Georges Gapone (1870 - 1906)
« Il n'y a plus de Dieu ni de tsar ! »
Ainsi s'exclama le pope révolutionnaire lorsque l'armée tsariste mitrailla une foule pacifique de 100.000 manifestants qui désiraient remettre une requête au tsar Nicolas II dans son Palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg. Ce dimanche sanglant du 22 janvier 1905 marqua le début de la première révolution russe.
René Viviani (1863 - 1925)
« Nous avons arraché les consciences humaines à la croyance. Lorsqu'un misérable, fatigué du poids du jour, ployait les genoux, nous l'avons relevé, nous lui avons dit que derrière les nuages il n'y avait que des chimères. Ensemble, et d'un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des lumières qu'on ne rallumera plus ! Voilà notre oeuvre, notre oeuvre révolutionnaire. »
Ces propos dithyrambiques ont été prononcés à la Chambre des Députés le 8 novembre 1906 par le parlementaire socialiste René Viviani.
Ils font référence à la loi de séparation des Églises et de l'État (9 décembre 1905) et à la politique anticléricale de ses amis, notamment l'ancien président du Conseil (le chef du gouvernement) Émile Combes.
René Viviani, qui se félicitait de ce qu'il croyait être la défaite définitive du sentiment religieux, ne savait pas que celui-ci allait être concurrencé par le culte de la Nation et la foi aveugle en la Révolution.
Il s'attira d'ailleurs cette réponse du député Paul Lerolle : « Ces étoiles que vous vous vantez d’avoir éteintes, êtes-vous sûr en les détruisant de ne pas augmenter le nombre des malheureux auxquels vous retirez la consolation et l’espérance ? »
Viviani lui-même, devenu président du Conseil en juin 1914, suite à la victoire des gauches aux élections législatives, allait entraîner la France dans la boucherie de la Grande Guerre.
Les révolutions qui allaient s'ensuivre (bolchévisme, nazisme, franc-maçonnerie mexicaine,...) allaient entraîner plusieurs dizaines de millions de chrétiens et de juifs dans la mort en raison de leur foi ou simplement de leur appartenance religieuse. Ces morts, qui ont fait du XXe siècle le siècle des Martyrs, sont le signe que les étoiles dont parlait René Viviani ne se sont jamais éteintes.
Charles Péguy (1873 - 1914)
« En temps de guerre, il n'y a qu'une politique et c'est la politique de la Convention Nationale. Mais il ne faut pas se dissimuler que la politique de la Convention Nationale, c'est Jaurès dans une charrette et un roulement de tambour pour couvrir cette grande voix »
Poète lyrique, catholique fervent et socialiste convaincu, défenseur d'Alfred Dreyfus, Charles Péguy fut aussi un nationaliste guerrier comme beaucoup de républicains de la Belle Epoque. Ses écrits ci-dessus, qui datent de 1913, témoignent de l'exaltation qui allait conduire l'Europe à la guerre suicidaire de 1914-1918. Le leader socialiste Jean Jaurès est assassiné pour cause de pacifisme le 31 juillet 1914 à la veille de l'entrée en guerre de la France... Charles Péguy tombe quelques semaines plus tard au champ d'honneur.
Georges Clemenceau (1841 - 1929)
« Ma politique étrangère et ma politique intérieure, c'est tout un. Politique intérieure, je fais la guerre; politique extérieure, je fais toujours la guerre »
Cette formule lancée à la Chambre des députés le 8 mars 1918 par le président du Conseil Georges Clemenceau résume bien la farouche détermination du «Tigre» dans les dernières années de la Grande Guerre.
« Races supérieures ? Races inférieures, c’est bientôt dit ! Pour ma part, j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand... »

Sir Herbert Asquith (1852 - 1928)
« We had better wait and see » (en anglais)
« Nous ferions mieux d'attendre et voir » (traduction)
Chef du parti libéral (whig) et Premier ministre du Royaume-Uni au début de la Grande Guerre, Herbert Asquith se montra d'une modération inappropriée à la conduite des opérations militaires et dut céder la place à David Lloyd George en décembre 1916. Il n'en fut pas moins anobli après la Guerre et devint lord Herbert Asquith, 1er comte d'Oxford. La célèbre expression «wait and see», représentative de la méthode Asquith, a été prononcée en 1910 dans le cadre d'un débat sur une loi de finances.








