30 à nos jours

La foi chrétienne

On appelle christianisme l'ensemble des confessions religieuses fondées sur l'enseignement de Jésus-Christ.

Les fondamentaux du christianisme

Toutes les confessions chrétiennes partagent la foi en un Dieu unique en trois personnes : Père, Fils, Saint Esprit (c'est le « mystère de la Trinité »). Dieu a créé l'univers et placé en son centre l'être humain, qu'il a voulu libre, capable de choisir le bien comme le mal.
L'Homme ayant fait un mauvais usage de sa liberté, Dieu a envoyé son Fils sur la terre et celui-ci s'est incarné en la personne de Jésus-Christ. Il a été persécuté et crucifié. Par sa mort injuste, il a réparé les péchés des hommes. Par sa résurrection miraculeuse, il a témoigné de la victoire de la vie sur la mort. Il a permis à tous les hommes de retrouver l'espérance en la vie éternelle et en la contemplation de Dieu.

Jésus et les premiers chrétiens

Connu sous le nom de Jésus - ou Iéshoua (Dieu sauve en araméen) -, l'inspirateur du christianisme est né à Bethléem, en Judée (alors province romaine), aux alentours de l'an 6 d'avant notre ère. Il a ensuite vécu auprès de ses parents à Nazareth, en Galilée.

Il entame sa prédication vers l'âge de 30 ans. Prêchant de ville en ville, il suscite d'importants rassemblements de foules mais l'opposition des prêtres qui gardent le Temple de Jérusalem et assurent le culte israélite lui vaut d'être livré aux Romains, condamné à mort et crucifié. Ses disciples disent qu'il est ressuscité au bout de trois jours, à Pâques, avant de monter aux cieux.

Les disciples de Jésus appelaient volontiers celui-ci Christ. Ce mot signifie en grec : « oint ». C'est pour cela que plus tard, à Antioche puis dans le reste de l'empire romain, on a appelé chrétiens les adeptes de la nouvelle religion. Le mot Messie, transcription française de l'hébreu Mashiah, a la même signification...

L'existence de Jésus de Nazareth, sa naissance, sa prédication et sa mort sur la croix, reposent sur différents témoignages. Ces événements ainsi que sa résurrection ont donné lieu à de nombreux écrits de la part de ses disciples dès les années 50 de notre ère.

La foi chrétienne se fonde sur un ensemble de textes :

1- La Bible judaïque. Elle raconte l'alliance de Dieu avec le peuple hébreu. D'où l'autre appellation que lui donnent les chrétiens : l'Ancien Testament (testament, traduction latine de l'hébreu berîth, signifiant tout simplement alliance).

2- Les quatre Évangiles officiels (Matthieu, Marc, Luc et Jean) et quelques autres textes comme les lettres ou épîtres de Paul, les Actes des Apôtres, écrits par Luc, l'Apocalypse de Jean. Ces textes écrits au Ier siècle de notre ère nous sont parvenus en grec (la langue la plus parlée autour de la Méditerranée à cette époque).

Ils racontent le parcours de Jésus-Christ, sa naissance, sa prédication, sa condamnation et sa mort sur la croix ainsi que sa résurrection supposée et son ascension au ciel. Ils constituent un ensemble de textes que l'on appelle Nouveau Testament pour le distinguer de l'Ancien Testament.

3- À ces textes, il faut ajouter les textes de la Tradition, élaborés au fil des siècles par les Pères de l'Église (Augustin, Jérôme, Léon, Basile...) et approuvés par la communauté des chrétiens. C'est à ces derniers que la foi chrétienne doit sa cohérence... et ses subtilités théologiques, à l'origine d'une interminable exégèse (analyse des textes religieux). Parmi ces subtilités théologiques, la plus importante se rapporte à la Sainte Trinité, qui est absente de la Bible mais en découle selon l'interprétation des théologiens des premiers siècles.

La foi chrétienne

Selon les textes fondateurs et en particulier ceux de la Tradition, Jésus est donc le Fils dans la Sainte Trinité qui réunit un Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Saint Paul, le premier, présente clairement le Christ comme « envoyé par son Père », autrement dit le Fils de Dieu.

Ainsi le christianisme se distingue-t-il des autres religions par la foi en un Dieu unique, proche des hommes, qui les aime assez pour venir parmi eux, mourir et ressusciter, afin de les éloigner du péché et de leur assurer la vie éternelle.

Le Christ, qui est né et a grandi dans le ménage d'un charpentier de Galilée, parle à ses disciples en termes très concrets, avec des formules qui sentent le terroir et sont compréhensibles de tous. Il s'exprime volontiers par paraboles (récits allégoriques porteurs d'une morale).

Voilà comment Marc raconte le recrutement de ses premiers disciples : « Comme il passait le long de la mer de Galilée, il vit Simon et  André, le frère de Simon, en train de jeter le filet dans la mer : c'étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : "Venez à ma suite, et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes." Laissant aussiôt leurs filets, ils le suivirent. Avançant un peu, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, qui étaient dans leur barque, en train d'arranger leurs filets. Aussitôt, il les appela. Et laissant dans la barque leur père Zébédée avec les ouvriers, ils partirent à sa suite » [Marc I, 16-19]. 

En opposition avec le judaïsme, le Christ rejette les rituels astreignants, les interdits alimentaires et le repos obligatoire du sabbat. « Il n'y a rien d'extérieur à l'homme qui puisse le rendre impur en pénétrant en lui, mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur », dit-il [Marc VII, 15]. Et aussi : « Lequel d'entre vous, si sa brebis tombe dans un puits le jour du sabbat, hésitera à la secourir ? » [Matthieu XII, 11]. À son imitation, les fidèles prônent le goût raisonné des bonnes et belles choses.

Le Christ condamne par contre très fermement les manifestations d'orgueil : « Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il vient à se perdre lui-même ? » [Matthieu XVI, 26]. Et il prône avant toute chose l'amour fraternel.

L'amour, fondement du christianisme, ne se limite pas à l'affection des proches mais s'étend à tous les hommes selon la parabole du bon Samaritain [Luc X, 25-37] (NB : les Samaritains ou habitants de la Samarie étaient au temps du Christ méprisés par les Juifs de Judée qui les considéraient comme des demi-païens) :
En ce temps-là, un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? » L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. » Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté. Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.” Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Cet amour fraternel passe aussi par la compassion et inclut les femmes ainsi que le souligne la parabole de la femme adultère [Jean VIII, 1-11] :
En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

L'apôtre saint Paul, que l'on considère comme le deuxième fondateur du christianisme après le Christ, met lui aussi l'accent sur l'amour, troisième vertu théologale après la foi et l'espérance, à ses yeux la plus importante.

Ainsi écrit-il dans sa très belle lettre aux Corinthiens :
« Quand j'aurais le don de prophétie, la connaissance de tous les mystères et de toute la science, quand j'aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes,
s'il me manque l'amour, je ne suis rien... »

Peinture murale représentant Jésus, catacombes de Commodilla (Rome), IVème siècle

L'église sort des catacombes

Dès les débuts du christianisme, les fidèles du Christ se font baptiser, comme lui-même l'a été par Jean le Baptiste. Non pas en se plongeant dans un bassin ou une rivière à la manière des Hébreux mais en se faisant ondoyer par un tiers au nom du Christ. Le baptême entraînant la rémission des péchés, beaucoup attendent la fin de la vie pour s'y soumettre, à l'exemple de l'empereur Constantin (note) !

Le baptême et l'entrée dans la communauté chrétienne requièrent une préparation, le catéchuménat, qui peut durer jusqu'à trois ans. Le postulant s'engage à cette occasion à renoncer à certaines professions comme le service militaire. Un fidèle se porte garant de lui auprès de la communauté. Il a nom sponsor (d'un mot latin qui signifie celui qui pousse).

Les communautés prennent l'habitude de se retrouver pour renouveler la Cène et la consécration du pain et du vin par le Christ. Pline le Jeune, gouverneur de Bithynie (Turquie actuelle), écrit vers 112 à l'empereur Trajan : « Ils ont l'habitude de se réunir à jour fixe, avant l'aube, de chanter un hymne au Christ comme à un dieu, par répons, et de s'engager par serment non pas à quelque forfait, mais à ne commettre ni vol, ni brigandage, ni adultère, à ne pas manquer à leur parole, à ne pas refuser de restituer un dépôt quand ils sont sommés de le faire. Cela fait, leur règle est de se séparer, puis de se réunir à nouveau pour prendre de la nourriture, banale et inoffensive. Ils ont du reste renoncé à ce dernier point après mon édit, par lequel, selon tes ordres, j'avais interdit les associations ».

Dans les premiers siècles du christianisme, les croyants pensent que la fin du monde et le Jugement dernier sont imminents. Ils ne voient pas d'intérêt à préserver l'ordre social. Le célibat, la chasteté et le refus de porter les armes témoignent d'une lecture littérale des Évangiles et de l'enseignement de saint Paul.

L'église prend la direction de l'empire

Au IVe siècle, on n'en est plus là. La fin du monde n'est plus à l'ordre du jour. D'autre part, le christianisme paraît solidement établi dans l'empire romain après sa légitimation par Constantin 1er (édit de Milan, 313) et l'organisation d'un clergé hiérarchisé. Prenant acte de sa prépondérance, l'empereur Théodose le proclame religion officielle en 392.

Mais l'Église ne manque pas de s'inquiéter du sort de l'empire romain auquel son destin est encore étroitement lié.

En 410, la ville de Rome, qui n'est plus que l'ombre d'elle-même, est pillée et ravagée pendant trois jours par les Wisigoths d'Alaric, fâchés que l'empereur Honorius n'ait pas versé le tribut demandé. Saint Augustin, comme tous les hommes éclairés de son temps, mesure le caractère hautement symbolique de l'événement. Il en tire la matière de La Cité de Dieu. Dans cet ouvrage, il rappelle que la Cité de Dieu n'est pas de ce monde mais de l'au-delà.

Contre ceux qui prennent à la lettre le commandement biblique : « Tu ne tueras point », saint Augustin légitime aussi le concept de « guerre juste ». Dans un monde appelé à durer, les chrétiens ont le droit et le devoir de se défendre face aux forces du mal qui les assaillent, face aux païens et aux infidèles. Beaucoup plus tard, conjugué à la mystique guerrière héritée des Barbares, ce concept donnera naissance à la chevalerie et au mouvement des croisades.

Au Ve siècle, l'époque de saint Augustin, les chrétiens prennent l'habitude de baptiser leurs enfants dès leur plus jeune âge, souvent à la naissance. Cette pratique trouve a posteriori une justification dans le concept du « péché originel » sur lequel s'étend saint Augustin (encore lui !). Le péché originel désigne l'acte de désobéissance commis par Adam et Ève à l'encontre de leur Créateur mais aussi les pratiques pécheresses hélas communes à tous les hommes car le péché des origines s'est transmis à tous les descendants d'Adam et Éve, condamnant ceux-ci à la damnation ou au néant après leur mort. Ainsi que l'écrit saint Augustin : « Le péché est entré dans le monde à cause d'un seul homme, Adam, et le péché a amené la mort. Et ainsi, la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché » [Romains, 5:12-21].

En faisant don de sa personne aux hommes, Jésus libère les hommes de cette fatalité. Il leur permet d'accéder après la mort à la connaissance de Dieu (autrement dit à la vie éternelle) sous réserve de bénéficier de la grâce divine.

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2025-07-13 15:35:59

Voir les 5 commentaires sur cet article

Vincent (17-04-2022 22:33:59)

Petite remarque à propos de la fin de l'article: il y a confusion (traditionnelle, malheureusement) entre le péché originel et le péché des origines. La lecture littérale de la formule de Saint ... Lire la suite

Bernice (25-10-2017 15:33:02)

Descente au 4eme plan adamique. Les âmes se vetissent d'un corps de chair, se remplissent des éléments Feu, Eau, Air, Terre. La Conscience ? Union du mental et de l'âme. Son nom ? Eve. Ni p... Lire la suite

Dominique (23-12-2016 01:18:01)

Ou est donc la rigueur de la démarche historique dans tout ça. Herodote est il un site d'Histoire ou un site d'histoires ?

Respectez l'orthographe et la bienséance. Les commentaires sont affichés après validation mais n'engagent que leurs auteurs.

Actualités de l'Histoire

Histoire & multimédia

Nos livres d'Histoire

Récits et synthèses

Jouer et apprendre

Frise des personnages