Pierre de Coubertin (1863 - 1937)
« L'essentiel n'est pas de gagner mais de participer »
Cette fameuse phrase a été formulée par l'évêque de Pennsylvanie, à l'ouverture des Jeux Olympiques de Londres en 1908 : « L'important dans ces olympiades, c'est moins d'y gagner que d'y prendre part ».
Le baron Pierre de Coubertin, qui avait fondé en 1894 les Jeux Olympiques modernes, commenta peu après cette formule, au cours d'un dîner de gala et, pour cette raison, elle lui est couramment attribuée. Le baron a lui-même écrit dès 1892 : « La première caractéristique essentielle de l'Olympisme, c'est d'être une religion. En ciselant son corps par l'exercice comme le fait le sculpteur d'une statue, l'athlète moderne exalte sa patrie, sa race, son drapeau ». Pierre de Coubertin a consacré toute sa vie aux Jeux Olympiques. Il a lui-même conçu dans les années 1920 le drapeau officiel de l'olympisme avec cinq anneaux entrelacés représentant les continents et dont les couleurs correspondent à toutes les couleurs qui figurent sur les drapeaux nationaux.
Rudyard Kipling (1865 - 1936)
« Take up the White Man's burden » (en anglais)
« Assumez le fardeau de l'homme blanc » (traduction)
Voici le plus célèbre poème de l'écrivain Rudyard Kipling (prix Nobel 1907) ; il est paru en février 1899, dans McLure's Magazine, à un moment critique où l'expansion coloniale de l'Occident touchait à sa fin :
« Take up the White Man's burden
The savage wars of peace
Fill full the mouth of Famine,
And bid the sickness cease »
« Assumez le fardeau de l'homme blanc
Les sauvages guerres de la paix
Nourrissez la bouche de la famine
Et faites que cesse la misère » (traduction française)
La pensée de l'écrivain traduit l'esprit de son temps, tel qu'il s'exprimait dans l'action de Jules Ferry ou de Joseph Chamberlain. Indéniablement raciste, elle n'est pas dépourvue de générosité, tant s'en faut, et le poème ci-dessus pourrait parfaitement être repris par les militants tiers-mondistes d'aujourd'hui, les médecins sans frontières, les organisations non-gouvernementales... Il n'y aurait besoin que de changer le mot « blanc » par « riche » ou « développé ».
« If any question why we died, Tell them, because our fathers lied » (en anglais)
« Si on vous demande pourquoi nous sommes morts, dites-leur que c'est parce que nos pères ont menti » (traduction)
Né à Bombay (Inde) le 30 décembre 1865, Joseph Rudyard Kipling acquiert la célébrité avec des romans destinés à la jeunesse : The Jungle Book (Le livre de la Jungle, 1895) et Captains Courageous (Capitaines courageux, 1897).
Poète agnostique, Kipling est représentatif d'une époque qui se détourne de Dieu et place ses espoirs dans le progrès scientifique et le retour à la Nature.
C'est ainsi qu'il exalte le surhomme dans son plus célèbre poème : If - (Si, 1910). Ce poème s'achève par le vers : you'll be a Man, my son ! (Tu seras un Homme, mon fils !). Cette philosophie orgueilleuse trouve un tragique aboutissement dans la Grande Guerre (1914-1918).
Le fils aîné de Kipling, John, s'engage volontairement bien que myope pour ne pas décevoir son illustre père. Il est tué dès le premier assaut. C'est en songeant à lui que le poète, amer, écrit la citation ci-dessus, extraite de Common Form (1919).
Émile Zola (1840 - 1902)
« Des jeunes gens antisémites, ça existe donc, cela ? Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ? Quelle tristesse, quelle inquiétude pour le XXe siècle qui va venir »
Cette triste prémonition a été formulée par Émile Zola au temps de l'Affaire Dreyfus.
« J'accuse »
Ce titre du journal L'Aurore du 13 janvier 1898 a relancé l'Affaire Dreyfus, provoquée par l'injuste condamnation en 1895 d'un officier de confession israélite, sous l'accusation d'espionnage. L'auteur de l'article, le romancier Émile Zola, passe en justice sous l'accusation de diffamation et s'exile en Angleterre pour échapper à la prison. Dans l'épreuve, sa popularité monte au zénith et il reçoit le soutien de nombreux dreyfusards, écrivains, artistes, hommes politiques (Georges Clemenceau,...). Leur combat marque l'entrée des «intellectuels» en politique. C'est le début d'une tradition d'engagement qui marquera le XXe siècle et ne sera pas exempte de faux-pas éthiques (approbation des procès staliniens dans les années 1930).
William Randolph Hearst (1863 - 1951)
« - There is no war. Request to be recalled.
- Please remain. You furnish the pictures, I'll furnish the war » (en anglais)
« - Il n'y a pas de guerre. Je demande à être rappelé.
- Restez. Fournissez les dessins, je vous fournis la guerre » (traduction)
Fils d'un riche sénateur, le magnat de la presse William Randolph Hearst est né à San Francisco mais c'est à New York, sur la côte Est des États-Unis, qu'il bâtit sa fortune en achetant en 1895 le New York Journal et en portant son tirage de 30 000 exemplaires à 400 000 au début de 1898 grâce à des méthodes musclées.
En 1897, une rébellion se développe sur l'île voisine de Cuba, l'une des dernières colonies de l'Espagne. La presse américaine prend fait et cause pour les rebelles mais son lectorat ne manifeste guère d'intérêt pour le conflit. Les journalistes non plus d'ailleurs.
Début 1898, le dessinateur du New York Journal Frederick Remington écrit de La Havane à son patron le message ci-dessus. À quoi Hearst répond par le câble célèbre :








