Charles de Gaulle (1890 - 1970)
« En Afrique française comme dans tous les autres territoires où des hommes vivent sous notre drapeau, il n'y aurait aucun progrès qui soit un progrès, si les hommes, sur leur terre natale, n'en profitaient pas moralement et matériellement, s'ils ne pouvaient s'élever peu à peu jusqu'au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. C'est le devoir de la France de faire en sorte qu'il en soit ainsi »
Ce discours prononcé à Brazzaville, au cœur de l'Afrique, le 30 janvier 1944, par le chef de la France libre exprime sa vision d'une France paternelle, éduquant les peuples assujettis d'Afrique comme on éduque de grands enfants et les menant lentement à une relative autonomie (le mot lui-même, trop subversif au gré du général de Gaulle, n'est pas prononcé).
Cette conception du colonialisme est encore très proche de celle de Jules Ferry, le grand initiateur des conquêtes coloniales de la France. Elle paraît singulièrement attardée, survenant quinze ans après que les Britanniques aient entériné le principe d'une très large autonomie pour leur colonie des Indes, à l'égal de leurs dominions blancs d'Australie et du Canada.
« Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l'Europe ! l'Europe ! l'Europe ! mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien »
Cette phrase célèbre a été prononcée le 14 décembre 1965 par Charles de Gaulle, alors président de la République française, au cours d'un entretien télévisé avec le journaliste Michel Droit. Les mimiques expressives du vieux chef lui donnent toute sa saveur.
À propos de l'Europe, retenons aussi du général de Gaulle une formule prononcée à Strasbourg en novembre 1959 : « Oui, c'est l'Europe, depuis l'Atlantique jusqu'à l'Oural, c'est l'Europe, c'est toute l'Europe, qui décidera du destin du monde ! » Elle signifie que pour le Général, la construction européenne ne saurait se faire sans la Russie, a fortiori contre elle. Notons que l'homme d'État visionnaire se refusait à parler de l'URSS, considérant que cette entité politique était éphémère et condamnée à s'effacer devant la Russie.
Jean Monnet (1888 - 1979)
« Les hommes n'acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise »
Source : Mémoires
Né à Cognac, dans la famille d'un négociant en vins, Jean Monnet, bourgeois discret et méconnu du grand public, n'en figure pas moins comme l'un des plus grands Français du XXe siècle.
En novembre 1916, à 28 ans, au plus fort de la Grande Guerre, il met sur pied une commission interalliée pour les approvisionnements en blé, le Wheat executive.
A Londres, en 1940, il suggère au Premier ministre Winston Churchill rien moins qu'une fusion immédiate de la France et du Royaume-Uni, avec un seul Parlement et une seule armée, pour mieux résister à Hitler !
A la Libération de la France, il crée le Commissariat au Plan et en devient le premier président avant de rassembler enfin ses amis de partout autour du projet de CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier). Il en est lui-même le premier président. À la fin de son mandat, en 1956, il anime un Comité d'action pour les États-Unis d'Europe.
Par ses actions en faveur du réarmement américain en 1940 et de l'Union européenne en 1950, il est l'un des rares hommes qui a infléchi le cours de l'Histoire.
George Orwell (1903 - 1950)
« ALL ANIMALS ARE EQUAL
BUT SOME ANIMALS ARE MORE
EQUAL THAN OTHERS » (en anglais)
« TOUS LES ANIMAUX SONT EGAUX
MAIS CERTAINS ANIMAUX SONT PLUS
EGAUX QUE D'AUTRES » (traduction)
Ce «commandement» est tiré d'un petit roman parodique publié en 1945 par George Orwell sous le titre Animal Farm (la Ferme des Animaux). Il s'agit d'une allégorie satirique du communisme qui raconte la prise de pouvoir des animaux dans une ferme, à l'instigation des cochons, et la manière dont ces derniers s'arrogent un pouvoir dictatorial au nom des grands principes. Dans le même ouvrage, l'auteur s'en prend avec un humour féroce à la perversion des mots dans les sociétés communistes avec des formules comme «La liberté, c'est l'esclavage !»
Hanns Johst (1890 - 1978)
« Wenn ich Kultur höre ... entsichere ich meinen Browning ! » (en allemand)
« Quand j'entends le mot culture, j'enlève le cran de sûreté de mon browning ! » (traduction)
La formule ci-dessus est parfois attribuée à Joseph Goebbels, chef de la propagande du parti nazi, ou encore au maréchal Hermann Goering, sous une forme légèrement modifiée («Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver»). Elle est en fait tirée d'une pièce (Schlageter, 1933) de Hanns Johst, médiocre auteur national-socialiste parfois affublé du titre de «barde de la SS». Cette oeuvre met en scène un jeune écervelé nationaliste éponyme qui avait été arrêté et exécuté par l'occupant français de la Ruhr en 1923. Elle a été jouée pour la première fois le 20 avril 1933, pour les 44 ans de Hitler !
Oscar Niemeyer (1907 - 2012)
« Que me atra é a curva livre e sensual,... » (en portugais)
« Ce qui m'attire, c'est la courbe libre et sensuelle,... » (traduction)
«Ce n'est pas l'angle droit qui m'attire, ni la ligne droite, dure, inflexible, créée par l'homme. Ce qui m'attire, c'est la courbe libre et sensuelle, la courbe que je rencontre dans les montagnes de mon pays, dans le cours sinueux de ses fleuves, dans la vague de la mer, dans le corps de la femme préférée. De courbe est fait tout l'univers, l'univers courbe d'Einstein».
Ces propos de l'architecte brésilien remontent à 1958. Ils expriment ses préférences esthétiques, en opposition avec celles d'un autre architecte célèbre du XXe siècle dont il a néanmoins été l'élève, le Franco-Suisse Le Corbusier.
Oscar Niemeyer est né à Rio le 15 décembre 1907, mort dans la même ville le 5 décembre 2012, quelques jours avant son 105e anniversaire. Il a signé les principaux monuments de la capitale du Brésil, Brasilia, construite en collaboration avec l'urbaniste Lucio Costa, conformément à un engagement pris par le président brésilien Juscelino Kubitschek en 1956.








