Citations et Mots d'Histoire

Guerres mondiales

Talaat Pacha    (1872 - 1921)

« Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l'âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n'ont pas leur place ici »

Mehmed Talaat Pacha est un employé des Postes devenu militant actif des Jeunes-Turcs et leader de ce mouvement réformateur et nationaliste.

En 1913, devenu ministre de l'Intérieur du gouvernement ottoman, il constitue un parti unique et hégémonique, le Comité Union et Progrès (CUP) à la tête duquel il entreprend de forger une Turquie homogène avec deux autres leaders Jeunes-Turcs, Enver Pacha et Cemal Pacha.

Le 24 avril 1915, mettant à profit le désordre international consécutif à la Grande Guerre, il donne le coup d'envoi du génocide des Arméniens dans l'empire turc. Le télégramme ci-dessus, envoyé à la préfecture d'Alep en 1916, illustre on ne peut mieux ses intentions.

En 1917, Talaat Pacha sera nommé Vizir (Premier ministre) mais il devra s'enfuir à la fin de la guerre et se réfugier à Berlin. C'est là qu'il sera assassiné le 15 mars 1921, en punition de ses crimes passés, par un jeune Arménien, Soghomon Tehlirian, lequel sera jugé et acquitté. 

À Rome et en Géorgie, Djemal Pacha et Saïd Halim Pacha seront aussi exécutés par de jeunes Arméniens réunis dans le cadre d'une opération punitive, Némésis.

C'est à l'occasion du procès berlinois de Tehlirian qu'un jeune étudiant en droit polonais, Raphael Lemkin , comprit qu'on se trouvait face à un vide juridique pour sanctionner de tels crimes commis contre un peuple. Confronté à l'extermination des juifs et se remémorant le cas arménien, Lemkin allait élaborer vingt ans plus tard la notion de génocide.


Georges Clemenceau    (1841 - 1929)

« Ma politique étrangère et ma politique intérieure, c'est tout un. Politique intérieure, je fais la guerre; politique extérieure, je fais toujours la guerre »

Cette formule lancée à la Chambre des députés le 8 mars 1918 par le président du Conseil Georges Clemenceau résume bien la farouche détermination du «Tigre» dans les dernières années de la Grande Guerre.


Charles E. Stanton    (1859 - 1933)

« La Fayette, we're here ! » (en anglais)
« La Fayette, nous voici ! » (traduction)

Après beaucoup d'hésitations, les États-Unis ont déclaré la guerre à l'Allemagne le 6 avril 1917, se rangeant aux côtés des Alliés dans la Grande Guerre inaugurée trois ans plus tôt. Des volontaires américains n'ont pas attendu la déclaration de guerre de leur gouvernement pour s'engager comme volontaires aux côtés des Alliés français et anglais. C'est ainsi qu'en 1915, 7 pilotes ont constitué une escadrille baptisée... La Fayette en souvenir du jeune héros français qui s'engagea aux côtés des Insurgents dans la guerre d'Indépendance des futurs États-Unis. En souvenir du héros des deux Mondes, surnom du marquis de La Fayette, et pour célébrer l'amitié franco-américaine, quelques soldats américains se rendent au cimetière de Picpus, à Paris, le 4 juillet 1917, jour de leur fête d'Indépendance. Ils sont conduits par le général John Pershing (1860-1948), qui commande le corps expéditionnaire envoyé en Europe. Devant la tombe de La Fayette, ce dernier prononce un discours convenu : «Il est frappant de constater que l'entrée des troupes américaines dans cette guerre nous permet justement de rendre hommage au grand patriote qui partit de France pour nous aider à conquérir notre liberté...». Là-dessus s'approche le lieutenant-colonel Charles E. Stanton, entouré de jeunes recrues. Et c'est alors qu'il prononce les quatre mots percutants ci-dessus, qui seuls resteront dans l'Histoire (jusqu'à être attribués parfois au général Pershing) : «La Fayette, we're here !».


Guillaume II    (1859 - 1941)

« Ich habe es nicht gewollt » (en allemand)
« Je n'ai pas voulu cela » (traduction)

Épigramme sur la grille de la cheminée du château du Haut-Koenigsbourg, en Haute-Alsace. L'empereur d'Allemagne aurait laissé ce regret lors de sa dernière visite en avril 1918, alors que l'entrée en guerre des États-Unis (2 avril 1917) et leur engagement croissant rendaient inévitable un échec des empires centraux. Le rôle personnel du Kaiser dans la déclaration de guerre est diversement apprécié. Il avait congédié Bismarck et engagé une politique expansionniste, soutenue par une marine de guerre menaçante pour l'Amirauté britannique. En juillet 1914, après l'attentat de Sarajevo, le chancelier Bethmann-Hollweg joua un rôle modérateur auprès de l'empereur. Au contraire, le comte Berchtold, ministre des affaires étrangères à Vienne, y vit l'occasion d'en finir avec la Serbie. Guillaume II télégraphia à l'empereur d'Autriche-Hongrie François-Joseph que «l'Allemagne se tiendrait en toutes circonstances aux côtés de l'Autriche-Hongrie». L'Autriche déclara la guerre à la Serbie le 28 juillet, l'Allemagne à la Russie le 1er, puis à la France le 3 août 1914.


Hubert Lyautey    (1854 - 1934)

« Les Africains ne sont pas inférieurs, ils sont autres »

Cet écrit du maréchal Lyautey remonte aux années 1920 (*). Lyautey se signale par une conception des relations entre l'Europe et le reste du monde fondée sur le respect des identités. Cette conception est restée marginale en France et en Europe. Elle contredit celle de Jules Ferry, Rudyard Kipling, Léon Blum ou des actuels penseurs de la gauche morale qui, chacun à leur manière, cultivent la conviction que les riches Occidentaux doivent «aider» les peuples «sous-développés» (alias inférieurs) à suivre leurs propres traces.


Léon Blum    (1872 - 1950)

« Nous avons trop l'amour de notre pays pour désavouer l'expansion de la pensée, de la civilisation françaises... Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l'industrie. »

Ces propos de l'illustre leader de la SFIO socialiste ont été prononcés devant la Chambre des députés le 9 juillet 1925 (note).

Ils sont dans la continuité de Jules Ferry et témoignent de la permanence des idéaux colonialistes dans la gauche républicaine, au nom de l'« universalisme » de ses valeurs et de ses priorités.

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