Options de lecture

Citations et Mots d'Histoire

Le temps des Révolutions

Sir Edward Grey    (1862 - 1933)

« The lamps are going out all over Europe... We shall not see them lit again in our lifetime » (en anglais)
« Les lampes s'éteignent dans toute l'Europe... Nous ne les reverrons pas s'allumer de notre vivant » (traduction)

Ministre britannique des Affaires étrangères dans le gouvernement Asquith, à la veille de la première guerre mondiale, Edward Grey témoigne d'une grande lucidité face à la montée des menaces sur le continent. Après l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, il s'efforce de calmer le jeu, ce qui donne à l'empereur d'Allemagne l'impression que le Royaume-Uni n'est pas disposé à le combattre et l'encourage dans ses menées bellicistes.


Bethmann-Hollweg    (1856 - 1921)

« Fetzen Papier » (en allemand)
« Chiffon de papier » (traduction)

Ainsi Theobald von Bethmann-Hollweg, chancelier allemand, qualifia-t-il en 1914 le traité garantissant la neutralité de la Belgique. Cette neutralité avait été garantie par la Prusse lors du protocole de Londres du 20 janvier 1831, confirmé par le traité de Londres de 1839. Or, l'Allemagne, héritière de la Prusse, l'avait violée en envahissant le territoire belge le 3 août 1914. Dès le lendemain, à Berlin, l'ambassadeur britannique fait part au chancelier de l'entrée en guerre de son pays suite à cette violation du traité. Bethmann-Hollweg accuse le coup. Il avait incité l'empereur allemand à déclarer la guerre à la Russie et à la France, les 1er et 3 août, car il était convaincu que l'Angleterre resterait quoi qu'il advienne à l'écart d'un conflit continental. Le chancelier répond à l'ambassadeur non sans dépit : «A cause d'un mot seulement : neutralité, chose qui a été si souvent violée pendant des guerres, et pour un chiffon de papier, l'Angleterre va combattre contre une nation qui est sa parente, et qui ne lui demande rien d'autre que de l'amitié !»


Raymond Poincaré    (1860 - 1934)

« La mobilisation n'est pas la guerre ! »

Déclaration aventurée de Raymond Poincaré (54 ans) lors de la mobilisation générale décrétée le 1er août 1914 par solidarité avec l'Empire russe. Tandis que, dans tout le pays, le tocsin prévient la population de cette mobilisation, le Président de la République française, élu l'année précédente, déclare dans un Appel à la nation française : «La mobilisation n'est pas la guerre. Dans les circonstances présentes, elle apparaît, au contraire, comme le meilleur moyen d'assurer la paix dans l'honneur»! Le 4 août 1914, alors que la guerre est devenue effective, le président adresse aux parlementaires un message avec ces mots : «Dans la guerre qui s'engage, la France (...) sera héroïquement défendue par tous ses fils, dont rien ne brisera devant l'ennemi l'Union sacrée...» L'Union sacrée ! L'expression va faire florès. Une fois les hostilités engagées, le président échoue par son manque de charisme et sa raideur à stimuler les énergies. Il renonce à visiter le front et, à l'heure de vérité, en 1917, se résout à appeler son vieil adversaire politique, Georges Clemenceau, à la tête du gouvernement (la présidence du Conseil). En octobre 1918, il s'oppose à lui en plaidant pour la poursuite des combats jusqu'à l'effondrement complet des troupes allemandes. Dans une lettre à Clemenceau, qui préfère un armistice immédiat, il lui demande de ne pas laisser «couper le jarret à nos troupes». Clemenceau met sa démission dans la balance et l'oblige à retirer sa lettre.


Charles E. Stanton    (1859 - 1933)

« La Fayette, we're here ! » (en anglais)
« La Fayette, nous voici ! » (traduction)

Après beaucoup d'hésitations, les États-Unis ont déclaré la guerre à l'Allemagne le 6 avril 1917, se rangeant aux côtés des Alliés dans la Grande Guerre inaugurée trois ans plus tôt. Des volontaires américains n'ont pas attendu la déclaration de guerre de leur gouvernement pour s'engager comme volontaires aux côtés des Alliés français et anglais. C'est ainsi qu'en 1915, 7 pilotes ont constitué une escadrille baptisée... La Fayette en souvenir du jeune héros français qui s'engagea aux côtés des Insurgents dans la guerre d'Indépendance des futurs États-Unis. En souvenir du héros des deux Mondes, surnom du marquis de La Fayette, et pour célébrer l'amitié franco-américaine, quelques soldats américains se rendent au cimetière de Picpus, à Paris, le 4 juillet 1917, jour de leur fête d'Indépendance. Ils sont conduits par le général John Pershing (1860-1948), qui commande le corps expéditionnaire envoyé en Europe. Devant la tombe de La Fayette, ce dernier prononce un discours convenu : «Il est frappant de constater que l'entrée des troupes américaines dans cette guerre nous permet justement de rendre hommage au grand patriote qui partit de France pour nous aider à conquérir notre liberté...». Là-dessus s'approche le lieutenant-colonel Charles E. Stanton, entouré de jeunes recrues. Et c'est alors qu'il prononce les quatre mots percutants ci-dessus, qui seuls resteront dans l'Histoire (jusqu'à être attribués parfois au général Pershing) : «La Fayette, we're here !».


Philippe Pétain    (1856 - 1951)

« Courage !... On les aura ! »

Conclusion de l'ordre du jour du 10 avril 1916, signé Pétain.Le maréchal allemand von Falkenhayn a massé autour de Verdun des forces d'artillerie et d'assaut considérables sans éveiller l'attention de l'état-major français. L'attaque commence le 21 février 1916 au fort de Douaumont. Elle est contenue par le général Pétain, qui commande la IIe armée française. Professeur à l'École de Guerre avant le conflit, Philippe Pétain a déjà 58 ans en 1914. Il est tenu en suspicion par l'état-major en raison de sa prédilection pour la défensive et la guerre de positions. Déterminé et économe du sang de ses soldats («Le feu tue !» a-t-il coutume de dire), il va se rattraper à Verdun et gagner une immense popularité. Vingt ans plus tard, l'État français présidé par le même Pétain promulgue une série de lois discriminatoires vis-à-vis des citoyens israélites. L'écrivain Tristan Bernard (1866-1947) quitte alors Paris pour la zone libre en grommelant : Les Allemands, on disait - On les aura, on les aura ! - Eh bien, ça y est, on les a !».


« Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal. La terre, elle, ne ment pas... »

Affiche de propagande du Maréchal PétainLe 25 juin 1940, quelques jours après l'armistice qui clôt l'invasion française, Philippe Pétain, porté à la tête du gouvernement français, précise dans un discours radiodiffusé son analyse des causes de la défaite et appelle les Français au redressement national (sous occupation étrangère !) : «Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal. La terre, elle, ne ment pas. Elle demeure votre recours. Elle est la patrie elle-même. Un champ qui tombe en friche, c'est une portion de France qui meurt. Une jachère de nouveau emblavée, c'est une portion de France qui renaît. N'espérez pas trop de l'État qui ne peut donner que ce qu'il reçoit. Comptez pour le présent sur vous-mêmes et, pour l'avenir, sur les enfants que vous aurez élevés dans le sentiment du devoir. Nous avons à restaurer la France. Montrez-la au monde qui l'observe, à l'adversaire qui l'occupe, dans tout son calme, tout son labeur et toute sa dignité. Notre défaite est venue de nos relâchements. L'esprit de jouissance détruit ce que l'esprit de sacrifice a édifié. C'est à un redressement intellectuel et moral que, d'abord, je vous convie». Fils de cultivateurs du nord, Pétain cultive la nostalgie rousseauiste d'une France rurale et dans ce discours inspiré par l'intellectuel Emmanuel Berl, annonce un retour à la terre quelque peu anachronique. Des écrivains comme Jean Giono vont relayer cette nostalgie de la France rurale.

Actualités de l'Histoire

Histoire & multimédia

Nos livres d'Histoire

Récits et synthèses

Jouer et apprendre

Frise des personnages