptionnel, n'apparaît aucun impôt nouveau. Honoré de Balzac témoigne dans son oeuvre romanesque, la Comédie humaine, de la petitesse d'esprit des rentiers et des propriétaires de cette époque.

La présidence du Conseil est assurée par des hommes de qualité, en particulier l'austère François Guizot, qui jette les bases de l'éducation publique mais sous-évalue les aspirations populaires à davantage de démocratie.

Comme président du Conseil ou comme simple ministre sous l'autorité de Soult ou du comte Jean-Mathieu Molé, il demeure la principale figure du règne.  

Le maréchal Jean-de-Dieu Soult, duc de Dalmatie, dirige le gouvernement en père tranquille pendant une dizaine d'années au total, en 1832-1834, 1839-1840 et de 1840 à 1847.

En 1840, il remplace au pied levé le jeune et turbulent Adolphe Thiers, qui a manqué d'engager la France dans une nouvelle guerre avec l'Angleterre.      

Louis-Philippe 1er, dans un souci d'œcuménisme, restaure le palais de Versailles, à l'abandon depuis le départ de Louis XVI, en octobre 1789, et y installe un musée de l'Histoire de France, avec, au fronton, l'inscription : « À toutes les gloires de la France ».

Il organise aussi le retour des cendres de Napoléon (15 décembre 1840) et fait élever, à l'est de la capitale, les colonnes du Trône, qui rappellent l'entrée solennelle de Louis XIV et Marie-Thérèse à Paris (tous les rois, à leur avènement, jusqu'à Louis XVI, procèdent à une « entrée solennelle » dans la capitale).

La « monarchie de Juillet », à l'image du souverain, s'affiche résolument pacifique. La seule guerre notable de cette époque est la conquête de l'Algérie. Louis-Philippe noue par ailleurs une relation cordiale avec Victoria, souveraine de l'ennemie héréditaire.

« Une nation qui s'ennuie »

Cet irénisme n'est pas du goût de tout le monde. Les bourgeois libéraux rêvent d'épopées, à l'image du poète et député Alphonse de Lamartine. À la tribune de l'assemblée, le 10 janvier 1839, il répond au président du Conseil Adolphe Thiers : « La France est une nation qui s'ennuie » !

Ces rêveurs vivent dans le souvenir de la Grande Révolution et de Napoléon 1er. Leur nostalgie est alimentée par le « Retour des cendres » ; leur opposition à la monarchie de Juillet se nourrit des caricatures qui ridiculisent la personne du roi et des scandales qui discréditent les grandes familles (ainsi le meurtre horrible de la duchesse de Choiseul-Praslin par son mari pendant l'été 1847).

Ils finissent par renverser le régime et imposer une IIe République au terme d'une brève révolution, endeuillée par le massacre du boulevard des Capucines, le 23 février 1848 (seize morts).

Alban Dignat

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François Guizot

Publié ou mis à jour le : 2017-03-23 10:17:22

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