Pompée le Grand (106 avant JC - 48 avant JC)
« Mortuus non mordet ! » (en latin)
« Un mort ne mord pas ! » (traduction)
Injonction de Théodoros de Chios au roi Ptolémée à propos de Pompée le Grand, en 48 avant JC (in Plutarque, Vies des hommes illustres).
Vaincu par son rival César à Pharsale, il s'enfuit jusqu'à Alexandrie. Mais dans la capitale de l'Égypte, le jeune roi Ptolémée XII Philopator (13 ans) se laisse convaincre d'éliminer Pompée pour gagner les faveurs du nouvel homme fort de Rome. Son général, Achillas, se charge de l'affaire. Il monte à bord de la galère de Pompée avec deux anciens officiers romains et convainc le général vaincu de l'accompagner dans son embarcation. Là, il est froidement assassiné d'un coup d'épée dans le dos, sous les yeux de sa femme et de son fils.Léonidas (480 av. J.-C.)
« Passant, va dire à Sparte que ses fils sont morts pour obéir à ses lois »
Cette inscription figure à l'entrée des Thermopyles. Ce défilé montagneux est situé au pied du mont Oeta et au bord de la mer Égée. Large d'à peine une quinzaine de mètres, il commande l'accès à l'Attique, la région d'Athènes. L'inscription est due au poète Simonide de Céos (556 à 467 av. J.-C.). Elle rappelle le sacrifice héroïque du Spartiate Léonidas et de ses hommes. Ils affrontèrent à cet endroit l'immense armée de Xerxès, le Grand Roi des Perses, qui avait projeté de conquérir la Grèce. À la fin août 480 av. J.-C., la coalition rassemblée par Xerxès et forte de plus de cent mille hommes se heurta à l'entrée du défilé à une avant-garde grecque de quelques milliers d'hommes seulement, sous le commandement de Léonidas. Elle lança en vain deux attaques sans pouvoir tirer parti de sa supériorité numérique en raison de l'étroitesse du défilé. D'après le récit d'Hérodote, « lorsque les Perses lancent leurs flèches, la nuée obscurcit le soleil. - Ainsi, on combattra à l'ombre ! », lance bravement le Spartiate Diénékès ! Les Spartiates, qui habitent une région appelée Laconie, ont la réputation d'être des « taiseux ». D'où le mot « laconisme » pour désigner en français cette façon de s'exprimer par des formules abruptes et concises. Toujours d'après le récit d'Hérodote, les Grecs furent finalement vaincus du fait de la « trahison » d'un habitant de la région qui guida les assaillants dans la montagne et leur permit d'encercler les Spartiates et leurs alliés. Son nom, Éphialtès, est devenu en grec moderne synonyme de traitre ! À vrai dire, Léonidas, qui connaissait le sentier, s'était contenté d'en confier la garde à un millier de Phocidiens, lesquels n'avaient rien pu faire quand dix mille « Immortels » (soldats d'élite perses) avaient fondu sur eux. Voyant qu'ils étaient cernés, beaucoup de Grecs choisirent de faire défection ou de se replier. Léonidas comprit quant à lui qu'il ne pourrait abandonner le champ de bataille sauf à être traqué dans sa fuite. Il choisit de rester sur place avec 300 hoplites de Sparte ainsi que de 700 soldats des cités de Thèbes et de Thespies (Béotie), afin de retenir les Perses et de leur faire face autant que faire se peut. En empêchant pendant plusieurs jours les Perses de franchir le défilé, Léonidas et ses guerriers offrirent un répit aux autres Grecs pour organiser leur défense et se préparer eux-mêmes à la guerre.

C'est ainsi que les Athéniens et leurs alliés purent triompher des Perses à Salamine, où leur flotte anéantit la flotte perse, et un an plus tard à Platées, où ils affrontèrent un corps d'armée perse resté sur place. Hérodote dit que deux Spartiates survécurent à la bataille des Thermopyles. Le premier se suicida de honte ! Le second mourut l'année suivante à la bataille de Platées.
Jules César (100 avant JC - 44 avant JC)
« Alea jacta est » (en latin)
« Les dés sont jetés » (traduction)
A l'instant de traverser le Rubicon avec son armée et de déclarer ainsi la guerre au Sénat de Rome, Jules César aurait dit en grec, la langue des élites romaines de l'époque : «Anerrifthô Kubos» (Que soit jeté le dé !). La traduction latine de cette formule nous a été léguée par l'historien Suétone : «Iacta esto alea», ou, selon l'opinion commune, «Alea jacta est».
L'historien, qui vécut plus d'un siècle après les événements, sous le règne de l'empereur Trajan, raconte que Jules César avait quitté la Gaule transalpine avec quelques troupes (300 cavaliers et 4.000 légionnaires). Il s'était rendu à Ravenne pour suivre au plus près ce qui se passait à Rome, là où s'affrontaient les tribuns de son parti et les sénateurs de celui de son rival, Pompée : «Donc, lorsqu'il eut appris que l'on avait passé outre à l'opposition et qu'ils avaient eux-mêmes quitté Rome, il fit aussitôt partir en avant quelques cohortes, secrètement, pour ne pas éveiller de soupçons, puis afin de donner le change, vint assister à un spectacle public, examina le plan d'une école de gladiateurs qu'il voulait faire construire, et dîna en nombreuse compagnie, suivant son habitude.
Ensuite, après le coucher du soleil, il fit atteler à un chariot les mulets d'une boulangerie voisine et partit dans le plus grand secret avec une faible escorte. Puis les lumières s'éteignirent, il perdit sa route et resta longtemps égaré, mais enfin, vers l'aube, il trouva un guide et parvint à son but à pied, par des sentiers tout à fait étroits. Ayant rejoint ses cohortes au bord du Rubicon, rivière qui marquait la limite de sa province, il s'arrêta un moment et, songeant à la portée de son entreprise, il dit en se tournant vers sa suite :"Maintenant, nous pouvons encore revenir en arrière, mais une fois que nous aurons franchi ce petit pont, tout devra être réglé par les armes." Comme il hésitait, il reçut un signe d'en haut. Un homme d'une taille et d'une beauté extraordinaires apparut soudain, assis tout près de là et jouant du chalumeau ; des bergers étant accourus pour l'entendre ainsi qu'une foule de soldats des postes voisins, et parmi eux également des trompettes, cet homme prit à l'un d'entre eux son instrument, s'élança vers la rivière et, sonnant la marche avec une puissance formidable, passa sur l'autre rive. Alors César dit : "Allons où nous appellent les signes des dieux et l'injustice de nos ennemis. Le sort en est jeté."...» (*). -
Philippidès (490 avant JC)
« Nenikamen » (en grec)
« Nous avons gagné » (traduction)
Ce mot fut le seul qu'eut la force de prononcer le soldat Philippidès en arrivant sur l'Agora d'Athènes, le centre de la cité, au pied de l'Acropole.
Quelques heures plus tôt, la puissante armée perse avait débarqué dans la plaine de Marathon, à 35 km d'Athènes. Les envahisseurs étaient 100.000 selon la tradition, plus vraisemblablement 20.000. Ils ne trouvèrent en face d'eux que l'armée des citoyens d'Athènes, au nombre de 10.000. Les autres cités grecques avaient fait défection, à l'exception de Platées, en Béotie, qui avait envoyé un millier d'hommes.
Grâce à l'habileté du stratège Miltiade et à leur audace, les Athéniens et leurs alliés platéens surmontèrent leur faiblesse numérique. De façon quelque peu surprenante, ils chargèrent les Perses au pas de course et les obligèrent à rembarquer.
Le souvenir de Philippidès et de sa course mortelle de quatre heures a inspiré l'épreuve de marathon aux fondateurs des Jeux Olympiques modernes. La première édition de l'épreuve, aux Jeux d'Athènes de 1896, fut remportée par... un Grec, en près de 3 heures. La distance actuelle de l'épreuve (42km 195) fut fixée lors des Jeux de 1908 en Angleterre. -
Jules César (100 av. J.-C. - 44 av. J.-C.)
« Gallia est omnis divisa in partes tres... » (en latin)
« La Gaule, dans son ensemble, est divisée en trois parties... » (traduction)
Source : traduction française de Maurice Rat, Garnier-Frères, 1967
Le chef-d'œuvre littéraire de Jules César, DE BELLO GALLICO, COMMENTARIUS PRIMUS, connu en français sous le titre: Commentaires sur la Guerre des Gaules, débute par une définition inédite de l'Hexagone : « Gallia est omnis divisa in partes tres, quarum unam incolunt Belgae, aliam Aquitani, tertiam qui ipsorum lingua Celtae, nostra Galli appellantur. Hi omnes lingua, institutis, legibus inter se differunt. Gallos ab Aquitanis Garumna flumen, a Belgis Matrona et Sequana dividit. Horum omnium fortissimi sunt Belgae, propterea quod a cultu atque humanitate provinciae longissime absunt, minimeque ad eos mercatores saepe commeant atque ea quae ad effeminandos animos pertinent important, proximique sunt Germanis, qui trans Rhenum incolunt, quibuscum continenter bellum gerunt » (version latine).
« La Gaule, dans son ensemble, est divisée en trois parties, dont l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui dans leur propre langue, se nomment Celtes, et, dans la nôtre, Gaulois. Tous ces peuples diffèrent entre eux par la langue, les coutumes, les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par le cours de la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine. Les plus braves de tous ces peuples sont les Belges, parce qu'ils sont les plus éloignés de la civilisation et des mœurs raffinées de la Province, parce que les marchands vont très rarement chez eux et n'y importent pas ce qui est propre à amollir les cœurs, parce qu'ils sont les plus voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin et avec qui ils sont continuellement en guerre ».
Ces lignes sont essentielles à la compréhension de nos origines. Elles nous rappellent que les Gaulois, premiers habitants de l'actuelle France, tenaient leur nom des Romains. Et c'est Jules César lui-même qui a créé le mythe d'une « nation gauloise», ancêtre de la nation française.
Dans les faits, les habitants de l'Hexagone (la France actuelle) appartenaient pour la plupart à la mouvance celte, étendue sur une grande partie de l'Europe, du Bosphore à la Grande-Bretagne. De part et d'autre des Pyrénées habitaient des tribus similaires que, faute de mieux, on appelle Celtibères. Quant au Rhin, loin d'être une frontière, il était perpétuellement traversé par des tribus que l'on eut été en peine de qualifier de gauloises ou de germaines.
Daniel (539 avant JC)
« Mené, Mené, Teqel et Parsîn »









